<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-3722989619287973122</id><updated>2011-04-21T21:18:40.606-07:00</updated><category term='4ème circonscription'/><category term='Fiche8'/><category term='Fiche2'/><category term='fiche4'/><category term='En global ville'/><category term='2ème circonscription'/><category term='1ère circonscription'/><category term='Fiche1'/><category term='Fiche5'/><category term='fiche3'/><category term='Fiche6'/><category term='3ème circonscription'/><category term='Fiche7'/><title type='text'>argument'ère</title><subtitle type='html'></subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://argumentaire.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://argumentaire.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>SAd___</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04432896018992176644</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_pdPUqUaJrAc/SqLcsyKKBEI/AAAAAAAAAtU/6CCI3cY8qvY/S220/cestmoa.jpg'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>48</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3722989619287973122.post-6964241662208151815</id><published>2009-02-08T11:41:00.000-08:00</published><updated>2009-02-08T11:43:23.449-08:00</updated><title type='text'>La question Israélo-Palestinienne ne date pas de l'Holocauste</title><content type='html'>Transmis par Michel Collon&lt;br /&gt;La question Israélo-Palestinienne ne date pas de l’Holocauste, le double langage non plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;20 janvier 2009 Source: &lt;a href="http://www.legrandsoir.info/"&gt;www.legrandsoir.info&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Extrait du rapport King-Crane (août 1919), exprimant les positions publiques des Grandes Puissances à travers la Société des Nations, ancêtre de l’ONU. Dans son adresse du 4 juillet 1918, le président Wilson a posé le principe suivant comme l’un des quatre objectifs majeurs pour lesquels combattent les peuples associés du monde. “Le règlement de toute question, qu’il s’agisse de territoire, de souveraineté, d’arrangement économique ou de relations politiques, [doit se faire] sur la base de la libre acceptation de ce règlement par les gens directement concernés et non sur la base de l’intérêt ou de l’avantage matériel de n’importe quelle autre nation ou n’importe quel autre peuple qui viendrait à désirer un règlement différent au nom de son influence ou de sa supériorité dans le monde”. Si ce principe doit s’appliquer et si les voeux de la population de la Palestine doivent décider de ce qui doit être fait de la Palestine, alors il y a lieu de rappeler que sa population non juive (pratiquement les 9/10 du total) s’oppose énergiquement à l’ensemble du programme sioniste … Soumettre un tel peuple à une immigration juive illimitée et à une pression financière constante pour qu’il vende la terre représenterait une violation grossière du principe ci-dessus et, quand bien même elle satisferait aux formes de la légalité, une violation du simple droit des gens. Au même moment ; extrait d’un mémorandum privé adressé par Lord Balfour au Cabinet Britannique (août 1919). En Palestine, nous n’avons pas l’intention de nous attarder à considérer les souhaits des habitants actuels de ce pays ... Les Quatre Grandes Puissances se sont engagées envers le Sionisme. Et le Sionisme, juste ou pas, bon ou mauvais, se justifie par une longue tradition, dans les nécessités du présent et dans les espérances du futur ; il a une importance bien plus profonde que les désirs ou que les préjudices ressentis par les 700.000 Arabes qui habitent ce pays à l’heure actuelle ... Malgré tout le respect que l’on pourrait accorder au point de vue des autochtones, les Puissances n’ont pas l’intention de les consulter. En bref, en ce qui concerne la Palestine, les puissances n’ont pris aucun engagement qui ne soit à l’évidence faux, ni n’ont fait aucune déclaration politique qu’ils n’aient l’intention de renier, au moins quant à la lettre. « Exterminez toutes les brutes » : Gaza 2009 Samedi 27 décembre 2008 la dernière attaque en date est lancée contre les Palestiniens sans défenses. Elle fut minutieusement préparée, depuis plus de 6 mois selon la presse israélienne. Le plan comprend deux aspects, l’un militaire et l’autre de propagande. Il est basé sur les leçons de l’invasion israélienne du Liban en 2006, mal programmée et peu « expliquée » au public. Nous pouvons donc être certains que ce qui a été fait a été intentionnel et programmé. Ainsi en est-il sûrement du moment de l’agression : un peu avant midi, quand les enfants sortent de l’école et que les foules s’affairent dans les rues de Gaza densément peuplée. Quelques minutes suffiront pour tuer plus de 225 personnes et en blesser 700. Début de bon augure au massacre en masse de civils sans défense, pris au piège dans une petite cage, sans moyen d’en échapper. Dans sa rétrospective « inventaire des gains de la Guerre de Gaza » le correspondant du New York Times Ethan Bronner a classé cet acte comme une réussite des plus significatives. Israël a anticipé l’avantage de paraître « devenir fou » en causant une terreur totalement disproportionnée, doctrine qui remonte aux années 1950. « Les Palestiniens à Gaza ont reçu le message dès le premier jour » écrit Bronner, « quand les avions de guerre d’Israël ont frappé d’un coup de multiples cibles au beau milieu d’un samedi matin. Environ 200 furent tués instantanément, terrifiant le Hamas et bien sûr tout Gaza ». La tactique du « devenir fou » semble avoir porté ses fruits conclut Bronner : il y a « certaines indications que les Gazaouis ressentent tellement de douleur qu’ils ne soutiendront plus le Hamas », gouvernement qu’ils ont élu. A ce propos, je ne me souviens pas de la rétrospective du Times « inventaire des gains de la Guerre de Tchétchénie », bien que les gains en furent élevés. La préparation minutieuse comprenait aussi certainement la fin de l’agression, soigneusement planifiée, juste avant l’investiture d’Obama pour minimiser la menace (lointaine) qu’il puisse émettre quelques critiques sur ces crimes odieux soutenus par les USA. Deux semaines après le début de ce Shabbat agressif, Gaza étant déjà ensevelie sous les décombres et le bilan humain avoisinant les 1000 morts, l’agence de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNWRA), dont dépend la survie de la plupart des Gazaouis, annonce que l’armée israélienne lui refuse l’acheminement de l’aide vers Gaza, arguant que la frontière est fermée durant la fête du Shabbat. Pour honorer le jour saint, on refuse nourriture et médicaments aux Palestiniens sur le point de mourir, pendant que des centaines d’autres sont massacrés par les bombardiers et les hélicoptères de fabrication étasunienne. Cette double norme de respect scrupuleux du Shabbat ne provoque que peu, ou pas du tout la critique. Cela s’explique. Dans les annales criminelles du couple Israël-Etats-Unis, cette cruauté et ce cynisme ne méritent pas même une note de bas de page. C’est trop courant. Pour citer un parallèle significatif, en juin 1982 l’invasion Israélienne du Liban, avalisée par les Etats-Unis, commença par le bombardement des camps de réfugiés Palestiniens de Sabra et Shatila, qui devinrent ensuite les symboles des terribles massacres supervisés par les IDF (Forces de « Défense » Israéliennes). Le bombardement toucha l’hôpital local - l’hôpital Gaza - et tua plus de 200 personnes selon le témoignage d’un universitaire étasunien spécialiste du Moyen-Orient. Cette boucherie fut l’acte d’ouverture d’une hécatombe qui extermina quelque 15 à 20.000 personnes et détruisit la plus grande partie du Sud Liban et de Beyrouth, avec le soutien militaire et diplomatique des Etats-Unis. Soutien sous forme de veto au Conseil de Sécurité de l’ONU dont les résolutions visaient à bloquer cette agression criminelle menée en fait pour protéger Israël d’un règlement pacifique et politique, et non les Israéliens souffrant sous d’intenses tirs de roquettes, inventions commodes de l’imagination d’apologistes. Tout cela est normal et commenté assez ouvertement par de hauts dignitaires israéliens. Il y a 30 ans, le chef d’état-major Mordechai Gur observait que depuis 1948 « nous avons combattu une population habitant des villages et des villes ». Ou, résumé par le plus notoire des analystes militaires israéliens Zeev Schiff, « l’armée israélienne a toujours, délibérément et consciemment visé les populations civiles … l’armée n’a jamais distingué les cibles civiles [des militaires…mais] intentionnellement attaqué des objectifs civils ». Les raisons furent expliquées par l’éminent homme politique Abba Eban : « il y avait un but rationnel, atteint en définitive, de toucher les populations civiles afin qu’elles exercent une pression pour l’arrêt des hostilités ». Le résultat, comme l’avait bien compris Eban, devait permettre à Israël de mettre en œuvre sans obstacles son plan d’expansion illégale et de répression brutale. Eban commentait l’analyse par le premier Ministre Begin des attaques du gouvernement Travailliste contre des civils ; Begin, selon les mots d’Eban, donnait une image « d’Israël infligeant sans raison la mort et l’angoisse à des populations civiles comme le firent des régimes que ni Mr Begin ni moi n’oserions appeler par leur nom ». Eban ne contestait pas les faits qu’analysait Begin, mais le critiquait de les exposer publiquement. Cela ne concernait pas non plus Eban, ni ses admirateurs, que son plaidoyer en faveur d’une terreur d’état massive puisse lui-même remémorer des régimes dont il n’oserait prononcer le nom. Les justifications d’Eban de la terreur d’état sont perçues comme convaincantes par des autorités respectées. Pendant que l’attaque israélo-étasunienne récente faisait encore rage, le chroniqueur du Times Thomas Friedman expliquait que la tactique d’Israël, comme celle adoptée au cours de l’invasion du Liban en 2006, est basée sur un principe sain : « essayer « d’éduquer » le Hamas en infligeant de lourdes pertes à ses militants et des souffrances terribles à la population de Gaza ». Cela se comprend d’un point de vue pratique, comme ce fut le cas au Liban où « la seule dissuasion à long terme fut d’exposer les civils - les familles et employeurs des militants - à de telles calamités pour qu’ils ne soutiennent plus le Hezbollah dans le futur ». Avec une telle logique, les efforts de Ben Laden pour « éduquer » les étasuniens le 11/09 étaient aussi dignes d’éloges, tout comme les attaques Nazies à Lidice et Oradour, la destruction de Grozny par Poutine et d’autres tentatives notoires « d’éducation ». Israël a fait beaucoup d’efforts pour afficher son attachement à ces principes directeurs. Le correspondant du New York Times, Stephen Erlanger, rapporte que les associations de défense des Droits de l’Homme sont « troublés par les frappes d’Israël sur des bâtiments censément civils, comme le Parlement, les commissariats et le Palais Présidentiel » et, pourrions nous ajouter, les villages, les maisons, les camps de réfugiés densément peuplés, les systèmes d’adduction et d’épuration d’eau, les hôpitaux, les écoles et les universités, les mosquées, les installations de secours des Nations Unies, les ambulances et en fait tout ce qui peut soulager la douleur de victimes insignifiantes. Un haut officier du renseignement israélien a expliqué que l’armée israélienne avait attaqué « deux facettes du Hamas - la résistance c’est-à-dire son aile militaire, et sa dawa (NDT : en arabe, technique de prosélytisme religieux), c’est-à-dire son aile sociale », cette dernière étant un euphémisme pour désigner la société civile. Il a fait valoir que « le Hamas était un seul bloc, » et de continuer, « dans une guerre, les instruments de contrôle politique et social sont des cibles aussi légitimes que les caches de roquettes ». Erlanger et ses éditeurs ne font aucun commentaire sur l’apologie directe et la pratique massive du terrorisme visant des civils, et, comme on l’a déjà noté, les correspondants et chroniqueurs acceptent ou justifient explicitement les crimes de guerre. Mais, selon la norme, Erlanger ne manque pas de souligner que les roquettes du Hamas sont « une violation flagrante du principe de discrimination, correspondant à la définition classique du terrorisme. » Comme d’autres familiers de la région, le spécialiste du Moyen-Orient Fawwaz Gerges observe : « Ce que les responsables israéliens et leurs alliés étasuniens ne comprennent pas c’est que le Hamas n’est pas seulement une milice armée, mais un mouvement social avec une large base populaire, profondément ancré dans la société ». Donc, quand ils déploient leurs plans pour détruire « l’aile sociale » du Hamas, ils détruisent en fait la société palestinienne. Gerges est peut-être trop gentil. Il est hautement improbable que les responsables étasuniens et israéliens - ou les médias et autres commentateurs - ne comprennent pas ces faits. Au contraire, ils adoptent implicitement la posture habituelle de ceux qui monopolisent les moyens de la violence : d’un coup de poing nous pouvons écraser toute opposition, et si le bilan civil de nos attaques brutales est lourd, c’est aussi bien : peut-être les survivants seront-ils convenablement éduqués. Les officiers des IDF savent très bien qu’ils détruisent la société civile. Ethan Bronner cite un colonel israélien qui dit que lui et ses hommes ne sont pas très « impressionnés par les combattants du Hamas ». « Ce sont des villageois avec des armes », a déclaré un tireur sur un blindé de transport de troupe. Ils ressemblent à ces victimes des criminelles IDF durant l’opération « poigne de fer » en 1985 dans le Sud Liban occupé, dirigée par Shimon Peres, l’un des plus grands chefs terroristes de l’ère de la « Guerre contre la Terreur » de Reagan. Au cours de ces opérations, des commandants israéliens et des analystes stratégiques ont expliqué que les victimes étaient des « terroristes villageois », difficile à éradiquer parce que « ces terroristes opèrent avec le soutien de la majorité de la population locale ». Un commandant israélien se plaint que « le terroriste ... a de nombreux yeux, car il vit ici ». Dans le même temps, le correspondant militaire du Jérusalem Post décrit les problèmes rencontrés par les forces israéliennes dans sa lutte contre les « terroristes mercenaires », « fanatiques assez dévoués à leurs causes pour prendre le risque d’être tués en se battant contre l’armée israélienne », qui doit « maintenir l’ordre et la sécurité » dans le Sud Liban occupé, malgré « le prix que les habitants devront payer ». Le problème a été familier aux Etasuniens dans le Sud Vietnam, aux Russes en Afghanistan, aux Allemands dans l’Europe occupée, et a d’autres agresseurs qui se rejoignent dans la mise en œuvre de la doctrine Gur-Eban-Friedman. Gerges estime que la terreur d’État israélienne va échouer : le Hamas, écrit-il, “ne peut pas être effacé sans massacrer un demi-million de Palestiniens. Si Israël réussit à tuer les hauts dirigeants du Hamas, une nouvelle génération plus radicale que l’actuelle les remplacera rapidement. Le Hamas est une réalité de la vie. Il ne partira pas, et ne hissera pas le drapeau blanc, quel que soit le nombre de victimes qu’il ait à déplorer“. Peut-être, mais il y a souvent une tendance à sous-estimer l’efficacité de la violence. Il est particulièrement étrange que cette croyance se développe aux Etats-Unis. Pourquoi en sommes-nous là ? Le Hamas est régulièrement dépeint comme « le Hamas soutenu par l’Iran, qui se consacre à la destruction d’Israël ». On le trouvera difficilement décrit comme « le Hamas démocratiquement élu, qui a longtemps été en faveur d’un règlement à deux États, en accord avec le consensus international » - bloqué depuis plus de 30 ans par les États-Unis et Israël qui rejettent catégoriquement et explicitement le droit des Palestiniens à l’autodétermination. Tout cela est vrai, mais inutile à la Ligne du Parti, donc superflu. Les détails mentionnés plus haut, bien que mineurs, nous apprennent néanmoins quelque chose sur nous-mêmes et nos clients. Comme d’autres détails. Par exemple, quand la dernière agression américano-israélienne sur la bande de Gaza a commencé, un petit bateau, la Dignité, faisait route de Chypre vers Gaza. A bord, les médecins et les militants des Droits de l’Homme avaient l’intention de briser le blocus criminel imposé par Israël et d’apporter de l’aide médicale à la population emprisonnée. Le navire a été intercepté dans les eaux internationales par la marine israélienne qui l’avait déjà sévèrement percuté, le coulant presque, mais il a réussi à se traîner jusqu’au Liban. Israël a publié ses mensonges ordinaires, réfutés par les journalistes et les passagers à bord, y compris le correspondant de CNN Karl Penhaul et l’ancien représentant des États-Unis et candidat présidentiel du Parti Vert, Cynthia McKinney. C’est un crime grave - bien pire par exemple que le détournement de bateaux au large des côtes de la Somalie. Il est passé, sans attirer beaucoup l’attention. L’acceptation tacite de tels crimes reflète celle que la bande de Gaza est un territoire occupé, qu’Israël est en droit de l’assiéger avec l’aval des gardiens de l’ordre international pour perpétrer des crimes en haute mer et mettre en œuvre ses actions punitives envers la population civile qui désobéirait à ses ordres - sous des prétextes auxquels nous revenons toujours, presque universellement acceptés, mais clairement intenables. De nouveau ce manque d’attention a du sens. Pendant des décennies, Israël a détourné des bateaux dans les eaux internationales entre Chypre et le Liban, tuant ou enlevant leurs passagers, les transférant parfois dans des prisons en Israël, y compris des prisons secrètes ou chambres de torture, les détenant en otages pendant de nombreuses années. Étant donné que ces pratiques sont courantes, pourquoi traiter ces nouveaux crimes autrement qu’avec un bâillement ? Chypre et le Liban ont réagi très différemment, mais qui sont-ils dans l’ordre des choses ? Qui se soucie par exemple que les rédacteurs du Daily Star au Liban, généralement pro-occidentaux, écrivent que « Près d’un million et demi de personnes dans la bande de Gaza sont soumis à la gestion meurtrière de l’un des pays à la technologie la plus avancée, mais à la morale de machines militaires des plus régressives. On suggère souvent que les Palestiniens sont devenus dans le Monde Arabe ce que les Juifs étaient en Europe avant la Seconde Guerre mondiale, et il y a une certaine vérité à cette interprétation. Il est donc approprié et totalement abject que, tout comme les Européens et les Nord Américains détournaient les yeux quand les nazis perpétraient l’Holocauste, les Arabes ne fassent rien pendant que les Israéliens massacrent les enfants Palestiniens ». La brutale dictature Egyptienne qui bénéficie de l’aide militaire américaine la plus importante après Israël est peut-être le plus honteux des régimes Arabes. Selon la presse libanaise, Israël continue « d’enlever régulièrement des civils libanais du côté libanais de la Ligne bleue [la frontière internationale], comme récemment en Décembre 2008 ». Et bien sûr « les avions israéliens violent quotidiennement l’espace aérien libanais, en violation de la Résolution 1701 des Nations Unies » (Amal Saad-Ghorayeb, chercheur libanais, Daily Star, 13 janvier). Cela aussi advient depuis longtemps. En condamnant l’invasion israélienne du Liban en 2006, l’éminent analyste stratégique israélien Zeev Maoz écrit dans la presse israélienne que « Israël a violé l’espace aérien libanais en effectuant des missions de reconnaissance aérienne presque chaque jour depuis son retrait du Sud Liban, il y a six ans. Certes, ces survols aériens n’ont pas fait de victimes libanaises, mais une violation des frontières reste une violation des frontières. Ici encore la morale d’Israël n’est pas des plus élevées ». Et en général, il n’y a aucune justification au « consensus établi en Israël que la guerre contre le Hezbollah au Liban est une guerre juste et morale », un consensus “fondé sur une mémoire sélective à court terme, sur une vision du monde introverti, et sur des doubles standards. Ce n’est pas une guerre juste, l’utilisation de la force est excessive et aveugle, et son but ultime est l’appropriation.“ Comme Maoz le rappelle aussi au lecteur israélien, les survols avec bangs supersoniques pour terroriser les Libanais sont les moindres crimes israéliens au Liban, sans parler des cinq invasions depuis 1978 : « Le 28 Juillet 1988, les forces spéciales israéliennes ont enlevé le cheikh Obeid, et le Mai 21 1994 Israël a enlevé Mustafa Dirani, responsable de la capture du pilote israélien Ron Arad [quand il bombardait le Liban en 1986]. Israël les détient avec 20 autres Libanais capturés dans des conditions inconnues, et gardés longtemps en prison, sans jugement. Ils ont été détenus comme « monnaie d’échange » humaine. Apparemment, quand le Hezbollah enlève des Israéliens pour en faire des prisonniers d’échange cela est moralement répréhensible, et passible de sanctions militaires. Quand Israël le fait, c’est tout à fait normal », bien que ce soit sur une plus grande échelle et depuis de très nombreuses années. Les pratiques ordinaires d’Israël sont éloquentes au-delà même de ce qu’elles révèlent sur la criminalité d’Israël et le soutien de l’Occident. Comme l’indique Maoz, ces pratiques soulignent la parfaite hypocrisie de la revendication constante par Israël du droit d’envahir de nouveau le Liban en 2006, lorsque des soldats furent capturés à la frontière. C’était la première action transfrontalière du Hezbollah au cours des six années qui ont suivi le retrait d’Israël du Sud Liban, occupé en violation des ordres du Conseil de Sécurité datant de 22 ans, alors que pendant ces six années, Israël a violé la frontière presque tous les jours, avec impunité et dans notre silence. De nouveau l’hypocrisie routinière. Ainsi Thomas Friedman tout en expliquant comment ces sous-races doivent être « éduquées » par la violence terroriste, écrit que l’invasion israélienne du Liban en 2006, détruisant encore une fois une bonne partie du Sud Liban et de Beyrouth, tuant un millier de civils, était un acte juste d’autodéfense en réponse au crime du Hezbollah « lançant sans raisons une guerre au-delà de la frontière reconnue par l’ONU entre Israël et le Liban, alors qu’Israël s’est retiré unilatéralement du Liban ». Si l’on ignore le mensonge et use de la même logique, les attaques terroristes contre les Israéliens, jugées beaucoup plus destructrices et meurtrières que toutes autres, seraient pleinement justifiées en réponse aux pratiques criminelles d’Israël au Liban et en haute mer, qui dépassent largement le crime du Hezbollah de capturer deux soldats à la frontière. L’ancien spécialiste du Moyen-Orient du New York Times connaît très bien ces crimes, du moins s’il lit son journal : par exemple, le paragraphe 18 d’un article sur l’échange de prisonniers en Novembre 1983 remarque sans s’y attarder que les 37 prisonniers arabes « ont été capturés récemment par la marine israélienne alors qu’ils tentaient d’aller de Chypre à Tripoli », au nord de Beyrouth. Bien sûr, toutes ces conclusions sur les actions appropriées contre les riches et les puissants sont fondées sur un vice fondamental : nous c’est nous et eux c’est eux. Ce principe essentiel, profondément enraciné dans la culture Occidentale, suffit à infirmer la comparaison la plus appropriée et le raisonnement le plus parfait. Pendant que j’écris, un autre bateau est en route de Chypre vers Gaza, « transportant des aides médicales d’urgence dans des boîtes scellées, ayant passées les douanes de l’aéroport international et du port de Larnaca », selon les organisateurs. Les passagers comprennent des membres du Parlement européen et des médecins. Israël a été avisé de leur intention humanitaire. Avec une pression populaire suffisante, ils pourraient réaliser leur mission dans la paix. Les nouveaux crimes que les Etats-Unis et Israël ont commis dans la bande de Gaza au cours des dernières semaines ne rentrent pas facilement dans une catégorie standard - sauf dans la catégorie familière dont j’ai donné plusieurs exemples, et dont je donnerais d’autres. Littéralement, ces crimes relèvent de la définition officielle par le gouvernement nord américain de « terrorisme », mais cette désignation ne rend pas compte de leur énormité. Ils ne peuvent être appelés « agressions », parce qu’ils sont menés dans les territoires occupés, comme les États-Unis le reconnaissent tacitement. Dans leur vaste érudition de l’histoire de la colonisation israélienne dans les territoires occupés, les Seigneurs de la Terre (Lords of the Land), Idit Zertal et Akiva Eldar remarquent qu’après qu’Israël a retiré ses forces de Gaza en août 2005, les ruines du territoire n’ont pas été libérées, « pas même un jour de l’emprise militaire d’Israël, ni du prix de l’occupation que les habitants paient chaque jour ... Israël a laissé derrière une terre brûlée, des services dévastés et un peuple sans présent ni avenir. Les colonies ont été détruites dans un retrait sans pitié par un occupant barbare qui en fait continue de contrôler le territoire et de tuer et harceler ses habitants grâce à sa formidable puissance militaire » - appliquée avec une extrême sauvagerie et avec le soutien sans faille et la participation des Etats-Unis. Les attaques israélo-étasuniennes sur Gaza se sont multipliées en janvier 2006, quelques mois après le retrait officiel, lorsque les Palestiniens ont commis un crime véritablement odieux : ils ont voté « dans la mauvaise direction », dans une élection libre. Comme d’autres, les Palestiniens ont appris que l’on ne désobéit pas impunément aux ordres du Maître, qui continue à fabuler sur son « aspiration à la démocratie », sans susciter le ridicule de l’élite, une autre réussite impressionnante. Puisque les termes « agression » et « terrorisme » sont inadaptés, un nouveau terme est nécessaire pour décrire la torture sadique et lâche de personnes emprisonnées sans aucune possibilité de fuite, pendant qu’elles sont réduites en poussière par les produits les plus sophistiqués de la technologie militaire des Etats-Unis - utilisées en violation du droit international et même de la loi étasunienne, mais contre un état unilatéralement déclaré hors-la-loi, ce qui est encore un autre détail technique mineur. Un autre détail technique mineur ; le 31 décembre, alors que les habitants de Gaza terrorisés cherchaient désespérément un abri contre l’impitoyable agression, Washington a engagé un navire marchand allemand pour transporter un lourd chargement de Grèce en Israël, 3.000 tonnes de « munitions » non identifiées. Cette expédition « faisait suite à l’affrètement d’un navire de commerce pour transporter des États-Unis vers Israël une cargaison plus importante de matériel militaire, avant les frappes aériennes de décembre sur la bande de Gaza », a indiqué Reuters. Tout cela en plus des 21 milliards de dollars en aide militaire américaine fournie par l’administration Bush à Israël, en majorité sous forme de subventions. « L’intervention d’Israël dans la bande de Gaza a été largement alimentée par des armes fournies par les Etats-Unis, payées avec l’argent des contribuables », selon les informations de la New America Foundation, qui surveille le commerce des armes. La dernière expédition a été contrariée par la décision du gouvernement Grec d’interdire l’utilisation de ses ports « pour l’approvisionnement de l’armée israélienne ». La réponse de la Grèce aux crimes israéliens soutenus par les Etats-Unis est assez différente de l’attitude soumise de la plupart des dirigeants d’Europe. Cette distinction montre que Washington a peut-être été très réaliste en considérant la Grèce comme faisant partie du Proche-Orient, et non de l’Europe, jusqu’à la chute en 1974 de la dictature fasciste soutenue par les Etats-Unis. Peut-être que la Grèce est-elle trop civilisée pour faire partie de l’Europe. Si d’aucun avait trouvé curieux le moment de ces livraisons d’armes à Israël et s’était informé plus avant, le Pentagone avait une réponse : la cargaison arriverait trop tard pour appuyer l’attaque de la bande de Gaza, et le matériel militaire quel qu’il soit, devait être pré-positionné en Israël en vue d’une éventuelle utilisation par l’armée étasunienne. C’est peut-être exact. L’un des nombreux services qu’Israël offre à son patron est de lui fournir une base militaire à la périphérie des plus grandes ressources énergétiques du monde. Il peut donc servir de base avancée pour une agression des États-Unis - ou pour utiliser des termes techniques, pour « défendre la région du Golfe » et « assurer sa stabilité ». L’énorme flux d’armes vers Israël sert beaucoup d’autres objectifs. L’analyste politique du Moyen-Orient Mouin Rabbani observe qu’Israël peut tester des armes nouvelles contre des cibles sans défense. Cela sert Israël et les États-Unis « doublement en fait, puisque des versions moins performantes de ces mêmes armes sont ensuite vendues à prix fort aux Etats Arabes, qui contribuent efficacement à l’industrie militaire des Etats-Unis et aux subventions militaires étasuniennes en Israël ». C’est un rôle supplémentaire d’Israël dans un Moyen-Orient dominé par les États-Unis, et l’une des raisons pour lesquelles Israël est favorisé par les autorités Fédérales, ainsi que par un large éventail de sociétés de haute technologie des États-Unis et, bien sûr, l’industrie militaire et de renseignements. Au-delà d’Israël, les États-Unis sont de loin les principaux fournisseurs d’armes au reste du monde. Le récent rapport de la Fondation New America conclut que « les armes et les Ecoles Militaires des États-Unis ont joué un rôle dans 20 des 27 plus grandes guerres du monde en 2007 », représentant 23 milliards de dollars de recettes, et 32 milliards en 2008. Il n’est pas étonnant que parmi les nombreuses résolutions auxquelles les États-Unis se sont opposés lors de la session de l’ONU de décembre 2008 figure un appel pour la réglementation du commerce des armes. En 2006, les États-Unis ont été les seuls à voter contre le traité, mais ils ont eu un partenaire en novembre 2008 : le Zimbabwe. D’autres voix se sont fait entendre à la session des Nations Unies de décembre. Une résolution sur « le droit du peuple palestinien à l’autodétermination » a été adoptée par 173 voix contre 5 (États-Unis, Israël, et des dépendances des îles du Pacifique). Dans l’isolement international, le vote réaffirme avec force le rejectionisme américano-israélien. De même, une résolution sur « la liberté universelle de voyager et sur l’importance capitale du regroupement familial » a été adoptée avec l’opposition des États-Unis, d’Israël et des dépendances du Pacifique, vraisemblablement en pensant aux Palestiniens. En votant contre le droit au développement les États-Unis ont perdu Israël, mais gagné l’Ukraine. En votant contre le « droit à l’alimentation », les États-Unis étaient seuls, un fait particulièrement frappant dans le contexte de la formidable crise alimentaire mondiale qui éclipse la crise financière pesant sur les économies occidentales. Il y a de bonnes raisons pour que ces votes soient constamment cachés et enfouis par les médias et les intellectuels conformistes dans les replis profonds de la mémoire. Il ne serait pas sage de révéler au public ce qu’impliquent les votes de leurs représentants. Dans le cas présent, il serait évidemment contreproductif de faire savoir au public que le rejectionisme des Etats-Unis et d’Israël, interdisant le règlement pacifique préconisé depuis longtemps par la communauté internationale, atteint un tel extrême qu’il refuse même aux Palestiniens le droit absolu à l’autodétermination. A Gaza, un bénévole héroïque, le médecin norvégien Mads Gilbert, a décrit une vision d’horreur, une « Guerre totale contre la population civile de Gaza ». Il a estimé que la moitié des victimes sont des femmes et des enfants. Les hommes aussi, selon les normes de notre culture, sont presque tous des civils. Gilbert signale qu’il a à peine vu un militaire parmi les centaines de blessés. Les IDF acquiescent ; le Hamas « combat de loin - ou pas du tout », dit Ethan Bronner dans son « inventaire des gains » de l’agression américano-israélienne. Donc, les forces humaines du Hamas restent intactes, et ce sont surtout les civils qui souffrent : un résultat positif, selon une doctrine largement répandue. Ces estimations ont été confirmées par un responsable humanitaire de l’ONU John Holmes, qui a informé les journalistes qu’il était « assez probable » que la plupart des civils tués étaient des femmes et des enfants, dans cette crise humanitaire qui « empire de jour en jour tandis que la violence se poursuit ». Mais nous pourrions être réconfortés par les paroles du ministre israélien des Affaires étrangères Tzipi Livni, la colombe en chef de la campagne électorale actuelle, qui a assuré au monde qu’il n’existe pas de « crise humanitaire » à Gaza, grâce à la bienveillance d’Israël Comme d’autres qui se préoccupent des êtres humains et de leur sort, Gilbert et Holmes ont plaidé en faveur d’un cessez-le-feu. Pas immédiat cependant. « A l’ONU le samedi soir, les États-Unis ont empêché le Conseil de Sécurité d’émettre une déclaration officielle appelant à un cessez-le-feu immédiat », dit en passant le New York Times. La raison officielle était qu’ « il n’y avait aucune indication que le Hamas respecte un engagement ». Dans les annales des justifications du plaisir de massacrer, celle-ci doit se classer parmi les plus cyniques. Cela bien sûr c’était sous Bush et Rice, qui seront bientôt remplacés par Obama qui répète avec compassion que « si les missiles tombaient où mes deux filles dorment, je ferais tout pour mettre fin à cela ». Il fait référence aux enfants israéliens, non pas aux centaines d’êtres mis en lambeaux dans la bande de Gaza par les armes étasuniennes. A part cela, Obama garde le silence. Quelques jours après, sous une intense pression internationale, les Etats-Unis ont soutenu une résolution du Conseil de Sécurité appelant à un « cessez-le-feu durable ». Adoptée 14-0, les États-Unis s’abstenant. Les faucons d’Israël et des Etats-Unis étaient fâchés que les États-Unis n’y opposent pas leur veto, comme d’habitude. L’abstention cependant a suffi à donner à Israël, si ce n’est le feu vert, au moins le feu orange pour l’escalade de la violence à laquelle il s’est consacré comme prévu, jusqu’au moment de l’investiture d’Obama. Le cessez-le-feu (théorique) étant entré en vigueur le 18 janvier, le Centre Palestinien pour les Droits de l’Homme a publié ses chiffres pour le dernier jour de l’agression : 54 Palestiniens tués dont 43 civils désarmés, parmi lesquels 17 enfants. Pendant ce temps, les IDF ont continué à bombarder les maisons civiles et les écoles des Nations Unies. L’estimation du nombre total de morts atteint 1184, dont 844 civils comptant 281 enfants. Les FDI ont continué à utiliser des bombes incendiaires dans la bande de Gaza et à détruire des maisons et des terres agricoles, obligeant les civils à fuir leurs foyers. Quelques heures plus tard, Reuters signalait plus de 1300 tués. Le personnel du Centre Al Mezan, qui surveille attentivement les victimes et les destructions, a visité des zones auparavant inaccessibles en raison de bombardements massifs et incessants. Ils y ont découvert les cadavres de dizaines de civils en décomposition dans les décombres des maisons détruites ou rasées par les bulldozers israéliens. Des quartiers entiers avaient disparus. Le nombre de morts et de blessés est certainement sous-estimé. Et il est peu probable qu’il y aura une enquête sur ces atrocités. Les crimes de nos ennemis officiels sont soumis à de rigoureuses enquêtes, mais les nôtres sont systématiquement ignorés. Une pratique générale, encore une fois, et compréhensible de la part des Maîtres. La résolution du Conseil de Sécurité appelait à l’arrêt du trafic d’armes vers Gaza. Les États-Unis et Israël (Rice-Livni) se sont rapidement mis d’accord sur les mesures à adopter pour atteindre ce but, se concentrer sur les armes iraniennes. Il n’est pas nécessaire d’arrêter la contrebande d’armes étasuniennes vers Israël, car il n’y a pas de contrebande : l’énorme flux d’armes est tout à fait public, même s’il n’est pas signalé, comme dans le cas de la livraison d’armes prévue quand le massacre dans la bande de Gaza était en cours. La résolution appelait également à « assurer la réouverture totale des points de passage, sur la base de l’Accord sur les Mouvements et l’Accès (AMA) signé en 2005 entre l’Autorité Palestinienne et Israël ». Cet accord stipulait que les accès vers Gaza seraient ouverts de façon continue et qu’Israël permettrait le passage des biens et des personnes entre la Cisjordanie et la bande de Gaza. L’accord Rice-Livni n’a rien à voir avec cet aspect de la résolution du Conseil de Sécurité. Les États-Unis et Israël avaient déjà abandonné l’accord de 2005 dans le cadre de leur punition contre le mauvais vote des Palestiniens lors de l’élection libre de janvier 2006. La conférence de presse de Rice après l’accord Rice-Livni a souligné les efforts constants de Washington pour saper les résultats d’une élection libre dans le monde arabe. « Il y a beaucoup à faire », a t-elle dit, « pour sortir Gaza de l’obscurité du règne du Hamas et lui montrer la lumière que peut apporter la très bonne gouvernance de l’Autorité Palestinienne », - c’est-à-dire, ce qu’elle peut apporter tant qu’elle reste un serviteur fidèle, minée par la corruption et résolue à mener à bien une répression sévère, en bref obéissante. De retour d’une visite dans le monde arabe, Fawwaz Gerges réaffirma avec force ce que d’autres sur place avaient dit. L’offensive israélo-étasunienne sur la bande de Gaza a exaspéré les populations et suscité une haine amère contre les agresseurs et leurs collaborateurs. « Il suffit de dire que ceux que l’on appelle les États Arabes modérés [ceux qui prennent leurs ordres de Washington] sont sur la défensive, et que le front de résistance mené par l’Iran et la Syrie est le principal bénéficiaire. Une fois de plus, Israël et l’administration Bush ont donné une victoire facile aux dirigeants iraniens ». En outre, « le Hamas va certainement devenir une force politique plus puissante que jamais, qui surpassera sûrement le Fatah, l’appareil de gouvernement de l’Autorité Palestinienne du Président Mahmoud Abbas », le favori de Rice. Comme le dit le London Financial Times, il est bon de garder à l’esprit que grâce aux remarquables correspondants d’Al-Jazeera, des émissions de télévision en direct et régulières fournissent une « analyse calme et équilibrée du chaos et de la destruction » et offrent « une alternative sévère aux chaînes hertziennes », ne laissant pas le monde arabe strictement ignorant de ce qui se passe à Gaza. Dans les 105 pays où l’autocensure n’est pas si efficace que chez nous, les gens peuvent voir d’heure en heure ce qui se passe, et l’impact est très grand. Aux États-Unis, le New York Times suggère que « le black-out quasi-total d’Al-Jazeera ... est sans doute lié à sa forte critique du gouvernement des États-Unis au début de la guerre en Irak et à sa couverture de l’invasion américaine ». Rumsfeld et Cheney l’ont contesté, donc de toute évidence les médias indépendants ne pouvaient qu’obéir. Il existe un débat très mesuré sur ce que les assaillants espèrent obtenir. Parmi les objectifs qui sont discutés il y a le rétablissement de ce que l’on appelle « la force de dissuasion » qu’Israël a perdu à la suite de ses échecs au Liban en 2006 - c’est-à-dire la capacité de terroriser tout opposant potentiel et de le soumettre. Il existe cependant des objectifs plus fondamentaux qui ont tendance à être occultés, même s’ils semblent assez évidents à la vue de l’histoire récente. Israël a quitté Gaza en septembre 2005. Les jusqu’au-boutistes rationnels israéliens, comme Ariel Sharon le saint patron des colons, ont compris l’absurdité de subventionner quelques milliers de colons israéliens illégaux dans les ruines de Gaza, protégés par les IDF, alors qu’ils profitaient de peu de terres, et de ressources limitées. Il était plus logique de faire de Gaza la plus grande prison du monde et de transférer les colons en Cisjordanie, territoire de grande valeur, où Israël est très explicite sur ses intentions, en paroles et évidemment en actes. L’un des buts est d’annexer les terres cultivables, les réserves d’eau, et les agréables banlieues de Jérusalem et de Tel-Aviv, dans l’enceinte du mur de séparation, déclaré illégal mal à propos par la Cour Internationale de Justice. Cela comprend un agrandissement conséquent de Jérusalem, en violation des directives, également mal à propos, du Conseil de Sécurité qui remontent à 40 ans. Israël a également pris le contrôle de la vallée du Jourdain, soit environ un tiers de la Cisjordanie. Ce qui subsiste est encerclé et coupé en trois par des extensions des colonies juives : l’une à l’est du Grand Jérusalem à travers la ville de Ma’aleh Adumim, développée dans les années Clinton pour diviser la Cisjordanie ; et deux au nord, à travers les villes d’Ariel et de Kedumim. Les morceaux qui restent aux Palestiniens sont séparés par des centaines de points de contrôle le plus souvent arbitraires. Les points de contrôle n’ont aucun rapport avec la sécurité d’Israël, et si certains sont destinés à protéger les colons, ils sont simplement illégaux, comme l’a statué la Cour Internationale de Justice. En réalité, leur principal but est de harceler la population palestinienne et de fortifier ce que l’activiste israélien pour la paix Jeff Halper appelle la « matrice de contrôle », visant à rendre la vie insupportable aux « bêtes à deux pattes » qui seront comme des « cafards drogués courrant en rond dans une bouteille » s’ils cherchent à rester dans leurs maisons et sur leurs terres. Tout cela est assez juste, car ils sont « comme des sauterelles par rapport à nous », et leurs chefs pourront être « écrasé contre les rochers et les murs ». La terminologie est celle des plus hauts dirigeants politiques et militaires israéliens, les « Princes » vénérés. Et ces attitudes façonnent les politiques. Les délires des dirigeants politiques et militaires sont bénins par rapport aux prêches des autorités rabbiniques. Ce ne sont pas des personnalités marginales. Au contraire, elles sont très influentes dans l’armée et chez les colons, que Zertal et Eldar appellent les « Seigneurs de la Terre », et ont un immense impact politique. Les soldats combattant dans le nord de Gaza furent gratifiés d’une visite « charismatique » de deux grands rabbins, qui leur ont expliqué qu’il n’existe pas d’ « innocents » à Gaza, que tout le monde y est donc une cible légitime, en citant un célèbre passage des Psaumes priant le Seigneur de saisir les enfants des oppresseurs d’Israël et les jeter contre les rochers. Les rabbins ne marchaient pas en terre inconnue. Un an plus tôt, comme le rapporte le Jérusalem Post, l’ancien chef rabbin Séfarade a écrit au Premier ministre Olmert, l’informant que tous les civils dans la bande de Gaza sont collectivement coupables des tirs roquettes, ainsi il n’y a « absolument aucune interdiction morale au massacre aveugle de civils pendant une éventuelle offensive militaire massive sur la bande de Gaza visant à arrêter les tirs de fusées ». Son fils, grand rabbin de Safed, a surenchéri : « S’ils ne s’arrêtent pas après que nous en ayons tué 100, alors nous devons en tuer 1.000, et s’ils ne s’arrêtent pas après 1.000, alors nous devons en tuer 10.000. S’ils ne s’arrêtent pas, nous devons en tuer 100.000, même un million. Ce qu’il faudra pour les faire cesser. » Des points de vue similaires sont exprimés par des personnalités laïques étasuniennes. Quand Israël a envahi le Liban en 2006, le professeur Alan Dershowitz de l’Ecole de Droit de Harvard, a expliqué dans le journal libéral en ligne Huffington Post, que tous les Libanais sont des cibles légitimes de la violence israélienne. Les citoyens du Liban “payent le prix“ de leur soutien au « terrorisme » - c’est-à-dire leur soutien à la résistance à l’invasion israélienne. En conséquence, les civils libanais ne sont pas plus protégés des attaques que les Autrichiens qui soutenaient les nazis. La fatwa du rabbin séfarade s’applique à eux. Dans une vidéo sur le site Internet du Jérusalem Post, Dershowitz continua à ridiculiser les propos sur le rapport excessif entre les morts Palestiniens et Israéliens : il doit être porté à 1.000 pour un, dit-il, ou même 1.000 pour zéro, signifiant que les brutes devaient être complètement exterminées. Bien sûr, il se réfère à des « terroristes », une vaste catégorie qui inclut les victimes du pouvoir israélien, car « Israël n’a jamais pour cible des civils », déclara-t-il avec insistance. Il s’ensuit que les Palestiniens, les Libanais, les Tunisiens, ou quiconque se trouve sur le chemin de l’impitoyable armée du Saint État est un terroriste, ou une victime accidentelle de leurs justes crimes. Il n’est pas facile de trouver de contreparties historiques à de telles prestations. Il est peut-être instructif qu’elles semblent couler de source dans la culture intellectuelle et morale dominante - quand elles émanent de « notre côté ». Dans la bouche d’ennemis officiels, de tels mots susciteraient une juste indignation et des appels à la vengeance sous forme de violences préventives massives. L’affirmation selon laquelle « notre camp » ne vise jamais les civils est une doctrine familière à ceux qui monopolisent les moyens de la violence. Et elle contient une part de vérité. Nous n’essayons pas en général, de tuer des civils déterminés. Au contraire, nos actions sont meurtrières, nous le savons, elles tuent de nombreux civils, mais sans intention spécifique d’en tuer un en particulier. En droit, ces pratiques courantes pourraient relever de la catégorie de non-assistance à personne en danger, mais ce n’est pas une désignation correcte pour la pratique et la doctrine impériale standard. Ce serait plutôt comme marcher dans une rue en sachant que l’on peut tuer des fourmis, mais sans intention de le faire, parce qu’elles sont si insignifiantes que ça n’a pas d’importance. Il en est de même quand Israël effectue des actions sachant qu’il va tuer des « sauterelles » et des « bêtes à deux pattes » qui infestent les terres qu’il « libère ». Il n’y a pas de bon terme pour désigner cette forme de dépravation morale par trop familière et sans doute pire que le meurtre délibéré. Dans l’ancienne Palestine, les propriétaires légitimes (par décret divin, selon les « Seigneurs de la Terre ») peuvent décider d’accorder aux cafards drogués quelques parcelles éparses. Pas par droit, cependant : « Je pensais, et à ce jour je crois encore, que notre peuple a un droit éternel et historique sur l’ensemble de cette terre », déclara en soulevant les applaudissements le Premier Ministre Olmert à une session plénière du Congrès en mai 2006. Dans le même temps, il annonçait son programme de « convergence » pour prendre le contrôle de tout ce qui a de la valeur en Cisjordanie, laissant les Palestiniens moisir dans des recoins isolés. Il n’a pas été précis sur les frontières de « l’ensemble du territoire », mais, pour de bonnes raisons, l’entreprise sioniste ne l’a jamais été : l’expansion permanente est une dynamique interne très importante. Si Olmert est toujours fidèle à ses origines dans le Likoud, il peut avoir voulu dire les deux côtés de la Jordanie, y compris l’état actuel de Jordanie, ou tout du moins les régions qui ont de la valeur. Le « droit éternel et historique à l’ensemble de la terre » de notre peuple contraste radicalement avec l’absence de tout droit de l’autodétermination pour les habitants temporaires, les Palestiniens. Comme indiqué précédemment, cette dernière position a été réaffirmée, par Israël et son patron à Washington en décembre 2008, dans leur isolement habituel accompagné d’un silence retentissant. Les plans esquissés par Olmert en 2006 ont depuis été abandonnés comme insuffisamment ambitieux. Mais ce qui remplace le programme de convergence et les actions qui s’ensuivent quotidiennement pour sa mise en œuvre sont approximativement les mêmes dans leur conception générale. Cela remonte aux premiers jours de l’occupation, lorsque le ministre de la Défense Moshe Dayan expliquait poétiquement que « la situation d’aujourd’hui ressemble à la relation complexe entre un bédouin et la jeune fille qu’il a ravie contre sa volonté ... Vous les Palestiniens, en tant que nation, ne voulez pas de nous aujourd’hui, mais nous allons changer votre attitude en vous imposant notre présence ». Vous allez « vivre comme des chiens, et celui qui partira, partira », tandis que nous prendrons ce que nous voudrons. Que ces programmes soient criminels n’a jamais été mis en doute. Immédiatement après la guerre de 1967, le gouvernement israélien a été informé par sa plus haute autorité juridique, Teodor Meron, que « la colonisation civile des territoires administrés contrevenait aux dispositions formulées par la quatrième Convention de Genève », le fondement du droit international humanitaire. Le ministre de la Justice d’Israël en convenait. La Cour Internationale de Justice a approuvé à l’unanimité cette conclusion essentielle en 2004, et la Haute Cour israélienne a approuvé techniquement tout en étant en désaccord dans la pratique, selon son style habituel. En Cisjordanie, Israël peut poursuivre ses plans criminels avec l’appui des Etats-Unis et sans être dérangé, grâce à l’efficacité de son contrôle militaire et maintenant grâce à l’aide des forces de sécurité palestiniennes collaborationnistes, armées et entraînées par les États-Unis et les dictatures alliées. Il peut aussi procéder régulièrement à des assassinats et autres crimes pendant que les colons sévissent sous la protection des IDF. Mais, alors que la Cisjordanie a été soumise par la terreur, il y a encore des résistances dans l’autre moitié de la Palestine, la bande de Gaza. Cela aussi doit être réprimé pour que les plans israélo-étasuniens d’annexion et de destruction de la Palestine puissent se développer sans gêne. D’où l’invasion de Gaza. Le moment de l’invasion a vraisemblablement été influencé par les prochaines élections israéliennes. Dès les premiers jours du carnage, le commentateur israélien Ran HaCohen a calculé qu’Ehud Barak qui reculait fortement dans les sondages a gagné un siège au Parlement pour 40 morts Arabes. Cela peut changer cependant. Comme les crimes ont dépassé ce que la campagne de propagande israélienne soigneusement préparée a été en mesure de cacher, même des faucons israéliens avérés se sont inquiétés que le carnage « Détruit l’âme [d’Israël] et son image. Il le détruit sur les écrans de télévision du monde, dans les salons de la communauté internationale et surtout dans l’Amérique d’Obama (Ari Shavit) ». Shavit était particulièrement préoccupé qu’Israël « bombarde une installation des Nations Unies ... le jour où le secrétaire général de l’ONU est en visite à Jérusalem », un acte « au-delà de folie » estima-t-il. Pour ajouter quelques détails, cette « installation » était la base de l’ONU dans la ville de Gaza et contenait les entrepôts de l’UNRWA. Selon son directeur John Ging, le pilonnage a détruit « des centaines de tonnes de nourriture et de médicaments d’urgence qui devaient être distribuées aujourd’hui dans les abris, les hôpitaux et les centres d’alimentation ». Les frappes militaires ont aussi détruit les deux étages de l’hôpital al-Qods, et y ont mis le feu, ainsi qu’à un deuxième entrepôt géré par le Croissant-Rouge palestinien. L’hôpital du quartier fortement peuplé de Tal-Hawa a été détruit par les chars israéliens « après que des centaines d’habitants de Gaza terrorisés y eurent trouvé refuge quand les forces terrestres israéliennes sont entrées dans le quartier », a indiqué l’Associated Press. Il n’y avait plus rien à sauver à l’intérieur des ruines fumantes de l’hôpital. « Ils ont bombardé le bâtiment, le bâtiment de l’hôpital. Il a pris feu. Nous avons essayé d’évacuer les malades, les blessés et les personnes qui étaient là. Les pompiers sont arrivés et ont éteint le feu, qui a repris de nouveau et ils l’ont de nouveau éteint, et il s’est rallumé une troisième fois », a raconté l’auxiliaire médical Ahmad Al-Haz à l’AP. On soupçonne que l’incendie pourrait avoir été déclenché par le phosphore blanc, également mis en cause dans de nombreux autres incendies et brûlures graves. Ces soupçons sont confirmés par Amnesty International après que l’arrêt des bombardements intensifs a permis d’enquêter. Avant, tandis qu’il perpétrait ses crimes dans une fureur sans frein, Israël avait évidemment interdit tout journaliste, même israélien. L’utilisation par Israël de phosphore blanc contre les civils de Gaza est « claire et indéniable », a indiqué Amnesty International. Son utilisation répétée dans des zones civiles densément peuplées « est un crime de guerre », a conclu Amnesty International. Les enquêteurs ont trouvé des éclats de phosphore blanc disséminés dans les bâtiments résidentiels toujours en feu, « mettant en danger d’autres résidants et leurs biens », en particulier les enfants « attirés par les débris d’armes et souvent ignorant des dangers ». Les cibles principales, disent-ils, ont été l’enceinte de l’UNRWA, où le « phosphore blanc est tombé à côté de camions de carburant et a provoqué un immense incendie qui a détruit des tonnes d’aide humanitaire » bien que les autorités israéliennes « avaient assuré qu’aucune nouvelle attaque ne serait lancée sur le complexe ». Le même jour, « un obus au phosphore blanc est tombé sur l’hôpital Al-Qods dans la ville de Gaza causant aussi un incendie qui a obligé le personnel de l’hôpital à évacuer les patients... le phosphore blanc qui tombe sur la peau brûle profondément, jusqu’aux muscles et même aux os, et brûle jusqu’à ce qu’il soit privé d’oxygène ». Qu’ils soient commis intentionnellement ou par indifférence cynique, ces crimes sont inévitables quand une telle arme est utilisée dans des attaques sur les civils. Il est toutefois erroné de se concentrer uniquement sur les violations flagrantes par Israël du jus in bello (le Droit pendant la Guerre, en latin), lois destinées à interdire des pratiques trop sauvages. L’invasion elle-même est un crime beaucoup plus grave. Et si Israël avait infligé des terribles dégâts avec des arcs et des flèches, ce serait toujours un acte criminel d’une extrême perversion. Une agression a toujours un prétexte : dans ce cas, la patience d’Israël a été « poussée à bout » par les attaques à la roquette du Hamas, comme dit Barak. Mantra répété à l’infini sur le droit d’Israël d’utiliser la force pour se défendre. La thèse est partiellement défendable. Les tirs de roquettes sont criminels et il est vrai qu’un Etat a le droit de se défendre contre des attaques criminelles. Mais il ne s’ensuit pas qu’il a le droit de se défendre par la force. Cela va bien au-delà de tout principe que nous pourrions ou devrions accepter. L’Allemagne nazie n’avait pas le droit d’utiliser la force pour se défendre contre le terrorisme des partisans. La Nuit de Cristal n’est pas justifiée par l’assassinat par Herschel Grynszpan d’un membre de l’Ambassade d’Allemagne à Paris. Les Britanniques n’avaient pas le droit d’utiliser la force pour se défendre contre la (très réelle) terreur des colons américains cherchant l’indépendance, ou pour terroriser les Catholiques irlandais en réponse à la terreur de l’IRA - et quand ils ont finalement appliqué une politique sensée, tenant compte de revendications légitimes, la terreur a pris fin. Il ne s’agit pas de « proportionnalité », mais d’abord du choix de l’action : existe-t-il une alternative à la violence ? Tout recours à la force doit s’appuyer sur des arguments indiscutables, et nous devons nous demander si Israël y satisfait en réprimant sans relâche depuis plus de 40 ans toute résistance à ses actions criminelles quotidiennes à Gaza et en Cisjordanie. Peut-être puis-je citer un de mes entretiens à la presse israélienne sur les plans de convergence pour la Cisjordanie annoncés par Olmert : « Les Etats-Unis et Israël ne tolèrent aucune contestation à ces plans, et préfèrent laisser croire - à tort bien sûr - qu’ « il n’y a pas de partenaire », tout en continuant à appliquer ces plans depuis longtemps. On peut rappeler que la bande de Gaza et la Cisjordanie sont reconnues comme entité unique, et si la résistance aux programmes israélo-étasuniens d’annexion et de morcellement est légitime en Cisjordanie, il l’est aussi à Gaza ». Le journaliste américano-palestinien Ali Abunimah a fait remarquer ; « Il n’y a pas de roquettes tirées sur Israël depuis la Cisjordanie, et pourtant, les exécutions extrajudiciaires par Israël, le vol des terres, les pogroms et les enlèvements par les colons, n’ont jamais cessé un seul jour au cours de la trêve. L’Autorité Palestinienne de Mahmoud Abbas soutenue par l’Occident a accepté toutes les exigences d’Israël. Sous le regard satisfait des conseillers militaires des États-Unis, Abbas a réuni ses « forces de sécurité » afin de lutter contre la résistance au nom d’Israël. Rien de cela n’a épargné un seul Palestinien de Cisjordanie de la colonisation sans relâche d’Israël » - avec l’appui sans faille des États-Unis. Le parlementaire palestinien respecté, le Dr. Mustapha Barghouti, ajoute qu’après la mascarade de Bush à Annapolis en novembre 2007, et sa rhétorique édifiante sur son dévouement à la paix et à la justice, les attaques israéliennes sur les Palestiniens ont fortement augmenté, de près de 50% en Cisjordanie, en même temps que le nombre de colonies israéliennes et les points de contrôle. Il est évident que ces actes criminels ne sont pas une réponse aux roquettes de Gaza, mais que ce pourrait être l’inverse, comme le suggère Barghouti. Les réactions aux crimes d’une puissance d’occupation peuvent être condamnées comme criminelles et politiquement insensées, mais ceux qui n’offrent aucune alternative n’ont pas de raisons morales pour émettre de tels jugements. La conclusion vaut particulièrement pour ceux qui aux États-Unis choisissent d’être directement impliqués dans les crimes continus d’Israël - par leurs paroles, leurs actions, ou leur silence. D’autant plus parce qu’il y a très clairement des alternatives non-violentes - qui ont toutefois l’inconvénient d’aller à l’encontre des programmes d’expansion illégale. Israël a un moyen évident de se défendre : mettre un terme à ses actions criminelles dans les territoires occupés et accepter le consensus international qui, de longue date, appelle à la coexistence de deux États. Ce règlement a été bloqué par les États-Unis et Israël depuis plus de 30 ans, depuis le premier veto opposé par les Etats-Unis à une résolution du Conseil de Sécurité de 1976 appelant en ces termes un règlement politique. Je ne vais pas une nouvelle fois détailler ce passé peu glorieux, mais il est important d’être conscient que le rejet israélo-étasunien d’aujourd’hui est encore plus flagrant que par le passé. La Ligue arabe est même allé au-delà du consensus qui appelle à la totale normalisation des relations avec Israël. Le Hamas a maintes fois appelé à un règlement à deux États selon ce consensus international. L’Iran et le Hezbollah ont clairement dit qu’ils respecteraient tout accord accepté par les Palestiniens. Cela laisse les États-Unis et Israël dans un splendide isolement, pas seulement verbal. Un rappel plus précis est informatif. Le Conseil National Palestinien a accepté officiellement le consensus international en 1988. La réponse du gouvernement de coalition Shamir-Peres, confirmée par le Département d’État de James Baker, est qu’il ne peut y avoir un “État palestinien de plus“ entre Israël et la Jordanie - cette dernière étant déjà un Etat palestinien par décret des Etats-Unis et d’Israël. Les accords d’Oslo qui ont suivi ont écarté toute possibilité pour des Droits Nationaux Palestiniens. La menace qu’ils puissent être obtenus sous une quelconque forme a été systématiquement écartée pendant l’année de négociation des Accords d’Oslo, par l’expansion constante et illégale des colonies de peuplement d’Israël. Colonisation qui s’accéléra en 2000, dernière année au pouvoir du Président Clinton et du Premier ministre Barak, pendant les négociations de Camp David qui se tinrent avec le même sous-entendu. Après avoir blâmé Yasser Arafat pour la rupture des négociations de Camp David, Bill Clinton se rétracta et reconnut que les propositions des États-Unis et d’Israël étaient trop extrémistes pour les Palestiniens. En décembre 2000, il a présenté ses « mesures », vagues mais plus ouvertes. Il a ensuite annoncé que les deux parties avaient accepté les mesures, alors que toutes deux avaient exprimé des réserves. Les deux parties se sont rencontrées à Taba en Egypte en janvier 2001 et ont été très proches d’un accord, qu’elles auraient pu conclure en quelques jours, ont-ils déclaré dans leur dernière conférence de presse. Mais les négociations ont été annulées prématurément par Ehud Barak. Cette semaine à Taba est la seule pause en plus de 30 ans dans le rejectionisme américano-israélien. Il n’y a aucune raison pour que cela ne puisse se produire à nouveau. La version préférée, rappelée récemment par Ethan Bronner, est que « Beaucoup à l’étranger se souviennent de M. Barak comme le Premier Ministre qui en 2000 est allée plus loin que n’importe quel dirigeant israélien dans les offres de paix aux Palestiniens. Mais il faut voir comment l’accord a capoté et a dégénéré dans un violent soulèvement palestinien, en l’excluant du pouvoir ». Il est vrai que « beaucoup à l’étranger » croient à ce conte de fées trompeur, grâce à ce que Bronner et un trop grand nombre de ses collègues appellent le « journalisme ». Il est communément admis qu’une solution à deux États est désormais inaccessible, parce que si l’armée israélienne tentait d’expulser les colons, cela conduirait à une guerre civile. C’est peut-être vrai, mais d’autres arguments sont nécessaires. Sans recourir à la force pour expulser les colons illégaux, l’armée israélienne pourrait simplement se retirer dans les frontières établies par les négociations. Les colons au-delà de ces frontières auraient le choix entre quitter leurs maisons subventionnées pour retourner en Israël, ou y rester sous autorité palestinienne. Le schéma était identique lors de la mise en scène soignée du « traumatisme national » dans la bande de Gaza en 2005, si grossièrement trompeuse qu’elle fut raillée par les commentateurs israéliens. Il aurait suffi à Israël d’annoncer que les IDF se retiraient, pour que les colons subventionnés pour profiter de leur vie dans la bande de Gaza montent discrètement dans les camions mis à leur disposition pour se rendre à leur nouvelle résidence subventionnée en Cisjordanie. Mais cela n’aurait pas produit les images tragiques d’enfants angoissés ou d’exaltés criant « plus jamais ça ». En résumé, contrairement à l’affirmation constamment répétée, Israël n’a pas le droit d’utiliser la force pour se défendre contre les roquettes de la bande de Gaza, même si elles sont considérées comme des crimes terroristes. En outre, les raisons sont transparentes. Le prétexte pour le lancement de l’attaque est sans fondement. Une question plus précise doit être posée. Israël a-t-il des alternatives pacifiques à court terme à l’utilisation de la force en réponse aux roquettes tirées de Gaza ? L’une d’elles serait d’accepter un cessez-le-feu. Israël l’a parfois fait, mais il l’a instantanément violé. Le plus récemment en juin 2008. Le cessez-le-feu prévoyait l’ouverture des frontières pour « permettre le transport de toutes les marchandises qui avaient été interdites ou limitées dans la bande de Gaza ». Israël a formellement accepté, mais a immédiatement annoncé qu’il ne respecterait pas l’accord ni l’ouverture des frontières jusqu’à ce que le Hamas libère Gilad Shalit, un soldat israélien capturé par le Hamas en juin 2006. Les roulements de tambour continus à propos de la capture de Shalit sont encore une fois une hypocrisie flagrante, même en oubliant qu’Israël a une longue histoire d’enlèvements. L’hypocrisie ne peut être plus flagrante que dans ce cas. La veille de la capture de Shalit par le Hamas, des soldats israéliens sont entrés dans la ville de Gaza et ont enlevé deux civils, les frères Muammar, les emmenant en Israël rejoindre les milliers d’autres prisonniers détenus là-bas sans aucune charge, près de 1.000. L’enlèvement de civils est un crime beaucoup plus grave que la capture d’un soldat d’une armée attaquante, mais de cela on ne parle jamais, seulement et toujours de la fureur provoquée par l’enlèvement de Shalit. Et tout ce qui reste en mémoire, la cause du blocage de la paix, c’est la capture de Shalit, un autre exemple de la différence entre les humains et les bêtes à deux pattes. Shalit doit être rendu - au cours d’un juste échange de prisonniers. C’est après la capture de Shalit que les attaques militaires implacables d’Israël contre Gaza, de simplement vicieuses, sont devenues vraiment sadiques. Mais il faut rappeler que même avant la capture, après son retrait en septembre, Israël a tiré plus de 7.700 obus sur le nord de Gaza, ne suscitant pratiquement aucun commentaire. Après le rejet du cessez-le-feu de juin 2008 qu’il avait officiellement accepté, Israël a maintenu son siège. Pouvons-nous rappeler qu’un siège est un acte de guerre. En fait, Israël a toujours insisté sur un principe encore plus fort : entraver l’accès au monde extérieur, même par un siège partiel, est un acte de guerre justifiant la violence massive en réponse. Les entraves à son passage par le détroit de Tiran ont fait partie des prétextes d’Israël pour envahir l’Égypte (avec la France et l’Angleterre) en 1956, et pour son entrée en guerre en juin 1967. Le siège de Gaza est total, pas partiel, à part quelques exceptions quand, selon leur bon vouloir les occupants le relâchent un peu. Et il est beaucoup plus préjudiciable à Gaza que la fermeture du détroit de Tiran l’était pour Israël. Les partisans de la doctrine et des actions israéliennes ne devraient donc avoir aucun problème à justifier les attaques à la roquette sur le territoire israélien depuis la bande de Gaza. Bien sûr et encore, nous sommes confrontés au principe infirmatif : nous c’est nous, eux c’est eux. Israël non seulement a maintenu le siège après juin 2008, mais il l’a fait avec une extrême rigueur. Il a même empêché l’UNRWA de reconstituer ses stocks, « de sorte que lorsque le cessez-le-feu a pris fin, nous avons manqué de nourriture pour les 750.000 personnes qui dépendent de nous », a déclaré le directeur de l’UNRWA John Ging à la BBC. Malgré le siège israélien, les tirs de roquettes ont fortement diminué. Le cessez-le-feu a été rompu le 4 novembre par un raid israélien dans la bande de Gaza entraînant la mort de 6 Palestiniens, et des tirs de roquettes en représailles (aucune victime). Le prétexte invoqué pour justifier le raid était qu’Israël avait repéré un tunnel dans la bande de Gaza qui pourrait servir à capturer un autre soldat israélien. Comme un certain nombre de commentateurs l’ont noté, le prétexte est totalement absurde. Si ce tunnel existait et atteignait la frontière, Israël aurait pu facilement le boucher à cet endroit. Mais comme d’habitude, le faux prétexte israélien a été jugé crédible. Quelle a été la vraie raison de l’attaque israélienne ? Nous n’avons pas d’éléments de preuve sur les plans d’Israël, mais nous savons que le raid est intervenu peu avant des entretiens prévus entre le Fatah et le Hamas au Caire, visant à « aplanir leurs divergences et à créer un gouvernement unifié », signale le correspondant britannique Rory McCarthy. Ce devait être la première rencontre Fatah-Hamas depuis la guerre civile de juin 2007 qui a donné le contrôle de la bande de Gaza au Hamas, et cela aurait été une étape importante pour la diplomatie. Israël a une longue histoire de provocations en vue de dissuader la menace diplomatique, certaines ayant déjà été mentionnées. Ceci en est sûrement une autre. La guerre civile qui a laissé le contrôle de la bande de Gaza au Hamas est communément décrite comme un coup d’Etat militaire du Hamas, ce qui démontre à nouveau sa nature diabolique. Le monde réel est un peu différent. La guerre civile a été organisée par les États-Unis et Israël, dans une grossière tentative de coup d’Etat pour renverser le Hamas, porté au pouvoir par des élections libres. Cela est connu du public au moins depuis avril 2008, quand David Rose a publié dans Vanity Fair un rapport détaillé et documentée sur la façon dont Bush, Rice, et le sous-conseiller pour la sécurité nationale Elliott Abrams « ont soutenu la force armée aux ordres de l’homme fort du Fatah Muhammad Dahlan, déclenchant une guerre civile sanglante dans la bande de Gaza et en laissant le Hamas plus fort que jamais ». Ce rapport a été récemment confirmé dans le Christian Science Monitor (12 janvier, 2009) par Norman Olsen, qui a travaillé 26 ans aux Affaires Etrangères, dont quatre dans la bande de Gaza et quatre autres à l’ambassade américaine à Tel-Aviv, puis est devenu coordinateur associé pour le contre-terrorisme au Département d’Etat. Olson et son fils détaillent les manigances du Département d’État destinées à assurer que leur candidat, Abbas, gagne les élections de janvier 2006 - ce qui aurait été salué comme un triomphe de la démocratie. Après ce bidouillage raté des élections, ils se sont tournés vers la répression des Palestiniens et l’armement d’une milice dirigée par l’homme fort du Fatah Mohammed Dahlan. Mais « les voyous de Dahlan ont agi trop tôt » et une action préventive du Hamas a fait échouer la tentative de coup d’Etat, menant à des mesures bien plus sévères de la part des Etats-Unis et d’Israël pour punir la désobéissance du peuple de Gaza. La Ligne du Parti est plus crédible. En novembre, après qu’Israël a rompu le cessez-le-feu de juin 2008 (quoiqu’il ait été), le siège a été encore renforcé, avec des conséquences encore plus désastreuses pour la population. Selon Sara Roy, une des meilleures spécialistes universitaires de la bande de Gaza, « Le 5 novembre, Israël a fermé tous les points de passage dans la bande de Gaza, réduisant considérablement, et parfois refusant, le passage de vivres, de médicaments, de carburant, de gaz de cuisine, et de pièces détachées pour l’adduction et l’assainissement de l’eau... Au cours de novembre, une moyenne de 4,6 camions de nourriture est entrée chaque jour d’Israël à Gaza comparée à 123 camions par jour en octobre. L’entrée de pièces de rechange pour la réparation et l’entretien des équipements d’eau a été refusée pendant plus d’un an. L’Organisation Mondiale de la Santé vient d’indiquer que la moitié des ambulances de la bande de Gaza est hors service » - les autres sont rapidement devenus des cibles pour les attaques israéliennes. La seule centrale électrique de Gaza a été contrainte de suspendre son activité, faute de carburant, et ne peut pas être démarrée par manque de pièces de rechange, en attente dans le port israélien d’Ashdod depuis 8 mois. La pénurie d’électricité a conduit à une augmentation de 300% des cas de brûlures à l’hôpital Shifaa dans la bande de Gaza, dues à l’utilisation de feux de bois. Israël interdit le passage du chlore, de sorte que d’ici à la mi-décembre, l’accès à l’eau dans la ville de Gaza et au nord a été limité à six heures tous les trois jours. Les pertes humaines induites ne sont pas comptabilisées dans les victimes palestiniennes de la terreur israélienne. Après l’attaque israélienne du 4 novembre, la violence a augmenté des deux côtés (tous les morts sont palestiniens) jusqu’à ce que le cessez-le-feu prenne officiellement fin le 19 décembre et que le Premier Ministre Olmert autorise l’invasion à grande échelle. Quelques jours plus tôt, le Hamas avait proposé de revenir à l’accord de cessez-le-feu de juillet, qu’Israël n’avait pas respecté. Robert Pastor, historien et ancien haut fonctionnaire de l’administration Carter a transmis la proposition à un « haut fonctionnaire » de l’armée israélienne, mais Israël n’a pas répondu. Au contraire, le chef du Shin Bet, l’organisme de sécurité intérieure d’Israël, cité le 21 décembre par des sources israéliennes, a dit que le Hamas est prêt à poursuivre la « trêve » avec Israël, alors que son aile militaire poursuit ses préparatifs de guerre. « Il y avait clairement une alternative à l’approche militaire pour arrêter les tirs de roquettes », a déclaré Pastor, s’en tenant à la question restreinte de la bande de Gaza. Il y avait aussi une alternative de bien plus grande portée mais rarement évoquée : l’acceptation d’un règlement politique incluant tous les territoires occupés. Le haut correspondant diplomatique d’Israël Akiva Eldar, rapporte que peu de temps avant qu’Israël lance son invasion à grande échelle, le samedi 27 décembre, « le chef du bureau politique du Hamas Khaled Mechaal avait annoncé sur le site Internet Iz al-Din al-Qassam, qu’il était prêt, non seulement à un « arrêt de l’agression » mais proposait de revenir à l’arrangement de Rafah de 2005, avant que le Hamas ne remporte les élections et ne s’empare de la région. Cet arrangement prévoyait que les points de passages seraient supervisés conjointement par l’Egypte, l’Union européenne, la présidence de l’Autorité palestinienne et le Hamas », et comme indiqué précédemment, a appelé à l’ouverture de passages pour les denrées faisant cruellement défaut. Une des revendications des apologistes les plus simplistes de la violence israélienne est que dans le cas de l’attaque actuelle, « comme dans de nombreux autres cas dans le dernier demi-siècle - la guerre au Liban de 1982, le « gant de fer » qui répond à l’Intifada de 1988, la guerre au Liban de 2006 - les Israéliens ont réagi à des actes intolérables de terreur avec la volonté d’infliger des douleurs atroces, pour donner une leçon à l’ennemi » (David Remnick, éditeur du New Yorker). Comme cela a déjà été mentionné, l’invasion de 2006 ne peut être justifiée que par un cynisme épouvantable. La réponse vicieuse à l’Intifada de 1988 est trop amorale pour être discutée ; une interprétation bienveillante pourrait être qu’elle reflète une étonnante ignorance. Mais l’explication de Remnick de l’invasion de 1982 est tellement fréquente, une réussite remarquable de propagande ininterrompue, qu’elle mérite quelques rappels. Sans aucun doute, la frontière israélo-libanaise a été calme pendant un an avant l’invasion israélienne, au moins à partir du Liban vers Israël, du nord au sud. Toute l’année, l’OLP a scrupuleusement observé un cessez-le-feu appuyé par les Etats-Unis, en dépit de constantes provocations israéliennes, y compris des bombardements faisant de nombreuses victimes civiles, probablement destinées à susciter des réactions qui pourraient être utilisées par Israël pour justifier une invasion planifiée avec soin. Israël n’a obtenu que deux petites répliques symboliques. Il a alors lancé l’invasion avec un prétexte trop absurde pour d’être pris au sérieux. L’invasion n’a effectivement rien à voir avec des « actes intolérables de terrorisme », mais avec des actes intolérables de diplomatie. Cela n’a jamais été un mystère. Peu après que l’invasion soutenue par les Etats-Unis ait commencé, le meilleur spécialiste universitaire des Palestiniens en Israël, Yehoshua Porath - qui n’est pas une colombe - a écrit que la réussite d’Arafat à maintenir le cessez-le-feu constitue « une véritable catastrophe aux yeux du gouvernement israélien » car elle ouvre la voie à un règlement politique. Le gouvernement espérait que l’OLP recourrait au terrorisme, affaiblissant la menace qu’il puisse devenir « un partenaire légitime de négociations pour de futurs accords politiques. » Les faits ont été bien compris en Israël, et non dissimulés. Le Premier ministre Yitzhak Shamir a déclaré qu’Israël avait opté pour la guerre parce qu’il y avait « un terrible danger ... pas tant militaire que politique », incitant l’excellent satiriste israélien B. Michael à écrire « l’excuse boiteuse d’un danger militaire, ou d’un danger tout court, pour la Galilée est morte ». Nous « avons effacé le danger politique » en frappant les premiers et à temps. Maintenant, « Dieu merci, il n’y a plus personne à qui parler ». L’historien Benny Morris a reconnu que l’OLP avait observé le cessez-le-feu, et a expliqué que « le caractère inévitable de la guerre était l’OLP en tant que menace politique sur Israël, et la volonté d’Israël de garder les territoires occupés ». D’autres encore ont franchement reconnu ces faits incontestés. En première page dans un article de réflexion sur la dernière invasion de Gaza, le correspondant du New York Times, Steven Lee Meyers, écrit que « D’une certaine manière, les attaques sur Gaza rappellent le pari qu’Israël avait pris, et en grande partie perdu, au Liban en 1982 [quand] il l’a envahi pour éliminer la menace des forces de Yasser Arafat ». Correct, mais pas dans le sens auquel il pense. En 1982, comme en 2008, les attaques ont été nécessaires pour éliminer la menace d’un règlement politique. L’espoir de la propagande israélienne était que les intellectuels et les médias occidentaux achèteraient l’histoire qu’Israël n’avait fait que réagir à une pluie de roquettes sur la Galilée, « intolérables actes de terrorisme ». Et ils n’ont pas été déçus. Ce n’est pas qu’Israël ne veuille pas la paix, tout le monde veut la paix, même Hitler la voulait. La question est : à quelles conditions ? Depuis ses origines, le mouvement sioniste a compris que pour atteindre ses buts, la meilleure stratégie serait de retarder un règlement politique, tout en construisant des faits sur le terrain. Même les quelques accords, comme ceux de 1947, ont été conçus par la direction sioniste comme des étapes provisoires pour poursuivre l’expansion. La guerre du Liban de 1982 a été un exemple spectaculaire de la peur extrême de la diplomatie. Elle a été suivie par le soutien d’Israël au Hamas afin de saper l’OLP laïque et ses initiatives de paix irritantes. Un autre exemple qui devrait être familier est constitué par les provocations israéliennes avant la guerre de 1967 - au moins 80% des incidents, selon le ministre de la Défense Moshe Dayan - visant à déclencher une réponse syrienne qui aurait pu être utilisée comme prétexte à la violence et à la conquête d’autres terres. L’histoire remonte loin en arrière. L’histoire officielle de la Haganah, la force militaire d’avant l’Etat Juif, raconte l’assassinat en 1924 du poète juif religieux Jacob de Haan, accusé d’avoir conspiré avec la communauté juive traditionnelle (la vieille Yichouv) et le Haut Comité Arabe contre les nouveaux immigrants et leur entreprise de colonisation. Et il y a eu de nombreux exemples depuis. L’effort pour retarder un compromis politique a toujours eu un sens parfait, de même que les mensonges qui l’accompagnent sur le « manque de partenaire pour la paix ». Il est difficile d’imaginer une autre façon de contrôler la terre où vous êtes indésirable. Des raisons semblables sous tendent la préférence d’Israël pour l’expansion plutôt que pour la sécurité. Sa violation du cessez-le-feu le 4 novembre 2009 en est l’un des nombreux exemples récents. Une chronologie d’Amnesty International montre que le cessez-le-feu de juin 2008 avait « apporté d’énormes améliorations dans la qualité de vie des habitants de Sderot et d’autres villages israéliens près de Gaza, où auparavant les gens vivaient dans la crainte des prochains tirs de roquettes palestiniens. Toutefois, à proximité, dans la bande de Gaza, le blocus israélien reste en place et la population n’a pas encore vu les bénéfices du cessez-le-feu ». Mais les gains en matière de sécurité pour les villes d’Israël près de la bande de Gaza ont été manifestement dépassés par le besoin de dissuader les initiatives diplomatiques qui pourraient entraver l’expansion en Cisjordanie et d’écraser toute résistance résiduelle en Palestine. La préférence pour l’expansion sur la sécurité a été particulièrement manifeste depuis la décision fatale d’Israël en 1971. Soutenu par Henry Kissinger, il a rejeté l’offre du président d’Egypte Sadate, d’un traité de paix global qui n’offrait rien aux Palestiniens - un accord que les Etats-Unis et Israël ont été obligés d’accepter à Camp David, huit ans plus tard, après une guerre qui fut presque un désastre pour Israël. Un traité de paix avec l’Egypte aurait mis fin à toute menace à la sécurité, mais il y avait un quiproquo inacceptable : Israël aurait dû abandonner ses vastes programmes de peuplement dans le nord-est du Sinaï. La sécurité était, et est toujours, une priorité moindre que l’expansion. Des preuves évidentes de cette conclusion sont fournies par l’étude magistrale sur la sécurité et la politique étrangère d’Israël « Défense de la Terre Sainte », par Zeev Maoz. Aujourd’hui, Israël pourrait avoir la sécurité et des relations normalisées et intégrées dans la région. Mais il préfère clairement l’expansion illégale, les conflits, et l’exercice répété de la violence. Actions qui ne sont pas seulement criminelles, meurtrières et destructrices, mais qui sapent sa propre sécurité à long terme. Le spécialiste militaire des Etats-Unis et du Moyen-Orient Andrew Cordesman écrit qu’Israël peut être sûr de sa force militaire pour écraser la bande de Gaza sans défense. Mais il ajoute, « ni Israël ni les États-Unis ne peuvent profiter d’une guerre qui produit une réaction [amère] de l’une des voix les plus sages et les plus modérées du Monde Arabe, celle du Prince Turki al-Fayçal d’Arabie Saoudite, qui a dit le 6 janvier : « Avec ces massacres et effusions de sang d’innocents dans la bande de Gaza, l’administration Bush a laissé [à Obama] un héritage déplorable et une position dangereuse ... Assez, c’est assez ! Aujourd’hui nous sommes tous des Palestiniens et nous recherchons le martyre pour Dieu et pour la Palestine, en mémoire de ceux qui sont morts dans la bande de Gaza ». Une des voix les plus sages en Israël, celle d’Uri Avnery, dit qu’après la victoire militaire israélienne, « Une cicatrice restera dans la conscience du monde, l’image d’un monstre taché de sang, Israël, prêt à chaque instant à commettre des crimes de guerre et à refuser toute contrainte morale. Cela aura de graves conséquences pour notre futur, notre position dans le monde et nos chances de parvenir à la paix et au calme. En fin de compte, cette guerre est aussi un crime contre nous-mêmes, un crime contre l’État d’Israël ». Il y a de bonnes raisons de croire qu’il a raison. Israël est délibérément en train de devenir le pays le plus haï au monde. Israël est aussi en train de perdre la confiance de l’Occident, y compris celle des jeunes Juifs américains qui sont peu susceptibles de tolérer encore longtemps ses crimes choquants. Il y a quelques décennies, j’ai écrit que ceux qui se déclarent « partisans d’Israël » sont en réalité des partisans de sa dégénérescence morale et de sa destruction probable. Malheureusement, ce jugement semble de plus en plus crédible. Pendant ce temps, nous observons tranquillement un événement rare dans l’histoire, ce que le défunt sociologue israélien Baruch Kimmerling appelait « politicide », le meurtre d’une nation - à notre porte. Traduction par Laurent EMOR pour le Grand Soir.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3722989619287973122-6964241662208151815?l=argumentaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://argumentaire.blogspot.com/feeds/6964241662208151815/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3722989619287973122&amp;postID=6964241662208151815' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/6964241662208151815'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/6964241662208151815'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://argumentaire.blogspot.com/2009/02/la-question-israelo-palestinienne-ne.html' title='La question Israélo-Palestinienne ne date pas de l&apos;Holocauste'/><author><name>SAd___</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04432896018992176644</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_pdPUqUaJrAc/SqLcsyKKBEI/AAAAAAAAAtU/6CCI3cY8qvY/S220/cestmoa.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3722989619287973122.post-4383516465199266416</id><published>2008-09-30T14:53:00.000-07:00</published><updated>2008-09-30T14:56:26.929-07:00</updated><title type='text'>Explications détaillées de la crise !</title><content type='html'>de Thierry Rebour, Maître de conférences à l’Université d’Amiens (SEDET, Paris 7).&lt;br /&gt;Conférence donnée à Reims le 8 juillet 2008 et retranscrite par Farid Benhammou.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis quelques mois, l’économie mondiale est entrée dans une phase de crise.&lt;br /&gt;Tout a commencé aux Etats-Unis par la crise immobilière dite des subprimes, laquelle s’est propagée vers l’Europe assez rapidement. Une forte inflation, en particulier des matières premières, coexiste avec une déprime paradoxale des prix industriels apparemment d’origine structurelle. En outre, des crises financières récurrentes qui vont de bulles spéculatives en krach secouent les indicateurs économiques mondiaux depuis plusieurs dizaines d’années.&lt;br /&gt;En réalité, il s’agit de l’interaction de plusieurs crises au tempo différent : une dépression longue qui touche essentiellement les pays développés depuis plus de 40 ans, où prix et volumes divergent à long terme ; une crise de surproduction (ou/et de sous-consommation), conséquence de la précédente, liée à un ajustement par le bas des revenus du travail dans le monde à cause de la concurrence internationale entre pays de niveau de développement très différent ;&lt;br /&gt;enfin une crise financière, de court terme mais dont les racines sont pluridécennales et dont la conséquence se manifeste par un surinvestissement sur les marchés des matières premières, en particulier les marchés à terme.&lt;br /&gt;Pour comprendre les relations d’interdépendance entre ces trois phénomènes, nous étudierons tout d’abord la crise inflationniste de court terme et nous montrerons qu’elle est une conséquence de la dépression longue. Celle-ci fera l’objet de la deuxième partie. Enfin nous analyserons les effets de feed-back entre conjonctures longue et courte afin de comprendre la nature du problème financier structurel qui affecte l’économie du monde depuis plusieurs décennies.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;I - LA CRISE COURTE&lt;br /&gt;Il existe en réalité deux problèmes de court terme dont l’un est la conséquence de l’autre. La crise américaine des subprimes a déclenché une crise financière globale. Il s’agit au départ d’une crise de crédits immobiliers à taux variables hypothéqués sur les dits-biens, touchant non seulement les débiteurs insolvables, mais aussi les bailleurs, principalement des banques. Les soubresauts violents d’un certain nombre de produits financiers, touchés par la crise des subprimes via la titrisation (c’est-à-dire le partage des risques liés aux titres « pourris » à travers des produits financiers divers, parfois très éloignés en apparence des titres initiaux) ont dirigé les spéculateurs vers des investissements plus sûrs. Or, par ailleurs, des tensions inflationnistes apparaissaient dans certains secteurs agricoles et énergétiques, dont il va nous falloir expliquer les causes. Le report massif des investissements financiers vers les marchés de ces secteurs - en particulier les marchés à terme - ont transformé ces tensions en une véritable inflation à l’échelle mondiale.&lt;br /&gt;Les arguments traditionnels répétés en boucle sur les médias pour expliquer cette inflation sont extrêmement discutables. Ainsi sont accusés conjointement :&lt;br /&gt;la hausse de la consommation des nouveaux pays industriels et l’ « essor » apparemment « considérable des classes moyennes consommatrices de céréales, de lait et de viande » ; la sécheresse australienne et les mauvaises récoltes de ces dernières années ;&lt;br /&gt;la substitution de culture de céréales alimentaires en produits énergétiques (dans le but de diminuer les émissions de gaz à effet de serre) ;&lt;br /&gt;l’émergence du peak oil énergétique, c’est-à-dire le moment précis où la moitié des réserves mondiales d’hydrocarbure aura été extraite. La rigidité structurelle de l’offre de ces matières premières, pourtant évidente depuis plusieurs décennies, est bien moins souvent invoquée que celle supposée de la demande. Or, c’est bien ici que la plupart des analystes se trompe.&lt;br /&gt;Il est inutile de s’étendre sur les causes physiques (sécheresses, inondations, etc.) dans la mesure où si elles sont bien réelles, leurs déclenchements - par nature aléatoire - et leurs conséquences révèlent un problème de plus long terme. Le monde a connu d’autres années de récoltes mauvaises ou médiocres sans que l’inflation se déclenchât pour autant.&lt;br /&gt;L’expansion des classes moyennes dans les NPI est quant à elle une fable. Ainsi, par exemple, la demande chinoise en matière première ne représente que 3 % de la demande mondiale (malgré la rapidité de sa croissance) ; celle de lait et de viande est infime (inférieure à 0,5 %).&lt;br /&gt;L’idée fort répandue d’une croissance rapide des salaires - valable dans le cas des petits pays (Dragons d’Asie) où le marché du travail est restreint - n’est pas tenable pour des pays de la dimension de la Chine ou de l’Inde. L’offre de travail y est immense. Il y existe une « armée de réserve » de travailleurs en provenance des campagnes qui interdit toute hausse salariale avant longtemps. Les entreprises industrielles ne sont pas philanthropiques : seule une rigidité de l’offre de travail y justifierait des augmentations de salaire. Elle n’aura lieu ni en Chine, ni en Inde dans les années qui viennent ; tout au plus à la fin du siècle, si le rythme de croissance actuelle se maintenait.&lt;br /&gt;La question de l’éthanol - dont la Banque Mondiale a prétendu récemment qu’elle était la cause essentielle de l’inflation des matières premières alimentaires - est également discutable : cela fait plusieurs années que la substitution culture alimentaire / culture énergétique est en œuvre ; or ce serait justement cette année que les quantités produites atteindraient le point critique, déclencheur d’inflation des produits alimentaires. La coïncidence serait curieuse ! En outre, l’inflation touche toutes les matières premières et non les seules matières premières alimentaires. L’augmentation du volume des cultures énergétiques, jugée capable de hausser par défaut les prix de la nourriture, aurait du logiquement faire baisser les prix de l’énergie, ou au minimum en limiter l’inflation. Or, c’est précisément le contraire qui se produit : énergies et aliments sont conjointement victimes de l’inflation.&lt;br /&gt;Le problème du peak oil censé expliquer les prix élevés des hydrocarbures est une équation qui comporte, par nature, de nombreuses inconnues. Puisqu’on ignore le volume des réserves mondiales, on ignore forcément le moment du peak oil. Prétendre qu’il serait en train de se produire est une affirmation tout aussi gratuite que de d’avancer - comme certains experts le faisaient encore l’année dernière - qu’il aurait lieu en 2050. La vérité oblige à admettre, qu’on aura connaissance de la date du peak oil qu’une fois les réserves de pétrole totalement épuisées. Il sera évidemment alors loin derrière nous ! La loi de l’offre et de la demande n’étant pas rétroactive, il est donc de facto impossible que le peak oil puisse influer sur les prix. Souvenons-nous des fluctuations violentes des prix du baril au cours de ces 40 dernières années et souvenons-nous de leurs causes. Le peak oil n’en est naturellement pas responsable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;II - LA CRISE LONGUE&lt;br /&gt;La question des prix du pétrole est toutefois exemplaire quand on veut comprendre les mécanismes de l’inflation des matières premières. En 1973-1974, l’OPEP décida de réduire les volumes et de multiplier les prix par 4 afin de restaurer des profits menacés par une éventuelle déflation. Ce schéma, de type ciseaux prix / volume, est désormais classique en Occident. C’est même la marque qu’appose la Crise longue à un secteur d’activité, lorsqu’elle l’atteint.&lt;br /&gt;Si l’on prend l’exemple de la France, la crise de ciseaux commence par atteindre le secteur minier au tout début des années 1960. Puis ce fut le tour des textiles, des industries lourdes et du BTP (avant 1973). Vient alors la crise du pétrole, qui a ceci de particulier qu’il représente une part importante des coûts de production. Ainsi, la France « découvre » en 1973 une crise qui était déjà là depuis plus de 10 ans. Pourtant, ce qui arrive à la branche pétrolière est similaire à ce qui était arrivé dans les autres branches précédemment. D’abord des tensions déflationnistes pesant sur les prix et les profits ; puis, une restauration des profits via une baisse des volumes et une hausse conséquente des prix. Les oligopoles industriels ont ainsi été capables de contrecarrer l’inversion des ciseaux prix / volumes. Contrairement à la Grande Dépression de la fin du XIXème siècle, où malgré la déflation, la production avait continué d’augmenter et avait alors laminé la profitabilité, les entreprises ont cette fois anticipé une crise dont elles avaient déjà fait l’expérience. Le caractère oligopolistique ou monopolistique de ces branches a permis aux producteurs d’inverser la baisse des profits en court-circuitant une éventuelle déflation par une baisse anticipée des volumes.&lt;br /&gt;Après 1973, d’autres branches ont continué d’être touchées, dans l’agriculture comme dans l’industrie. Il serait fastidieux d’indiquer par le menu les dates d’entrée des différents secteurs de la production « physique » dans la crise. Au début du XXIème siècle, quel secteur connaît encore une réelle croissance des volumes ? Et la France n’est pas un cas particulier.&lt;br /&gt;La crise longue que les pays développés « découvrent » en 1973 les touche différemment selon leur structure de production. Plus un pays est spécialisé dans des branches qui entrent tôt dans la crise, plus il est tôt touché. Ainsi, les années 1970 seront fatales à des pays ou à des régions tels que : la France du Nord-Est, la Belgique francophone, la Manufacturing Belt américaine, le Royaume-Uni (1er pays touché dès les années 1960, ce qui explique la stagflation britannique dès 1960). En revanche, d’autres pays moins marqués par la Première Révolution industrielle et, par conséquent, spécialisés dans des secteurs entrés plus tardivement en crise, seront également plus tardivement touchés : Allemagne, Pays Scandinaves, Suisse, Croissant périphérique américain, Japon. Il semble même que les Dragons d’Asie soient à leur tour entrés dans cette crise à la fin du XXème siècle ; comme s’il existait un seuil de développement « critique » qu’ils auraient à leur tour atteint.&lt;br /&gt;Les pays en voie de développement, n’ayant naturellement pas atteint ce seuil critique, devinrent alors logiquement le réceptacle de capitaux que les « rendements décroissants » expulsaient des pays développés. C’est ce que les économistes ont alors commencé d’appeler : « Mondialisation ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;III - INTERACTIONS CONJONCTURE LONGUE / CONJONCTURE COURTE&lt;br /&gt;La Crise longue, dans laquelle sont progressivement entrés les pays développés entre 1960 et 2000, procède d’une inversion totale de leurs dynamiques économique et spatiale. Les rendements sont devenus décroissants, via la baisse des volumes. En même temps, les flux spatiaux s’inversaient également avec la fin de l’exode rural et le début de la périurbanisation. Là où les « rendements croissants » avaient provoqué un phénomène millénaire d’agglomération des facteurs de production, les « rendements décroissants » produisent le contraire : une dynamique spatiale centrifuge à toutes les échelles. Les facteurs quittent les villes pour les campagnes périurbaines, les régions industrielles et urbaines (vieilles régions industrielles) pour les régions rurales (parfois appelées « Sunbelt » en vertu d’une théorie fantaisiste de l’héliotropisme), les centres pour les périphéries, les pays développés pour les pays en voie de développement.&lt;br /&gt;Les puissants mouvements de capitaux vers les NPI procèdent de cette logique. Le capital y trouve des rendements croissants qui lui sont désormais inaccessibles dans les pays développés. Par conséquent, ce que les économistes et les médias appellent curieusement « Mondialisation » n’est rien d’autres que le fruit de cette nouvelle dynamique centrifuge. La « Mondialisation » est donc une pure conséquence de la crise. Il s’agit d’une stratégie du capital pour restaurer ses profits, une stratégie spatiale. On sait que les mouvements spatiaux de facteurs sont sous-optimaux, car coûteux.&lt;br /&gt;Pour que le capital y trouve un moyen optimal de restaurer sa profitabilité, il fallait qu’il fût privé de toute autre solution dans le strict cadre des pays développés.&lt;br /&gt;Cependant, si la « Mondialisation » est donc une conséquence de la crise de « rendement décroissant » des pays développés, elle leur renvoie en feed back leurs propres déséquilibres.&lt;br /&gt;En soumettant à la même concurrence, volontairement dérégulée (afin que le mouvement des capitaux en fût facilité) des pays de niveaux de développement et de niveaux de salaire - à productivité équivalente - très différents, la « Mondialisation » a provoqué une augmentation du chômage dans les pays développés. Toutefois, le chômage « keynésien », généré par cette concurrence qui pèse sur les revenus des travailleurs des pays développés et qui ajuste les salaires mondiaux par le bas, est très différent du chômage « classique » qui y existait jusque là à cause de la Crise longue. Rappelons que le chômage « classique » est causé par des coûts salariaux trop élevés - conséquences des rendements décroissants [1] dans les pays développés - ; tandis que le chômage « keynésien » a au contraire pour cause des salaires trop bas - liés à la concurrence internationale. La « Mondialisation », en surimposant ce chômage « keynésien » à un chômage « classique » endémique préexistant dans les pays développés, les a privé de toute possibilité de lutter contre ce chômage. Une baisse des salaires entraînerait une augmentation du chômage « keynésien » proportionnelle à la baisse du chômage « classique » ; tandis qu’une hausse de ces salaires aurait un effet à la fois inverse (augmentation du chômage « classique » proportionnelle à la baisse du chômage « keynésien ») et strictement identique, le maintien d’un niveau de chômage inchangé. Ainsi, le taux de sous-emploi est de l’ordre de 20 à 25 % dans tous les pays développés ; y compris dans ceux qui prétendent avoir atteint le plein emploi avec 3 à 5 % de chômeurs officiels pour plus du double ou du triple de « chômeurs dissimulés » ; soit par une multiplication du temps partiel, soit par un taux de « handicap » démesuré (Royaume-Uni, Pays-Bas, Danemark). De toute façon, la « Mondialisation » prive les gouvernements de toute action efficace contre le chômage.&lt;br /&gt;Dès lors, malgré la croissance du commerce international qui tente de différer la surproduction en se défaussant sur les pays voisins (et en y exportant au passage son chômage et ses déséquilibres), celle-ci est à terme inévitable à l’échelle mondiale. La conséquence en est la déflation qui touche désormais la plupart des secteurs industriels [2].&lt;br /&gt;En outre, un flux croissant d’épargne, liée à l’explosion des inégalités, ne trouve nulle part d’investissement productif, à cause de la faiblesse de la demande mondiale. Cette épargne n’a donc d’autre choix que de se financiariser, alimentant de la sorte des déséquilibres dans ce secteur.&lt;br /&gt;La spéculation amplifie ou raccourcit le flot des transactions financières, provoquant tour à tour expansion et crunch monétaires [3]. Plus les inégalités croissent à cause de la « Mondialisation » et du déséquilibre profit / salaire, plus l’épargne financière augmente, plus les mouvements d’expansion et de ralentissement de ces flux financiers deviennent chaotiques.&lt;br /&gt;Ainsi vint la crise des subprimes qui fait suite à bien d’autres krachs boursiers ou immobiliers durant ces 40 dernières années ; à cette différence près que l’épargne financière n’a jamais été aussi élevée. Or, par « chance », il reste certains titres qui rapportent…&lt;br /&gt;Alors que la surproduction est plus qu’une menace, en particulier pour l’industrie, la baisse des volumes dans certains secteurs en crise depuis 40 ans dans les pays développés provoque paradoxalement des crises pénuriques dans ces secteurs. De la même manière que le chômage « classique » coexiste avec le chômage « keynésien », l’inflation des matières premières coexiste avec la déflation des produits finis. A chaque fois, c’est la logique des rendements croissants dans les pays sous-développés et les NPI qui s’entrechoque avec la logique inverse des rendements décroissants dans les pays développés (et les ex-pays communistes), à cause de la « Mondialisation ». Ainsi, la « hot money » (capitaux flottants de l’épargne financière) trouve son profit dans la faim des miséreux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;CONCLUSION&lt;br /&gt;La crise courte inflationniste qui résulte en partie de la crise des subprimes est, en fin de compte, une conséquence à long terme de la Crise des pays développés. C’est la logique inverse de la dynamique économique dans une partie du monde et dans l’autre qui en est la cause. Dans les pays développés, où le capital tente de contrecarrer les rendements décroissants par une baisse des volumes, la conséquence ultime en est pénurie et inflation [4]. Dans les pays en voie de développement, les rendements croissants mêlés aux inégalités provoquent surproduction et déflation. La stratégie de fuite du capital des pays développés vers les pays sous-développés - en réponse à la crise longue des premiers - fait ainsi s’affronter deux logiques économiques strictement inverses. Aucune politique économique néo-classique n’est plus alors capable d’inverser ce processus.&lt;br /&gt;Thierry REBOUR&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[1] La baisse des volumes liée à la crise longue a ainsi logiquement provoqué du chômage « classique » dans les pays développés.&lt;br /&gt;[2] Ainsi est-il vain de croire régler la question du pouvoir d’achat par une baisse des prix, synonyme de surproduction.&lt;br /&gt;[3] Ralentissement brutal de la vitesse de circulation de la monnaie.&lt;br /&gt;[4] Pénurie et inflation sont de même nature : la pénurie est un ajustement par les quantités, l’inflation est la pénurie avec un système de prix.&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=1371"&gt;http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=1371&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3722989619287973122-4383516465199266416?l=argumentaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://argumentaire.blogspot.com/feeds/4383516465199266416/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3722989619287973122&amp;postID=4383516465199266416' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/4383516465199266416'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/4383516465199266416'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://argumentaire.blogspot.com/2008/09/explication-dtailles-de-la-crise.html' title='Explications détaillées de la crise !'/><author><name>SAd___</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04432896018992176644</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_pdPUqUaJrAc/SqLcsyKKBEI/AAAAAAAAAtU/6CCI3cY8qvY/S220/cestmoa.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3722989619287973122.post-307254463966185906</id><published>2008-09-19T11:26:00.000-07:00</published><updated>2008-09-20T01:31:11.754-07:00</updated><title type='text'>L'arnaque de la rupture conventionnelle</title><content type='html'>Imaginez-vous, dans le monde des Bisounours...:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Imaginez, un patron et un salarié: ils ont, bien sûr, les mêmes droits, les mêmes chances, les mêmes réseaux d'influence, les mêmes pouvoirs...&lt;br /&gt;Ces 2 là, égaux en tous points, s'entendent pour rompre le contrat de travail qui les lie (Parisot avait parlé de « séparabilité », à l'exception de la CGT, les autres organisations syndicales lui donnent raison...).&lt;br /&gt;« ben quoi? » Direz-vous&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Que cette invention des temps modernes ne sonne pas la fin du motif réel et sérieux du licenciement ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Que les salariés ont les mêmes intérêts que leurs patrons ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Que les patrons n'exercent jamais, au grand jamais, aucune pression sur leurs salariés ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Que les patrons n'ont pas, enfin, trouver dans le gouvernement du petit Nicolas, une oreille attentive qui les autorise à licencier avec une procédure allégée, sans grand risque de contestation du salarié ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Que le salarié, qui en a marre de subir pressions, mauvaises conditions de travail..., ne succombera pas à la tentation d'accepter la rupture de son contrat ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Que tout ça ne va pas cacher des licenciements collectifs, des licenciements pour maladie, délit de faciès ou de grande gueule...? &lt;/li&gt;&lt;li&gt;Que tout ça sera, évidemment, comptabilisé dans les chiffres des licenciements et permettra au petit Nicolas d'annoncer fièrement que la situation économique va mieux ? (bien sûr puisqu'il est là!) &lt;/li&gt;&lt;li&gt;Que le salarié, qui constatera finalement s'être fait roulé, surtout quand il aura du mal à trouver un autre CDI..., ne va pas devoir faire preuve de patience et ténacité ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Le délai de contestation devant le conseil de Prud'hommes a été réduit à un an et 62 conseils de prud'hommes viennent d'être supprimés, les délais de jugement vont forcément être plus longs...&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Que les patrons vont calculer les indemnités de licenciement en respectant les conventions collectives alors que la loi n'oblige qu'au respect des indemnités légales ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Que l'administration, dont les effectifs sont en baisse, va contrôler autre chose que le contenu des imprimés ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;Alors, ...&lt;br /&gt;Vous croyez encore au monde des Bisounours ?&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3722989619287973122-307254463966185906?l=argumentaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://argumentaire.blogspot.com/feeds/307254463966185906/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3722989619287973122&amp;postID=307254463966185906' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/307254463966185906'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/307254463966185906'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://argumentaire.blogspot.com/2008/09/larnaque-de-la-rupture-conventionnelle.html' title='L&apos;arnaque de la rupture conventionnelle'/><author><name>SAd___</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04432896018992176644</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_pdPUqUaJrAc/SqLcsyKKBEI/AAAAAAAAAtU/6CCI3cY8qvY/S220/cestmoa.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3722989619287973122.post-9125928075190219245</id><published>2008-09-05T15:32:00.000-07:00</published><updated>2008-09-05T15:46:13.486-07:00</updated><title type='text'>Brèves de comptoire</title><content type='html'>QU’EST-CE QU’UNE COORDINATION ?&lt;br /&gt;&lt;div align="left"&gt;Dans une coordination, tout part de l’individu mais rien ne s’y arrête. &lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;Une coordination n’est pas un syndicat. Son but n’est donc pas de les concurrencer mais de donner le pouvoir à la base. Dans un syndicat, c’est le bureau qui décide. &lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;La différence entre un syndicat et la coordination est une différence de nature, de qualité. En pratique, avec une coordination, les individus font ce qu’ils désirent. &lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;L’étymologie du mot le dit : la coordination n’est là que pour coordonner les actions et les réflexions quand c’est possible.&lt;br /&gt;Tout part de chaque individu. Il s’exprime et vote en Assemblée Générale d’usine (ou d’école, etc.) &lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;Cette A.G. élit et mandate deux délégués qui iront à la coordination départementale pour voter selon leur mandat et pour exprimer les idées de leur A.G. &lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;La coordination départementale débat sur chaque proposition qui lui est faite à titre de mandataire ou à titre personnel. &lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;Puis elle l’adopte ou la refuse. &lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;La coordination départementale élit et mandate deux délégués pour la coordination nationale. Le rapport entre la coordination départementale et la coordination nationale est le même que celui qui s’établit entre l’A.G. d’usine et la coordination départementale ou entre l’individu et l’A.G. d’usine.&lt;br /&gt;Les propositions adoptées par la coordination départementale redescendent en A.G. d’usines qui décident ce qu’elles en font.&lt;br /&gt;Les propositions adoptées par la coordination nationale redescendent en A.G. d’usines par l’intermédiaire des coordinations départementales. Les coordinations départementales et les A.G. d’usines décident ce qu’elles en font.&lt;br /&gt;Ainsi se crée un va et vient entre les individus et la coordination nationale où ce sont les individus qui ont le pouvoir. Les délégués ne faisant que transmettre les informations, les propositions ou les votes pour lesquels ils sont mandatés. &lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;Les présidents de séances ne sont pas des chefs. &lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;Ils sont élus pour, et seulement pour organiser les tours de parole. Délégués et présidents de séances sont révocables à tout instant par ceux qui les ont élus.&lt;br /&gt;Un observateur s’exprime toujours à titre personnel. &lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;Il ne vote jamais. &lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;Il peut faire des propositions.&lt;br /&gt;Un délégué peut aussi s’exprimer à titre personnel à condition de le préciser à chaque fois.&lt;br /&gt;Quand un individu constate un "vice de forme" dans le développement d’une réunion, il le signale en criant : "point d’ordre". son intervention est alors prioritaire !&lt;br /&gt;Fait le 15/02/1987 par le "comité pour une coordination"&lt;/div&gt;&lt;div align="right"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;strong&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;strong&gt;Un contre avis :&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;On dirait que pour certains il suffit d’ajouter "auto-" à n’importe quel mot (organisation, gouvernement...) pour le rendre "politiquement correct". &lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;Le problème, c’est que personne ne prend vraiment le temps de définir ce que cet "auto" veut vraiment dire.&lt;br /&gt;En fait, on entend ici par "auto-oganisée" ou "auto-gouvernée" une organisation sans hiérarchie entre ses membres. Comme l’explique le texte au départ de ce fil, dans ce système le délégué n’est en fait qu’un messager : il est envoyé à l’assemblée du niveau régional ou national seulement pour "transmettre" les positions de ses mandants dans le cadre d’un mandat impératif. &lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;Et de toute façon, les organismes régionaux ou nationaux n’ont qu’une fonction de coordination, ce sera toujours l’AG de base qui "décide ce qu’on fait".&lt;br /&gt;Cette vision, malhereusement, butte sur deux sérieux écueils :&lt;br /&gt;Le premier, est que ce fonctionnement se place dans une vision très idéalisée des individus. En fait, ses partisans semblent croire qu’alors que les "organisations" sont naturellement mauvaises, et tendent "naturellement" à confisquer le pouvoir et à entrer en compétition entre elles, les individus sont "naturellement" bons, et tendent au contraire à coopérer et ne tirent jamais la couverture à eux. &lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;En d’autres termes, on retrouve la vieille antienne rousseauienne : "l’homme est naturellement bon et la société le pervertit". &lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;On peut se démander d’ailleurs par quelle alchimie mystérieuse des hommes auss naturellement "bons" se comportent aussi mal dès qu’ils sont organisés.&lt;br /&gt;En fait, quiconque aura participé à des "AG de base" d’une communauté "auto-organisé" peut bien voir comment les individus entrent en compétition, et combien certains cherchent à "emporter" le collectif avec eux. Les rapports etnre les membres des collectifs et les coordinations sont souvent aussi manipulatoires qu’entre organisations...&lt;br /&gt;Mais le deuxième ecueil est celui qui envoie par terre tout l’édifice de "l’auto-organisation". &lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;C’est le fait qu’il va contre un principe fondamental de l’économie, qui est celui de la division du travail. Quand j’ai besoin d’écrire un contrat, je vais voir un avocat. &lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;Quand j’ai besoin de lever un mur, je cherche un maçon. &lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;Quand je suis malade, je vois un docteur. &lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;Pour chacun de mes besoins particulier, relevant d’une activité particulière, je cherche une personne qui s’est spécialisée dans cette activité. Qui n’a fait que ça pendant des années. Qui a étudié la question. Qui possède les outils adéquats et sait s’en servir.&lt;br /&gt;Il serait possible de concevoir une société sans division du travail, dans laquelle chacun de nous serait médécin, avocat, maçon, mécanicien automobile et bien d’autres choses encore. &lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;Mais ce serait un énorme gâchis, puisqu’il s’agirait de donner à tous les individus toutes les compétences. &lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;Et il en irait comme le canard de la fable : tout le monde saurait tout faire, mais médiocrement:L’excellence dans un domaine nécessite un effort et une dédication impossible sans division du travail. Menuhin aurait il été le grand violoniste qu’il fut s’il avait eu en outre à construire sa maison, réparer sa voiture, se défendre dans les tribunaux et soigner sa famille ? J’en doute fort...&lt;br /&gt;La division du travail est un multiplicateur de l’efficacité dans toute activité. Et cela inclue l’activité politique. &lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;On sait bien que les organisations ou tout le monde fait tout se sont cassées systématiquement la gueule. L’efficacité d’une organisation commence en général lorsqu’elle est capable de séparer les différentes fonctions, et de trouver les gens les mieux adaptés pour remplir ces fonctions.&lt;br /&gt;La division du travail et la spécialisation sont des processus fondamentaux dans le progrès matériel des sociétés humaines. &lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;Marx et Engels soulignaient l’impossibilité de revenir à un "communisme primitif" antérieur à la division du travail. &lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;Le défi donc est de créer des organisations égalitaires admettant la division du travail. &lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;Et non pas brandir l’illusion que la division du travail peut disparaître.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3722989619287973122-9125928075190219245?l=argumentaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://argumentaire.blogspot.com/feeds/9125928075190219245/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3722989619287973122&amp;postID=9125928075190219245' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/9125928075190219245'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/9125928075190219245'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://argumentaire.blogspot.com/2008/09/brves-de-comptoire.html' title='Brèves de comptoire'/><author><name>SAd___</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04432896018992176644</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_pdPUqUaJrAc/SqLcsyKKBEI/AAAAAAAAAtU/6CCI3cY8qvY/S220/cestmoa.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3722989619287973122.post-5750537860869808978</id><published>2008-08-27T00:06:00.000-07:00</published><updated>2008-08-27T00:19:12.235-07:00</updated><title type='text'>Les paradis fiscaux et judiciaires</title><content type='html'>&lt;em&gt;Nous pouvons avec plaisir (ou dégout !), écouter "les paradis fiscaux et  judiciaires", vendredi 29 août à 22h15 sur France Culture.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;L'émission dure 1h15, elle est podcastable jusqu'à l'émission  suivante (lundi 1er septembre).&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Elle sera ensuite disponible pendant un mois dans les archives de  l'émission "surpris par la nuit", sur le site internet de France  Culture.  Belle radio à tous&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Lorsqu’on pense à un paradis fiscal&lt;/strong&gt;, on imagine une île enchanteresse où quelques très riches, ou quelques multinationales plus ou moins douteuses, viendraient entreposer leur argent à l’abri du fisc.&lt;br /&gt;En réalité, Londres est la première place financière off shore, et les paradis fiscaux font transiter la moitié du commerce mondial : ils sont, de fait, au cœur du système.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils ne fonctionnent pas comme des coffres forts secrets, mais plutôt comme des canaux par où l’argent circule sans être contrôlé, avant d’être réinjecté dans les circuits officiels.&lt;br /&gt;Bernard Da Costa a travaillé comme directeur financier de la région Afrique-Méditerranée du groupe Acergy, une des grandes entreprises mondiales du parapétrolier offshore.&lt;br /&gt;Cette entreprise est cotée au Nasdaq : elle est de ce fait soumise à la loi américaine Sarbanes Oxley sur la transparence et la sincérité des comptes.&lt;br /&gt;Mais les comptes des sociétés françaises du groupe ne donnaient pas, pour chaque exercice, une image fidèle de leurs opérations et de leur situation financière : leurs bénéfices étaient soit attribués à des filiales fantômes basées notamment dans des paradis fiscaux et au Royaume-Uni, soit renvoyés sur des sociétés domiciliées fictivement en Afrique au plan fiscal, soit enfin détournés de France et de pays africains par un jeu de refacturations de complaisance…&lt;br /&gt;Bernard Da Costa a proposé à la Direction du groupe Acergy de régulariser la situation, calamiteuse au plan juridique et fiscal.&lt;br /&gt;Il a été licencié, avec une offre pour acheter son silence. Il a refusé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui il parle. Il a conservé toutes les preuves de ses affirmations.&lt;br /&gt;Au travers de ce cas d’école, on retrouve les différents moyens d’action qu’offrent les paradis fiscaux à des dirigeants de groupes peu scrupuleux sans que les auditeurs de ces mêmes groupes y trouvent à redire.&lt;br /&gt;Le secret bancaire est la clé de voûte du système : sans lui, tout s’écroule.&lt;br /&gt;Réfugiés derrière la nécessité du secret bancaire, la Suisse, le Luxembourg, et d’autres paradis fiscaux moins respectables, refusent toute coopération sérieuse avec la justice.&lt;br /&gt;Jean de Maillard, juge rendu célèbre pour sa lutte contre la corruption, explique comment la lenteur des procédures internationales, la corruption des classes politiques (il cite entre autres Berlusconi, qui fait aujourd’hui voter des lois lui assurant l’impunité, et dont la fortune a été assurée par les paradis fiscaux), et enfin l’opacité et la circulation rapide des capitaux, rendent les enquêtes simplement inopérantes.&lt;br /&gt;C’est pourquoi on parle de paradis fiscaux et judiciaires : leur prospérité ne repose que sur les garanties d’opacité qu’ils offrent (trust, fondation au Liechtenstein, société écran…).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;En France, la fraude fiscale nous coûterait 50 milliards d’euros par an, selon le syndicat des impôts, le SNUI, soit 2 à 3 % du PIB ! L’équivalent de la dette…&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Pour l’ensemble des pays du Sud, le Tax Justice Network évalue la perte annuelle à 500 milliards d’euros : dix fois le montant de l’aide qui leur est accordée.&lt;br /&gt;L’universitaire américain Raymond Baker estime qu’entre 15 à 30 milliards d’euros issus de la corruption sont transférés annuellement hors des pays du Sud.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jean Merckaert, du CCFD, explique que les financements des « seigneurs de la guerre » passent par les paradis fiscaux et judiciaires, comme les réseaux de traite des êtres humains ou le pillage des ressources naturelles (pétrole, bois, diamants…).&lt;br /&gt;Enfin, ces paradis fiscaux et judiciaires permettent une circulation extrêmement rapide et incontrôlée de capitaux spéculatifs, (on parle de « hot money ») : ils décuplent les crises économiques par le retrait brutal d’énormes masses financières (cf la récente crise des subprimes).&lt;br /&gt;Ces flux étant incontrôlables, John Christensen, du Tax Justice Network qui avait déjà annoncé la crise des subprimes, prévoit d’autres crises financières majeures dans la décennie à venir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui, les Etats de l’OCDE ont pris conscience de la manne qu’ils perdent avec l’évasion fiscale, et sont décidés à faire pression sur les paradis fiscaux : voir l’affaire récente entre l’Allemagne et le Liechtenstein (lorsque les services secrets allemands ont révélé une liste de clients européens bénéficiant de comptes au Liechtenstein), ou les attaques du Congrès américain contre la vénérable banque suisse UBS.&lt;br /&gt;Mais, d’une part, l’usage des paradis fiscaux se démocratise : aujourd’hui les banques proposent des services « d’optimisation fiscale » aux classes moyennes supérieures aux Etats Unis, et déjà aux PME en Europe.&lt;br /&gt;D’autre part, Singapour et d’autres paradis asiatiques se montrent tout à fait offensifs, et prêts à prendre la relève.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Enfin, conclut Xavier Harel, aucun des noms français de la liste achetée par les services secrets allemands n’a encore été rendu public…&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Signe que le pouvoir politique, en France comme ailleurs, n’a pas la volonté (ou les mains libres ?) de faire le ménage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelques chiffres (SNUI) : On dénombre environ 70 paradis fiscaux.&lt;br /&gt;Parmi eux, les îles caïmans abritent 80 % des fondsd’investissement du monde gérant plus de 1 000 milliards de dollars d’actifs, les îles vierges logent la moitié des sociétés non résidentes du monde, 225 banques et 820 fonds d’investissement sont implantées dans les îles anglo-normandes (source : Plateforme paradis fiscaux et judiciaires).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Selon le Groupe d’action financière (Gafi), le blanchiment représente 2 à 5 % du PIB mondial brut.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3722989619287973122-5750537860869808978?l=argumentaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://argumentaire.blogspot.com/feeds/5750537860869808978/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3722989619287973122&amp;postID=5750537860869808978' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/5750537860869808978'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/5750537860869808978'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://argumentaire.blogspot.com/2008/08/les-paradis-fiscaux-et-judiciaires.html' title='Les paradis fiscaux et judiciaires'/><author><name>SAd___</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04432896018992176644</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_pdPUqUaJrAc/SqLcsyKKBEI/AAAAAAAAAtU/6CCI3cY8qvY/S220/cestmoa.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3722989619287973122.post-4876701444746712364</id><published>2008-08-09T05:51:00.000-07:00</published><updated>2008-08-09T07:51:58.140-07:00</updated><title type='text'>Le communisme est mort, vive le communisme !</title><content type='html'>nov.2007&lt;br /&gt;Par Sève Lucien Philosophe - Membre du PCF de Bagneux (Hauts-de-Seine)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Telle qu’elle me paraît engagée en vue des rendez-vous de fin 2007 puis 2008, la discussion sur le problème capital qui nous préoccupe tous nous confronte à un dilemme de caractère, je le crains, très fallacieux.&lt;br /&gt;D’un côté, pour le dire succinctement, l’évidence semble bien être que le communisme est mort. Mort comme système social avec l’implosion de l’Union soviétique ; mort comme force politique avec, pour ce qui nous concerne, l’irrémédiable 1,93% de l’élection présidentielle ; mort comme proposition intellectuelle avec un effacement public de Marx dont je ne sais si nous mesurons la profondeur, masqué qu’il nous est par un travail de recherche vivace mais confidentiel.&lt;br /&gt;Cet état de fait nourrit une conviction susceptible d’être déclinée de diverses façons politiques mais qui toutes optent au fond pour un premier terme de l’alternative : il faut renoncer au communisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’un autre côté, cette supposée évidence est en tout point contestée.&lt;br /&gt;Où prend-on que l’implosion de l’URSS sonnerait le glas d’un socialisme foncièrement repensé à partir des rudes leçons d’hier, quand le capitalisme court à l’abîme ?&lt;br /&gt;Que le très mauvais résultat du parti à la présidentielle annulerait les forces qu’il conserve et le dynamisme qu’il anime ?&lt;br /&gt;Que le silence médiatique sur les fondamentales vues de Marx ôterait sa pertinence au message du Manifeste ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a énormément à réexaminer, à réinventer, à réengager, nul n’en doute, mais le cap vaut plus que jamais, donc l’instrument historique qui fait corps avec lui.&lt;br /&gt;Conséquence : il faut garder le parti communiste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si tel est bien le dilemme à affronter – avec du vrai des deux côtés, mais dans des perspectives inconciliables –, mieux vaut ne pas se leurrer : il n’a d’issue prévisible que dans une séparation de corps entre les uns et les autres.&lt;br /&gt;La dialectique n’efface pas les « ou bien..., ou bien... » de l’histoire.&lt;br /&gt;Et la logique de l’émiettement de ce qui fut le communisme français peut aller encore au-dessous de 1,93%.&lt;br /&gt;Mais est-ce le bon dilemme ?&lt;br /&gt;Je le conteste pour une double raison.&lt;br /&gt;La première est qu’il tourne tout entier autour du communisme – mot et chose – sans que soit vraiment, à mon sens du moins, désamorcé le terrible piège qu’il recèle.&lt;br /&gt;De quoi parle-t‑on au juste ?&lt;br /&gt;A la clarification exigeante du terme « communisme » tient l’issue du débat et donc l’avenir du combat.&lt;br /&gt;C’est par elle qu’il est impératif de commencer.&lt;br /&gt;La deuxième raison est que, si on veut bien la considérer avec attention, l’alternative ci-dessus formulée – « il faut renoncer au communisme », « il faut garder le parti communiste » – n’épuise qu’en apparence les réponses pensables, pour la simple raison que sont en jeu deux termes et non un seul : « communisme » et « parti ».&lt;br /&gt;Je suis quant à moi irréversiblement attaché à une troisième manière de répondre qui me paraît occultée sans raison connue : il faut absolument conserver communisme et radicalement dépasser parti.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;I. « Le communisme » : une terrible équivoque&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;La très grande majorité des Français, y compris sans doute nombre d’électeurs, voire de militants communistes, tiennent pour une parfaite évidence que, selon une formule connue, « le communisme a été essayé, et il a radicalement échoué ».&lt;br /&gt;Dans cette phrase-clef, que veut dire « le communisme » ? Pour simplifier, disons : trois choses :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1) la sorte de société qu’ont représentée, par-delà leurs différences, l’Union soviétique, les pays d’Europe de l’Est, une demi-douzaine d’autres dont le Cambodge de Pol Pot (le cas de la Chine fait problème pour tout le monde) ;&lt;br /&gt;2) le type d’organisation politique qu’avec des variantes ont pratiqué les partis composant le mouvement communiste, le PCF en étant tenu pour une exemplaire illustration ;&lt;br /&gt;3) le mode de pensée qu’a longuement donné à voir le « marxisme-léninisme » sous ses diverses figures doctrinales, celles notamment du matérialisme dialectique et historique comme du socialisme scientifique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On peut longuement épiloguer sur l’appréciation historique à porter sur « le communisme » ainsi défini, en faisant valoir à bon droit ce qu’on doit aussi lui reconnaître d’apports théoriques, de mérites politiques, d’avancées sociales.&lt;br /&gt;Bien rares sont ceux qui pour autant ne l’associent pas à l’idée d’un radical échec d’ensemble, et si pénible que ce puisse être il faut bien en convenir. Sans même parler des crimes, les sociétés qui se sont construites plus ou moins à l’image de l’URSS n’ont semble-t‑il eu à terme le choix historique qu’entre disparaître ou s’ouvrir au capital.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les partis nés de la IIIe Internationale – pour ne rien dire ici de la IVe – apparaissent sauf rares exceptions voués eux-mêmes à l’autodissolution ou à la marginalisation.&lt;br /&gt;Et si des lectures renouvelées de Marx en donnent à voir toute l’actuelle fécondité, nombre de certitudes doctrinales proclamées par ce qui s’est appelé le marxisme n’ont pas résisté elles-mêmes au temps et ont perdu tout crédit.&lt;br /&gt;Seuls des autistes politiques peuvent affecter de le nier : « le communisme » est bien mort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maintenant, revenons un instant à Marx. Chose stupéfiante : ce que lui n’a cessé de penser sous le mot communisme n’a à peu près rien à voir avec « le communisme », c’est même sur nombre de points plutôt le contraire.&lt;br /&gt;Avant tout, le communisme n’est ni un état social à instaurer ni un idéal à réciter mais le « mouvement réel qui dépasse l’état de choses existant ».&lt;br /&gt;Premier point crucial : un mouvement par quoi avance l’histoire au présent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mouvement vers quoi ?&lt;br /&gt;Vers le complet dépassement du capitalisme, forme la plus extrême des sociétés de classes, le passage à une forme sociale sans classes où s’achève la préhistoire humaine pleine de bruit et de fureur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mouvement par quoi ?&lt;br /&gt;Par la résorption de toutes les grandes aliénations historiques du genre humain – l’aliénation n’étant pas pour lui, comme on semble croire, une disgrâce parmi d’autres mais l’appellation la plus globale de tous les dessaisissements à quoi nous condamne la société de classes dans les domaines les plus divers quoique intimement communicants – économique, écologique, sociétal, politique, éthique, idéologique, culturel, existentiel...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le communisme, c’est l’immense processus, nécessairement mondial bien que nationalement enraciné, par quoi les humains associés se réapproprient leurs puissances sociales de tous ordres et émergent enfin ainsi d’un monde d’horreurs qui n’a rien de naturel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une chose et son contraire sous une même phrase&lt;br /&gt;Il n’est pas besoin d’être long pour établir que « le communisme » n’a pas eu grand chose du communisme visé par Marx.&lt;br /&gt;Les « pays communistes » ?&lt;br /&gt;Pas un seul ne s’est jamais dit lui-même communiste, et pour cause : en aucun d’eux, quels qu’aient pu en être les mérites partiels, les travailleurs associés n’ont été maîtres de leurs puissances sociales ni libérés de formes classiques ou inédites d’aliénation – à mille lieues du « à chacun selon ses besoins ».&lt;br /&gt;Stalinisé ou brejnévisé, « le socialisme » n’a nulle part été l’antichambre annoncée du communisme, il lui a au contraire tourné le dos jusqu’à se vouloir « rattrapage du capitalisme ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les « partis communistes » ?&lt;br /&gt;Même ceux qui se sont nommés ainsi ont retiré il y a longtemps le communisme de leur visée réelle au profit d’un « socialisme » supposé plus réaliste, alors que la conquête du pouvoir censée en ouvrir l’accès s’avérait, elle, inaccessible, de sorte que leur activité de plus en plus alignée sur le calendrier électoral a fait d’eux des partis comme les autres, mais sans chance crédible de devenir jamais dirigeants, les vouant ainsi à une implacable désaffection.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les « idées communistes » ?&lt;br /&gt;Une enquête montrerait que sous ce qualificatif est massivement placé par l’opinion commune le contraire même des vues de Marx – productivisme, étatisme, dédain de la démocratie et de l’individu...&lt;br /&gt;Mais nous-mêmes ? S’il m’est permis de le dire, menant depuis vingt-cinq ans un effort de pensée et de proposition pour que le communisme de Marx prenne place au centre de notre culture, j’ai pu mesurer à quel point son contenu effectif nous est en général resté peu familier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On en vient ainsi à un constat aussi décisif que paradoxal : ce que l’idéologie dominante, celle de l’adversaire, appelle « le communisme » – et nous aussi hélas, trop souvent – a si peu de rapport avec le communisme marxien qu’il en est sur plus d’un point le contraire.&lt;br /&gt;En résulte un terrible malentendu : le même énoncé – « le communisme est mort, il faut l’abandonner » – est passible de deux significations politiques opposées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Premier sens : « le communisme », tel que l’entend le parler courant – étatisme généralisé, bureaucratisme de parti, doctrinarisme de pensée... – a été décisivement invalidé par l’histoire et c’est dans un tout autre sens qu’il faut désormais chercher – je ne vois pas quant à moi qui peut le contester.&lt;br /&gt;Deuxième sens : le communisme, tel que l’a entendu Marx, n’est plus d’aucune pertinence et c’est dans un tout autre sens qu’il faut aujourd’hui s’orienter – avec cela on est fondé à être, et je suis pour ma part, en désaccord radical.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que « le communisme » soit mort n’est plus à débattre : c’est un fait massif et têtu ; que le communisme soit obsolète n’est en rien établi avant débat : c’est au contraire la question à examiner, et à expérimenter.&lt;br /&gt;L’idée si répandue selon laquelle « le communisme a été essayé, et il a échoué » relève de la totale équivoque.&lt;br /&gt;Si l’on a en vue ce que le parler courant nomme « le communisme », c’est flagrant ; si l’on pense au communisme de Marx, c’est absurde : en ce sens, le communisme n’a aucunement échoué pour la bonne raison qu’il n’a jamais existé nulle part.&lt;br /&gt;Même le PCF n’a, sauf exception, jamais encore fait de la politique avec le communisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On peut certes se demander si le communisme est susceptible de devenir un « mouvement réel », sous quelles formes et par quelles voies au 21e siècle – voilà une question cruciale.&lt;br /&gt;Mais se demander s’il faut « abandonner ou conserver la référence au communisme », sans plus de précision, n’a aucun sens clair.&lt;br /&gt;Laisser s’engager le débat dans une telle confusion serait à mon sens un désastre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis pour ma part de ceux, très nombreux, qui constatent que « le communisme » est mort – et ne nous laissons pas abuser par des apparences : même chez un mort la barbe continue un certain temps à pousser – et qu’il faut non pas simplement « y renoncer » mais en faire très attentivement notre deuil.&lt;br /&gt;En même temps je suis de ceux – hélas bien moins nombreux qu’il ne faudrait – qui jamais n’abandonneront le communisme dans l’authenticité et la plénitude de son acception marxienne, et qui considèrent même qu’un tel abandon constituerait la plus impardonnable des fautes historiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;II. Communisme : pourquoi ?&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Parce que c’est la seule alternative vraie à ce capitalisme qui sur un rythme accéléré conduit l’humanité à sa perte.&lt;br /&gt;En quoi est-ce la seule alternative vraie ?&lt;br /&gt;Pour dire en trois phrases ce qui exigerait un gros livre : en ceci que le capitalisme est fondamentalement la mise en privé universelle ; il prive ainsi les humains de la maîtrise collective sur leurs puissances sociales – les avoirs, les savoirs, les pouvoirs.&lt;br /&gt;Il est la forme extrême de l’aliénation humaine.&lt;br /&gt;Sortir vraiment du capitalisme, c’est donc aller vers la mise en commun universelle de tout ce qui est social en en développant l’appropriation par tous : communisme.&lt;br /&gt;Preuve contraire : l’échec partout du « communisme » sans communisme, ce « socialisme » mensongèrement donné pour « première phase du communisme » quand il lui tournait le dos sur tous les points essentiels – pas d’appropriation collective des moyens de production par les travailleurs associés mais leur confiscation par une nouvelle couche privilégiée, pas de dépérissement de l’Etat mais l’instauration d’un despotisme, et en fait d’émancipation des consciences, une mystificatrice idéologie officielle dépolitisante.&lt;br /&gt;Ce qui a été disqualifié par l’histoire n’est pas un communisme qui jamais ne fut « essayé » mais le socialisme sous toutes ses variantes, sans oublier les variantes social-démocrates, c’est-à-dire la promesse intenable d’une désaliénation ne s’en prenant pas au fond même des aliénations majeures.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un seul dirigeant a vu clair au 20e siècle dans cette cruciale question du communisme : Lénine, mais dans un contexte où n’existait aucune de ses préconditions nécessaires.&lt;br /&gt;Après quoi tout a été enseveli dans le « socialisme scientifique » stalinisé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le concept du communisme nous est encore si peu familier que beaucoup d’entre nous ne peuvent s’empêcher d’y voir un « idéal », une « utopie », oubliant l’essentiel : il s’agit avant tout d’un mouvement réel.&lt;br /&gt;On objecte : mais comment dire réel un mouvement qui n’existe pas encore ?&lt;br /&gt;C’est simple : il n’existe pas encore, hélas, comme mouvement conscient de forces sachant en faire leur visée concrète, mais comme mouvement inconscient de l’histoire, sa réalité crève les yeux.&lt;br /&gt;Exemple : « à chacun selon ses besoins », utopie ?&lt;br /&gt;Mais les révolutions en cours de la productivité réelle annoncent en clair comment une production de prodigieuse efficacité, à condition d’être délivrée des colossaux gâchis capitalistes et réorientée vers les besoins de tous, peut en faire au cours même de ce siècle une réalité naissante.&lt;br /&gt;De semblables pistes de réflexion s’entr’ouvrent partout – rôle décisif des savoirs dans le travail et dépassement du salariat, Internet et démocratie, révolution biomédicale et santé pour tous, métissage étendu et émergence concrète d’un genre humain...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le capital est à la fois le pire ennemi de toute avancée communiste et le très involontaire fourrier de ses préconditions – Marx et Engels l’avaient déjà bien vu dans le Manifeste.&lt;br /&gt;Oui, le communisme n’attend que nous pour devenir mouvement consciemment réel.&lt;br /&gt;Des vues stratégiques d’une foncière nouveauté&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un texte individuel comme celui-ci ne peut bien entendu se proposer de faire ce que seule produira une vaste élaboration collective.&lt;br /&gt;Mais à simplement considérer de façon attentive l’idée de base que le communisme est le mouvement réel dépassant toutes les grandes aliénations historiques de l’humanité, on voit se dessiner plusieurs vues stratégiques cardinales en rupture avec ce que furent trop longtemps les nôtres.&lt;br /&gt;Dépassement de toutes les aliénations historiques : le communisme est désaliénation universelle ou n’est pas, non pas seulement parce que chaque aliénation est à résorber mais parce que toutes s’entrecroisent – ainsi l’exploitation économique a vitalement besoin de s’étayer sur la domination étatique et la mystification idéologique.&lt;br /&gt;Conséquence : le mouvement réel du communisme, s’il a un caractère de classe, n’est pas celui d’une classe en particulier – même si le peuple ouvrier y est au premier chef concerné – mais de toutes les forces collectives et individuelles avides de quelque désaliénation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour reprendre une formule à mes yeux judicieuse, la force communiste dont il est besoin doit être celle non d’une classe mais d’un projet un et divers à la fois : tout ce qui renvoie même de façon très indirecte à la logique infectieuse du capital, tout ce qui constitue un présupposé négatif ou positif de son dépassement possible peut et doit être source de mouvement communiste réel. Le champ des initiatives à prendre est immense.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dépassement de toutes les aliénations historiques : si l’on entend bien ce terme-clef d’aliénation – métamorphose de nos activités sociales en puissances étrangères écrasantes, telles les dictatures de la rentabilité financière, de la raison d’Etat sarkozyenne, de l’évidence néolibérale... –, en résulte une vue stratégique encore plus cruciale.&lt;br /&gt;Car rien ici ne peut être octroyé : toute réappropriation est l’œuvre propre des personnes elles-mêmes ou n’est pas.&lt;br /&gt;Faire aujourd’hui de la politique avec le communisme exige donc de rompre avec ce qui fut l’essence de la culture révolutionnaire traditionnelle, aujourd’hui caduque : conquête du pouvoir d’Etat comme préalable d’une transformation sociale par en haut avec organisation verticale de parti en conséquence.&lt;br /&gt;C’est là qu’est le plus essentiel à repenser du tout au tout.&lt;br /&gt;Car cette façon d’envisager la désaliénation conduisait droit au maintien dans l’aliénation – c’est le drame du « socialisme réel » et des partis communistes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si les meilleurs esprits d’hier – Lénine, Gramsci – l’ont pourtant adoptée, c’est qu’il n’y en avait pas d’autre quand manquaient tragiquement les présupposés objectifs et subjectifs d’un mouvement communiste.&lt;br /&gt;Le fait capital de ce siècle commençant est que le niveau de développement des forces productives et des individus rend envisageable, et pour une part déjà effectif en dehors même de nous, ce qui ne l’était pas naguère : un multiforme processus de réappropriation engagé au présent sur tous les terrains possibles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le communisme sort de l’« idéal » pour devenir réel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dépassement de toutes les aliénations historiques : à son tour, le mot dépassement – celui même de Marx (en allemand : Aufhebung) quand il parle du communisme comme « mouvement réel » – ajoute encore de l’essentiel à ce qui précède.&lt;br /&gt;Une désaliénation est inévitablement un processus en temps long, hors de portée d’un acte révolutionnaire soudain même si des décisions de pouvoir peuvent le favoriser, mais c’est un processus que rien ne peut empêcher de s’engager aujourd’hui même.&lt;br /&gt;Ceci condamne tout renvoi du dépassement du capitalisme à un après-conquête du pouvoir qui n’est jamais venu dans aucun pays développé, et dans la supposée préparation duquel c’est en fait la subalterne bataille électorale qui accapare sans cesse les forces.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le mouvement du communisme s’engage aujourd’hui dans de tout autres batailles qu’électorales ou ne s’engagera jamais.&lt;br /&gt;Par-delà les vieilles images d’Epinal de « la révolution » – du moins pour ce qui concerne les pays le plus développés –, il faut réfléchir à l’idée forte d’évolution révolutionnaire, processus multiforme et inégal mais poursuivi avec esprit de suite d’initiatives engagées, de succès partiels remportés, de rapports des forces modifiés, d’élévation d’enjeu des initiatives dès lors possibles...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oui, on peut faire dès aujourd’hui de bonne politique avec le communisme. Et à moins du communisme, au point où en est le capitalisme, je ne vois pas quelle bonne politique est possible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Abandonner la référence au communisme ?&lt;br /&gt;Supposons qu’une certaine entente se manifeste sur une vision de cet ordre.&lt;br /&gt;Mais pourquoi tenir à l’inscrire sous l’emblème du communisme ?&lt;br /&gt;Est-ce bien voir, demande-t‑on, à quel point le mot, fût-ce par malentendu, est décrié, donc combien de forces potentielles on risque d’éloigner à vouloir le maintenir ?&lt;br /&gt;Voilà qui pose bien trop petitement la question d’un mot aussi puissamment symbolique.&lt;br /&gt;Si on mesure toute sa portée, je tiens qu’il y a au moins trois raisons déterminantes de persister à nommer communisme le mouvement transformateur à déployer, et communiste la force organisée s’y consacrant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1 – Un mouvement politique qui se veut grand doit dire en toute clarté ce qu’il est et ce qu’il vise.&lt;br /&gt;Vous prétendez dépasser le capitalisme ? Dites-nous sans faux-fuyant par quoi vous comptez le remplacer.&lt;br /&gt;Exigence irrécusable, qui exclut l’échappatoire d’une caractérisation purement formelle comme « transformation sociale profonde » – en quel sens ?&lt;br /&gt;Sarkozy aussi engage une « transformation sociale profonde » – ou négative comme « antilibéralisme » ou même « postcapitalisme » – qui peut se contenter de pareil chèque en blanc ?&lt;br /&gt;Il faut un mot disant sans équivoque vers quelle sorte de société profondément nouvelle on veut dépasser le capitalisme. Le seul mot juste est communisme : au ravage de l’universelle mise en privé, il s’agit d’opposer le processus où se met en commun la maîtrise de toutes les grandes activités sociales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que malgré tout ce qui au 20e siècle en a révélé les failles profondes le « socialisme » puisse retrouver demain en Amérique latine une certaine crédibilité ou non, l’avenir nous le dira.&lt;br /&gt;Pour ce qui nous concerne en tout cas, il est crucial de marquer clairement, en récusant la référence au « socialisme », la rupture délibérée avec ses formes stalinisées aussi bien que la radicale insuffisance de ses variantes social-démocrates.&lt;br /&gt;Hésiter à placer notre action sous le signe du communisme, ne serait-ce pas en fait gravement méconnaître à quel point il est déjà tard dans l’histoire du capitalisme ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’implosion du camp soviétique l’a rendu fou – même des hommes du grand capital s’en inquiètent fort : seul au monde, il fonce désormais vers un abîme, y entraînant avec lui l’humanité.&lt;br /&gt;Les Verts ont réussi à faire une grande cause politique du souci écologique ; n’avons-nous pas à faire une tout aussi grande cause politique du souci anthropologique, à l’heure où la frénésie schizophrène du taux de profit financier pousse à un point inouï la déshumanisation de nos vies et engage un tragique holocauste du sens de toutes les activités humaines ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que maints artistes flairent la venue d’un fascisme économique porteur d’autres horreurs que celles même du 20e siècle donne à penser. Beaucoup commencent à le sentir : devient urgente une insurrection générale en faveur du bien commun.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et c’est en un tel moment que nous trouverions judicieux de mettre à la poubelle le drapeau d’une telle insurrection, le mot communisme ?&lt;br /&gt;Serions-nous en train de devenir fous nous-mêmes ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2. A côté de cette capitale raison stratégique, j’en vois une autre non moins décisive : politique au sens direct du terme.&lt;br /&gt;Depuis bientôt un siècle est marqué dans la vie politique nationale un emplacement profondément original, celui d’une force tenant une notoire place à part dans l’éventail de « la gauche » : inconfondable d’origine avec le socialisme réformiste, à plus forte raison depuis qu’il s’est mis à tenir le capitalisme pour définitif, mais inconfondable aussi avec l’extrême-gauche trotskiste et toute forme de gauchisme en ce que, refusant le stérile enfermement sectaire, elle ne renonce jamais aux plus larges ententes susceptibles à tous niveaux de faire avancer les choses.&lt;br /&gt;Cet emplacement correspond dans la conscience, voire l’inconscient de tous à l’étiquette : communiste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la perspective même, foncièrement inédite, d’un mouvement communiste réel, un tel positionnement politique n’est en rien obsolète ; il ne fait que prendre plus encore de pertinence. Abandonner l’étiquette communiste et par là l’identification à cet emplacement nécessaire gravé dans les consciences et les pratiques politiques relèverait à mes yeux du plus aberrant des non-sens.&lt;br /&gt;On peut du reste être certain que si nous commettions cette insigne erreur, l’étiquette communiste ne tarderait pas à être brandie par d’autres, et vu ce qu’ils en feraient nous risquerions bien de terriblement le regretter – mais trop tard, car un tel abandon est aussitôt irréversible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;3. Ma troisième raison est une contre-raison.&lt;br /&gt;A ce qui vient d’être dit, je ne connais qu’une vraie objection, d’allure modeste mais souvent jugée irrésistible : quoi qu’on dise, le mot communisme demeure massivement évocateur de Staline et du Mur de Berlin, de la « dictature du prolétariat » et du « bilan globalement positif », de cent autres choses de même résonance qu’il est superflu d’énumérer ici, et désormais, en plus, du terrible 1,93%.&lt;br /&gt;C’est un mot empoisonné, répulsif, inemployable.&lt;br /&gt;Nous avons perdu notre crédibilité à un point tel qu’aucune remontée n’est concevable sans un acte symbolique de radicale innovation – cet acte, ce ne peut être que le solennel abandon de la référence communiste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui frappe en premier dans l’audience que paraît avoir cet argument chez nombre de communistes avec ou sans carte, c’est la profondeur du désarroi qu’elle traduit.&lt;br /&gt;Oui, alors que nous avons voué nos vies à la plus haute des causes humaines, il y a eu Staline et Pol Pot pour la déshonorer, il y a eu aussi un long cortège de sottises historiques en tous genres pour la discréditer. Il y a eu tout ce qui fait que « le communisme » est bien mort.&lt;br /&gt;Quel communiste peut ne pas le ressentir au plus profond ?&lt;br /&gt;Mais ce qui relèverait à mon sens d’une extraordinaire inconséquence, ce serait qu’en renonçant au communisme de Marx parce que « le communisme » l’a odieusement trahi nous mettions ainsi nous-mêmes un incroyable signe d’égalité entre les deux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai eu bien des occasions de parler devant des auditoires divers du communisme tel que l’entend Marx : j’ai bien sûr rencontré plus d’une fois de l’incrédulité – « ce serait trop beau » – mais pas une fois, j’en témoigne, la moindre hostilité.&lt;br /&gt;La seule raison de renoncer au communisme serait donc qu’il est le plus souvent confondu avec « le communisme », à plus d’un égard son contraire ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et par notre abandon nous contresignerions cet invraisemblable malentendu ? Aberrant.&lt;br /&gt;La paille des choses et le grain des mots&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certes, dira-t‑on, si « communisme » est irrécupérable, il est vrai qu’à communisme il n’y aurait pas de raison de renoncer.&lt;br /&gt;Mais c’est que nous savons faire toute la différence entre les deux ; l’opinion, de façon massive, ne le sait pas, au point que vouloir disculper le communisme des fautes du « communisme » passerait pour une pitoyable argutie.&lt;br /&gt;Voici justement le point où l’argument se retourne contre lui-même.&lt;br /&gt;Car en somme il revient à dire : la bataille pour détromper nos concitoyens sur un point d’importance aussi cardinale est perdue d’avance, mieux vaut y renoncer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et c’est ce défaitisme fondateur qui donnerait le coup d’envoi à une combative novation politique ?&lt;br /&gt;On pourrait dire tout aussi bien – tout aussi mal : la bataille est perdue d’avance pour convaincre nos concitoyens que le capitalisme est dépassable, mieux vaut y renoncer.&lt;br /&gt;Terrible est la logique de pareils renoncements : enclenchée, elle devient sans rivage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Veut-on oui ou non engager pour de bon le dépassement du capitalisme ?&lt;br /&gt;Si oui, il faut se préparer à bien des batailles « perdues d’avance » en se créant les moyens de les gagner. L’une des plus décisives est de donner à comprendre ce qu’a été le drame du 20e siècle : ayant commencé en un temps et un lieu où ses préconditions essentielles faisaient défaut, le communisme s’est dénaturé en « communisme » voué à terme au plus noir échec.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui, dans des conditions bien plus mûres et forts des rudes leçons de cet échec, nous pouvons mettre pour la première fois à l’ordre du jour le communisme en son authenticité et sa plénitude.&lt;br /&gt;Faire entendre largement cela au peuple français, et aux autres, ne sera ni aisé ni rapide ; tous les bâtons nous seront mis dans les roues – raison de plus pour développer sans délai cette bataille incontournable.&lt;br /&gt;Car qui ne comprend pas le drame du 20e siècle ne saura jamais s’orienter correctement dans le 21e.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est pourquoi retirer le mot communisme en croyant supprimer la difficulté serait un vrai marché de dupes.&lt;br /&gt;Le garder nous contraint au contraire à l’indispensable effort suivi d’explication avec les autres et avec nous-mêmes.&lt;br /&gt;La droite ne nous a-t-elle pas donné une éclatante leçon en la matière ?&lt;br /&gt;Dans l’après-guerre, le mot droite était si discrédité par tout ce qu’il avait couvert durant l’Occupation allemande qu’à part une poignée d’extrémistes personne ne voulait s’avouer de droite.&lt;br /&gt;Et puis il y a eu Thatcher, Reagan, Giscard, l’offensive néolibérale, une vraie campagne de réhabilitation du mot, et aujourd’hui un Sarkozy a pu s’en faire un triomphal drapeau.&lt;br /&gt;Aurions-nous moins d’audace que la droite ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au reste, si l’adjectif communiste devait, par notre carence, rester captif de son acception répulsive, il faudrait être d’une grande naïveté pour s’imaginer que l’adversaire de classe aurait le bon goût de ne pas stigmatiser une formation authentiquement anticapitaliste en lui collant quand même l’étiquette « communiste », sa répudiation étant dénoncée comme pure hypocrisie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De cet argument ne subsiste au fond qu’une chose, mais importante : la nécessité d’une très forte rupture symbolique avec une façon de faire de la politique qui n’en peut plus et dont la plupart ne veulent plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je tiens pour fondée cette exigence de rupture.&lt;br /&gt;Mais ce avec quoi il faut emblématiquement rompre n’est pas communisme, c’est Le Parti.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;III. Communisme : comment ?&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Donner vie à la perspective communiste esquissée plus haut implique des façons essentiellement nouvelles de faire de la politique et de s’organiser à cette fin.&lt;br /&gt;Questions déterminantes qui ne trouveront réponse appropriée que dans le mouvement réel – c’est une formidable expérimentation politique en vraie grandeur qu’il s’agit d’engager.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A titre exploratoire, essayons d’en dire d’avance un peu davantage en acompte personnel sur une réflexion collective.&lt;br /&gt;Faire de la politique avec le communisme, c’est avant tout multiplier les initiatives transformatrices désaliénantes sur tous les terrains et avec la participation de qui veut.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On mesure la maturité objective d’un mouvement communiste aujourd’hui dans un pays comme le nôtre à la spectaculaire abondance des occasions de telles initiatives qu’offre sans cesse l’actualité.&lt;br /&gt;Enquêtes accusatrices sur l’insupportable charge de travail chez Renault ou IBM jusqu’à pousser des salariés au suicide, réactions d’enseignants à l’idéologie pédagogique peu croyablement rétrograde sous la démagogie qui traverse toute la « Lettre aux éducateurs » de Sarkozy, refus montant des révoltantes franchises en matière de soins médicaux, adresse de Michel Platini aux chefs d’Etat contre le pourrissement du foot par le fric, sensibilité croissante des professionnels à l’asservissement de la presse, refus massif chez les chercheurs scientifiques de voir réduire le CNRS à une agence de moyens, énormes scandales de gestion à répétition pointant la nécessité de droits nouveaux des salariés dans l’entreprise, profondeur des remous éthiques suscités par l’affaire du test ADN d’appartenance familiale... : il suffit de reprendre une collection récente de l’Humanité pour remplir des pages entières avec les exemples d’initiatives possibles, les plus opportunes étant celles qui touchent au cœur des logiques du capital tout en disposant au départ de quelque atout favorable – reconstruire une confiance dans le succès possible du combat anticapitaliste est de première urgence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais qu’y a-t-il là de neuf ?&lt;br /&gt;S’emparer d’une actualité révoltante pour en clarifier le sens et en dénoncer les causes, montrer la possibilité de faire autrement en avançant des contre-propositions et en engageant des actions, n’est-ce pas à quoi le PCF s’efforce depuis toujours ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oui bien entendu, il s’y efforce avec mérite selon la façon de faire de la politique qui est la sienne en tant que parti. Le résultat en est connu : affaiblissement continu depuis maintenant près de trois décennies jusqu’à un niveau tel qu’en bien des lieux et domaines la survie même de sa capacité d’initiative est en cause.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Impossible d’échapper à la conclusion que quelque chose d’essentiel est à reconcevoir dans cette manière de faire de la politique. Quoi donc ?&lt;br /&gt;En quel sens « faire de la politique autrement » ?&lt;br /&gt;Comment se présente en général une initiative du PCF sur un sujet d’importance majeure ?&lt;br /&gt;La direction nationale étudie la question, adopte des décisions, lance l’action en invitant toutes les cellules à s’impliquer, à appuyer, à relayer une initiative élaborée au-dessus de leur tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans son principe même, et quelques correctifs secondaires qu’on puisse s’efforcer d’y apporter, ce mode d’initiative à visée désaliénatrice trouve donc moyen d’être aliénant en lui-même : on y saisit l’adhérent en le dessaisissant.&lt;br /&gt;Contradiction structurelle, puisque la cellule, organisme territorial « de base » – au sens de tout en bas – n’a ni la taille ni les moyens d’élaborer et animer par elle-même d’amples initiatives transformatrices, alors que son statut généraliste lui fait en principe devoir de les prendre toutes en charge.&lt;br /&gt;Quelle que puisse être la bonne volonté des individus, c’est forcément « le sommet » qui décide de ce qui compte.&lt;br /&gt;Sans doute était-ce naguère la seule manière de faire de la politique émancipatrice avec un peuple largement immature ; elle est aujourd’hui d’un intenable archaïsme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La crise flagrante de la forme même qu’est un parti – avant tout instrument de conquête du pouvoir impliquant du même coup pouvoir de la direction sur les militants – fait éclater cette antinomie : le combat pour l’émancipation sociale ne peut absolument plus se mener dans la sujétion militante.&lt;br /&gt;Les femmes et les hommes d’aujourd’hui, dans leur masse, exigent le plein exercice de leurs responsabilités.&lt;br /&gt;Là n’est pas la moins forte des raisons qui expliquent la mort du « communisme », ni le moindre indice de maturation du communisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Est-il concevable de mener tout autrement des initiatives communistes ?&lt;br /&gt;Imaginons. Impératif de base : que jamais leurs acteurs n’en soient dépossédés.&lt;br /&gt;Ce qui vaut dès le départ : l’initiative donc naît sur le terrain – groupe d’entreprises ou de services, arrondissement urbain ou grand ensemble, région rurale... – et y demeure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Concrètement : les adhérents d’une section – au sens actuel du terme – décident ensemble des initiatives qu’ils jugent les plus judicieuses dans le contexte qui est le leur – décision révisible, évolutive –, chacun choisissant lui-même à quel collectif d’initiative – nommons-le ici par convention atelier – il veut prendre part.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’atelier a tout pouvoir pour élaborer son initiative : étude de données, appropriation de connaissances, fixation d’objectifs, engagement d’actions...&lt;br /&gt;Dans d’autres sections, d’autres régions, des ateliers mènent une initiative analogue : des informations et expériences sont échangées, des problèmes communs mis à l’étude, des objectifs plus ambitieux adoptés...&lt;br /&gt;Sans perdre ses racines, sans échapper à la responsabilité plénière de ses acteurs, l’initiative devient l’affaire commune de toute une famille d’ateliers, elle peut se nationaliser, voire s’internationaliser ; elle devient pépinière de compétences et de porte-parole, instrument de transformation à taille efficace comme jamais cellule n’a pu l’être.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les ensembles d’ateliers aux objectifs les plus variés s’interconnectent eux-mêmes en fonction des besoins : une initiative contre les insupportables charges de travail recoupe celles qui visent à de nouveaux droits des salariés, au pluralisme de l’information médiatique, au développement de la prévention sanitaire...&lt;br /&gt;Un mouvement politique communiste s’esquisse, dans le prolongement des « mouvements sociaux » de la dernière décennie, mais dépassant par construction leur triple difficulté structurelle : limitation du champ travaillé, absence de débouché politique, par là-même risque récurrent d’instrumentalisation par un parti.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le centre de gravité de l’action politique passe des faits et gestes d’une direction à l’initiative sur le terrain, sur tous les terrains : on commence à rendre palpable une sorte vraiment différente de politique.&lt;br /&gt;Est-ce « utopie » que de voir commencer ici à se dissoudre le rapport aliéné du dirigé au dirigeant, à changer de sens le mot « base », à émerger la politique hors de la forme-parti où elle s’asphyxie ?&lt;br /&gt;N’est-ce pas pourtant en revenir au décevant « culte du spontané », incapable de produire une vraie cohérence ?&lt;br /&gt;Sous cette interrogation affleure une conviction ancestrale que chacun porte pour une part au fond de lui-même : la cohérence ne pourrait être produite que par une direction.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qui dit cohérence dirait verticalité, donc maintien nécessaire de la forme-parti.&lt;br /&gt;Je tiens que cette conviction est hantée à son insu par un préjugé de classe qu’a relayé dans la tradition communiste un bolchevisme stalinisé : il faudrait toujours un chef. C’est faux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Partout autour de nous fonctionnent des cohérences sans verticalité. Les équilibres biologiques ne sont régulés d’en haut par aucun dieu.&lt;br /&gt;Le cerveau humain, explique le prix Nobel Gerald Edelman, produit d’extraordinaires cohérences que n’assure aucun poste de commande, fût-ce cortical.&lt;br /&gt;Nombre de chercheurs scientifiques refusent en ce moment même à infiniment juste titre qu’on prétende leur imposer toute autre cohérence que celle du libre mouvement des savoirs fondamentaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vérité est qu’il y a deux moyens opposés de produire de la cohérence : une verticalité externe ou une horizontalité interne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En politique, la première est la formule même de l’aliénation, la seconde celle d’une possible désaliénation.&lt;br /&gt;C’est celle qu’il nous faut absolument explorer en matière d’organisation s’il est bien vrai que le 1,93% nous condamne à changer de façon radicale sous peine d’entrée dans un coma irréversible. C’est celle qui est déjà à l’œuvre, trop souvent sans nous, dans tant d’efforts au présent sur les terrains les plus divers de la transformation sociale. Du parti au mouvement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Regardons de près ce que requiert pour sa cohérence un mouvement communiste tel qu’on vient de l’esquisser.&lt;br /&gt;Les militants à l’initiative dans le maillage général en ateliers n’ont nul besoin d’instances décidant à leur place ; ils apprennent eux-mêmes à décider de façon experte, selon le principe communiste : « Que chaque cuisinière apprenne à gouverner l’Etat ! ».&lt;br /&gt;Ce qui répond à leur besoin n’est pas la délégation de pouvoir à une direction mais la centralisation de savoir au service des acteurs directs – une capitale revalorisation et réanimation du travail d’idées communiste est à tous égards urgente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La cohérence de leurs initiatives repose sur d’incessants échanges : d’informations, de questions, d’analyses, de propositions... Organiser ces échanges avec une efficacité économe, produire une visibilité de l’ensemble, préalable de toute prospective pertinente : c’est le rôle de centres à divers niveaux.&lt;br /&gt;Des centres – appelons-les par exemple conseils – ne confisquant rien du pouvoir de décision des ateliers et de leur maillage, redécentralisant sans cesse au contraire des moyens élaborés de mieux décider.&lt;br /&gt;Ceci oriente vers une sorte d’organisation politique en rupture avec le parti.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’idée a prévalu dans les années 90, malgré des avis contraires inécoutés, qu’on résoudrait la crise du PCF en s’en prenant à la centralité – entreprise qui serait foncièrement néfaste si elle n’était impossible : aujourd’hui comme hier continuent bien sûr d’exister à tous niveaux des organismes centraux dans le PCF.&lt;br /&gt;Ce n’est pas la centralité qui fait la crise mortelle de la forme-parti mais la verticalité qu’elle recouvre, celle d’une direction détenant seule, par position, les moyens de décider pour tout ce qui compte et qui, voulût-on le contraire, dépossède les militants de la maîtrise des initiatives dont ils ont pourtant à être les acteurs.&lt;br /&gt;Disons-le sous une forme provocante mais imparable : la verticalité est anti-communiste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tant qu’on n’aura pas surmonté l’angoisse directionnelle à l’idée d’une radicale élimination de la verticalité, la façon « communiste » de faire de la politique continuera d’apparaître à tous, non sans motif, semblable à celle des autres partis – préjugés anti-communistes en plus et crédibilité de l’accès au pouvoir en moins.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qui veut venir aujourd’hui dans une organisation politique à vocation émancipatrice pour y être dirigé ?&lt;br /&gt;Nous venons de payer horriblement cher d’avoir trop peu senti combien se reconnaître dans un dirigeant national de parti, même personnellement sympathique, répugne aujourd’hui à beaucoup.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Croire sauver le parti en s’accrochant à la verticalité, ce serait travailler à perdre sans retour le communisme politique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour engager sur tous les terrains un dépassement du capitalisme au présent, ce dont il est besoin comme force organisée n’est plus un parti mais un mouvement – donnons-lui ici par hypothèse un nom qui dise en clair à la fois sa raison et son mode d’être : Initiative communiste (IC).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;IC est avant tout dès le départ un maillage naissant d’ateliers qui engagent des initiatives transformatrices dans l’intense échange horizontal qu’ont à tâche de favoriser des conseils de divers niveaux, de la section à l’échelon national.&lt;br /&gt;C’est un ensemble de chantiers auxquels participe qui veut, la responsabilité des décisions restant aux adhérents du mouvement.&lt;br /&gt;IC n’a pas de direction mais un conseil national travaillant à centraliser l’expérience, cerner les problèmes, organiser le débat, en décentraliser les résultats dans leur pluralité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des divergences d’orientation se manifestent : on les traite sur le mode de l’expérimentation ouverte soumise au critère de la pratique.&lt;br /&gt;Résorption du pouvoir vertical dans la centralité horizontale : nous sortons du parti pour passer à un tout autre type de force organisée, inédit dans la vie nationale, propre à renouveler en profondeur l’attitude des milieux populaires, des intellectuels, de la jeunesse envers la politique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Déplacer résolument le centre de gravité de la politique sur les terrains de la transformation sociale n’équivaut en rien à négliger les exigences de la politique institutionnelle, mais à les aborder comme des aspects subordonnés de l’action d’ensemble.&lt;br /&gt;Les fortes spécificités de ces tâches dictées par le système institutionnel – batailles électorales, participation à des pouvoirs, relations extérieures... – peuvent suggérer d’en confier l’exécution à des délégations mises en place par le conseil national d’IC.&lt;br /&gt;Ces délégations, disposant d’une réelle autonomie d’initiative et d’une forte visibilité publique, ne sauraient pour autant – point capital – jouer le rôle d’une direction : elles se verraient fixer leur orientation par le conseil national et à travers lui l’ensemble des ateliers dont il n’est qu’un organe, restant responsables devant eux de l’accomplissement de leur mandat.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec la disparition d’un Secrétariat national – mais non de plusieurs porte-parole attitrés –, on passe de très voyante manière au-delà de la forme-parti.&lt;br /&gt;Par-delà celles et ceux qui se veulent expressément communistes, beaucoup, partageant telle ou telle des mêmes visées anticapitalistes, font dans les conditions présentes un choix différent.&lt;br /&gt;La criante nécessité du « tous ensemble » oblige donc à se prononcer sur le mode d’entente à rechercher entre les uns et les autres.&lt;br /&gt;Deux hypothèses se présentent :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1) la constitution d’une force alternative unique fédérant des entités distinctes dont l’une seulement se référerait au communisme ;&lt;br /&gt;2) la conclusion d’un pacte entre formations diverses, dont la communiste, chacune conservant son autonomie.&lt;br /&gt;Je soutiens quant à moi cette deuxième formule, pour la raison qu’à mon sens ne peuvent durablement cohabiter des forces politiques n’ayant pas sur les points essentiels un même projet historique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La spécificité du projet communiste en sa pleine acception est à mes yeux trop forte pour se plier à une vision commune n’y faisant que très incomplètement droit.&lt;br /&gt;Préférable me paraît une association à buts concertés en commun – expression publique, initiatives politiques, stratégies électorales... – réservant à chaque partenaire une entière liberté de jugement et une responsabilité plénière sur ses démarches propres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ultime question, non la moindre : comment parvenir à cette nouvelle organisation ?&lt;br /&gt;Cela suppose de satisfaire à deux exigences contradictoires.&lt;br /&gt;1) Il est exclu que le PCF soit son creuset, pour cette décisive raison de fond que la verticalité ne peut donner naissance à l’horizontalité. Le croire possible est précisément ce qui conduit à 1,93%. Il faut admettre sans réticence de se placer d’emblée au-delà des organisations existantes pour faire exister une force de nouvelle génération.&lt;br /&gt;2) Mais il est non moins exclu que les adhérents du PCF acceptent de renoncer à leur parti sans garantie majeure quant à l’authenticité communiste de la formation où ils se retrouveraient avec d’autres.&lt;br /&gt;Si cette lourde décision devait leur apparaître comme une aventure, ils ne seraient pas nombreux à s’y impliquer. Je ne le ferais pas moi-même. Or le principe d’une telle garantie n’est pas difficile à concevoir : il faut, entre co-fondateurs motivé-e-s de la nouvelle organisation communiste, travailler à un clair manifeste de ses buts et moyens jusqu’à susciter l’accord de tous, ce document de référence servant de préalable aux assises ouvertes qui en constitueront l’acte de naissance.&lt;br /&gt;Il ne peut s’agir de demander à quiconque un saut dans l’inconnu, mais bien à tous un saut vers l’avenir.&lt;br /&gt;Garder le PCF ou renoncer au communisme : ce dilemme condamne à un double désastre. L’issue est d’inventer une force inédite pour donner vie à un communisme du 21e siècle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Sève Lucien, Philosophe - Membre du PCF de Bagneux (Hauts-de-Seine)&lt;/em&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3722989619287973122-4876701444746712364?l=argumentaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://argumentaire.blogspot.com/feeds/4876701444746712364/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3722989619287973122&amp;postID=4876701444746712364' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/4876701444746712364'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/4876701444746712364'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://argumentaire.blogspot.com/2008/08/le-communisme-est-mort-vive-le.html' title='Le communisme est mort, vive le communisme !'/><author><name>SAd___</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04432896018992176644</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_pdPUqUaJrAc/SqLcsyKKBEI/AAAAAAAAAtU/6CCI3cY8qvY/S220/cestmoa.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3722989619287973122.post-6356792351712284590</id><published>2008-06-27T07:46:00.000-07:00</published><updated>2008-06-27T07:50:43.390-07:00</updated><title type='text'>Lettre ouverte aux états-majors syndicaux</title><content type='html'>"Face à la casse généralisée des acquis populaires, seule la construction d'une action déterminée « tous ensemble et en même temps » permettra de stopper la rupture sarkozyste et de remettre la France sur la voie des libertés démocratiques et du progrès social !&lt;br /&gt;Blocage de fait des salaires et pensions, démantèlement de la Fonction publique, de l'Education nationale, et des autres services publics (hôpital, SNCF, EDF-GDF, poste, F.T., impôts…), casse et délocalisation de l'emploi industriel, démolition des conventions collectives, du droit du travail, des statuts publics, étranglement des retraites à répartition et de la Sécu, traque des chômeurs, harcèlement contre les ouvriers sans papiers tout juste bons à payer des impôts, destruction du CNRS, privatisation rampante de l'Université…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La « rupture » sarkozyste s'attaque avec brutalité à l'ensemble des acquis sociaux, républicains, laïques et démocratiques du peuple français sous l'impulsion du MEDEF et de l'Union européenne, qui ne cesse de sommer la France de réduire dépenses publiques et sociales. En ce début d'été 2008, la France subit une contre-révolution euro-libérale de grande ampleur et une régression sociale sans précédent depuis 70 ans.&lt;br /&gt;Face à cette offensive mortelle, les Français rejettent massivement la politique socio-économique du gouvernement. Une large majorité de salariés se dit prête à participer à un mouvement d'ensemble pour arrêter le rouleau compresseur de l'UMP et du MEDEF. Des luttes nombreuses et résolues ont lieu (salariés du public et du privé, chômeurs, lycéens, retraités et assurés sociaux, mais aussi travailleurs indépendants écrasés par une politique entièrement au service des grands actionnaires).&lt;br /&gt;Notre peuple, sa jeunesse et ses travailleurs, ne se résigne à devenir un peuple d'esclaves !Pourtant la plupart des états-majors syndicaux continuent d'accompagner la « rupture ».&lt;br /&gt;Au lieu de dénoncer l'ensemble de la politique antipopulaire d'un gouvernement qui s'attaque au droit de grève et refuse tout compromis, ils entretiennent la fiction de « négociations » sujet par sujet et signent des accords régressifs, sous prétexte d'obtenir un « moindre mal »... qui débouche toujours sur le pire.&lt;br /&gt;Car signer avec Sarkozy, c'est lui donner de l'oxygène pour continuer à casser ensuite (le dernier épisode en date étant la signature du désastreux accord sur la « représentativité syndicale » par les directions CGT et CFDT, sur laquelle le gouvernement s'est immédiatement appuyé pour annoncer que le temps de travail serait désormais « discuté » par entreprise).Parallèlement, les directions confédérales, pourtant censées coordonner les luttes et les revendications à l'échelle inter-pro, s'appliquent à multiplier les ripostes dispersées, chaque secteur étant appelé à son tour à de grandes journées d'actions isolées et sans perspective.&lt;br /&gt;S'agirait-il alors d'organiser des barouds d'honneur à la seule fin de donner des gages à une base combattive ? En tout cas, le chef de la CFDT vendait récemment la mèche, en s'inquiétant dans le Monde de ce que le gouvernement « nous entraîne dans une mobilisation globalisante, ce contre quoi j'ai toujours résisté, y compris dans la CFDT » ...&lt;br /&gt;Dans ces conditions, le choix est aujourd'hui plus que jamais pour chaque profession de perdre séparément en plongeant pour longtemps dans l'enfer de l'exploitation sans limite, ou de construire démocratiquement et d'urgence une action « tous ensemble et en même temps » pour gagner et ré-ouvrir enfin des perspectives progressistes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les signataires de cette lettre s'engagent à tout faire pour faire monter cette exigence dans leur entreprise, leur quartier, leur syndicat. La balle est dans le camp des directions syndicales nationales qui doivent cesser « d'accompagner » la rupture afin de reprendre le seul chemin gagnant : faire le lien entre toutes les contre-réformes, travailler concrètement à préparer avec les salariés les conditions de l'affrontement de classe victorieux avec ce pouvoir destructeur, construire l'unité dans l'action des travailleurs et de la jeunesse."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; SIGNER ICI:   &lt;a href="mhtml:%7B3BCF7B4D-B3AE-4EE7-9DE4-B596C8FBCC68%7Dmid://00000166/!x-usc:http://tous-ensemble.dyndns.org/" target="_blank"&gt;http://tous-ensemble.dyndns.org/&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3722989619287973122-6356792351712284590?l=argumentaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://argumentaire.blogspot.com/feeds/6356792351712284590/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3722989619287973122&amp;postID=6356792351712284590' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/6356792351712284590'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/6356792351712284590'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://argumentaire.blogspot.com/2008/06/lettre-ouverte-aux-tats-majors.html' title='Lettre ouverte aux états-majors syndicaux'/><author><name>SAd___</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04432896018992176644</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_pdPUqUaJrAc/SqLcsyKKBEI/AAAAAAAAAtU/6CCI3cY8qvY/S220/cestmoa.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3722989619287973122.post-6826401319463255487</id><published>2008-03-29T02:22:00.000-07:00</published><updated>2008-04-01T21:06:39.098-07:00</updated><title type='text'>Election municipale, Attribution des sièges !</title><content type='html'>Election municipale 2008 - attribution des sièges&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Commençons par l’exposé de la méthode pour l’attribution des sièges&lt;br /&gt;Article L. 262 et L272-5 du code électoral&lt;br /&gt;Une fois effectuée l'attribution des sièges de membre du municipal en application des dispositions de l'article L. 262, les sièges des seuls conseillers d'arrondissement sont ensuite répartis suivant le système de la plus forte moyenne pour chaque liste.&lt;br /&gt;Pour chacune des listes, ils sont attribués dans l'ordre de présentation en commençant par le premier des candidats non proclamé élu membre du conseil du conseil municipal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1er arrondissement : nous prendrons cet arrondissement comme exemple des calculs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nombre de CM : 4&lt;br /&gt;Nombre de conseillers d’arrondissement : 14&lt;br /&gt;Suffrage exprimés : 10085&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;GC : 5919 &gt;50%&lt;br /&gt;P : 1868&lt;br /&gt;Modem : 629&lt;br /&gt;Audaces : 1324&lt;br /&gt;LO : 124 &lt;5%&lt;br /&gt;FN: 221 &lt;5%&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Suffrages pris en compte: Elimination des listes &lt; à 5%, 10085 (exprimés)- 124 - 221= 9740&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1. Calcul des CM: 4 sièges à pourvoir. GC ayant plus de 50% des voix obtient immédiatement la moitié de ces sièges. Soit 2.&lt;br /&gt;Restent 2 sièges à attribuer. Pour le premier : On divise le nombre de voix obtenues par le quotient électoral Quotient électoral :&lt;br /&gt;9740/2 = 4870 GC = 5919/4870 = 1 CM pour GC P = 1868/4870 = 0&lt;br /&gt;Pour le poste restant : On divise le nombre de voix obtenues par la somme du siège acquis et celui restant GC = 5919/1+1 = 2959 P = 1868/1 = 1868 2959 étant &gt; à 1868, le siège est attribué à GC.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En résumé, la liste de GC obtient 2+1+1 = 4 CM&lt;br /&gt;Ce seront les 4 premiers de sa liste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2. Calcul des conseillers d’arrondissement :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;14 sièges à pourvoir. Mais 4 sont déjà CM. Il ne reste donc que 10 postes à attribuer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La liste de GC étant &gt; 50%, obtient automatiquement la moitié de ces postes (arrondie à l’entier supérieur dans le cas d’un nombre impair), soit 5 conseillers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour les 5 restant, on calcule le quotient électoral (suffrages pris en compte/par le nombre de postes à pourvoir), soit 9740/5 = 1948&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On divise alors le nombre de voix obtenues par ce quotient électoral.&lt;br /&gt;GC = 5919/1948 = 3 sièges P = 1868/1948 = 0&lt;br /&gt;0 pour les autres listes dont le score est&lt; à 1948&lt;br /&gt;Restent 2 sièges à attribuer. Pour le premier : On divise le nombre de voix obtenues par le nombre de sièges déjà attribués (sur les 5) plus le siège en jeu : GC = 5919/4+1 = 1183 P : 1868/1 = 1868 1868 étant &gt; à 1183, le siège est attribué à la liste Perben, 1 siège.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour le second :&lt;br /&gt;On divise le nombre de voix obtenues par le nombre de sièges déjà attribués (sur les 5) plus le siège en jeu :&lt;br /&gt;GC = 5919/4+1 = 1183 P : 1868/1+1 = 934&lt;br /&gt;1183 étant &gt; à 934, le siège est attribué à la liste GC, 1 siège.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En résumé, la liste GC obtient 5+3+1 = 9 sièges de conseillers d’arrondissement ( en plus des 4CM, soit au total 13).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce seront ceux qui suivent les 4 premiers CM. Dons à partir de 5ème position sur la liste jusqu’au 13ème sur le liste de GC.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Perben 1 siège de conseiller d'arrondissement.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3722989619287973122-6826401319463255487?l=argumentaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://argumentaire.blogspot.com/feeds/6826401319463255487/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3722989619287973122&amp;postID=6826401319463255487' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/6826401319463255487'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/6826401319463255487'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://argumentaire.blogspot.com/2008/03/election-municipale-attribution-des.html' title='Election municipale, Attribution des sièges !'/><author><name>SAd___</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04432896018992176644</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_pdPUqUaJrAc/SqLcsyKKBEI/AAAAAAAAAtU/6CCI3cY8qvY/S220/cestmoa.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3722989619287973122.post-1854335946461705020</id><published>2008-03-19T09:43:00.000-07:00</published><updated>2008-04-01T20:57:02.907-07:00</updated><title type='text'>Cantonale 2008, zoom sur le Canton II Lyon</title><content type='html'>&lt;a href="http://bp1.blogger.com/_pdPUqUaJrAc/R-FDO3F_UsI/AAAAAAAAASs/nFYFF9qvu44/s1600-h/Zoom+sur+le+canton+II+Lyon.bmp"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5179494969039082178" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp1.blogger.com/_pdPUqUaJrAc/R-FDO3F_UsI/AAAAAAAAASs/nFYFF9qvu44/s320/Zoom+sur+le+canton+II+Lyon.bmp" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3722989619287973122-1854335946461705020?l=argumentaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://argumentaire.blogspot.com/feeds/1854335946461705020/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3722989619287973122&amp;postID=1854335946461705020' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/1854335946461705020'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/1854335946461705020'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://argumentaire.blogspot.com/2008/03/cantonale-2008-zoom-sur-le-canton-ii.html' title='Cantonale 2008, zoom sur le Canton II Lyon'/><author><name>SAd___</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04432896018992176644</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_pdPUqUaJrAc/SqLcsyKKBEI/AAAAAAAAAtU/6CCI3cY8qvY/S220/cestmoa.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp1.blogger.com/_pdPUqUaJrAc/R-FDO3F_UsI/AAAAAAAAASs/nFYFF9qvu44/s72-c/Zoom+sur+le+canton+II+Lyon.bmp' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3722989619287973122.post-5148773065344781793</id><published>2008-03-19T09:40:00.000-07:00</published><updated>2008-04-01T20:55:38.525-07:00</updated><title type='text'>Le vote PCF, sur les 7 cantons</title><content type='html'>&lt;a href="http://bp2.blogger.com/_pdPUqUaJrAc/R-FCgHF_UrI/AAAAAAAAASk/rV0D6T6nUy4/s1600-h/Les+7+cantons+de+Lyon.bmp"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5179494165880197810" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp2.blogger.com/_pdPUqUaJrAc/R-FCgHF_UrI/AAAAAAAAASk/rV0D6T6nUy4/s320/Les+7+cantons+de+Lyon.bmp" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3722989619287973122-5148773065344781793?l=argumentaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://argumentaire.blogspot.com/feeds/5148773065344781793/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3722989619287973122&amp;postID=5148773065344781793' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/5148773065344781793'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/5148773065344781793'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://argumentaire.blogspot.com/2008/03/le-vote-pcf-sur-les-7-cantons.html' title='Le vote PCF, sur les 7 cantons'/><author><name>SAd___</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04432896018992176644</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_pdPUqUaJrAc/SqLcsyKKBEI/AAAAAAAAAtU/6CCI3cY8qvY/S220/cestmoa.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp2.blogger.com/_pdPUqUaJrAc/R-FCgHF_UrI/AAAAAAAAASk/rV0D6T6nUy4/s72-c/Les+7+cantons+de+Lyon.bmp' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3722989619287973122.post-1866681823214491253</id><published>2008-03-04T23:52:00.000-08:00</published><updated>2008-03-05T00:00:58.837-08:00</updated><title type='text'>Sectes : Sarkozy s'aligne sur Washington</title><content type='html'>Par Paul Aries, politologue, directeur du Sarkophage (*).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les propos de la directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, Emmanuelle Mignon, estimant que les sectes constituent « une non-menace » et soutenant que la liste établie en 1995 serait « scandaleuse », ne constituent pas une surprise pour les spécialistes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je dénonçais déjà dans le journal l’Immondialisation de novembre 2004 la capitulation du gouvernement Raffarin-Sarkozy-Villepin sous la pression américaine. Les faits ont depuis confirmé cette thèse : il n’est plus politiquement opportun de combattre les sectes et notamment la Scientologie.&lt;br /&gt;Comment en est-on arrivé à cette démission politique ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les sectes sont un des vecteurs de la mondialisation capitaliste, qui se réalise sous l’égide des États-Unis. On peut ainsi établir un parallèle entre la situation actuelle et celle des « nouveaux mouvements religieux » de la fin du XIXe et du début XXe siècle.&lt;br /&gt;Les États-Unis utilisèrent déjà ouvertement certains mouvements (la théosophie notamment, mais aussi les mormons et les adventistes) pour combattre la « vieille Europe » et ses deux principaux adversaires de l’époque : le catholicisme et l’athéisme.&lt;br /&gt;Ces mouvements ont ensuite décliné du fait du succès, au cours du XXe siècle, des diverses idéologies progressistes (socialisme, féminisme, tiers-mondisme, freudisme, etc.). Ces mêmes sectes, ou d’autres, refont aujourd’hui surface dans le contexte de la nouvelle mondialisation et de l’effondrement des forces progressistes.&lt;br /&gt;Les États-Unis recommencent donc à exporter leurs sectes dans le cadre d’une « guerre des dieux » qui risque bien d’être un événement majeur du XXe siècle. La France a très vite perçu la dimension politique du phénomène sectaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai commencé à travailler sur ce dossier dans le cadre d’une équipe constituée à la demande de Simone Veil, alors ministre de la Santé, puis j’ai continué sous d’autres couleurs politiques sans qu’il y ait de différences majeures d’orientation. À l’exception notable de la période où Alain Vivien dirigeait la MILS et s’était donné comme objectif d’aller vers la dissolution de la Scientologie considérée comme « secte absolue ».&lt;br /&gt;La France a subi alors d’énormes pressions américaines au niveau gouvernemental. On se souvient des rapports américains mettant la France au niveau des dictatures. Cette guerre larvée entre Paris et Washington n’aurait pas été aussi violente si la France s’était contentée de combattre les sectes sur son propre sol mais sa volonté de poursuivre le combat à l’étranger pour mieux défendre sa vision du monde la mettait en concurrence directe avec les États-Unis sur la question de la définition de la « liberté religieuse ».&lt;br /&gt;Cette notion ne signifie pas ce que chacun croit comprendre. Elle impose une nouvelle vision du monde notamment dans le domaine des rapports entre religion et politique, contraire à toute la conception républicaine. Le but est d’opposer à la conception des droits de l’homme et du citoyen issue de 1789 une conception des « droits de l’homme et du religieux » profondément antagoniste.&lt;br /&gt;Bill Clinton donnera raison au lobby religieux en faisant adopter en 1998 une loi qui permet au gouvernement américain de sanctionner les pays hostiles à cette vision.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peut-on ainsi au nom de sa foi violer des règles d’ordre public ?&lt;br /&gt;L’Allemagne nous en a donné une monstrueuse application avec l’affaire de cette juge, désavouée ensuite par un tribunal de Francfort, refusant d’accorder le divorce à une femme d’origine marocaine battue par son mari parce que le Coran ne condamne pas les mauvais traitements entre époux. L’adversaire principal de cette conception de la « liberté religieuse » se trouve être la France et sa maudite laïcité.&lt;br /&gt;La France s’est donc trouvée en concurrence directe avec les États-Unis sur la « question religieuse » internationale, c’est-à-dire sur la conception même de la société.&lt;br /&gt;Le gouvernement américain profitera de la réunion de l’OSCE du 27 octobre 1998 pour accuser la France d’être « la cheville ouvrière » d’un véritable plan concerté qui, sous le prétexte de la lutte anti-sectes, chercherait à étrangler cette nouvelle « liberté religieuse » et à nuire aux intérêts américains.&lt;br /&gt;L’ambassadeur spécial américain, Seipple, menacera même la France de déposer plainte devant l’OMC pour « discrimination à l’égard des minorités religieuses ».&lt;br /&gt;Face aux pressions, Paris rompra les relations diplomatiques sur ce dossier entre 1998 et 1999. La France tentera également de résister au rouleau compresseur américain en mobilisant d’autres pays (22 répondront présents à l’appel de la MILS).&lt;br /&gt;Le gouvernement français publiera même dans le International Herald Tribune (sous forme de publicité) un long texte argumenté contre la Scientologie américaine, reprenant mes propres travaux.&lt;br /&gt;Le but était alors de convaincre une partie de l’opinion publique américaine en passant par-dessus le gouvernement américain. Crime de lèse-majesté absolu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 11 septembre 2001 constitue une rupture totale au sein du combat anti-secte. L’objectif est désormais de s’unir contre l’islamisme politique, ce qui suppose de revoir les jeux d’alliances internationaux, donc de cesser pour cela de vilipender la Scientologie.&lt;br /&gt;Les signes à destination du gouvernement américain se succèdent depuis à un rythme soutenu. On se souvient de la poignée de main volontairement médiatisée entre Sarkozy et Tom Cruise au moment même où le président Chirac refusait toute rencontre avec ce VRP de luxe de la Scientologie.&lt;br /&gt;On se souvient aussi de la lettre du 1er avril 2004 de Raffarin demandant de cesser de « stigmatiser » certaines sectes car, disait-il, « il importe que la France ne puisse être soupçonnée de porter atteinte aux libertés religieuses ».&lt;br /&gt;La transformation de la MILS en Miviludes fut aussi une façon de dire qu’il n’y avait plus de « secte absolue », bref que Paris ne considérait plus la Scientologie comme un danger.&lt;br /&gt;En somme, la France changeait radicalement de politique sans en informer les citoyens.&lt;br /&gt;Ce revirement est logique dans le cadre de l’importation en France de la révolution conservatrice mondiale symbolisée depuis par la victoire électorale de Sarkozy.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La prochaine étape sera la reconnaissance officielle de la Scientologie.&lt;br /&gt;La gauche a aussi une part de responsabilité en ayant choisi de ne pas ébruiter les pressions américaines.&lt;br /&gt;Les citoyens peuvent cependant faire basculer la volonté du prince : quelle conception de la société veulent-ils léguer à leurs enfants ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(*) Auteur de la Scientologie, une secte contre la République. Éditions Golias, 1999.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3722989619287973122-1866681823214491253?l=argumentaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://argumentaire.blogspot.com/feeds/1866681823214491253/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3722989619287973122&amp;postID=1866681823214491253' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/1866681823214491253'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/1866681823214491253'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://argumentaire.blogspot.com/2008/03/sectes-sarkozy-saligne-sur-washington.html' title='Sectes : Sarkozy s&apos;aligne sur Washington'/><author><name>SAd___</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04432896018992176644</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_pdPUqUaJrAc/SqLcsyKKBEI/AAAAAAAAAtU/6CCI3cY8qvY/S220/cestmoa.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3722989619287973122.post-2640584093605050451</id><published>2008-01-23T01:12:00.000-08:00</published><updated>2008-01-23T01:17:06.281-08:00</updated><title type='text'>La face cachée de la généralisation du BAC Pro en 3 ans !</title><content type='html'>L’entreprise de démantèlement du Service Public français par la droite au pouvoir se poursuit…&lt;br /&gt;Après avoir mis à mal La Poste, l’audio-visuel public, le service public de l’emploi, de l’eau, EDF-GDF, la SNCF, le service public des impôts…. C’est au tour de Xavier DARCOS, Ministre de l’éducation de continuer ce sale boulot !!!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Subitement et sans concertation aucune Xavier DARCOS a décidé la généralisation du Bac Pro en 3 ans au lieu de 4 et la suppression des BEP alors qu’une telle décision ne peut que bouleverser toute la formation professionnelle par voie scolaire ou par apprentissage.&lt;br /&gt;Cette gifle donnée à toute la communauté éducative, élèves, parents, professeurs…. est inacceptable et mérite un zéro de conduite.&lt;br /&gt;Elle est inacceptable dans la forme : en application de la Loi, la carte des formations professionnelles doit être arrêtée en commun par l’Etat et les Régions. A ce jour, aucune Région n’a été consultée. C’est en plus sans compter que les Régions devront assurer l’évolution des équipements suite à la modification des référentiels, et que le nombre d’élèves va se modifier ce qui influera sur tous nos projets de construction et rénovation. Ce mépris des collectivités est inacceptable.&lt;br /&gt;Elle est inacceptable sur le fond et c’est sans doute le plus grave et le plus inquiétant. Elle prépare une refonte complète de notre système éducatif.&lt;br /&gt;Nous serions naïfs de croire que les profonds changements en perspective seront faits pour le bien de notre jeunesse ! Faire en 3 ans ce que l’on faisait en 4 dans des classes surchargées et en supprimant les classes passerelles n’aura comme conséquences que plus d’exclusion, plus d’échec scolaire et de sorties sans qualification,  pour nos enfants les plus fragiles mais aussi la suppression de 8800 emplois d’enseignants dans le second degré pour 2008 et 20000 emplois par an pendant les 4 années suivantes.&lt;br /&gt;Voilà le véritable objectif de ce gouvernement : supprimer des postes en faisant fi des véritables besoins dans notre Société. Rien qu’en Rhône-Alpes, ce sont par an 4600 jeunes qui sortent du système éducatif sans qualification et 32000 qui sont inscrits dans les fichiers de l’ANPE et des Missions locales. Là où il y a urgence à traiter une triste réalité, le gouvernement continue de saboter tout espoir d’un avenir meilleur !!!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La semaine prochaine alors que sera proposé au vote de l’Assemblée Plénière du Conseil Régional une délibération pour lutter contre le décrochage scolaire, l’entreprise sournoise de démantèlement de nos acquis dans ce pays se poursuit.&lt;br /&gt;Mais, ne nous trompons pas, ce qu’ils veulent c’est un changement important de notre système éducatif pour un changement profond de notre Société, une société avec une élite de plus en plus réduite en capacité de gérer les affaires du pays et des cohortes de gens formés au minimum, exploitables et corvéables à merci.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie France Vieux Marcaud&lt;br /&gt;VP Région Rhône Alpes&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3722989619287973122-2640584093605050451?l=argumentaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://argumentaire.blogspot.com/feeds/2640584093605050451/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3722989619287973122&amp;postID=2640584093605050451' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/2640584093605050451'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/2640584093605050451'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://argumentaire.blogspot.com/2008/01/la-face-cache-de-la-gnralisation-du-bac.html' title='La face cachée de la généralisation du BAC Pro en 3 ans !'/><author><name>SAd___</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04432896018992176644</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_pdPUqUaJrAc/SqLcsyKKBEI/AAAAAAAAAtU/6CCI3cY8qvY/S220/cestmoa.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3722989619287973122.post-2007283011504473892</id><published>2008-01-14T04:19:00.000-08:00</published><updated>2008-01-14T04:20:41.708-08:00</updated><title type='text'>LES MENSONGES SUR LE TRAITE DE LISBONNE</title><content type='html'>Libéraux de droite comme de gauche, UMP, Modem et direction du PS, relayés par la presse patronale (Le Monde, Libé, Le Figaro, ….), diffusent, comme en 2005, une série de mensonges à propos du  traité modificatif européen (Traité de Lisbonne) qu’ils veulent voir ratifié à tout prix. En voici 5, parmi d’autres :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A propos de la laïcité :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nouveauté par rapport au Traité établissant une Constitution pour l’Europe (TCE) : « l’héritage religieux » est mentionné comme « source de la démocratie, de l’Etat de droit et des libertés fondamentales » ; par contre, comme dans le TCE, l’Union Européenne (UE) reconnaît les Eglises, mais pas la laïcité (le mot et la chose sont absent des textes). Le retour en force de l’ingérence des Eglises est ainsi encouragé. L’Europe des Lumières s’obscurcit dangereusement. Les droits des femmes à peine conquis sont directement menacés. Le Vatican triomphe avec l’aide du chanoine qui préside la République.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A propos de la démocratie:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme dans le TCE, quelques dispositions renforcent le poids du Parlement européen, mais celui-ci reste largement un Parlement croupion : il n’est pas l’unique législateur et ses pouvoirs de contrôle sont limités (pas de séparation des pouvoirs), il ne peut pas proposer ses propres textes (le monopole de l’initiative est maintenu en faveur de la toute puissante Commission européenne qui peut s’opposer aux attentes du Parlement et du Conseil des ministres tous deux pourtant issus du suffrage universel). Le citoyen qui peut changer, par le suffrage universel, son maire, son parlementaire, son gouvernement est totalement impuissant face à une Commission européenne qui n’est pas comptable de ses actes. Le traité modificatif ne modifie pas le caractère technocratique et opaque d’une Commission européenne plus que jamais aux ordres des lobbies de la finance et du business.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A propos du néolibéralisme des politiques européennes :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La disparition de la formule « concurrence libre et non faussée » du TCE n’entraîne pas de changement dans l’orientation des politiques. Un article rappelle le primat d’une « économie de marché ouverte où la concurrence est libre » et un protocole (même valeur que le traité) indique que « le marché intérieur comprend un système garantissant que la concurrence n’est pas faussée ». La seule politique de l’UE, c’est, plus que jamais, de mettre en concurrence toutes les activités humaines. Pas de place pour la coopération ; pas de place pour la solidarité. Mme Merkel l’a confirmé au Parlement européen : en ce qui concerne le libéralisme des politiques, « rien ne va changer ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A propos des services publics :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rien n’est plus mensonger que d’affirmer que l’UE protège désormais les services publics (baptisés « services d’intérêt général »). Un protocole dont l’intitulé parle des « services d’intérêt général » ne concerne en fait dans son contenu que les « services d’intérêt économique général » lesquels sont soumis aux règles de la concurrence. Il s’agit-là d’une formidable mystification de la part des auteurs du traité. Comme ceux-ci l’ont déclaré : « la liberté d’établissement et la liberté de circulation des personnes, des biens, des capitaux et des services continuent de revêtir une importance capitale ».&lt;br /&gt;A propos de la mondialisation néolibérale :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’affirmation selon laquelle désormais l’UE protégerait contre la mondialisation est totalement mensongère et démentie par le texte : celui-ci renforce les pouvoirs de la Commission européenne pour négocier des politiques de dérégulation à l’OMC. Les pouvoirs du Comité 133 sont consacrés et renforcés dans la mesure où il ne devra plus se prononcer à l’unanimité. Son opacité demeure. La négociation de la mise en œuvre de l’Accord Général sur le Commerce des Services (AGCS), dont l’objectif ultime est la privatisation de toutes les activités de services qu’elles soient nationales régionales ou municipales, en sera facilitée. Le traité de Lisbonne facilite la soumission des services publics locaux aux règles de l’AGCS.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On trouvera d’autres éléments de réflexion sur l’Europe et le traité modificatif (traité de Lisbonne) dans le livre que je viens de faire paraître : « Quelle Europe après le non ?» (Fayard). On peut en débattre lors des prochaines conférences que je vais donner :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;14 janvier : Avignon : 18H, dédicaces à la Maison des Alternatives Solidaires ; 20H, conférence à l’Hôtel de ville.&lt;br /&gt;15 janvier : Aix-en-Provence : 18H, IEP, 25 rue Gaston de Saporta (face à la cathédrale).&lt;br /&gt;16 janvier : Marseille : 20H30, 108, rue de Breteuil, au « Point de Bascule ».&lt;br /&gt;17 janvier : Forcalquier/Manosque/Ste-Tulle : 19H, théâtre municipal de Ste-Tulle.&lt;br /&gt;21 janvier : Béziers : 19H au Théâtre du Minotaure, 15 rue Solférino.&lt;br /&gt;22 janvier : Montauban : 20H, Espace Sport, 65, avenue Marceau Hamecher&lt;br /&gt;23 janvier : Angers : 20H30, Salle Daviers, Bd Daviers (en face du CHU).&lt;br /&gt;24 janvier : Nantes : 20H30, Faculté de médecine (Amphi 9), rue Gaston Veil.&lt;br /&gt;25 janvier : Poitiers : 20H30&lt;br /&gt;28 janvier : Agen : 20H30, salle Picasso, Centre culturel, côté Stadium.&lt;br /&gt;29 janvier : Marmande : 20H30, salle Damouran, Square de Verdun (face à la poste).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut signer l’appel du Comité National pour le Référendum :&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.nousvoulonsunreferendum.eu/"&gt;www.nousvoulonsunreferendum.eu/&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut interpeller les parlementaires (sénateurs et députés), candidats aux élections municipales, pour leur demander si  le 4 février Versailles ils vont permettre la ratification parlementaire de ce traité et pour leur dire qu’il sera tenu compte de leur attitude lors des prochaines municipales. C’est l’avenir des services publics locaux qui est en cause !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut manifester le 4 février à Versailles pour exiger le respect du référendum de 2005. On ne représente pas un texte dont le contenu a été rejeté par le peuple souverain !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Raoul Marc JENNAR&lt;br /&gt;Site : www.urfig.org&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3722989619287973122-2007283011504473892?l=argumentaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://argumentaire.blogspot.com/feeds/2007283011504473892/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3722989619287973122&amp;postID=2007283011504473892' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/2007283011504473892'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/2007283011504473892'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://argumentaire.blogspot.com/2008/01/les-mensonges-sur-le-traite-de-lisbonne.html' title='LES MENSONGES SUR LE TRAITE DE LISBONNE'/><author><name>SAd___</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04432896018992176644</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_pdPUqUaJrAc/SqLcsyKKBEI/AAAAAAAAAtU/6CCI3cY8qvY/S220/cestmoa.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3722989619287973122.post-7525528511067361089</id><published>2008-01-01T06:52:00.000-08:00</published><updated>2008-01-01T06:53:28.332-08:00</updated><title type='text'>Sans les 35 h les salaires baisseraient !</title><content type='html'>...Et à Continental, contrairement à ce que toute la presse, écrit, les 35 h ne peuvent légalement pas être remises en cause ! La loi est la loi pour tous, y compris à Continental ! Tout le monde est aux 35 h dans le salariat. Elles sont générales. C’est une loi d’ordre public social. Il n’y a pas un salarié de ce pays qui ne dépend pas des 35 h. Elles se calculent hebdomadairement. Et leur équivalent mensuel est 151 h 66 et leur équivalent annuel est 1607 h (depuis que 7 heures de travail taxées ont été rajoutées). Les 35 h ce n’est que la durée légale, pas la durée effective du travail.  C’est le point de repère de calcul des salaires et des heures supplémentaires. La durée légale de 35 h déclenche le seuil des heures supplémentaires. La durée légale de 35 h déclenche le seuil du temps partiel.Le Smic est calculé sur les 35 h et sur 151 h 66 ainsi que tous les salaires mensualisés et les grilles des salaires conventionnels. La remise en cause des 35 h aurait pour effet de faire disparaître les heures supplémentaires donc de diminuer les majorations de salaires qui leur sont liées. (Il existe différentes majorations : financières à 25 %, à 50 %, à 100 %, et avec repos compensateur à 25 %, à 50 %, à 100%. Chaque majoration correspond à un seuil, 35 h, 44 h, au contingent annuel, ou une circonstance, dimanche, nuit, etc.)L’entreprise Continental contrairement à ce qu’écrit à tort toute la presse, ne peut revenir sur les 35 h et “passer aux 40 h”. C’est impossible, les patrons qui présentent les choses ainsi et les journaux mentent. Car la loi est la loi : les 35 h s’appliquent aussi à Continental ! Cela veut dire, que, même après avoir fait voter leurs salariés pour travailler 40 h, les bulletins de paie doivent continuer de faire figurer le salaire brut affecté aux 151 h 66 et sur une ligne distincte, les heures supplémentaires majorées de 25 % entre 35 et 40 h. Ces dernières sont forcément majorées de 25 % car c’est la loi... Toute autre bulletin de paie serait illégal !Alors que se passe t il ? Pour ne pas payer les majorations, l’employeur va baisser le taux horaire de toutes les heures de façon à amortir les 40 h !  Donc la vraie information que devraient donner la presse sur Continental ce n’est pas que les 35 h sont remises en cause mais que le taux horaire est baissé de façon à ne pas payer la majoration des heures supplémentaires entre 35 et 40 h ... C’est fantastique que dans ce pays, on soit si mal informé, ou plutôt qu’on soit désinformé à ce point !  Il s’agit d’un cas délibéré de baisse du salaire et de baisse du taux des heures supplémentaires, pas d’un cas de remise en cause des 35 h ! On peut défendre les 35 h et hausser les salaires, les caisses ne sont pas vides ! Grâce aux 35 h contrairement à tout ce qui est dit, en l’an 2000, non seulement il y a eu entre 350 000 et 450 000 emplois crées (la fourchette est large mais reconnue par tous) mais il y a eu aussi,une augmentation de la masse salariale globale. Pas des salaires nominaux, et cela a manqué ! Mais le “gel” des salaires n’a été le fait que de 2 à 3 % des accords signés à l’époque, on peut l’imputer à la réduction de la durée du travail encore moins à l’acceptation des syndicats. Cela a été le fait de la “guerre contre les 35 h” déclarée par le Medef : c’est encore le patronat qui a fait du chantage aux salaires de 2002 à aujourd’hui alors que ses profits se sont envolés ! (Les entreprises du CAC 40 ont gagné 57 milliards de profits en 2003, 66 milliards en 2004, 87 milliards en 2005, 100 Milliards en 2006 et sans doue davantage en 2007). Que l’on ne nous dise pas que les caisses sont vides, la “cagnotte privée” n’a jamais été aussi pleine, les 500 familles françaises les plus riches ont gagné 80 milliards d’euros de plus en 2006 qu’en 2005, c’est là qu’il faut prendre l’argent, imposez les sociétés et les grandes fortunes, faire payer les 500 familles, il y a de l’argent pour les salaires a reverser ! La remise en cause des 35 h annoncée par le cafouillage des mesures gouvernementales sur les heures supplémentaires, les rtt, les compte épargne temps, l’intéressement, la participation, devient ridicule. Il ne résoudra pas le problème de l’écart croissant entre les prix et les salaires. Il ne résoudra pas l’exigence grandissante d’une meilleure répartition des richesses produites par les salariés.  Il fallait augmenter le Smic,  il fallait aligner par la loi les minima conventionnels sur le Smic, il faut rendre les heures supplémentaires plus coûteuses que l’embauche à 50 % dés la première heure, il faut baisser le contingent annuel d’heures supplémentaires de façon à faire jouer la majoration à 100 % des heures qu’il engendre lorsqu’il est dépassé, il faut provoquer les embauches, et faire reculer le chômage de masse, remplacer les partants en retraite, il faut limiter la durée maxima du travail de 48 h à 44 h, imposer les deux jours de repos consécutifs hebdomadaires pour tous, il faut pousser aux négociations annuelles obligatoires, afin de pousser à la fois à l’embauche et aux hausses de salaires. Là serait la bonne politique gouvernementale pour commencer un rattrapage des salaires puisque 160 milliards d’euros sont, hélas, passés des mains des salariés aux mains des actionnaires. Il faut baisser le coût du capital (pressions, négociations,contrainte, impôts progressifs, directs) et hausser le coût du travail (pression, négociations, baisse des impôts indirects, hausse du Smic, et des salaires de la fonction publique).&lt;br /&gt;Gérard Filoche, mercredi 19 décembre 2007&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3722989619287973122-7525528511067361089?l=argumentaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://argumentaire.blogspot.com/feeds/7525528511067361089/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3722989619287973122&amp;postID=7525528511067361089' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/7525528511067361089'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/7525528511067361089'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://argumentaire.blogspot.com/2008/01/sans-les-35-h-les-salaires-baisseraient.html' title='Sans les 35 h les salaires baisseraient !'/><author><name>SAd___</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04432896018992176644</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_pdPUqUaJrAc/SqLcsyKKBEI/AAAAAAAAAtU/6CCI3cY8qvY/S220/cestmoa.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3722989619287973122.post-7548581978381988080</id><published>2007-11-12T02:04:00.000-08:00</published><updated>2007-11-12T02:33:47.967-08:00</updated><title type='text'>Les points noirs de la loi Pecresse</title><content type='html'>La loi SAvary de 1984, confère aux universités une autonomie s'agissant de leur politique de formation, de recherche et de documentation " dans le cadre de la réglementation nationaleet dans le respect de leurs engagements contractuels", La loiadopté cet été étend cette autonomie à la gestion des moyens financier et humains. Ce qui, dans un contexte de désengagement de l'Etat, fait craindre aux étuudiants e aux enseignants une "Université à deux vitesses" :&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;les plus grosses aimanteront les gros mécènes !&lt;/li&gt;&lt;li&gt;les plus petites, devront se dépatouiller avec le bassin d'entrepreneur local !&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;En pratique le président est élu pour un mandat de quatre ans renouvellable une fois, contre cinq ans, non renouvellable jusqu'à présent. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il n'est plus élu par les trois conseils de l'université, mais par le seul conseil d'administration. Ses pouvoirs son étendus.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le conseil d'administration est ramené à 20-30 membres, dont un tiers de personnes extérieures. La représentation des enseignants, des étudiants et des personnels est réduite.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Des personnels contracuels peuvent être engagés hors statut de la fonction publique. Ceci laisse présager "une casse" du statut des enseignats chercheurs et des personnels administratifs, selon Jean Fabbri, secrétaire national du SNESup. D'utant que le président disposera d'un droit de véto sur le recrutement des personnels fonctionnaires et enseignats chercheurs.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La loi permet aux universités de faire appel à un financement de fondation privé. De même, les établissements recevront un budget global. Avec fusion des crédits alloués par l'Etat et les ressources propres de l'établissement, la part de l'Etat serait donc "moinss visible", ce qui lui permettrait de se désengager, craignent les détracteurs de la loi !&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce rojet s'appuie sur l'idée qu'un nombre réduit de grosse universités "visibles" à l'échelle internationale, autour desquelles gravittent des établissements de formation de premier cycle, vaut mieux que de nombreuses universités moyennes, réparties sur tout le territoire.&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3722989619287973122-7548581978381988080?l=argumentaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://argumentaire.blogspot.com/feeds/7548581978381988080/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3722989619287973122&amp;postID=7548581978381988080' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/7548581978381988080'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/7548581978381988080'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://argumentaire.blogspot.com/2007/11/les-points-noirs-de-la-loi-pecresse.html' title='Les points noirs de la loi Pecresse'/><author><name>SAd___</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04432896018992176644</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_pdPUqUaJrAc/SqLcsyKKBEI/AAAAAAAAAtU/6CCI3cY8qvY/S220/cestmoa.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3722989619287973122.post-8559530033575960459</id><published>2007-10-17T23:25:00.000-07:00</published><updated>2007-10-17T23:27:03.887-07:00</updated><title type='text'>Critique sur la note de F.Boccara du 8 octobre 2007</title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Commentaires sur la note de Frédéric Boccara du 8 octobre 2007 (Financement de la Sécurité Sociale etc).&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Je partage avec F. Boccara deux idées :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-         Il y a bien un débat de fond sur la question suivante, pour reprendre ses termes : « toucher ou pas aux entreprises ». Donc : ne pas se contenter de prendre sur les « ménages ». D’accord. Tout le problème étant cependant : « comment on y touche ». Et là, des divergences vont sans doute apparaître.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-         La taxation des stocks options ne saurait effectivement être considérée comme une « mesure phare ». Il en faudra un peu plus pour financer convenablement la protection sociale. Pour autant, cela ne doit pas nous interdire de la demander, puisque l’opportunité politique se présente. Le mieux évidemment serait de revendiquer purement et simplement la suppression de ces fameux stocks options qui achètent la complicité active des cadres dirigeants. Mais sommes nous prêts à aller jusque là ? Bref, passons et revenons à l’objet du délit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces deux points d’accord étant posés, voyons ceux qui méritent discussion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Taxer les revenus financiers des entreprises plutôt que les revenus financiers des ménages : est ce bien là le problème ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;F.B. semble attacher une extrême importance à la différence entre, d’une part, les revenus des ménages, sur lesquels focaliseraient les « sociaux-libéraux » et, d’autre part, les revenus des entreprises. Ce sont ces derniers que le PCF souhaiterait, pour F. Boccara, « taxer » au premier chef.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi, vouloir taxer les stocks options reviendrait à pencher du coté de la première pente, puisque il s’agirait d’une mesure « portant sur les ménages » et non sur les entreprises.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès lors, les partisans de cette mesure courraient le risque de tomber dans le « piège Séguin-Fillon » : ce piège, qui est « tendu au mouvement », consiste à « conforter la droite et le PS ». Bigre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’affaire est donc grave et la ligne de démarcation radicalement tracée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais qu’entend on au juste par « revenus financiers des entreprises » ? C’est un problème (entre autres) qu’un lecteur non avisé pourrait rencontrer à la lecture du papier de F.B.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;S’agit-il des revenus financiers perçus par les entreprises, ou bien au contraire des revenus financiers versés par elles ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;F. Boccara chiffre à 255,2 Mds ces fameux « revenus financiers des entreprises (sociétés non financières) » ; source Insee, rapport sur les Comptes de la Nation 2006.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En première lecture, on pourrait donc croire que les entreprises reçoivent lesdits revenus (255 Mds €), de sorte qu’elles se “gavent” avec, au point même de « s’empoisonner ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Or, d’après C. Mills : « Nous proposons également d’instituer une cotisation sur les revenus financiers des entreprises, qui ne sont actuellement soumis à aucun prélèvement social. Ces revenus s’élèvent à 80 milliards d’euros » (entretien diffusé sur le site PCF des BdR).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donc, 255 Mds (F. Boccara) ou bien 90 Mds (C. Mills) ? La confusion règne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le mieux est d’aller voir dans les Comptes Nationaux 2006. Le « compte des sociétés non financières » du rapport cité fait apparaître que celles-ci reçoivent des « revenus de la propriété », pour un montant de 183 Mds € en 2006 (dont 119 Mds de dividendes en provenance de filiales ou de placements).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais, parallèlement, les mêmes sociétés versent ou reversent des revenus de la propriété pour un montant de 286 Mds € (dont 169 Mds de dividendes reversés aux actionnaires et 76 Mds d’intérêts payés aux banques)&lt;a title="" style="mso-footnote-id: ftn1" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=3722989619287973122#_ftn1" name="_ftnref1"&gt;[1]&lt;/a&gt;. De sorte que les entreprises dans leur ensemble paient, au final, des revenus de la propriétés nets, pour un montant de 103 Mds €.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donc, s’il y a des « revenus financiers des entreprises » et il y en a bien, il s’agit– afin que cela soit clair pour tous – des revenus versés et non pas de revenus perçus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce sont les entreprises qui aliment les marchés financiers, non l’inverse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’enfonce certainement des portes ouvertes mais je pense que les néophytes apprécieront qu’on mette ainsi les points sur les « i ». On ne voit vraiment pas comment les « marchés » seraient capables de générer ex-nihilo des « revenus » qui proviendraient d’ailleurs que de l’activité économique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Or, à qui sont - in fine - destinés ces revenus financiers ? Aux ménages, dans une large mesure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certes, ces revenus vont transiter par des intermédiaires (banques, compagnies d’assurance, holdings etc.) en suivant un circuit parfois complexe. Une partie va même circuler « d’une entreprise à l’autre », comme a raison de le souligner F. Boccara (de sorte qu’ils vont fonctionner apparemment comme « revenus financiers des entreprises »).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais on aurait tort de croire cet argent reste en circuit fermé éternellement. La « bulle spéculative » va à son tour alimenter à grands flots les « ménages », c'est-à-dire principalement les classes aisées. Les Comptes de la Nation le confirment : les « revenus de la propriété » perçus par les ménages se montent à 118 Mds € en 2006.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’où vient cet argent ? Des entreprises, on l’a vu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les entreprises ont réalisé en 2006 pour 274,5 Mds € de profits bruts. C’est ce que l’on appelle « l’excédent brut d’exploitation ». En gros, cela correspond au “cash” qui reste, une fois payé les fournisseurs, les salaires (cotisations comprises) et les impôts d’exploitation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est avec ces profits que les entreprises vont ensuite verser les fameux revenus financiers dont on a parlé plus haut.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En conséquence, quand on s’attaque à ces profits (des entreprises), on s’attaque du même coup aux revenus financiers des ménages. Pourquoi, alors, opposer les uns aux autres ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je pense que ce sont ces profits que F. Boccara a en vue quand il parle des « revenus financiers des entreprises ». Du moins je ne vois pas d’autre explication au chiffre qu’il avance (il y a une petite différence entre son chiffre et le mien, peut-être est-ce du au fait que les statistiques de l’INSEE sont réactualisées et que les chiffres bougent légèrement, mais peu importe, je veux bien prendre le sien, cela ne change rien au raisonnement).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans ces conditions, parler de « revenus financiers » là où il s’agit en réalité de bels et bons profits ne peut qu’induire en erreur. Cela tend à faire croire que les entreprises se « dopent » à la finance, c'est-à-dire à la spéculation etc. Alors qu’en réalité elles obtiennent leurs profits à partir de leurs activités et sur la base l’exploitation du travail.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On contribue ainsi à nourrir le mythe keynésien de la « finance » considérée comme une sorte d’excroissance du capital (tel un « cancer » qui « empoisonne » le capital pour reprendre l’expression de F.B.) là où l’on est en réalité aux prises avec l’extraction sans fins ni limites de la plus-value au sens le plus classique du terme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Petit à petit, une dérive s’installe : celle qui consiste à ne plus montrer l’origine du profit (le travail), pour privilégier une approche qui en fait des tonnes dans la critique de la « finance », jusqu’à faire croire que les entreprises (ou les ménages) pourraient obtenir leurs « revenus » à partir de sources alternatives (la spéculation, les marchés « financiers »).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En réalité, si la finance « empoisonne » la société, c’est en tant que sphère qui collecte toujours plus la masse des profits, pour les acheminer, d’une façon ou d’une autre, dans les poches des classes dominantes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais alors, si les revenus « financiers » des entreprises sont en réalité leurs profits, alors la proposition consistant à « taxer » les revenus financiers revient alors à taxer les profits.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela revient ni plus ni moins à refuser d’augmenter les cotisations patronales, qui font partie du salaire, pour introduire à la place une taxe sur les profits.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le PCF choisit il donc la voie fiscale, ce qui revient à délaisser la cotisation sociale ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;F. Boccara critique la taxe sur les stocks options&lt;a title="" style="mso-footnote-id: ftn2" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=3722989619287973122#_ftn2" name="_ftnref2"&gt;[2]&lt;/a&gt;, car, selon lui « on met alors le doigt dans un engrenage de développement de la SCG ». Admettons. Mais le fait d'appliquer une CSG aux stocks options revient bien à les "taxer". Quelle différence y a-t-il donc entre la CSG et celle que l'on propose par ailleurs de mettre "sur les revenus financiers" ? Mystère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donc, si "engrenage" de la CSG il y a (c'est-à-dire la fiscalisation contre la cotisation), cette dérive n'est pas non plus évitée quand on propose la taxation des revenus financiers. Bien au contraire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est hautement significatif que pas une seule fois le mot "salaire" n'est prononcé dans une note pourtant consacrée au financement de la protection sociale, si ce n’est pour affirmer, ce qui est encore pire, que la « modulation » des cotisations permettra d’augmenter les salaires. Cela signifie qu’une diminution du salaire indirect (la cotisation) pourra (peut-être) se traduire par une augmentation du salaire direct, sans que cela ne coûte plus cher au patronat, puisque c’est la Sécurité Sociale qui aura ainsi subventionné cette hausse apparente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pas une fois non plus n’est mentionnée une éventuelle augmentation des cotisations sociales. F. Boccara refuse depuis longtemps de reconnaître que celles-ci font partie du salaire, préférant les ranger dans la catégorie hétéroclite et comptable des prélèvements obligatoires, autant dire des « charges » …. Allez ensuite convaincre les salariés que le financement de la protection sociale est leur affaire. Il s’interdit dès lors de voir que la meilleure "taxe" sur la "finance" qui existe, c'est encore le salaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Augmentez les salaires et les taux de cotisations, et alors la finance explosera, tarie à la source.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour le reste :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est contestable d'affirmer que "la politique de l’emploi est le fond des choses, car c’est bien largement du chômage que le financement de la protection sociale est malade."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le financement de la Sécu dépend des richesses produites (1 792 milliards d'euros de PIB) et des taux de cotisation appliqués. Un point c'est tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Même s'il ne restait plus qu'un seul emploi, on pourrait continuer à collecter. L'emploi est un autre problème. Vouloir résoudre simultanément les deux problèmes nous lance dans une impasse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais il faudrait beaucoup plus de place et de temps pour s’expliquer là-dessus, car je sais que je heurte en affirmant cela.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour ne pas allonger, je renvoie à nos articles parus dans :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-         « Moduler la cotisation sociale », L’Humanité, 14 octobre 2003 (tribune libre).&lt;br /&gt;-         « Vive la Cotisation sociale », La Pensée N°340, octobre 2004.&lt;br /&gt;-         « Ce n’est pas l’emploi qui crée la richesse, c’est le travail », Nouvelles Fondations, (Fondation G. Péri), n°2, 2006.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si déjà on arrivait à discuter de cela dans les "hautes sphères" sans se faire écharper, et pourquoi pas même (on peut rêver) fraternellement, on aurait accompli un immense progrès dans la refondation, évolution, mutation, rénovation, conservation, continuation, etc (au choix, biffez les mentions inutiles, selon les sensibilités …) de ce que l’appelle encore aujourd’hui le parti communiste français.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Raphaël THALLER&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a title="" style="mso-footnote-id: ftn1" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=3722989619287973122#_ftnref1" name="_ftn1"&gt;[1]&lt;/a&gt; Ce sont d’ailleurs souvent les mêmes revenus, vus de l’autre coté.&lt;br /&gt;&lt;a title="" style="mso-footnote-id: ftn2" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=3722989619287973122#_ftnref2" name="_ftn2"&gt;[2]&lt;/a&gt; La différence faite par F.B. entre "stock" et "flux" (concernant les stocks options) n'est pas inintéressante mais se situe déjà à un niveau très "technique" du problème. Que l'on taxe le stock plutôt que le flux, il y a certainement des différences, mais est-ce le problème ? Le jour où on en sera là, on verra bien&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3722989619287973122-8559530033575960459?l=argumentaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://argumentaire.blogspot.com/feeds/8559530033575960459/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3722989619287973122&amp;postID=8559530033575960459' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/8559530033575960459'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/8559530033575960459'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://argumentaire.blogspot.com/2007/10/critique-sur-la-note-de-fboccara-du-8.html' title='Critique sur la note de F.Boccara du 8 octobre 2007'/><author><name>SAd___</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04432896018992176644</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_pdPUqUaJrAc/SqLcsyKKBEI/AAAAAAAAAtU/6CCI3cY8qvY/S220/cestmoa.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3722989619287973122.post-284397266147257312</id><published>2007-10-17T23:15:00.000-07:00</published><updated>2007-10-17T23:17:07.231-07:00</updated><title type='text'>Financement de la sécurité sociale, stock options, etc.</title><content type='html'>&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Financement de la sécurité sociale (assurance maladie), stock options, finance, etc.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="right"&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Frédéric Boccara, le 8 octobre 2007&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;1. Rappels des propositions du PCF (confirmées par le dernier congrès, approfondissant celles de déc 1995)&lt;br /&gt;3 moyens nouveaux et 1 conséquence :&lt;br /&gt;-          Taxation de tous les revenus financiers des ménages et des entreprises&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-          Modulation des cotisations sociales pour augmenter les prélèvements en développant l’emploi (en quantité et en qualité, donc aussi les salaires et les qualifications)&lt;br /&gt;Selon l’évolution de la part des dépenses d’emploi et de formation dans la valeur ajoutée de l’entreprise : si cette part recule, alors l’entreprise se voit taxée à un taux plus élevé&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-          Une autre politique de l’emploi, avec une BCE réorientée&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-          Conséquence : Extinction progressive de la CSG&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2. Commentaires&lt;br /&gt;La taxation des produits financiers apporte un financement immédiat, mais comme nous voulons que les revenus financiers reculent, à terme, cet apport pourrait reculer (c’est d’ailleurs aussi pour les faire reculer qu’ils seraient taxés).&lt;br /&gt;C’est pourquoi progressivement c’est la modulation qui prendrait le relais, en poussant les entreprises à un changement de logique de gestion. Parallèlement la politique de l’emploi est le fond des choses, car c’est bien largement du chômage que le financement de la protection sociale est malade.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;3. Le piège Séguin-Fillon des « stocks options »&lt;br /&gt;Les stocks options peuvent faire partie des revenus financiers des ménages (NB : elles sont d’abord attribuées par les entreprises, mais à ce moment aucun moyen financier n’est distribué, c’est un sorte de réservation d’un stock d’actions de l’entreprise, à un prix avantageux, dont le mode calcul peut être pré-déterminé sans que le montant monétaire soit effectivement fixé, avec des conditions sur les délais dans lesquels les bénéficiaires ont le droit de vendre leur stock (réalisation de l’option). Ils touchent des dividendes de ces placements, revenus de même nature que les autres dividendes, mais c’est surtout au moment de la vente qu’ils deviennent des revenus des ménages).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deux pièges :&lt;br /&gt;a-       la CSG&lt;br /&gt;Séguin, qui propose par le biais de la cour des comptes la taxation des stock options, le formule par intégration dans la CSG. Fillon vient de lui emboîter le pas. On met alors le doigt dans un engrenage de développement de la CSG. Alors faut-il taxer l’option (le flux de revenu) ou le « stock » (la « réservation » dans les comptes des entreprises)&lt;a title="" style="mso-footnote-id: ftn1" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=3722989619287973122#_ftn1" name="_ftnref1"&gt;[1]&lt;/a&gt; ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;b-       L’évitement des revenus financiers des entreprises.&lt;br /&gt;Un Le débat de fond, avec les sociaux-libéraux (par exemple, Th. Piketty, économiste de Ségolène Royal), porte sur « toucher ou pas aux entreprises ». Pour les sociaux libéraux, il ne faut pas toucher aux entreprises. Cela va gêner leur compétitivité. Il faut les laisser « libres », être libéral, quitte à être social ensuite en compensant un peu, en redistribuant un peu de l’argent gagné par « les riches » au terme de ce fonctionnement anti-social, productiviste et pervers des entreprises. Dans la version de gauche, il mettent alors tout sur la taxation des ménages, y compris leurs revenus financiers. Peut-on éviter ce débat ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ne pas taxer ces revenus financiers pose au moins Trois problèmes : (a) les ménages les plus patronaux n’ont pas besoin de « toucher » leur argent ils le laissent comme un revenu financier des entreprises (qui circulent d’une entreprise à l’autre, alimentant la « bulle » spéculative), (b) les gestions des entreprises, les décisions d’emploi et de production, donc « la sécu » continuent à être empoisonnées par le cancer de la finance (c) les entreprises ne tiennent pas compte du financement de la protection sociale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces opposants à une taxation des revenus financiers des entreprises mènent une bataille d’idées prétendant que les revenus financiers des entreprises n’existeraient pas, seuls les « ménages » compteraient en matière de revenus… !&lt;br /&gt;Dénoncer l’exonération des stocks options peut être une façon de mettre en cause « la finance » et le patronat (le capital), c’est à dire une « entrée » vers une vraie alternative. La proposer comme une mesure phare, portant sur les ménages,  serait tomber dans le piège qui est tendu au mouvement et conforter la droite et le PS.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Or les chiffres de l’Insee (rapport sur les comptes de la Nation, 2006) sont très clairs :&lt;br /&gt;Revenus financiers des entreprises (sociétés non financières)                                                                255,2 Mds&lt;br /&gt;Revenus financiers nets des « banques »                                                                                                     60,7 Mds&lt;br /&gt;(pour mémoire) Cotisations sociales patronales effectives payées par les sociétés et les banques  147,6 Mds&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;à           Taxation des revenus financiers des entreprises à 12,8% (tx patro Ass. Maladie) : +40,4 Mds de produit&lt;br /&gt;Ceci est, bien entendu une estimation purement comptable et statistique&lt;br /&gt;&lt;a title="" style="mso-footnote-id: ftn1" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=3722989619287973122#_ftnref1" name="_ftn1"&gt;[1]&lt;/a&gt; Mais cela peut conduire à une incohérence car les stocks de capital financier devraient être taxés dans la réforme de la taxe professionnelle. Ici on s’occupe des flux de revenu, en cohérence avec le fonctionnement d’ensemble de la « sécu ».&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3722989619287973122-284397266147257312?l=argumentaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://argumentaire.blogspot.com/feeds/284397266147257312/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3722989619287973122&amp;postID=284397266147257312' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/284397266147257312'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/284397266147257312'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://argumentaire.blogspot.com/2007/10/financement-de-la-scurit-sociale-stock.html' title='Financement de la sécurité sociale, stock options, etc.'/><author><name>SAd___</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04432896018992176644</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_pdPUqUaJrAc/SqLcsyKKBEI/AAAAAAAAAtU/6CCI3cY8qvY/S220/cestmoa.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3722989619287973122.post-3357649482680076111</id><published>2007-10-01T08:19:00.000-07:00</published><updated>2007-10-01T08:31:43.114-07:00</updated><title type='text'>L'ouverture au Centre s'est soldée par un échec</title><content type='html'>&lt;strong&gt;Philippe Marlière prévient le Parti socialiste : l’ouverture au centre de la gauche italienne s’est soldée par un échec.&lt;br /&gt;de Philippe Marlière Maître de conférences en science politique à l’université de Londres.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ségolène Royal l’a affirmé à plusieurs reprises :&lt;br /&gt;un accord électoral ou organique avec le MoDem – une formation de centre droit – est aujourd’hui envisageable pour le Parti socialiste.&lt;br /&gt;Dans l’entre-deux tours de l’élection présidentielle, Mme Royal n’avait pas exclu de nommer François Bayrou au poste de Premier ministre, en cas de victoire contre Nicolas Sarkozy.&lt;br /&gt;Sévèrement battue au second tour, et en dépit du médiocre report des voix bayrouistes sur sa personne, Ségolène Royal a continué de défendre l’idée d’un rapprochement entre le PS et le MoDem. Elle a même prédit que "des choses allaient se passer" entre les deux partis à l’occasion des prochaines élections municipales !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Éprouverait-elle quelque nostalgie pour les manœuvres d’appareils de la IVe République, période pendant laquelle la SFIO a souvent géré le pays aux côtés des démocrates-chrétiens ? Ou alors, souhaiterait-elle rejouer la partition de l’ouverture rocardienne des années 1988-1991, qui se solda par la débâcle électorale de 1993 ?&lt;br /&gt;Ou encore, tenterait-elle de s’inspirer de la gauche italienne ? Cette dernière hypothèse paraît plausible, car Ségolène Royal suit depuis quelque temps avec intérêt l’ouverture au centre pratiquée par les Démocrates de gauche (DS), le pendant italien du PS.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;En octobre prochain, les « socialistes » de DS et la nébuleuse démocrate-chrétienne et libérale de la Marguerite se fondront en un parti unique qui s’appellera – comme son modèle étatsunien – le Parti démocrate (PD). &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Ce parti ne sera ni socialiste ni de gauche. Cette alliance du centre, organique, va toutefois se dérouler dans des conditions très différentes pour la gauche de ce qui aurait pu advenir dans les années 1970.&lt;br /&gt;Aux élections de 1976, le PCI (dont sont issus les DS) venait de recueillir 34,4 % des voix, alors qu’aujourd’hui les DS peinent à rassembler plus de 15 % sur leur nom.&lt;br /&gt;Que s’est-il passé entre-temps ? Un recentrage idéologique, politique et, aujourd’hui, structurel des DS.&lt;br /&gt;Ces derniers ont volontairement tourné le dos à la culture égalitaire et solidaire de la gauche postcommuniste depuis le début des années 1990. Cette stratégie idéologiquement motivée produit aujourd’hui des effets désastreux au sein de la gauche italienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsque le PCI s’est transformé en Parti démocratique de la gauche (PDS) en 1991, la majorité des ex-communistes refusèrent la voie social-démocrate sociale et radicale.&lt;br /&gt;Le PDS privilégia un recentrage politique autour de sujets « sociétaux », au détriment d’engagements pour la justice sociale et de la poursuite d’une relation critique avec le capitalisme.&lt;br /&gt;Le cap à droite coûta au parti une première scission et la création du Parti de la refondation communiste (PRC), un parti en réalité postcommuniste, ouvert aux thématiques « post-matérialistes » (féminisme, environnement, égalité sexuelle, etc.), mais resté fidèle aux idéaux égalitaires de la gauche. Cette ligne de gauche a été récompensée par les électeurs italiens. Depuis 1991, le PRC peut compter sur un score plancher de 6 à 8 % des voix.&lt;br /&gt;Lors des élections législatives de 2006, les Italiens ont élu 41 députés du PRC.&lt;br /&gt;Le PDS – renommé DS – a continué obstinément dans la voie du recentrage et a perdu, à chaque élection, de nouvelles voix.&lt;br /&gt;L’hémorragie électorale ne fut qu’artificiellement ralentie à partir de 1996 avec la création de l’Olivier, un cartel électoral. L’Olivier regroupe les DS (la principale force partisane), des ex-membres de la Démocratie chrétienne (DC), qui avait implosé à la suite des enquêtes de l’opération Mani Pulite (nom d’une opération judiciaire lancée en 1992 contre la corruption du monde politique italien), d’ex-Verts (Marco Rutelli, l’ancien maire de Rome), des libéraux de gauche et des Républicains. Ce regroupement hétéroclite permet à l’Olivier d’atteindre péniblement 30 % des voix.&lt;br /&gt;L’ex-Parti socialiste de Bettino Craxi (PSI), lui aussi emporté par Mani Pulite, qui obtenait encore plus de 15 % des voix à la fin des années 1980, n’est pas réapparu comme force partisane crédible.&lt;br /&gt;Les voix socialistes en déshérence se sont réparties à gauche, au centre et dans la droite berlusconienne.&lt;br /&gt;Le discours droitier des DS a dérouté et découragé les électeurs de gauche. Le déclin culturel de la gauche a encore accentué le déclin électoral. La droitisation des DS a largement profité à Silvio Berlusconi, la plus grosse fortune du pays, qui fut élu à deux reprises président du Conseil.&lt;br /&gt;Une telle dérive à l’américaine ne se serait jamais produite si la gauche socialiste s’était un tant soit peu comportée comme une force de gauche. Le battage médiatique autour du blairisme et de son (introuvable) « troisième voie » a été une aubaine pour les DS. À partir de 1997, ils purent revendiquer une « modernité de gauche », en se référant en positif au néolibéralisme autoritaire du Premier ministre britannique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Comment expliquer un tel aveuglement dans la poursuite d’une stratégie aussi néfaste pour la gauche italienne ? &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;D’abord, une erreur d’appréciation historique : les ex-communistes italiens ont cru, à tort, que la chute de l’Union soviétique avait discrédité les valeurs de gauche traditionnelles.&lt;br /&gt;Au début des années 1990, les néolibéraux répétaient que la modernité politique se mesurait à l’aune de la flexibilité économique et des privatisations.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ensuite, une autre erreur sur le plan de la sociologie électorale : &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;les DS ont pensé que la droitisation de leur discours et de leurs politiques permettrait d’attirer des électeurs centristes tout en retenant tout ou partie de leur électorat.&lt;br /&gt;Ils se sont trompés dans les deux cas. Les DS ont perdu nombre de leurs soutiens traditionnels, qui ont rejoint le PRC, d’autres formations de gauche, ou se sont réfugiés dans l’abstention. Inversement, la greffe avec les éléments chrétiens et néolibéraux de la Marguerite n’a jamais pris. Les militants, issus de deux traditions très différentes, coexistent difficilement au sein de l’Olivier. Il est à craindre qu’une cohabitation organique au sein du PD soit encore plus difficile à gérer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le cas italien doit être étudié de près en France tant les cultures des gauches française et italienne sont proches (laïcité, égalitarisme profond, acuité du clivage gauche-droite, méfiance instinctive vis-à-vis du capitalisme, etc.).&lt;br /&gt;Si Ségolène Royal était en mesure d’imposer une alliance avec le MoDem, il faudrait parier sur la répétition en France du « scénario italien ».&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Dans un tel cas de figure, un ex-PS, parti centriste allié au MoDem, ne pourrait que connaître un profond déclin électoral.&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;De : Philippe Marlière&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3722989619287973122-3357649482680076111?l=argumentaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://argumentaire.blogspot.com/feeds/3357649482680076111/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3722989619287973122&amp;postID=3357649482680076111' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/3357649482680076111'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/3357649482680076111'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://argumentaire.blogspot.com/2007/10/louverture-au-centre-sest-solde-par-un.html' title='L&apos;ouverture au Centre s&apos;est soldée par un échec'/><author><name>SAd___</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04432896018992176644</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_pdPUqUaJrAc/SqLcsyKKBEI/AAAAAAAAAtU/6CCI3cY8qvY/S220/cestmoa.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3722989619287973122.post-2565488147739686300</id><published>2007-09-19T07:56:00.000-07:00</published><updated>2007-09-19T07:57:40.133-07:00</updated><title type='text'>Comment l’argent fait le bonheur (1/4)</title><content type='html'>&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;Sécurité, sérénité et courtoisie&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;Par Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, directeurs de recherche au CNRS.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;À l’abri des soucis du monde ordinaire&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’existence des grands bourgeois est exempte des conséquences désagréables des vicissitudes de la vie quotidienne. Lorsque la Mobylette de Carole, la jeune ouvrière du film de Lucas Belvaux, la Raison du plus faible, tombe en panne et rend l’âme, c’est un drame qui enclenche un engrenage funeste. Irréparable, il est impossible de la remplacer dans l’immédiat, c’est trop cher. Prendre le bus pour aller au travail, c’est une heure de transport en plus chaque jour. Lne règle pas tous les problèmes, mais il ne faudrait pas des sommes folles pour résoudre celui-ci. Pour aider leur copine, ses amis tentent de se procurer l’argent nécessaire dans un braquage qui tourne mal. Cette fiction, construite avec vraisemblance parce qu’elle met en scène les multiples agressions et blessures d’une vie rendue précaire par la faiblesse des ressources, ne fait que porter à son paroxysme la logique d’existences sans espoir.&lt;br /&gt;La panne de la Mobylette, de la voiture ou le vol du vélo, comme dans le Voleur de bicyclette, de Vittorio De Sica, la fuite d’eau à la cuisine, le chéquier volé, tous ces petits ennuis empoisonnent l’existence des plus modestes, en grignotent le temps et accumulent les préoccupations et les soucis, sources d’inquiétudes et d’angoisses. Alors qupeu d’argent disponible permettrait de prendre le taxi, ou d’appeler un artisan pour faire une réparation. Le temps des plus riches, lui, est libéré de ces tracas les plus mesquins mais aussi les plus envahissants.&lt;br /&gt;L’absence d’argent conduit à un gaspillage de temps systématique. Les voyages par avion se sont diffusés, mais pour les moins fortunés de ceux qui peuvent les emprunter, y avoir accès suppose plus de temps et de fatigue. Aller de Paris à Montréal peut se faire en prenant un bus à la porte Maillot pour l’aéroport de Beauvais d’où, après une nuit au confort précaire dans une salle d’attente, un avion assure le transfert à Dublin. Là un nouveau vol permet d’atteindre New York où il faut prendre un troisième avion pour arriver enfin à Montréal. Ces vols « low cost », comme on dit dans le franglais à la mode, transforment un voyage en épreuve, même si leurs « bas coûts », en français, les rendent plus accessibles.&lt;br /&gt;L’argent permet d’acheter des services. Les soucis du foyer, du ménage, du jardinage sont sous-traités à un personnel domestique qui prend en charge les tâches désespérément récurrentes de la maison. Pour les plus aisés, le chauffeur affronte solitairement les embarras de Paris quand le patron, assis à l’arrière, consulte les cours de la Bourse dans le Figaro. Le savetier et le financier n’ont pas les mêmes soucis.&lt;br /&gt;Tout jeune ménage modeste sait combien un enfant met aux normes : horaires stricts, suivi médical du bambin, promenades. Beaucoup de plaisirs, certes, mais aussi un amoncellement de contraintes. Être à l’heure avant la fermeture de la crèche ou de l’école devient une obsession. Dans les familles de la bourgeoisie, les jeunes filles au pair et les nurses de nationalité étrangère font réviser leurs leçons aux enfants et leur apprennent leur langue. Elles les emmènent au jardin public.&lt;br /&gt;Le personnel de service permet de donner aux journées toute leur plénitude. Être servi est l’un des privilèges sociaux les plus marquants de la richesse. Le temps n’est pas le même pour tous. Ces emplois domestiques sont encouragés et financés en partie par - l’État. L’emploi, au domicile privé, de salariés pour des tâches à caractère familial ou ménager (employé(e) de maison, garde d’enfants, soutien scolaire…), en particulier dans le cadre du chèque emploi-service universel (CESU), ouvre droit à une réduction d’impôts égale à 50 % des salaires payés et des cotisations correspondantes, dans la limite de 12 000 euros par an, pouvant être augmentés de 1 500 euros par enfant à charge, le plafond cumulé étant de 15 000 euros. Une famille fortunée avec deux enfants pourra donc récupérer la moitié des 30 000 euros premiers euros que lui aura coûté son personnel, la dépense réelle totale n’étant pas limitée. Une jolie contribution des finances publiques à l’agrément d’une vie libérée des servitudes du monde ordinaire. De plus, cette réduction d’impôts apparaît comme parfaitement justifiée puisqu’elle s’inscrit dans la lutte contre le chômage.&lt;br /&gt;Au début du XXe siècle, l’effectif employé dans une grande maison pouvait atteindre les trente personnes. La raréfaction des domestiques depuis les conquêtes sociales du Front populaire en 1936 a été compensée par le recours aux traiteurs, par les livraisons à domicile et par les sociétés de services spécialisées dans le ménage ou le jardinage. Avec l’augmentation du nombre des riches et du niveau de leurs richesses des cartes bancaires sont apparues, accessibles sous conditions de ressources élevées. Elles offrent des services en tout genre dont l’objectif est de faire gagner du temps aux clients. Depuis l’achat de billets d’avion, la réservation de places au théâtre ou à l’Opéra jusqu’à des prestations exceptionnelles, comme obtenir une table à la Tour d’argent un jour de grande affluence ou pouvoir jouer une partie de tennis avec le champion de l’année.&lt;br /&gt;Les services à la personne se multiplient et, la concurrence devenant vive dans ce secteur, de nouvelles formules apparaissent, accessibles 24 heures sur 24, 365 jours par an. Les conciergeries de luxe sont des officines prêtes à répondre aux demandes les plus difficiles à satisfaire, comme de trouver pour un collectionneur un exemplaire d’une montre de l’avant-guerre rarissime. Certaines agences immobilières vendent aujourd’hui, surtout aux grandes fortunes étrangères, de très beaux appartements ou des hôtels particuliers avec le personnel d’entretien et de gardiennage en place, prêt à prendre le service.&lt;br /&gt;Être servi, c’est être reconnu&lt;br /&gt;Les marques de déférence et de respect, les signes du pouvoir et de la notoriété sont innombrables. « Bonjour monsieur le marquis », dit la boulangère du village au châtelain venu passer le week-end dans la maison de ses ancêtres. « Monsieur le directeur », « monsieur le président », « maître », et le rituel « Madame est servie » : les manières de manifester au puissant que l’on connaît et respecte sa position ne manquent pas. Les intéressés en retirent la confirmation récurrente de leur poids social, de leur valeur et de leurs mérites.&lt;br /&gt;Être considéré et traité en permanence comme une personne exceptionnelle et unique donne une solidité qui aide à affronter les aléas avec calme, maîtrise de soi et courtoisie. La colère, l’injure, la violence sont plutôt de l’autre côté de la société, là où la vie est dure et ne cesse de vous rappeler votre insignifiance. Camilo José Cela l’a excellemment écrit dans la Famille de Pascal Duarte : « Nous, mortels, nous avons tous en naissant la même peau, mais à mesure que nous grandissons, le destin se plaît à nous diversifier, comme si nous étions de cire, et à nous mener par des sentiers multiples vers une seule fin : la mort. Il y a des hommes qui doivent prendre le chemin des fleurs, pendant que d’autres sont poussés à travers chardons et nopals. Les uns possèdent un regard tranquille et, au parfum de leur bonheur, ils sourient d’un visage innocent ; les autres, accablés du soleil violent de la plaine, se hérissent comme la vermine pour se défendre. D’un côté, pour embellir son corps, le fard et les parfums ; de l’autre, les tatouages que nul ensuite n’est capable d’effacer… » La politesse des dominants en impose et elle va permettre, surtout lorsqu’elle est associée à des corps qui affirment l’excellence, le passage de la domination économique à la domination symbolique.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3722989619287973122-2565488147739686300?l=argumentaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://argumentaire.blogspot.com/feeds/2565488147739686300/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3722989619287973122&amp;postID=2565488147739686300' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/2565488147739686300'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/2565488147739686300'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://argumentaire.blogspot.com/2007/09/comment-largent-fait-le-bonheur-14.html' title='Comment l’argent fait le bonheur (1/4)'/><author><name>SAd___</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04432896018992176644</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_pdPUqUaJrAc/SqLcsyKKBEI/AAAAAAAAAtU/6CCI3cY8qvY/S220/cestmoa.jpg'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3722989619287973122.post-9004407604646559165</id><published>2007-09-19T07:49:00.000-07:00</published><updated>2007-09-19T07:53:25.234-07:00</updated><title type='text'>Comment l’argent fait le bonheur (2/4)</title><content type='html'>&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;La richesse faite corps&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;Par Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, directeurs de recherche au CNRS.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;La richesse doit s’inscrire dans les corps pour achever sa métamorphose : les propriétés extérieures à la personne doivent être perçues comme des qualités de la personne elle-même. Tout en fondant une assurance de soi exceptionnelle, cette métamorphose, en modelant les corps et les comportements, crée des signes de reconnaissance entre pairs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;La position sociale s’inscrit dans les corps&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La position sociale, en s’inscrivant dans les corps, induit une sorte de seconde nature. L’idéologie du sang bleu de la noblesse en était une manifestation, pas si fausse que cela puisque, à travers tous ses privilèges, cette caste avait pu acquérir des qualités rares et transmissibles par l’éducation, légitimées comme dons de naissance. L’idéologie du don est le produit de cette ignorance, souvent intéressée, de l’origine des qualités, et des défauts, d’agents sociaux qui sont en réalité le produit de leur histoire. En tranchant en faveur de l’inné contre l’acquis, du génétique contre le culturel, les notions de noblesse et de don insistent sur l’existence d’une essence spécifique, d’une personnalité originelle dont les vertus et les imperfections renverraient d’abord aux potentialités inscrites de manière naturelle dans l’individu dès sa conception.&lt;br /&gt;Cette naturalisation des qualités sociales, leur attribution non plus à l’efficacité des apprentissages et à l’excellence du milieu familial, mais à l’hérédité d’une humanité à part, d’une autre essence, conduit à l’idéologie du sang bleu, thème raciste inversé qui fait des nobles (et aujourd’hui de l’aristocratie de l’argent) une espèce supérieure, de nature différente. Dans le champ politique, les positions de droite penchent du côté du génétique. Les délinquants sexuels présenteraient ainsi un héritage génétique spécifique. À l’opposé, la tradition de gauche attribue plus volontiers ce type de délinquance à de mauvaises conditions sociales, économiques, avec des problèmes de promiscuité et d’échec éducatif et scolaire.&lt;br /&gt;Le « naturel » de ce qui est en réalité le produit d’une éducation, des facilités, ou des difficultés d’un milieu, est également convoqué dans les classes moyennes intellectuelles. On se doit d’être décontracté, pas guindé, pas coincé. On doit présenter un corps hédoniste et sans contrainte. La cravate est vécue comme un carcan insupportable. Les classes populaires, elles, alternent de manière contrastée entre la tenue de travail ou quelconque et celle, soignée, du dimanche.&lt;br /&gt;Une ouvrière de Cellatex, une usine de la vallée de la Meuse, dans les Ardennes, ayant participé à une table ronde télévisée, en compagnie de cadres, de hauts fonctionnaires et de journalistes, a confié son désarroi à François Bon, qui l’a citée dans son récit Daewoo. « Moi, ce qui m’énerve, déclarait-elle, ce sont nos tronches. La différence, qu’on en porte autant sur soi-même, de ce qu’on est et de ce qu’on fait. On peut faire des efforts, courir les soldes, les démarques. Tu en reviendras au même : une manière des épaules, de tenir les mains ou le sac quand tu marches. »&lt;br /&gt;Mais que le corps soit redressé et discipliné, comme dans les familles de la haute société, qu’il soit décontracté, comme dans les classes moyennes intellectuelles, ou qu’il exprime des conditions de vie et de travail difficiles en milieu populaire, chacun vivra cette présentation de soi et cette gestion du corps comme exprimant une réalisation de son essence. Les inculcations les plus arbitraires et les plus contraignantes finissent, lorsqu’elles sont efficacement menées, par être ressenties comme une exigence de la personne elle-même, dans son authenticité unique, qui peut devenir charme et pouvoir charismatique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Les inégalités face aux soins du corps&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le corps porte les stigmates, positifs ou négatifs, de ses origines et de ses conditions de vie. Les mains ouvrières montrent les traces de leur travail. Celles des princesses manifestent aussi le travail, mais celui de la manucure. Les visages révèlent les conditions difficiles ou confortables de l’existence : les traits tirés et les rides précoces, pour les uns, les peaux toujours légèrement hâlées et lisses pour les autres.&lt;br /&gt;Les caricaturistes dessinaient, autrefois, des capitalistes rondouillards, rebondis comme les sacs de dollars de l’oncle Picsou. Cette tradition se perd : croquer le riche d’aujourd’hui sous les traits d’un gros bedonnant serait un contresens. Au XIXe siècle, le patron était gras, repu, l’ouvrier, maigre, ne mangeait pas toujours à sa faim. L’élévation du niveau de vie s’est traduite d’abord par l’accès des familles les plus modestes à un régime alimentaire de plus en plus riche, tandis que les classes aisées prenaient conscience de la nécessité de surveiller leur alimentation : la diététique fit son apparition. Et les corpulences se sont inversées, au point que l’obésité, problème de santé majeur dans les pays riches aujourd’hui, y menace en priorité les pauvres, certes à l’abri de la faim, mais dans l’impossibilité monétaire et dans une certaine mesure culturelle de s’alimenter de manière à éviter ce mal moderne. Aux États-Unis, la population noire, statistiquement la plus pauvre, est la plus atteinte. En France, les jeunes générations commencent à être marquées, et notamment parmi les enfants de l’immigration qui connaissent des conditions de vie difficiles. Les diététiciens qui, sur les ondes, conseillent de manger cinq fruits et légumes différents chaque jour n’ont sans doute pas conscience qu’une telle alimentation est hors de prix pour les familles modestes.&lt;br /&gt;Pendant ce temps, dans les grands restaurants, la nouvelle cuisine a pris le pouvoir : les immenses assiettes dégarnies sont la règle, qui met en scène une cuisine savante mais où la quantité est un critère négatif. Une alimentation devenue modérée pour une population qui, depuis longtemps, ignore la faim et a expérimenté les méfaits de la suralimentation.&lt;br /&gt;Le corps est encore marqué par la présence ou l’absence de pratique sportive. La grande bourgeoisie n’en a pas l’exclusivité. Mais elle l’inscrit dès le plus jeune âge dans le mode de vie, et ses écoles, celle de Roches à Verneuil-sur-Avre pour exemple, lui donnent une grande place, allant jusqu’à lui réserver les après-midi. Avec des pratiques socialement marquées : le tennis, la voile, le cheval, le golf, l’alpinisme ne sont pas des disciplines particulièrement populaires. Les grands cercles parisiens disposent d’installations sportives, courts de tennis, piscines, salles de gymnastique ou d’escrime.&lt;br /&gt;L’éducation du corps dès la petite enfance est l’affaire du milieu familial. Il s’agit d’apprendre à maîtriser son corps et à le présenter toujours de la manière la plus avantageuse. Se tenir droit est un principe qui ne se discute pas. L’apprentissage des manières de table et des danses de salon complète ce dressage du corps qui accède à l’élégance du geste et au plaisir de lui-même. Le corps est ainsi un autre capital, qui permet de convaincre les autres de l’excellence de la personne qui l’habite. Ldes mouvements et des postures autorise un rapport détendu aux autres et impose la reconnaissance d’une certaine supériorité.&lt;br /&gt;L’habitat grand bourgeois est à la mesure des corps théâtralisés qui s’y meuvent. Généreux en espaces, permettant la mise en scène heureuse de corps faits pour la société, au sens d’assemblée, pour la représentation et les mondanités. La description de la villa louée pour le président Sarkozy et sa famille donne une idée de ces demeures faites pour recevoir, pour rencontrer et gérer les relations sociales. Les corps y sont choyés, disposant de salles de bains à profusion et d’une plage privée pour la baignade. Les soins que réclament ces « corps d’élite » sont exigeants. Le suivi médical de ces corps est à leur image : très soigné. Les franchises à l’ordre du jour pour les soins médicaux doivent faire sourire à Neuilly. Les riches habitants de cette commune, où est implanté le très chic et très cher Hôpital américain, ont l’habitude de faire ce qu’il faut pour être soignés dans de bonnes conditions, même si le remboursement n’est que partiel. On ne lésine pas sur les soins dentaires, même lorsqu’ils relèvent d’une préoccupation esthétique. À l’opposé, les dentures des plus démunis sont souvent en deuil. Paradoxalement, les corps les plus maltraités par le travail sont aussi les plus mal soignés.&lt;br /&gt;Le paradoxe est le même en ce qui concerne les vacances. Elles sont un moment bien utile et nécessaire pour des corps fatigués et usés. Elles sont une parenthèse agréable et joyeuse pour des corps déjà choyés. Pourtant l’INSEE nous apprend que 21 millions de Français, un tiers de la population, n’ont pas pris de vacances, principalement pour des raisons financières. Or, par vacances, il faut entendre les déplacements d’agrément d’au moins quatre nuitées consécutives. Une définition modeste qui met en évidence là aussi de profondes inégalités.&lt;br /&gt;Mais il en est une encore plus profonde, qui implique le rapport à la mort devant laquelle nous sommes loin d’être égaux.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3722989619287973122-9004407604646559165?l=argumentaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://argumentaire.blogspot.com/feeds/9004407604646559165/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3722989619287973122&amp;postID=9004407604646559165' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/9004407604646559165'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/9004407604646559165'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://argumentaire.blogspot.com/2007/09/comment-largent-fait-le-bonheur-24.html' title='Comment l’argent fait le bonheur (2/4)'/><author><name>SAd___</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04432896018992176644</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_pdPUqUaJrAc/SqLcsyKKBEI/AAAAAAAAAtU/6CCI3cY8qvY/S220/cestmoa.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3722989619287973122.post-2336446922406067758</id><published>2007-09-19T07:45:00.000-07:00</published><updated>2007-09-19T07:54:02.779-07:00</updated><title type='text'>Comment l’argent fait le bonheur (3/4)</title><content type='html'>&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;Les inégalités face à la mort&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;Par Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, directeurs de recherche au CNRS.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Le sens commun proclame volontiers l’égalité de tous devant la mort. La fortune est censée ne pas pouvoir s’emporter dans la tombe. Toutefois, la richesse porte en elle les germes d’une forme d’immortalité symbolique qui peut aider à accepter la finitude humaine et à affronter l’inéluctabilité de la disparition de ses proches et de la sienne propre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;L’immortalité symbolique&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’espérance de vie est très inégale selon les groupes sociaux, ce qui tient aux conditions de travail et aux inégalités dans les soins apportés aux corps. Toutefois, même les grands bourgeois finissent par mourir. Mais pas tout à fait : ils bénéficient d« immortalité symbolique ». De quoi s’agit-il ? Pour qu’il y ait transmission et réception de l’héritage dans de bonnes conditions, il faut qu’il existe une lignée, c’est-à-dire une solidarité et une continuité entre les générations. La passation des patrimoines suppose des héritiers, formés pour recevoir cet héritage, soucieux d’assurer la transition et de léguer eux-mêmes à leur tour. La croyance dans l’exceptionnalité du destin de la lignée, une certaine idéalisation et même une sacralisation de la famille sont au principe des transmissions réussies. Celles-ci sont dans la logique profonde du système capitaliste dont la ruée et la reproduction s’appuient sur des structures familiales solides, capables de résister aux vicissitudes économiques et politiques.&lt;br /&gt;Les liens entre les vivants et les morts se tissent dès le plus jeune âge. Nombre de nos interviewés nous ont évoqué leurs ancêtres avec émotion devant leurs portraits, leurs objets personnels, les meubles au milieu desquels ils vécurent. Tel fauteuil était celui que préférait un arrière-grand-père dont on connaît la biographie et qui choisissait ce siège pour sa lecture d’après le déjeuner. Les disparus gardent ainsi une présence vivante, qui leur permet d’accéder au statut d’ancêtre. C’est la condition pour que la richesse accumulée puisse se muer en patrimoine transmis et à transmettre. La mort n’est pas tout à fait la même lorsqu’elle vient prendre place dans la succession de générations qui forment une chaîne appuyée sur un patrimoine qui en est le produit et le soutien. De son vivant l’héritier, qui à son tour va transmettre, sait que son souvenir sera revivifié de multiples façons, par son portrait dans la galerie des tableaux de famille, par la fanfare de vénerie qui sera jouée à la fin des laisser-courre, par la lecture de ses Mémoires, par la transmission de la bibliothèque de livres anciens, passion du bibliophile, ou par celle de la collection de miniatures qu’un des - descendants aura plaisir à reprendre et à - continuer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette immortalité n’est pas réelle, mais, même seulement symbolique, elle vaut mieux qu’un hypothétique au-delà, auquel par ailleurs elle n’interdit pas de croire. Elle n’a pas besoin de sépulture fastueuse, elle ne fonctionne pas dans la logique de la pyramide des pharaons. Le tombeau de James de Rothschild, au Père-Lachaise, fondateur de la branche française de cette illustre famille, est bien modeste en regard de son immense fortune. Mais, de son vivant, le baron James n’ignorait pas qu’il serait l’une des figures de l’histoire du XIXe siècle, et que, continuateur de la lignée commencée dans le ghetto de Francfort, allié aux branches fondées par ses frères aux quatre coins de l’Europe, la famille ne risquait pas de sombrer dans l’oubli. La simplicité du monument incite à penser que la dynastie Rothschild perdure au-delà de l’existence transitoire de ses membres et que c’est sur un mode essentiellement collectif, dans la pérennité d’un patronyme, que peut se construire cette dénégation de l’éphémère que proclament les grandes familles. D’où l’importance des châteaux construits par les Rothschild dans l’Oise ou en Seine-et-Marne, ou mieux encore des vignobles acquis dans le Bordelais. Le château est, par son apparente éternité, et par l’espace qu’il offre, le temple parfait de la mémoire familiale. La vigne, élément vivant du patrimoine, symbolise également la durée de la dynastie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Demeures historiques, logements éphémères&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les sagas familiales s’appuient donc volontiers sur le château qui en matérialise la réussite et la durée. Monument historique classé par les services de l’État, il certifie la valeur illustre de ceux qui l’habitent. À l’autre extrémité de la société, le destin quelque peu tragique de ces tours ou de ces barres d’HLM, qui disparaissent dans les apocalyptiques volutes de poussière provoquées par leur implosion programmée, est significatif de la valeur patrimoniale de cet habitat : nulle. L’existence populaire est vouée au précaire et à l’éphémère. Il est logique que cet habitat soit provisoire : c’est en harmonie avec la condition de ceux qui ne font que passer sans laisser de traces, tout au moins de traces identifiables. Le travail de chacun se perd dans la masse du travail de tous, dans la multitude des tâches anonymes. Les historiens, qui s’appuient avant tout sur les traces écrites, accordent une place démesurée aux élites. « Rome la grande est pleine d’arcs de triomphe - qui les érigea ? » se demande Bertolt Brecht, avec une fausse naïveté, dans Ce que demande un ouvrier qui lit. Le jeune Alexandre, qui conquit les Indes, n’avait-il même pas un cuisinier à ses côtés, s’interroge-t-il, mettant en évidence l’égocentrisme de classe d’une histoire qui ne prend en compte que les personnages illustres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’usure du temps qui affecte les châteaux, les objets d’art et le mobilier n’est pas un affront mais un élément de prestige qui peut s’afficher avec ostentation : le temps permet d’être au-delà du périssable. L’usure ajoute même une bonification économique : alors que dans les autres milieux sociaux les maigres biens accumulés perdent leur valeur au fil des générations pour devenir très vite obsolètes et ne mériter que le sort peu enviable des objets encombrants abandonnés sur les trottoirs, la plupart des biens qui meublent l’espace de la vie quotidienne des grands bourgeois accèdent au statut d’objet d’art. Si bien que les familles finissent par habiter des maisons qui peuvent devenir telles quelles des musées, comme les hôtels particuliers de Nélie Jacquemart-André et de Nissim de Camondo, à proximité du parc Monceau, à Paris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« La mémoire des pauvres, écrit Albert Camus dans le Premier Homme, déjà est moins nourrie que celle des riches, elle a moins de repères dans l’espace puisqu’ils quittent rarement le lieu où ils vivent, moins de repères aussi dans le temps d’une vie uniforme et grise. Bien sûr, il y a la mémoire du coeur dont on dit quest la plus sûre, mais le coeur s’use à la peine et au travail, il oublie plus vite sous le poids des fatigues. Le temps perdu ne se retrouve que chez les riches. Pour les pauvres, il marque seulement les traces vagues du chemin de la mort. Et puis, pour bien supporter, il ne faut pas trop se souvenir. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Camus fait toutefois l’impasse sur la mémoire collective fondée sur les luttes sociales et politiques des travailleurs pour faire valoir leurs droits. Les syndicats et les partis qu’ils ont créés portent cette mission de transmettre la mémoire des luttes, qui est encore à l’origine d’une autre immortalité symbolique, celle de la classe.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3722989619287973122-2336446922406067758?l=argumentaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://argumentaire.blogspot.com/feeds/2336446922406067758/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3722989619287973122&amp;postID=2336446922406067758' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/2336446922406067758'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/2336446922406067758'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://argumentaire.blogspot.com/2007/09/comment-largent-fait-le-bonheur-34.html' title='Comment l’argent fait le bonheur (3/4)'/><author><name>SAd___</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04432896018992176644</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_pdPUqUaJrAc/SqLcsyKKBEI/AAAAAAAAAtU/6CCI3cY8qvY/S220/cestmoa.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3722989619287973122.post-2060255207398806176</id><published>2007-09-19T07:38:00.000-07:00</published><updated>2007-09-19T07:54:51.987-07:00</updated><title type='text'>Comment l'argent fait le bonheur (4/4)</title><content type='html'>&lt;div align="left"&gt;L’argent fait-il le bonheur ? &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Par Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, directeurs de recherche au CNRS.&lt;br /&gt;Le savetier plutôt que le financier ! &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;br /&gt;La vulgate du sens commun affirme que l’argent ne fait pas le bonheur, mais… qu’il peut y contribuer. Faisant de nécessité vertu, on préfère croire que la richesse n’apporte pas la félicité mais plutôt des contraintes. Un certain dépouillement serait plus favorable à une existence libre et heureuse. Le financier de la fable de La Fontaine, « tout cousu d’or, chantait peu, dormait moins encore », alors que son voisin le savetier « chantait du matin jusqu’au soir ».&lt;br /&gt;Ce lieu commun est repris dans une certaine presse écrite et audiovisuelle, autour des thèmes de l’enfer des riches, notamment avec les jeunes des beaux quartiers, tous accros à la cocaïne ou aux soirées folles et capricieuses. Les malheurs sentimentaux qui affligent les familles régnantes, les vedettes du show-business ou les étoiles du football alimentent les gazettes, qui illustrent aussi leurs articles des photographies de villas tropéziennes, de yachts interminables et de Ferrari rutilantes. Mais c’est pour mieux souligner combien les divorces, les maladies, les accidents viennent remettre à leur place cette opulence qui, de toute évidence, ne suffit pas au bonheur. La fortune n’est pas tout et elle peut s’accompagner d’une grande détresse. Décidément, pour reprendre une autre fable, « les raisins sont trop verts ». En sollicitant sa pitié et sa compassion, cette littérature détourne l’attention du lecteur populaire des inégalités qui se cumulent dans tous les aspects de vie sociale.&lt;br /&gt;Une idée insupportable : le cumul !&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;br /&gt;Nombre de chercheurs en sociologie nous ont paru être plus intéressés par les échecs et les dysfonctionnements des dominants dans les processus de reproduction des rapports sociaux que par cette reproduction elle-même. La transmission se ferait mal, et un lieu commun est parfois présenté comme une loi : la première génération crée la fortune, la seconde la gère et la troisième la dilapide. Le capitalisme familial aurait disparu et l’économie serait maintenant aux mains des managers de fonds de pension et de fonds spéculatifs aux ramifications internationales.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;L’idée du cumul des différentes formes de richesse est insupportable à ceux qui doivent souvent tout à leur capital scolaire. Ainsi les préjugés sur une prétendue infirmité culturelle des classes dominantes sont toujours présents. Les patrons de l’industrie, les femmes « du monde », les élèves de Janson-de-Sailly sont supposés, a priori, être des béotiens, des gens de peu de culture. On leur reconnaît difficilement des compétences artistiques, des goûts littéraires qui ne soient pas naïfs ou convenus. Le rapport aux choses de l’esprit serait purement mondain, donc superficiel. Ces représentations reposent sur un axiome : là où il y a beaucoup d’argent, il ne peut y avoir beaucoup de culture. Plus généralement, ce sens commun des classes moyennes intellectuelles leur permet de construire une représentation semi-savante du bourgeois comme être intellectuellement borné. Il est vrai que l’idée du cumul des diverses formes de capitaux au plus haut niveau peut avoir quelque chose d’irritant pour ceux qui ont été constitués dans des systèmes dichotomiques qui opposent la culture aux autres richesses. La richesse matérielle serait ainsi incompatible avec une pensée forte originale, les qualités littéraires et intellectuelles seraient antinomiques avec la beauté physique pour une jeune fille.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;Or nombre de grands bourgeois sont d’authentiques esthètes, artistes, hommes de lettres ou savants. Michel David-Weil, associé gérant du groupe Lazard (grande banque privée internationale), est aussi président du Conseil national de la Réunion des musées nationaux, qui gère les achats d’oeuvres par l’État. Parmi les Rothschild, on trouve une danseuse classique et un auteur dramatique qui fut célèbre au début du XXe siècle. Nombre d’écrivains sont nés dans la « bonne » société, dont Jean d’Ormesson. Le prince Gabriel de Broglie fut prix Nobel de physique. La culture et l’argent ne sont pas incompatibles. Une certaine aisance financière de la famille est un facteur favorable à l’acquisition d’une culture multidimensionnelle, ne serait-ce que par la fréquentation des établissements scolaires offrant de très bonnes conditions d’études et un milieu de condisciples stimulant.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;L’irrecevabilité est à son comble lorsque nous soulignons que les capitaux accumulés finissent par avoir des effets sur les personnes et que l’incorporation des manières, des savoirs et des savoir-faire symboliques modèlent les personnalités qui doivent une partie de leurs privilèges aux qualités réellement intériorisées, comme l’aisance en public. Il ne s’agit pas de réhabiliter la notion de don, mais de souligner le résultat de toute une éducation socialement efficace.&lt;br /&gt;On est alors toujours surpris d’entendre parler, y compris par des sociologues, de « fin de race » à propos de nobles ou de grands bourgeois. L’expression de leur rejet de ce monde d’héritiers passe par la dépréciation de leurs corps, ce que recouvre l’usage du mot « race ». Il est même étonnant que ce mot soit utilisé alors qu’il est proscrit du langage sociologiquement ou politiquement correct. La « fin de race », c’est à la fois la reconnaissance d’un passé d’excellence sociale et l’affirmation, consolatrice, d’un présent de décadence. Le sarcasme et la plaisanterie sont des armes dérisoires face aux positions occupées dans la société par ceux dont, en fait, on reconnaît le pouvoir en essayant de les tourner en dérision.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;Retour à la classe sociale ?&lt;br /&gt;Les classes sociales sont à un état de construction et d’achèvement très variable. La bourgeoisie montre beaucoup d’opiniâtreté dans son effort constant pour gérer ses frontières et pour transmettre les richesses au sein de la même confrérie des grandes familles. Les classes moyennes sont un véritable carrefour social. Quant à la classe ouvrière, ou aux classes populaires dans leur ensemble, le reflux est manifeste : le recul de l’influence des organisations syndicales et politiques qui travaillaient à la mobilisation de la classe se traduit par un éparpillement des prises de position. Dès le premier tour de l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy recueillait 72,6 % des voix à Neuilly, Ségolène Royal devant se contenter de 7,5 %, et Marie-George Buffet de 65 voix (soit 0,19 %). Dans le même département des Hauts-de-Seine, de l’autre côté du fleuve, la commune populaire et communiste de Nanterre, avec un nombre de voix exprimées très proche (35 500 contre 33 450 pour Neuilly), présente un grand éclatement des voix. Ségolène Royal a certes devancé Nicolas Sarkozy avec 36 % des suffrages contre 23,9 %. François Bayrou a recueilli 18,9 % et Le Pen 7 %, plus que Marie-George Buffet, qui n’a rassemblé que 4,6 %. La lucidité politique est donc bien plus ancrée à Neuilly qu’à Nanterre, malgré le long passé militant de cette ville. La désindustrialisation y est pour beaucoup car le patrimoine industriel était le patrimoine de la classe ouvrière.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;La sociologie des classes dominantes met en évidence les inégalités de tous ordres qui s’enracinent dans la richesse. Être riche facilite la vie et la rend plus agréable. Il est difficile de soutenir que l’aisance matérielle ne donne pas certaines satisfactions. D’autant qu’elle s’accompagne de pouvoirs sur l’espace et le temps et qu’elle facilite l’accès à la culture. Par la mondialisation, le pouvoir des puissants se renforce encore. La classe ouvrière perd ses repères et ses bastions. La conscience claire de l’amplitude démesurée des inégalités vaut pourtant mieux que leur sous-estimation.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;Le tableau de la richesse, dans sa diversité, est dans un premier temps décourageant. Mais sans la conscience des inégalités profondes et des injustices qui la fondent, on en arrive trop vite à en prendre son parti et à baisser les bras.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3722989619287973122-2060255207398806176?l=argumentaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://argumentaire.blogspot.com/feeds/2060255207398806176/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3722989619287973122&amp;postID=2060255207398806176' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/2060255207398806176'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/2060255207398806176'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://argumentaire.blogspot.com/2007/09/comment-largent-fait-le-bonheur-44.html' title='Comment l&apos;argent fait le bonheur (4/4)'/><author><name>SAd___</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04432896018992176644</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_pdPUqUaJrAc/SqLcsyKKBEI/AAAAAAAAAtU/6CCI3cY8qvY/S220/cestmoa.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3722989619287973122.post-7171740980009557600</id><published>2007-09-17T10:02:00.000-07:00</published><updated>2007-11-21T01:54:09.575-08:00</updated><title type='text'>Des questions embétante</title><content type='html'>Reste des questions embêtantes.&lt;br /&gt;Un des premiers problèmes vient de l’apparent désir de mener de front toute une série de contestations des oppressions comme si , toutes réelles qu’elles soient , elles se valaient du point de vue pratique dans la recherche d’une société "meilleure", et en attendant des améliorations au concret.&lt;br /&gt;Une addition de "fronts" ne fait pas un parti ou un mouvement, si ce n’est un bref instant avant d’éclater.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le monde, malgré sa complexité, a sa hiérarchie , et c’est la lutte de classes qui en est le centre, qui est le centre structurateur des batailles. Un parti, ou un mouvement, même si il n’y a aucun doute qu’il doive être aux côtés de tou(te)s ceux qui se battent contre des oppressions , doit avoir au centre de sa stratégie de transformation ce qui renouvelle sans cesse et sans cesse la domination d’une classe sur le monde, l’exploitation capitaliste, bref un parti ou un mouvement a les travailleurs au centre de ses actes.&lt;br /&gt;Car c’est là que se gagne ou se perd, se gagnera ou se perdra, la bataille pour une société qui fasse reculer exploitation et oppressions. La bataille dans les entreprises, aux côtés des travailleurs sans emplois, des futures travailleurs, des travailleurs sans toit ou mal logés, etc, est celle qui donne le la et force à la gauche si elle veut perdurer et surtout se renouveler.&lt;br /&gt;La lutte des classes n’est pas un élément ésotérique d’un vaste front contre les oppressions, elle en est le centre et le moteur, du moins pour un mouvement aspirant à aider à l’accouchement d’un monde meilleur. Un mouvement ou un parti de gauche qui se présenterait comme un vaste front contre les oppressions ne serait pas ma tasse de thé, même si un mouvement ou un parti de mon coeur devrait être contre toutes les oppressions et faire face à toutes avec solidarité.&lt;br /&gt;L’autogestion est sur le chemin de cette bataille, le pouvoir au concret des travailleurs sur leurs entreprises. Sans cela la classe capitaliste continuera de commander et gouverner nos destins, que ce soit sur les OGM ou que ce soit sur les discriminations suivant les commodités de directions des affaires du monde par cette classe. Et cette bataille à mener pour disputer le pouvoir aux patrons nécessite bataille dans les entreprises et les entreprises au centre des batailles du futur mouvement ou parti.&lt;br /&gt;Discuter d’un parti , d"un mouvement , sans hiérarchiser, sans débattre concrètement de cette question comme décisive me semble aller vers une forme de radicalisme (au sens radical-socialiste) qui n’est pas souhaitable.&lt;br /&gt;Il me semble qu’on peut faire beaucoup mieux. Copas&lt;br /&gt;Hum, ou pas, la question, comme dirait Charles n’est pas de sauter sur une chaise en disant "nouveau ! nouveau !"...effectivement...&lt;br /&gt;L’ensemble de la gauche est dans une situation explosive. Et c’est normal (il est même curieux que cela ne soit pas arrivé plus tôt) vu tout ce qui c’est passé ces 25 dernières années...&lt;br /&gt;Chaque parti doit se reconstruire (rien de spécifique dans le terme, ni attachement), le PCF par exemple a visiblement des orientations en son sein qui ont beaucoup de difficultés à être convergentes, ou qui sont tout simplement opposées. Et ça Autain n’aide pas à résoudre le problème et à aider sur le débat de ce parti. Elle est dans un flou attrape tout.&lt;br /&gt;La question, pour le PCF en particulier, n’est pas de savoir si il doit se fondre dans une grande bouillie mais de savoir ce qu’on veut comme société, d’analyser la société actuelle, comment on se bat , quel outil politique on utilise, et après lever les yeux du guidon et regarder qui est avec nous là dessus et qui ne l’est pas, les proximités et les éloignements. Et éventuellement , surement même, scissionner d’avec ceux qui sont plus proches du parti de Hollande, DSK et Lamy , que des travailleurs.&lt;br /&gt;Les discours peuvent flotter sur l’écume mais suivre les actes est utile pour savoir de quel côté on est dans cette dernière affaire, et c’est vrai quer les velléités retombent souvent sur des alliances avec des socio-libéraux qui font douter les travailleurs qui finissent par répéter : "tous pareils....". Ou autrement dit pendant les grandes colères contre l’ultra-libéralisme (Mai 2005) on laisse passer l’orage et après on remet en selle le vieux cow boy arthritique qui nous tire dessus dans tous les sens au nom de l’union de la gauche contre l’ennemi commun.&lt;br /&gt;Personne , qui s’intéresse à la politique, n’est sensé ignorer que , plus loin que les discours, le PS est sur une ligne politique ultra-libérale, et en phase également d’écraser la démocratie en son sein car le virage qui va être demandé est gros. S’allier avec eux à nouveau, c’est partager l’opprobre. Pire même c’est être assuré que, puisque on se retrouve sans cesse finalement avec eux , autant être chez eux......&lt;br /&gt;Je dis cela car , pour les municipales, on nous bassine déjà dans une série d’endroits sur une réanimation de la gauche plurielle, sous divers formes..... Rien ne devient plus urgent que cela et il s’agit de faire n’importe quoi à nouveau contre l’ennemi commun....&lt;br /&gt;Bordel de Municipales ! A nouveau des élections qui seront prétexte à du n’importe quoi, à des alliances foireuses, et des soutiens à des divas du parti social-libéral. Déjà des Alternatifs et des Communistes dans certaines villes (comme Nice) appellent à une union de toute la gauche ....&lt;br /&gt;C’est pas cela qui est urgent, l’ennemi en face lui ne "débande" pas de son programme, divas élues ou pas, ce qui compte ce sont abattre les régimes spéciaux, agresser les retraités, attaquer la sécu et le système sanitaire français, s’attaquer aux chômeurs, précariser les travailleurs, faire des cadeaux à la bourgeoisie, etc.&lt;br /&gt;Les municipales doivent être une tribune, des batailles au service des batailles ci-dessus. Sinon ça n’a pas de sens.&lt;br /&gt;Il y a donc , même dans la gauche anti-libérale, des discours et des actes qui sont contradictoires. Dans un parti c’est plus grave.&lt;br /&gt;Reprendre du poids, passe par une cure d’amaigrissement des fois.&lt;br /&gt;Alors oui le PCF devra probablement fonder un nouveau parti, mais certainement pas un polochon informe où la base ne contrôle rien, sans projet autre qu’une unité floue et des objectifs prêtant à confusion. Ce n’est pas une machine à faire des élus qu’il faut, mais une machine à aider aux conquêtes sociales et à avancer vers une société socialiste. Oui il y aura besoin de tous les talents , mais d’abord ceux des travailleurs et des jeunes.&lt;br /&gt;Oui ce projet de régénération (c’est bon là le terme ? personne ne l’a utilisé ?) a sur sa route bien des convergences avec des petits groupes révolutionnaires (LCR, LO, Anars, ....), du moment que ce projet avance par rapport à des batailles au concret, par rapport à la politisation des travailleurs.&lt;br /&gt;Copas&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3722989619287973122-7171740980009557600?l=argumentaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://argumentaire.blogspot.com/feeds/7171740980009557600/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3722989619287973122&amp;postID=7171740980009557600' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/7171740980009557600'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/7171740980009557600'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://argumentaire.blogspot.com/2007/09/des-questions-embtante.html' title='Des questions embétante'/><author><name>SAd___</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04432896018992176644</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_pdPUqUaJrAc/SqLcsyKKBEI/AAAAAAAAAtU/6CCI3cY8qvY/S220/cestmoa.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3722989619287973122.post-5126193057467013960</id><published>2007-09-08T13:42:00.000-07:00</published><updated>2007-09-08T13:48:33.764-07:00</updated><title type='text'>Dépasser le capitalisme !</title><content type='html'>DEPASSER LE CAPITALISME : TELLE EST « LA » QUESTION .(I)&lt;br /&gt;( par Olivier Gebuhrer ;Mathématicien , membre du C.N) .&lt;br /&gt;"Oui , il y a matière à débattre : 1) A quel problème déterminant est confronté la planète ?&lt;br /&gt;A mon sens , il s’agit de trouver les voies et moyens de dépasser le capitalisme ; le dire implique qu’il s’agit d’une question qui ne peut être l’affaire « d’un seul pays » , qui s’inscrit dans la durée , ne comporte pas de « stades » intermédiaires , mais constitue un processus historique permettant un changement de civilisation ; dans ce processus , qui suppose des individus conscients , les ensembles nationaux jouent un rôle qui ne saurait être sous-estimé : les coups portés au système capitaliste ont un pays donné pour épicentre et l’onde de choc est mondiale . Soit dit en passant , si F Hollande, découvre, apparemment récemment, qu’on ne « va pas tromper les gens en annonçant la fin du capitalisme » , et que « le grand soir c’est fini » , il y a beau temps que les communistes , pour leur part , se sont confrontés à cette idée aujourd’hui des plus banales ; si les déclarations de F Hollande ont un sens , c’est uniquement pour indiquer qu’aujourd’hui, la question du dépassement du capitalisme n’est PAS une question pour lui .&lt;br /&gt;Elle ne l’est pas non plus pour O Besancenot qui visiblement tient pour un objectif en soi « l’anticapitalisme » ce qui n’a à peu près rien à voir avec les exigences du temps .&lt;br /&gt;Bien évidemment, il faut d’entrée de jeu savoir si cette idée du dépassement du capitalisme est un objectif nécessaire et atteignable, sans se fixer de calendrier, on l’a dit .&lt;br /&gt;Or non seulement le capitalisme ACTUEL, s’il continue d’entraîner dans son cours une révolution permanente des forces productives, ne le fait pas à la façon d’hier ; les forces productives que le développement capitaliste entraîne sont de plus en plus captives de la logique financière qu’il tente d’imposer à la planète ; de plus , et pour la vie quotidienne des êtres humains , c’est le plus visible et le plus insupportable , le progrès du capitalisme, se traduit aujourd’hui par davantage d’oppression ,de formes nouvelles de domination , d’exploitation des êtres humains par d’autres ; le capitalisme d’aujourd’hui ronge la planète : la Grèce qui brûle en est l’exemple le plus récemment intolérable. Analyser le capitalisme d’aujourd’hui est plus indispensable que jamais , encore faut –il le faire en continu . Ce n’est pas mon objectif ici .&lt;br /&gt;Mais ce qu’il importe au premier chef de mesurer c’est que dans le temps où le capital développe son emprise de façon renouvelée sur l’ensemble des aspects de la civilisation humaine , tous les moyens existent aujourd’hui pour que les besoins essentiels des individus et des peuples soient satisfaits : ni la famine , ni les pandémies , ni la misère , ni le sous –développement (terme employé ici pour aller vite ) ,ne sont inéluctables ; la productivité du travail est telle aujourd’hui que les formes que le capital maintient et développe pour assurer le renouvellement de la production sont pour une large part obsolètes ; le travail contraint n’est plus une nécessité, même si le capitalisme entretient par tous les moyens l’idée inverse , il doit compter aussi avec cette donnée , inimaginable , il y a un siècle .&lt;br /&gt;Le capitalisme a donc fait son temps . Or le dépasser suppose d’en utiliser certaines formes qui demeurent et demeureront encore longtemps à la fois inscrites dans les consciences et les processus divers qui ne peuvent s’inscrire dans le cadre de nouvelles formes nécessaires d’appropriation sociale et collective des grands moyens de production et d’échange ; d’utiliser ces formes CONTRE lui et non pas POUR lui ; c’est pourquoi des mesures structurelles sont à la fois indispensables et insuffisantes ; c’est pourquoi , on ne peut assigner de terme au processus de ce dépassement qui implique évidemment une révolution sociale et politique nouvelle ;on a dit plus haut qu’une telle révolution est mondiale dans son essence , mais qu’elle trouve ses points d’ancrage dans le patrimoine historique de chaque peuple , de chaque nation .&lt;br /&gt;Cela n’a RIEN à voir avec on ne sait quel « compromis historique » qui n’eût jamais d’historique que le nom .&lt;br /&gt;Tout cela est nouveau ; rien de tout ceci n’était seulement envisageable à la naissance des partis communistes , encore bien moins dans le cadre de la Russie soviétique ; on a oublié les avertissements répétés de Lénine , sur le caractère RETARDATAIRE de la Révolution soviétique , oublié ses avertissements sur le fait que pour que celle-ci s’accomplisse , il fallait que des pays capitalistes développés s’y engagent .&lt;br /&gt;On ne peut ici s’attarder –et c’est dommage- sur l’itinéraire intellectuel des Partis communistes qui ne surent pas comprendre ce que tout cela signifiait .&lt;br /&gt;Nous y sommes , de force ; il eût été préférable de le faire de gré . Structurante de part en part , la question du dépassement du capitalisme est l’enjeu central du Congrès du PCF .&lt;br /&gt;2) ALLIANCES, STRATEGIE, ou VISEE communiste.Nous l’avons dit d’entrée : ce que s’efforce de faire le capitalisme d’aujourd’hui vise à entraver par tous moyens la LIBRE COOPERATION d’hommes et de femmes LIBRES ET EGAUX en droits et en devoirs.&lt;br /&gt;Au fond , bien qu’on puisse discuter ce raccourci , cette LIBRE COOPERATION résume ce que nous appelons aujourd’hui la visée communiste ; toute démarche politique des communistes et de leur parti doit donc être sous-tendue par deux questions : la première est celle de savoir si telle décision permet une avancée fût-elle millimétrique , vers un dépassement du capitalisme et la seconde est de savoir si telle décision est de nature à permettre l’appropriation la plus large possible par les citoyennes et les citoyens eux-mêmes, dans leur diversité , des démarches , des problématiques qui concourent à façonner leur existence.&lt;br /&gt;Le communisme ne consiste pas à « prendre le pouvoir » MAIS A LE RENDRE ; savoir si c’est ce que nous avons fait jusqu’ici n’est pas le but de cette tribune . J’ai l’intention de développer certaines idées qui ne peuvent faute de place être exposées ici , dans une autre tribune : il faut savoir pourquoi la question de TOUTE LA GAUCHE est d’actualité , savoir de QUEL Parti nous avons besoin , et de quelle GAUCHE ; comme l’écrivait A Hayot dès le lendemain des législatives : il y a DEUX espaces à cultiver : l’espace communiste et celui de la gauche ; confondre les deux dans une même trajectoire ne rapproche en rien les objectifs de l’époque , conduit à la confusion et maintient en l’état des défauts importés de nos années d’errance ."&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3722989619287973122-5126193057467013960?l=argumentaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://argumentaire.blogspot.com/feeds/5126193057467013960/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3722989619287973122&amp;postID=5126193057467013960' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/5126193057467013960'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/5126193057467013960'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://argumentaire.blogspot.com/2007/09/dpasser-le-capitalisme.html' title='Dépasser le capitalisme !'/><author><name>SAd___</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04432896018992176644</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_pdPUqUaJrAc/SqLcsyKKBEI/AAAAAAAAAtU/6CCI3cY8qvY/S220/cestmoa.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3722989619287973122.post-5172515280915789963</id><published>2007-08-23T05:51:00.000-07:00</published><updated>2007-08-23T05:56:04.104-07:00</updated><title type='text'>La Droite se saisie de l'Universitée</title><content type='html'>&lt;em&gt;Auteur : Tanguy Dufournet &lt;&lt;/em&gt;&lt;a href="mailto:dufournet.tanguy@orange.fr"&gt;&lt;em&gt;dufournet.tanguy@orange.fr&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;em&gt;&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sarkozy dit qu’il est dans la rupture, qu’il n’est pas de cette vieille droite qui a trahi, qui a trompé, qui avance sournoisement quand les gens ne sont pas là pour se défendre, pour combattre de mauvaise mesure ou pour donner leur avis... La mauvaise foi de certain sera de dire « mais non, il fait un truc bien! », alors qu’en réalité, sa première mesure de réforme des universités, pour fonder la nouvelle université, est une mauvaise réforme, une réforme tendant vers l’inégalité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;N’oublions pas que le fondement idéologique de la droite (issus d’une scission au sein de la Nouvelle droite) est l’anti égalitarisme... le même fondement dogmatique que celui de l’extrême droite...  Nous pouvons parler aujourd’hui de « peste bleue ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parlons plus précisément de la réforme des universités qui s’est faite par la loi sur l’autonomie des universités - votée en douce - dite la loi Pécresse. Je suis allé chercher mes infos sur les sites d’Etats, sur le site d’UNI, le syndicat étudiant de droite et plus, et donc des sites favorables à ce projet de privatisation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je vais vous montrer comment ces partisans se contredisent et masque la vérité avec leur méthode de sophiste. Il est nécessaire de ne pas se placer dans une simple opposition, il faut impérativement écouter, comprendre la logique des arguments adverses pour simplement montrer leur contradiction interne. Agissons donc avec philosophie comme le ferait Kant. Celui-ci à juste titre nous dit « la vérité formelle consiste simplement dans l’accord de la connaissance avec elle-même en faisant complètement abstraction de tous les objets et de toute différence entre eux. » et parce que « ces critères formels universels ne sont assurément pas suffisants pour la vérité objective […] ils doivent cependant être considérés comme sa conditio sine qua non. » Autrement dit, si du seul point de vue logique, théorique, il y a contradiction c’est l’ensemble de la vérité qui est fausse et cela même dans sa pratique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1- Rendre les universités autonomes revient à les privatiser&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;A cela l’UNI dit FAUX:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si les universités privées sont bien plus autonomes que les universités publiques, voire le sont intégralement, cela ne veut pas dire que des universités autonomes sont forcément privées. Car c’est l’Etat qui fixe les principales règles, notamment de financement. Même aux Etats-Unis, où il existe de nombreuses universités privées, la majorité des universités restent publiques, malgré une forte autonomie dans leur fonctionnement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En somme, si une droite A est parallèle à la droite B et que la droite B est parallèle à la droite C alors la droite C est parallèle à la droite A mais la réciproque n’est pas vrai. Ce qui est logiquement incorrect. Je recommence. Si une université est privée alors elle est autonome, mais si une université est autonome, elle n’est pas privée. A cela ils nous disent que c’est l’Etat qui fixe les règles de financement… Or cette autonomie supprime l’influence de l’Etat (entre autre) dans ce domaine. Ce qui veut dire qu’il y aura une probable augmentation des frais d’inscription puisqu’il y a désinvestissement de l’Etat mais ça veut dire aussi des universités à plusieurs vitesses... On y vient avec l’autre exemple de l’UNI : celui des Etats-Unis. Il est clair que les Etats-Unis sont connus pour l’égalité de leur système éducatif, sans ghetto, et par le fait que les parents n’économisent pas dès la naissance des enfants pour leur payer leurs études dont le prix s’élève à bien plus que celui de nos Ecoles privées (et pas université).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par conséquent, si rendre autonome les universités ce n’est pas les privatiser, c’est y tendre et la prochaine étape sera justement la privatisation. De plus nous venons de voir que cet argument, et non seulement, logiquement douteux, si ce n’est faux, mais qu’il est également de facto faux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;2- L’autonomie des universités existe déjà en France&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;A cela l’UNI dit VRAI et FAUX:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si l’autonomie des universités est inscrite dans les textes (loi Faure de 1968, qui a consacré leur autonomie administrative, pédagogique et financière ; loi Savary, qui a refondu les grands principes d’organisation), celle-ci reste bien plus limitée que la plupart des pays de l’OCDE.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La loi Faure et le décret Savary ont sonné le glas de la déchéance institutionnelle des Universités en France qui sont des mesures prises par des hommes politiques de Droite et de gauche droitière - de gauche conservatrice ou comme l’appelle Marx « petite bourgeoise ». Preuve est faite - s’il en fallait une - que le chef de la peste bleu est réellement dans la rupture avec les politiques précédentes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’expérience nous donne une connaissance certaine des conséquence d’une telle réforme : L’analyse précise des chiffres (sur une seule discipline, la psychologie, prise comme banc d’essai), montre que le décret de 1984 a pour conséquence la réduction de 20 % environ du pouvoir d’achat en fin de carrière pour 65 % des professeurs (10 % de l’effectif global), un effet d’apparence « minoritaire » dont les répercussions sur l’ensemble de l’institution universitaire ont été en réalité considérables.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(Source : &lt;a href="http://www.cairn.info/resume.php?ID_REVUE=CNX&amp;ID_NUMPUBLIE=CNX_078&amp;amp;ID_ARTICLE=CNX_078_0047"&gt;http://www.cairn.info/resume.php?ID_REVUE=CNX&amp;ID_NUMPUBLIE=CNX_078&amp;amp;ID_ARTICLE=CNX_078_0047&lt;/a&gt; )&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En somme la réforme de ce gouvernement consiste à aller plus loin - et dans la même direction - dans la logique des lois Savary et Faure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ensuite l’OCDE est l’Organisation de coopération et de développement économiques... lier les universités à une logique économique et donc de rentabilité n’est-ce pas la faire rentrer dans une logique, non plus éducative mais, d’entreprise privée ? La réponse est évidente car après tout nous savons bien qu’aucune entreprise ne laisse fonctionner une filiale qui n’est pas rentable. Ainsi certaine filière pourrait tout simplement disparaître.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;3- La loi sur l’autonomie induira forcément une hausse des droits d’inscription&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A cela l’UNI dit FAUX:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui, c’est l’Etat qui fixe le montant des droits d’inscription, qui reste très faible comparé aux autres pays développés. Si l’autonomie des universités sera accrue suite à la loi, ce ne sera pas le cas concernant les droits d’inscription. Valérie Pécresse, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, a déclaré sa volonté que la fixation des droits d’inscription restent de la responsabilité de l’Etat et ne soient pas augmentés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En effet, vous l’aurez compris tout réside dans le « Aujourd’hui » c’est-à-dire « aujourd’hui quand la loi n’est pas encore votée » (à l’époque de l’article de l’UNI la loi n’était pas votée- le 5 juin). De plus il se contredit avec la question d’augmentation des frais d’inscription et le premier point où il prend l’exemple des Etats-Unis où les frais d’inscription sont exorbitants. Notons aussi que l’autonomie à son prix. Autrement dit, si certaines universités ne peuvent pas supporter économiquement leur autonomie alors nous aurons un système à plusieurs vitesses. Pour supporter cette autonomie, elle aura besoin d’un soutient économique, or l’Etat qui se désinvestit de cette responsabilité, ne soutiendra pas les universités. De fait, il y aura augmentation des frais d’inscription ou suppression pure et simple de poste et de filière. Or Valérie Pécresse s’est engagée à ce que les frais d’inscription n’augmentent pas, restons alors vigilant dans le cas où nous sommes optimistes, ou sinon n’oublions la célèbre citation de Chirac, père spirituel de Sarkozy : « Les Promesses n’engagent que ceux qui les écoutent ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;4- Les relations universités-entreprises seront améliorées grâce à plus forte autonomie&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;A cela l’UNI dit VRAI:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le système français ne favorise pas le développement des liens entre universités et entreprises. Quelque soit le degré d’autonomie supplémentaire qu’offrira la loi, les partenariats avec les entreprises (programmes, financements, recherche...) n’en seront que plus facilités.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait on découvre le pot aux roses  tout au long de l’article.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’entreprise, si on traduit, aura un droit de regard sur les programmes, les financements et la recherche. Ainsi qui sera bénéficiaire des découvertes universitaires, en matière scientifique par exemple ? Ce n’est plus l’Etat mais l’investisseur donc l’entreprise privée. De plus on peut craindre l’affaiblissement de « la formation intellectuelle » en faveur d’un encouragement à une formation professionnelle ainsi que si c’est l’entreprise qui finance la recherche alors elle ne financera que ce qui l’intéresse, autrement dit certaines portes se refermerons parce que les découvertes qu’elles amènerons ne pourront pas faire l’objet d’une utilisation mercantile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;5- Les présidents d’université sont contre une autonomie accrue des universités&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;A cela l’UNI dit FAUX:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis longtemps, les présidents d’université, réunis par la conférence des présidents d’universités (CPU) se prononcent pour une réforme permettant de donner plus d’autonomie aux universités. En 2001 déjà, ils avaient organisé un colloque dont les conclusions allaient dans le sens d’une réforme. Cela n’est que peu étonnant, vu qu’ils connaissent mieux que quiconque les blocages dus à notre système centralisé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certes oui... mais ce n’est pas de cette réforme qu’ils veulent, et pas de cette autonomie là. Ce qui est étonnant c’est qu’on parle de « blocage dus à notre système centralisé » donc la solution selon l’UNI serait une décentralisation donc un désinvestissement de l’Etat et donc une privatisation des universités. Ce qui serait par conséquent en contradiction avec ce qui a été dit jusqu’à présent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;6- La loi va accroître les inégalités entre les universités, et créer un système à deux vitesses, entre des grandes universités qui s’en sortiront d’une part, et les autres.&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;A cela l’UNI dit FAUX:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le système à deux vitesses existe déjà, entre les Grandes Ecoles, qui bénéficient d’une grande autonomie, contractent de nombreux partenariats avec les entreprises, peuvent sélectionner leurs étudiants, fixer librement leurs droits d’inscription, élaborer leur programme librement..., et le universités, qui sont à la traîne. Le but de la loi est justement de donner les moyens aux universités de rattraper leur retard, grâce à un système de gestion rendu justement plus souple. Et une plus grande autonomie les incitera à mener une politique de l’excellence, afin d’attirer les meilleurs étudiants et les meilleurs chercheurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Saluons leur culot ! Si l’inégalité existe comme ils nous le disent c’est à cause de la privatisation, puisque les grandes écoles sont généralement privées et que les universités non, et ces sophistes veulent nous faire croire que la privatisation est le remède.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si vous remarquez c’est dans ce paragraphe que nous avons tous les détails de la loi, ou du moins une grande partie. On parle de sélection des étudiants... je ne parlai pas d’anti égalitarisme ?... et pas n’importe quels étudiants : les meilleurs. En plus d’avoir une vision élitiste ils veulent contraindre les élèves moyens (qui pourraient plus tard être de grands scientifiques ou de grands juristes) à une orientation de formation professionnelle genre Bac Pro, CAP, BEP, alors qu’ils ont déjà une licence, la sélection ne se faisant qu’à l’entrée du master. En effet, la formation professionnelle commence au master, or ils veulent sélectionner les élèves qui rentreront ou non en master, leur refusant alors une formation professionnelle. De plus nous connaissons déjà les problèmes de discrimination à l’embauche qu’est-ce qui nous assurera alors que ces pratiques ignobles ne se feront pas lors de la sélection ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De plus ces bons élèves généralement sont issus d’un milieu favorisé, ou de lycée ou collège privées, ils ont donc une formation plus poussée, grâce aux sous de leurs parents (cela ne concerne pourtant qu’une minorité des jeunes qui pour la plupart vont dans le public où les inégalités sont accrues à cause du manque de moyen, la droite considérant l’éducation nationale comme une peau de chagrin)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ensuite fixer librement leurs droit d’inscription ça veut dire que ces Ecoles fixent elles-mêmes les tarifs d’inscriptions et les conditions (il faut des conditions, autre que celle d’avoir son bac). De plus les tarifs des écoles privées - bien que déjà très élevé - sont encore relativement abordables par une partie de la population, mais cela grâce au fait que les universités publiques qui proposent un enseignement de qualité tirent les tarifs d’inscriptions vers le bas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin élaborer leur programme librement, cela signifie que certaine filière pourront être supprimée et que l’enseignement ne sera plus le même de partout… ce qui revient à parler d’université à double vitesse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;7- Les CROUS ne sont pas concernés par la loi&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;A cela l’UNI dit VRAI:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La loi sur l’autonomie des universités ne concerne pas les aides sociales étudiantes, gérées par les CROUS (Conseils Régionaux des Œuvres Universitaires et Scolaires). Cependant, selon son contenu, elle pourrait inciter à diversifier le système d’aides sociales, en incitant les universités, collectivités locales, entreprises, fondations privées... à participer aux aides sociales (bourses, restauration, logement).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et bien on ne peut pas reprocher à l’UNI d’être de droite et de ne pas avoir de la suite dans les idées… ça serait redondant. Il faut réfléchir aux conséquences. S’il y a sélection des élèves, les meilleurs pourront avoir une bourse, logement...etc. sauf s’ils ont des parents riche et donc qu’ils n’ont pas besoin de bourse. Or comme les frais d’inscriptions vont augmenter et que comme le budget d’aide va rester le même ils ne pourront donc plus aider autant d’élève qu’avant, donc augmentation des inégalités. Les aides d’ailleurs ne seront alors plus publiques mais privées... soit un pas de plus vers la privatisation des universités. Ce qui engage également que les critères d’obtention d’une bourse pourront ne plus être des critères sociaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;8- La loi va être votée dans la précipitation&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A cela l’UNI dit FAUX:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il suffit de voir les réflexions qu’ont déjà mené de nombreux syndicats représentant les personnels enseignants et administratifs et les étudiants, ainsi que les nombreux rapports qui ont été rédigé depuis plusieurs années, pour voir que les esprits sont mûrs à une réforme. De plus, Nicolas Sarkozy avait élaboré de nombreuses réflexions sur l’autonomie des universités durant sa campagne qui alimentent le projet de réforme. Cela n’empêche pas une concertation de se faire actuellement avec les représentants des étudiants, des personnels et des présidents d’université. Le gouvernement a simplement l’intention d’aller vite. De plus, d’autres chantiers sur l’enseignement supérieur s’ouvriront rapidement, notamment sur les conditions de vie des étudiants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il suffit de voir comment la loi a été votée en moins de deux mois pour être sûr de l’appliquer dès la rentrée. De plus, dans la logique de la politique spectacle sarkoziste nous savons que les syndicats ont été invités pour faire croire qu’on allait les écouter. Aussi c’est une réflexion mener par la droite dans laquelle la gauche n’a aucunement pu donner son avis. Ainsi c’est d’une manière obtuse et arbitraire que ce projet de loi a été proposé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis comme le dit l’UNI sans précipitation mais le gouvernement a simplement l’intention d’aller vite.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3722989619287973122-5172515280915789963?l=argumentaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://argumentaire.blogspot.com/feeds/5172515280915789963/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3722989619287973122&amp;postID=5172515280915789963' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/5172515280915789963'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/5172515280915789963'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://argumentaire.blogspot.com/2007/08/la-droite-se-saisie-de-luniversite.html' title='La Droite se saisie de l&apos;Universitée'/><author><name>SAd___</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04432896018992176644</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_pdPUqUaJrAc/SqLcsyKKBEI/AAAAAAAAAtU/6CCI3cY8qvY/S220/cestmoa.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3722989619287973122.post-3535837327989069432</id><published>2007-08-22T02:36:00.000-07:00</published><updated>2007-08-22T02:41:44.056-07:00</updated><title type='text'>Crise des "subprimes" ou crise d'un système</title><content type='html'>Sommes-nous confrontés à un nouveau jeudi noir ? La fermeture de trois fonds de la Banque BNP Paris Bas a déclenché un vent à la baisse sur toutes les places boursières. A l’origine de la panique expliquent les commentateurs, il y aurait les « subprimes ». Ces prêts immobiliers accordés aux ménages nord-américains les moins solvables et que leurs débiteurs pourraient de moins en moins honorer. Comment ces subprimes pourraient-elles déclencher une telle panique ? On nous explique que c’est parce qu’en fait elles se seraient logées dans tous les portefeuilles, dans les SICAV les plus sûres… Mais les subprimes ne sont que la partie la plus visible de l’iceberg d’une économie capitaliste spéculative. Un autre phénomène très important à comprendre pour nous Français serait en quoi la politique économique de Sarkozy admirative de la spéculation étasunienne entre t-elle dans des mécanismes de ce type ?&lt;br /&gt;Danielle Bleitrach&lt;br /&gt;Les subprimes de quoi s’agit-il ?&lt;br /&gt;On nous présente la crise comme étant liée au fait que les ménages nord-américains non solvables ont été incités par des prêts à acheter des logements. Le portefeuille de prêts immobiliers en trois catégorie en fonction des notes de crédit des emprunteurs: “subprime”, “non-prime”, et “prime”.&lt;br /&gt;« Or ces derniers temps, et plus fortement dans l’année écoulée, trois tendances se sont conjuguées : la stagnation ou la baisse des salaires réels, la baisse des prix des terrains et des immeubles et la hausse des taux d’intérêts. »(1)&lt;br /&gt;La stagnation des salaires réels est intervenue à partir de 2001 et malgré la pression des demandes d’emploi, le réajustement des salaires a été contenu par la précarité, le rêve du MEDEF. La baisse du prix des terrains et de l’immobilier n’avantage que ceux qui auraient les moyens d’acheter au comptant, les autres qui à un moment quelconque sont obligés de réaliser leur biens se retrouvent avec un bien moins cher, dont ils doivent continuer à payer les intérêts en hausse. (2)&lt;br /&gt;Or les prix ont commencé à redescendre depuis quelques mois. Comme les taux d’intérêt grimpaient, il leur était de plus en plus difficile d’honorer leurs prêts. Plusieurs ménages endettés, qui croyaient faire une bonne affaire, ont cessé de rembourser leurs prêts hypothécaires.&lt;br /&gt;Enfin il faut voir que la crise dite des subprimes part des pauvres surendettés, précarisés, au chômage, mais atteint de plus en plus des couches beaucoup aisées de la population (3).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans une présentation de son exposition au marché dit “subprime”, ou crédit hypothécaire à risque, AIG le numéro un mondial de l’assurance et l’un des plus grands prêteurs immobiliers a déclaré que la proportion totale de défauts dans son portefeuille immobilier de 25,9 milliards de dollars avait atteint 2,5%. Il a précisé que 10,8% des prêts hypothécaires “subprime” affichaient un retard de paiement de 60 jours, mais également 4,6% des prêts de la catégorie juste au-dessus. Tout en se disant toujours “à l’aise” vis-à-vis de son exposition au crédit immobilier, AIG a déclaré que le taux de défaillance dans ses prêts hypothécaires de premier rang avait grimpé à 3,98% en juin contre 3,56 en avril et un plancher de 3,08% en juillet 2005. Ces prêts représentent 90% des prêts immobiliers d’AIG aux Etats-Unis.A la date du 30 juin, la branche financière d’AIG, qui accorde des prêts hypothécaires de premier et second rang, avait enregistré 3,68% de défaillances dans le subprime, 2,13% dans le non-prime et 0,81% dans le prime.(4)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les situations de défaillances, les banques saisissent les biens immobiliers pour les vendre aux enchères, ce qui pousse les prix à la baisse et enclenche une nouvelle vague de défauts de paiements. À chaque fois, les établissements prêteurs ne récupèrent qu’une partie de ce qu’ils ont prêté. C’est ainsi que certains prêteurs hypothécaires américains ont fait faillite dernièrement.&lt;br /&gt;A Wall street le 7 août, American Home Montage Investissement Corp, un organisme de refinancement des prêts hypothécaires a déclaré qu’il était en défaut de paiement et il a licencié le 10 août 600 de des 7000 employés. Mais ce n’était pas le seul, d’abord Bear Stearns, la banque d’investissements a vu deux de ses fonds spéculatifs (hedge fund) ruinés et un troisième en grande difficulté (5). Le jeudi 9 mai, c’est la banque nord-américaine Godman Sachs qui est prise dans la tourmente des subprimes. En fait depuis une quinzaine de jours, tous les investisseurs financiers traquaient les portefeuilles des institutions qui auraient des positions risquées.&lt;br /&gt;Les économistes s’entendent pour affirmer que, bien que les sommes en jeu soient considérables, ces faillites ne représentent qu’une goutte d’eau dans l’océan des marchés d’aujourd’hui. Si toutefois la situation perdure, la confiance pourrait disparaître dans le marché des prêts. Les entreprises, les particuliers, et même les gouvernements auraient alors de la difficulté à emprunter. Le crédit étant essentiel au bon fonctionnement de l’économie, une récession pourrait survenir.&lt;br /&gt;Effectivement c’est ce qui semble s’être bien passé le fameux jeudi 9 août. Depuis plusieurs semaines on parlait des difficultés de la Banque allemande WestLB (17 milliards de dollars dans les subprimes nord-américaine), c’est de BNP Paris bas qu’est venu la décision de fermeture des fonds.&lt;br /&gt;A cette annonce les banques ont refusé toute opération de refinancement, de prêts aux autres établissements financiers. Une sorte de mesure contre la fièvre aphteuse au niveau bancaire, ce qui s’est immédiatement traduit par une envolée du taux des prêts interbancaires (passant de 4,10 à 4,70). Le loyer de l’argent a alors atteint le taux le plus élevé depuis 6 ans.&lt;br /&gt;C’est cette situation que les banques centrales ont prétendu éviter en injectant des liquidités. Elles prêtent aux banques l’argent qu’elles ne trouvent plus sur le marché monétaire, afin que celles-ci puissent continuer à jouer leur rôle de prêteurs. Mais la réaction très rapide et massive des Banques Centrales fait mesurer que la situation risquait de dégénérer et que nous étions au-delà du problème des subprimes. Et la réaction a été au premier chef celle de la Banque Centrale Européenne. Pourquoi ? La Banque Centrale Européenne (BCE) est intervenue une première fois elle a injecté 94,8 milliards d’euros pour remédier à cette pénurie de liquidité. A ce jour la BCE a injecté plus de 130 milliards d’euros. C’est-à-dire plus que face aux attentats du 11 septembre 2001 ? Pas mal pour le non paiement des dettes des ménages non solvables en matière de prêts immobiliers. La FED et à peu près toutes les autres banques centrales de la planète se sont mises à injecter des liquidités.En effet s’il s’agissait seulement des subprimes nord-américaines, on comprendrait mal le phénomène. Même si elles se combinent avec une crise de l’immobilier aux Etats-Unis qui touche des couches plus aisées que les ménages non solvables.&lt;br /&gt;Mais si cette explication était totalement insuffisante ?&lt;br /&gt;Décidément les subprimes ne sont là encore que le niveau visible de l’iceberg.Il faut bien voir que la crise des liquidités n’est pas simplement lié au défaut de paiement des ménages non solvables nord américain, mais c’est tout le système de financement de l’économie par le biais des CDO, des jeux monétaires, qui est en cause. En quoi des sommes importantes non honorées, représentées par les subprimes, mais sans commune mesure avec le marché boursier peuvent-elles déboucher sur la crise ? En fait dans le contexte du boom immobilier de 2000 à 2005, des prêts ont été consentis à des ménages dont le profil financier n’était pas solide. Ces prêts ont été « titrisés », c’est-à-dire transformés en titres financiers qui ont servi de socles à toute une gamme de produits dérivés (CDO). Au moins deux phénomènes se mêlent le surendettement, une consommation surgonflée par un surendettement qui ne correspond pas aux revenus salariaux et pas seulement des plus pauvres, devient de plus en plus poussive et fait peser des risques sur l’économie, en particulier à travers le marché immobilier. Un deuxième phénomène est celui des conditions d’achat à crédit des entreprises par des sociétés financières.&lt;br /&gt;A travers les bourses et la financiarisation de l’économie nous avons une extension planétaire du « Carry trade », de quoi s’agit-il ? Tout simplement de jouer sur la différence du coût du crédit dans une place pour investir dans une autre avec l’argent emprunté ailleurs. Ce qui se combine avec les LBO, a crédits servant pour des opérations de rachat par endettement (”leverage buyout”, LBO)..&lt;br /&gt;Le carry trade consiste à jouer sur les monnaies et les taux d’intérêt de pays à pays, le Japon vers un autre pays puisqu’on on emprunte de yens à un taux d’intérêt de 0,5% pour investir par exemple en Nouvelle Zélande où les taux d’intérêt sont à 8% ou on achète des bons du trésor etasunien. Ce qui fonctionne bien tant que le yen baisse, mais si le yen monte et tout indique qu’il est parti à la hausse, cela peut aboutir à des pertes énormes. Autre facteur d’inquiétude actuel. (4).&lt;br /&gt;Mais la carry trade joue également dans l’utilisation des fonds empruntés toujours au Japon, qui a joué ces dernières années un taux d’intérêt quasi inexistant, pour être placés dans des obligations à haut rendement (CDO et CLO). On emprunte à crédit pour acheter des entreprises et revendre aussitôt.&lt;br /&gt;Nous avons donc une économie de casino qui engendre des phénomènes spéculatifs, mais cette spéculation n’est pas purement virtuelle, elle repose dans tous les cas dans sur un renforcement de l’exploitation, un accroissement monstrueux des inégalités au niveau planétaire.&lt;br /&gt;Spéculation et hauts rendements&lt;br /&gt;Comment créer de hauts rendements ? Il y a les entreprises que l’on restructure, dont on gonfle les performances pour les actionnaires boursiers. Un exemple récent, la multinationale anglo-hollandaise Unilever annonce une augmentation de 16% de ses bénéfices au second trimestre 2007, et elle annonce dans la foulée la suppression de 20 000 emplois dans le monde - 11% de ses effectifs -, dont la plupart en Europe. C’est un mécanisme bien connu décrit par une dépêche de Radio Canada : “Unilever (…) prévoit que ses bénéfices continueront d’augmenter à la suite des suppressions de ces emplois. Les investisseurs ont très bien accueilli l’annonce de ces mises à pied qui réduiront les coûts et feront augmenter les profits. effectivement cette annonce a propulsé l’action d’Unilever en hausse de 8 % à la Bourse d’Amsterdam.Chacun mesure bien ce que cet exemple devenu système signifie de surexploitation, de délocalisation, et donc qu’au bout de la chaîne de ces prédateurs il y a le chômage, la précarité, et même le suicide des salariés. Ou comment l’économie virtuelle financière gouverne l’économie réelle que l’on prétend aujourd’hui en bonne santé et donc susceptible d’amortir la crise financière. sans doute comme la baisse des salaires n’a pas fini par réagir sur les subprimes.&lt;br /&gt;Mais revenons au niveau financier dont les outils sont les fonds de capital investissement et les fonds spéculatifs (hedge funds) .&lt;br /&gt;Le capital investissement : il s’agit de sociétés financières qui acquièrent des entreprises, parfois en difficulté, parfois en panne d’actionnaires pour avoir les liquidités, ces sociétés achètent ces entreprises et les revendent avec de très gros profits et en faisant pour cela appel à la bourse à des financements massifs à crédit (860 milliards de dollars de titre ont été ainsi émis au premier semestre 2007, c’est-à-dire 40% de plus qu’un an plus tôt) . Leurs dettes sont placées sur le marché par le biais de titre appelés CDO. (Collateralized debit obligation).Or depuis quelques semaines, on peut même parler de mois, ces titres suscitent beaucoup d’inquiétude. Le capital investissement a de plus en plus de mal à placer leurs titres qui sont en fait des dettes, on cite le cas de KKR le géant qui n’arrive plus à placer les actions Chrysler. Le marché guette qui a des titres de ce type or les fonds spéculatifs et même ceux à moindre risque s’en sont gavés comme ils se sont gavés des subprimes. L’inquiétude face au subprimes s’est donc doublé d’une inquiétude face à un sytème plus général qui gangrène l’économie.&lt;br /&gt;La BCE dans sa récente note mensuelle a signalé que les LBO (opérations de rachat par endettement : “leverage buyout”, LBO).. présentent des similitudes avec les crédits immobiliers à risque (”subprime”), actuellement en pleine crise. Selon la BCE ces similitudes “pourraient susciter des inquiétudes concernant la stabilité financière dans le cas d’un changement du cycle des crédits”. Elle note toutefois que les acteurs du marché des LBO “se connaissent en général très bien dans le secteur financier”, ce qui n’est pas toujours le cas dans le marché des “subprime”, et peuvent donc se protéger contre les faiblesses passagères. On serait rassuré si ce genre de discours lénifiant n’avait pas pris un caractère systématique, ainsi c’est la déclaration de la banque de France du 3 août qui explique que l’Europe ne risque rien. C’est Bush vantant la bonne santé de l’économie nord-américaine et le fait que suffisamment de liquidité étaient disponibles sur le marché nord-américain « pour atterrir en douceur ». Alors même que des économistes tablent sur une crise plus durable que les précédentes, parce que l’économie nord-américaine est déprimée, l’endettement des ménages fort, et parce que la bulle immobilière peut exploser dans d’autres pays. Beaucoup de ces économistes se prononcent pour une baisse des taux d’intérêt des banques centrales, ce qui comme on l’a vu est par ailleurs une incitation à la spéculation dans un système qui s’en nourrit. D’autres invitent les gouvernants et les possédants à se réfugier dans l’or.Parce que le fait est que les banques européennes se sont montrées particulièrement goulues avides de hauts rendements. Aux USA, le capital investissement représente près de 40% du marché fusion et acquisition, mais en Europe les opérations de ce type ont cru de 50% en un an, d’où l’extrême vulnérabilité et le fait que la crise s’est déclenchée en Europe avec la fermeture des fonds de BNP Paris Bas comme facteur déclenchant du jeudi noir (5). Là encore le jeudi noir dix août où se déclenche la panique sur les marchés boursiers, n’est pas un coup de tonnerre dans un ciel serein. Deux remarques, ont retrouve dans les subprimes le même mécanisme que celui du capital investissement parce que les titres des subprimes rentrent dans les CDO. Deuxième remarque ce ne sont pas seulement des ménages à qui on a prêté abusivement de l’argent qui sont touchés ce sont des couches plus aisées.&lt;br /&gt;Ce qu’il faut bien mesurer donc c’est qu’il ne s’agit pas seulement du seul secteur des prêts immobilier par une clientèle étasunienne non solvable, mais que le boom immobilier, le surendettement auxquels était invité les ménages correspondait au mode de développement global de l’économie, elle-même basée sur le surendettement et les hauts rendements à partir de la pression sur les plus pauvres. Il faut bien mesurer que les Etats-Unis sont à la source du phénomène, mais celui-ci s’était mondialisé et la crise des « subprimes », en fait des CDO, s’est rapidement étendu et a obligé la plupart des banques centrales à injecter des liquidités. Enfin il faut voir que la crise dite des subprimes part des pauvres surendettés, précarisés, au chômage, ne serait-ce que par le biais de la crise immobilière étasunienne, mais en fait cette crise atteint des couches beaucoup aisées de la population .&lt;br /&gt;Quelle que soit l’issue de cet épisode de crise, il est évident que les subprimes ne sont que l’effet déclencheur comme récemment l’a été la décision de limiter les transactions à la Bourse de Shangai. Ce qui apparait clairement dans cette nouvelle crise est qu’un système d’exploitation de plus en plus aggravé tant dans les pays du sud que désormais l’existence d’un sud à l’intérieur du nord et qui s’étend à des couches de plus en plus large, combiné à une économie virtuelle de spéculation, ne peuvent qu’engendrer des crises à répétition, ce que Marx dans le Manifeste définissait déjà comme des crises de surproduction. Et comme chaque crise aboutit à une pression accrue de l’exploitation, une tentative pour extraire toujours plus de profit du travail, l’effet de crise s’accentue, avec ses symptômes un chômage qui perdure et d’étend, une croissance qui demeure poussive et ces vagues de panique.&lt;br /&gt;Dans un récent article ici même, je vous expliquais que le véritable problème que soulevaient les « vacances de Sarkozy » était sa vassalisation aux Etats-Unis. Jusqu’où va-t-elle. Ce qui est sur c’est que son adhésion au modèle nord-américain est lisible dans ses choix économiques, ceux qui sous couvert du « enrichissez vous » exerce une pression insoutenable non seulement sur les couches les plus défavorisées, mais également sur les couches moyennes, qui utilise le surendettement y compris budgétaire comme l’instrument d’une recomposition du budget de l’état vers toujours plus de privatisation, vers la mise en coupe réglée des services publics.&lt;br /&gt;Danielle Bleitrach&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1) Dans Grand soir, article de Vincent Présumey&lt;a href="http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=5336" rel="nofollow" send="true"&gt;http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=5336&lt;/a&gt;“Hausse des taux et prix des terrains et des bâtiments sont liés par une relation qui est l’un des rapports sociaux les plus irrationnels du mode de production capitaliste : le prix foncier est formé par capitalisation de la rente foncière, c’est-à-dire que le loyer moyen (ou, pour des terres agricoles, le fermage) est considéré comme l’intérêt d’un capital qui est le prix du terrain. Mathématiquement, si les taux d’intérêt montent les prix fonciers baissent, et inversement. Etrangement, mais ce rapport social fonctionne bel et bien, cela veut dire en partie que moins c’est cher, plus vous payez ! (c’est là la clef pour analyser le lien étrange entre loyers et prix immobiliers, abordé dans l’article Bulle immobilière : le krach menace, &lt;a href="http://www.legrandsoir.info/article.php3" send="true"&gt;www.legrandsoir.info/article.php3&lt;/a&gt; ? (…) Avec les subprime mortgage, la boucle est bouclée : la transformation des salariés en “propriétaires” aboutit à leur expropriation encore un peu plus achevée, leur propre salaire leur étant repris sous forme de prix fonciers (rente) et d’intérêts à payer pour l’éternité. C’est au moment même de la proclamation du salarié comme propriétaire que s’achève en fait son expropriation et qu’il devient un pauper. “id_article=2927″&lt;br /&gt;(2) Dans le même article : “Or, les taux d’intérêts ont nettement remonté aux Etats-Unis depuis un an et demi, malgré la Fed qui s’est alignée sur cette tendance et ne l’a pas suscitée -cette perte de contrôle partielle de la Fed sur les taux US est d’ailleurs un fait économiquement et politiquement nouveau.Ce renchérissement de ce qu’il est convenu d’appeler le “loyer de l’argent” est en effet, au fond, une réaction à la baisse comparative du dollar par rapport aux autres monnaies, surtout l’euro, et en partie une réaction à la difficulté relative croissante de placer des bonds du trésor US à l’étranger, où des quantités énormes se trouvent déjà, la plus grande concentration se situant … en Chine. ” Sur cette dernière question voir l’article de Paul Craig Roberts. “Oncle Sam, votre banquier vous en avisera”. L’article émet l’hypothèse que la nouveauté de la situation est que la FED (réserve fédérale) ne contrôle plus les taux d’intérêt et que Wall street et la maison blanche, de fait tout l’occident, sont obligés de plier devant la Chine. “Si les marchés financiers occidentaux sont assez intelligents pour comprendre le message, les taux d’intérêt US monteront sans se soucier de toute autre action de la Chine. En ce moment, la Chine n’a pas besoin de vendre une seule obligation. En un instant, la Chine a fait comprendre que les taux d’intérêt US dépendent d’elle, pas de la Réserve Fédérale.” &lt;a href="http://www.alterinfo.net/Oncle-SAM,-votre-banquier-vous-avisera-maintenant_a10388.html?PHPSESSID=38782bf1085246b77b14088b6f9b1230" rel="nofollow" send="true"&gt;http://www.alterinfo.net/Oncle-SAM,-votre-banquier-vous-avisera-maintenant_a10388.html?PHPSESSID=38782bf1085246b77b14088b6f9b1230&lt;/a&gt; . C’est l’analyse que nous faisons dans Les Etats-Unis De Mal empire. Ces leçons de résistance qui nous viennent du Sud. Aden ed. 2005&lt;br /&gt;(3) A la fin juillet, la société Country wide Financial, leader du crédit immobilier residentiel nord-américain a constaté un retard de paiement significatif chez les foyers solvables aisés. Angelo Mozilo, le patron de cette société a déclaré « les prix des maisons baissent comme on ne l’a jamais vu depuis la dépression des années 30 », le marché a-t-il estimé ne se relevera pas avant 2009.&lt;br /&gt;(4) Reuters - Jeudi 9 août, 16h58. Les défauts de paiement dans le crédit immobilier sont devenus plus fréquents chez les emprunteurs de la catégorie juste au-dessus du subprime », déclare l’assureur American International Group.&lt;br /&gt;(5) Notons que la méfiance vient de loin si le 10 août bear Streams perd 6,30% en Bourse, la perte est de 31% sur trois mois.&lt;br /&gt;(6) Il est à noter que la crainte du relèvement du Yen a déjà produit un retour vers cette monnaie qui a accru les effets de la crise dite des subprimes. En 1998, le yen avait connu cet effet de ré-évaluation (environ 20%) qui avait laissé sur le carreau quelques spécialistes de ce carry trade.&lt;br /&gt;(7) Dans le genre plus hypocrite que moi tu meurs, il faut noter le 3 août l’intervention de la Banque de France qui déclarait que la crise des subprimes ne toucherait pas l’Europe ((cf. Le Figaro de ce jour). La question qui est sur toutes les lèvres est à présent de savoir où va s’arrêter le cyclone, alors que les incertitudes planent sur les pertes exactes que la crise du “subprime” va entraîner pour les banques touchées. Et “s’il y a une chose que les marchés détestent, c’est l’incertitude”, souligne Gilles Moec, chef économiste de Bank of America. “Les conséquences ne vont pas rester limitées aux marchés financiers”, avertit Jörg Krämer, chef économiste de la Commerzbank. “La conjoncture aux Etats-Unis, et donc dans le monde, va encore longtemps souffrir des suites négatives”.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3722989619287973122-3535837327989069432?l=argumentaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://argumentaire.blogspot.com/feeds/3535837327989069432/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3722989619287973122&amp;postID=3535837327989069432' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/3535837327989069432'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/3535837327989069432'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://argumentaire.blogspot.com/2007/08/crise-des-subprimes-et-ou-crise-dun.html' title='Crise des &quot;subprimes&quot; ou crise d&apos;un système'/><author><name>SAd___</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04432896018992176644</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_pdPUqUaJrAc/SqLcsyKKBEI/AAAAAAAAAtU/6CCI3cY8qvY/S220/cestmoa.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3722989619287973122.post-3534874070985708963</id><published>2007-08-07T04:19:00.000-07:00</published><updated>2007-08-07T04:21:14.629-07:00</updated><title type='text'>Réflexion d'été</title><content type='html'>&lt;strong&gt;Source : &lt;/strong&gt;&lt;a href="http://caiusgracchus.blogspot.com/"&gt;&lt;strong&gt;http://caiusgracchus.blogspot.com&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp0.blogger.com/_pV9CAE6eQW0/RpqkONn4xqI/AAAAAAAAAKY/EI-pvK1YxHY/s1600-h/72d.jpg"&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Le poète italien &lt;strong&gt;Edoardo Sanguinetti&lt;/strong&gt;, qui fut en son temps député du PCI, a déclaré récemment, à l’occasion d’une récente élection locale à Gênes :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;« Que le prolétariat existe et continue à être exploité est un secret de Polichinelle. Il faut restaurer la haine de classe. Les patrons nous haïssent et nous ne les haïssons plus ! »&lt;/em&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3722989619287973122-3534874070985708963?l=argumentaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://argumentaire.blogspot.com/feeds/3534874070985708963/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3722989619287973122&amp;postID=3534874070985708963' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/3534874070985708963'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/3534874070985708963'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://argumentaire.blogspot.com/2007/08/rflexion-dt.html' title='Réflexion d&apos;été'/><author><name>SAd___</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04432896018992176644</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_pdPUqUaJrAc/SqLcsyKKBEI/AAAAAAAAAtU/6CCI3cY8qvY/S220/cestmoa.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3722989619287973122.post-8051381994639998568</id><published>2007-08-07T04:08:00.000-07:00</published><updated>2008-07-17T04:16:05.406-07:00</updated><title type='text'>Démocratie, Capitalisme, société de consommation et Communisme</title><content type='html'>&lt;strong&gt;1. LA DEMOCRATIE EXISTE T ELLE ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Si la démocratie « réelle » implique notamment une participation éclairée et active du plus grand nombre de citoyens possible sans distinction de classe ou de revenus, alors, lorsque la participation du citoyen à la vie politique de son pays devient un luxe, c'est que nous ne sommes déjà plus dans une démocratie.Tout indique que nous sommes bien dans un faux -semblant de démocratie, avec de fausses élections ( ce type de faux-semblant étant la spécialité du capitalisme).D'une démocratie basée sur la représentation des citoyens par leurs élus, nous sommes passé à un système où nous avons, non plus une démocratie représentative, mais une représentation de démocratie.Et cette représentation est nécessairement biaisée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;2. QUELS SONT LES RAPORTS ENTRE DEMOCRATIE CAPITALISME ET SOCIETE DE CONSOMMATION ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Si l'énergie psychique et intellectuelle des citoyens est mobilisée entièrement par la question de sa subsistance et la quête de savoir comment boucler "au moins pire" la fin du mois, alors, non, nous ne sommes plus dans une démocratie et nous sommes revenus de fait à un régime censitaire où seuls les citoyens aisés peuvent voter, c'est à dire, voter valablement.Voter valablement implique de pouvoir mettre en oeuvre une liberté réelle de choisir, ce qui nécessite notamment d'avoir eu suffisamment de temps, de calme et de moyens (matériels et intellectuels) pour exercer notre sens critique et notre libre arbitre.Il faut vraiment préférer la douceur temporaire de l'aveuglement volontaire à la sauvagerie salvatrice de la lucidité pour ne pas se rendre compte que nous e n sommes à ce stade avancé de dépérissement de la démocratie, et que nous n'évoluons plus que dans un théâtre d'ombres chinoises.Nous avons réintégré le "mythe de la caverne".Cette quête des moyens de subsistance est aggravée ( car elle est pervertie) par le développement de la société de consommation, qui, par le biais de la marchandisation (des choses, des êtres, des idées), repousse sans cesse les frontières qui existent entre nécessaire et superflu.Cette société de consommation, fondée sur, et en même temps gouvernée par, le marché, la loi de l'offre et de la demande, dont le seul maître est l'argent, est le bras armé du capitalisme dans la société.La société de consommation est exactement comme une très belle personne, avenante, parfumée, mais qui aurait deux défauts: il faut la payer pour la toucher de près et elle est complètement vérolée...Pris dans le filet de ce consumérisme, on court après du rêve à acheter (et non à rêver ce qui est quand même un sacré paradoxe en terme de désir - et plus il est cher plus il est réputé être "beau") et on pervertit nous-même à notre insu, le sens du travail.Corrélativement, le travail, qui devrait ou qui pourrait être aussi une source de satisfactions personnelles et de gratifications, devient de plus en plus pénible et harassant car soumis à la loi terrible de la productivité - ce que l'on gagne n'est jamais suffisant pour acquérir les "gros rêves" que la société de consommation nous fait faire.Plus ces rêves sont gros, plus le salaire est dérisoire. Et nous sommes comme des hamsters dans une cage, qui tournent à toute vitesse dans la petite roulette.Le but du travail ne devrait pas être de "gagner plus" mais de "s'épanouir plus". Même si je sais qu'étymologiquement, travail vient de "torture" et que cette notion est fortement liée à celle de salaire...il y a des tortures symboliques qui peuvent être bénéfiques , et d'autres réelles, et néfastes, qui s'inscrivent dans la chair des salariés suicidés.Pour ceux dont le salaire est carrément indécent, ces 17 % de la population qui gagnent le SMIC, (et qui sont en effet symboliques de toute la population prolétarienne), le rêve est tellement hors de portée qu'ils n'ont que deux choix: fermer les yeux à ce consumérisme et résister, prenant le risque de se "marginaliser", de "s'isoler", ou accepter le système jusqu'à en devenir cinglés, accepter la bouche ouverte de "travailler plus pour gagner plus", pour finir à la commission de surendettement, voter FN et voire pire, quand leur vie n'est pas mise en péril par les névroses que créent autant de contradictions manifestes...Ainsi asservis, nous rentrons dans des rapports pervertis avec la démocratie, ce qui est le but du capitalisme.Cette participation à la vie publique, par le biais en l'occurrence ,de la politique, devient un luxe quand, avant même de pouvoir penser à s'asseoir à une table sans rien à faire et avec encore suffisamment d'énergie pour réfléchir à la situation politique du pays ou du canton ou de la région, à travers son expérience personnelle et à travers ses lectures, la plupart des citoyens doit avoir résolu une somme de problèmes matériels conséquents.Cette participation devient un luxe lorsque le citoyen n'a plus les ressources matérielles, morales et intellectuelles nécessaires à la prise de recul minimum qu'implique une réflexion et une décision politiques.Aussi, la paupérisation du prolétariat, conjuguée à la valorisation de la consommation, précède l'appauvrissement du processus démocratique et prépare toujours l'arrivée de la dictature politique voire militaire, qui s'appuient sur les moyens capitalistes, pour conserver le capitalisme lui-même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;3. LE PIEGE CAPITALISTE POUR LE COMMUNISME&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Et ce faisant, le capitalisme met en place un piège à double détente pour le communisme.Paupérisant à l'extrême le prolétariat dont le communisme est un des défenseurs (sinon le seul), il place cette doctrine dans la logique de la double contrainte, puisqu'il lui commande avant tout d'augmenter les moyens de subsistance des travailleurs, mais ce faisant augmente leur « pouvoir d’achat ».Oui mais voilà, une fois que le communisme a redonné cet "oxygène" nécessaire aux travailleurs, encore faut-il qu'il ne s'arrête pas là et qu'il rentre à fond dans la difficile bataille contre le consumérisme.Renoncer à cette bataille, la traiter comme négligeable, c’est déjà renoncer à combattre le capitalisme.Faute de mener cette bataille, qui implique d'avoir autre chose à proposer que de devenir calife à la place du calife (ce que j'appelle "transformer le prolétaire pauvre en bourgeois"), le communisme s'affaiblit, et commence à mourir, car il garde au sein de la société la pire partie du capitalisme et se rend perméable à la social-démocratie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;4. DE LA NECESSITE POUR LE COMMUNISME DE PENSER LE MONDE COMME UN TOUT ET DU TOTALITARISME CAPITALISTE&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;On reproche très souvent au communisme d'être "totalitaire" par nature. C'est une des critiques que j'entends le plus à notre encontre.J'avais souvent tendance à répondre que cela était faux.Mais à la réfléxion, je crois que c'est exact, dans la mesure où cela signifie que le communisme induit une systématisation, une manière de pensée qui est totalitaire, en ce sens qu'elle essaie de TOUT appréhender pour tordre définitivement le cou au capitalisme.Je crois que c'est donc non seulement exact mais surtout hautement nécessaire, que le communisme soit "totalitaire" par nature, si cela n'aboutit pas à une dérive personnalisée et au totalitarisme.Et c'est bien parce que le communisme a cessé de penser le monde comme un système et de livrer des combats sur tous les fronts où sévit le capitalisme, qu'il s'est affaibli et a échoué.Il faut dire que certains prétendus représentants du communisme ont largement contribué à nous faire échouer, et servent encore de repoussoir... Voici une des raisons objectives pour lesquelles j'ai une détestation viscérale de Staline, par exemple, ou de Mao ( outre la répulsion que leurs crimes entraînent chez moi). Parce qu'ils ont usurpé le communisme et que leurs horreurs ont finalement servi de prétexte au capitalisme pour nous abattre ( comme si nous avions besoin de ça).En revanche , je ne peux pas laisser dire que le communisme serait LE système produisant le plus de dictatures et de morts, si c'est cela qu'implique en effet ce jugement sur le communisme comme « totalitaire ».Je crois que nous avons encore la preuve tous les jours que c'est bien le capitalisme, et tout ce qu'il véhicule ou tout ce qui l'appuie, qui a le record absolu en la matière dans tous les points du globe. Le plus criminogène, le plus pathogène, le plus mortifère, le plus indigne, le plus asservissant, le plus dégradant....Communisme et capitalisme seraient deux versants d'une même médaille en quelque sorte, et non, amis socialistes, le communisme n'est pas nécessairement la face la plus sombre de cette médaille!Je dirais même que c'est exactement pour cette raison, parce qu'en effet c'es t un système de pensée "totalitaire" ou plutôt "totalitarisant" ( dans le sens où il tente de penser un "tout"), que c'est bien le communisme qu'il faut choisir comme voie pour abolir le capitalisme et transformer la société , et rien d'autre.Car le capitalisme est également un système totalitaire par essence, bien pire que le communisme car fondé sur une logique de faux semblant, de fausse(s) liberté(s) et de représentations qui servent d'alibi notamment, à la répression la plus sournoise, à l'esclavage le plus absolu, et qui est celui que l'Homme s'inflige à lui-même en croyant ainsi être libre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;5. LA PLACE DES COMMUNISTES DANS UNE DEMOCRATIE CAPITALISTE&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Toute la question pour les communistes aujourd'hui est de savoir si nous ne sommes pas devenus des représentations dans le théâtre capitaliste, si nous ne sommes pas en train de servir d'alibi à ce pouvoir capitaliste.Je dirais que oui, bien-sûr , et hélas, nous sommes aujourd'hui devenus "alibi du capitalisme".C'est une des raisons de notre grande faiblesse. Nous sommes corrompus ou plus exactement, comme me le disait un camarade l'autre soir en AG de section, nous sommes "altérés". --- Notez bien que je dis faiblesse et pas disparition...Si nous en sommes réduits à ce stade où nous sommes aujourd'hui, c'est justement pour cela - le système capitaliste a gagné un maximum de terrain et nous lui servons d'alibi, comme des tas d'autres choses.Nous lui servons à maintenir l'illusion que le capitalisme est libéral, c'est à dire favorise, promeut, la liberté, y compris celle d'avoir des communistes, supposés être, pourtant, les plus farouches opposants du capitalisme lui-même.Aussi bien le discours finit même par se retourner contre nous ! Comment prétendre en effet que le capitalisme est une dictature permanente et sournoise, la pire de toute, alors que NOUS "existons" encore !C'est une des raisons pour lesquelles je m'oppose fortement à privilégier une bataille de "l'antilibéralisme" par rapport à une bataille contre le capitalisme.Il ne faut pas nous tromper de combat - le libéralisme n'est qu'un symptôme, un pet de lapin sur une toile cirée divertissant, par rapport à la racine de nos maux, qui est reste et sera toujours le capitalisme.Nous sommes, nous communistes, ( ou "nous, PCF" plutôt) actuellement totalement dépendants de la bonne volonté du capitalisme, qui a depuis longtemps la main sur notre gorge, prêt à la serrer autant qu'il le faudra, pour nous faire tenir tranquilles, puis, pour nous supprimer si nous ne courbons pas l'échine.Le système de la 5ème République est fait pour cela. Il était fait à l'origine pour servir les intérêts de la bourgeoisie conservatrice de l'après -guerre; il est aujourd'hui fait pour servir les intérêts du capitalisme financier international dont Sarkozy n'est qu'un valet.Que nous le voulions ou pas, c'est aujourd'hui le fric qui gouverne. Et cela nous concerne aussi.Ne pas l'admettre, ne pas admettre que nos (vaines et à mon avis pathétiques) discussions sur le groupe , les subventions, les moyens financiers , les euros gagnés par les candidats aux législatives, les amendes évitées ou subies pour respect de la parité, les questions d'alliance avec les uns ou les autres, etc, etc, ne pas admettre que tout cela, ce sont des symptômes graves de ce que nous n'existons plus, non pas que par la volonté du PS comme on l'entend souvent , mais que nous n'existons plus que par la bonne volonté du capitalisme (dont le PS n'est en effet qu'un autre cheval de Troie...) , c'est une erreur impardonnable.J'irais même plus loin: tant que cette main capitaliste ne serre pas notre gorge assez fort, c'est que nous avons complètement perdu de notre force et notre pouvoir de nuisance, et qu'elle trouve plus d'avantage à nous maintenir en vie artificiellement qu'à nous éliminer définitivement, pour que nous continuions à "servir" aux fins capitalistes.Je vous parie que si "notre" Congrès devait accoucher au moins d'un DESIR d'une unité , d'une volonté communiste ,marxiste, anticapitaliste, d'un désir de combat sans concession ( ce que j'appelle de mes vœux), si par bonheur, si par sursaut de dignité et d'orgueil, si par intelligence, nous trouvions en nous les ressources et les forces nécessaires pour désirer redevenir communistes, ou plutôt pour que NOTRE parti redevienne le Parti des communistes, le Parti du communisme, nous commencerons à sentir passer immédiatement la rage capitaliste et à voir renaître un anticommunisme réel ( c'est- à -dire ayant des traductions physiques et matérielles).Nous verrons la différence.Nous n'aurons même plus le loisir de nous demander si nous faisons "un groupe" ou pas, parce que nous n'aurons plus de députés, ou que le seuil sera réhaussé à 25. Nous serons purement et simplement interdits ( bien sûr, je force un peu le trait mais c'est pour éclairer au mieux mon propos).Et là corrélativement, et comme cela a toujours été le cas pour les communistes, plus cette main serrera, plus nous recommencerons à bouger et à résister.Plus "nous" redeviendrons résistants.Plus "nous" redeviendrons communistes.De là à souhaiter que nous commencions à en prendre VRAIMENT plein la figure pour "nous" réveiller... Mais hélas, ce serait un bon signe.Un signe que nous serons redevenus vraiment dangereux.Et donc un signe que "nous" serons redevenus vraiment utiles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;6. COMMUNISME, CONSUMERISME, ET LANGAGE&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Je finirai cette petite tentative de théorisation, lacunaire et maladroite, par dire que l'un de nos premiers devoirs de communistes, ce doit être aujourd'hui de résister au consumérisme, et de penser une alternative à la société de consommation, de rêver une autre société.Détruire le capitalisme implique d'en passer par là.Ne plus transiger avec cette force immonde, sous quelque prétexte que ce soit.Et quand je dis cela, je m'oppose également à ce que nous continuions à colporter en notre sein des concepts creux venus tous droits de la social-démocratie, comme ceux de "dépassement du capitalisme", ou de "gauche".Quand, dans un texte officiel, on trouve 11 fois le mot "communiste" sur 12 pages et 39 fois le mot "gauche" , et bien c'est que nous avons un sacré problème en notre sein.Si notre objectif c'est bien de travailler sur le communisme, il faut le dire comme tel et ne pas dire que nous envisageons de "penser la gauche" ou de "travailler pour la gauche".Il faut dire "nous allons penser le communisme"", "nous allons travailler pour le communisme". Où est le drame, quelle est l'impossibilité à cela? Je dis cela, non pour le plaisir d'adopter une figure "réactionnaire" mais parce que nier le pouvoir des mots sur la formation des idées, voire, des comportements, serait une folie sinon une stupidité.----- Utiliser un mot ou un concept sans le réfléchir, sans le questionner sur son origine, revient à lui laisser la porte ouverte de notre esprit et à nous faire "contaminer" par lui! Il ne s'agit pas d'être psycho-rigide, mais d'être vigilant sur l'emploi des termes, de tournures de phrases, qui sont tous porteurs d'une philosophie...Surtout lorsque cette "philosophie" est en réalité contraire ou incompatible avec le communisme....En outre, il me semble un peu vain quand on est un parti politique qui oscille entre 5 et 2 % aux élections depuis 10 ans, de prétendre servir de moteur à "la gauche".Et je ne vois pas pourquoi NOUS seuls devrions prendre, au risque de nous en faire crever, la responsabilité de la survie de la gauche! Je l'ai dit, dialogons, réfléchissons, oui, mais que chacun se débrouille de ses petites affaires.Personnellement, seuls m'intéressent et me motivent non seulement la survie, mais encore l'envol du communisme du 21ème siècle avec le PCF, si le PCF c'est bien nous, la majorité, et pas seulement quelques-uns.Mais bien sûr, cela postule que nous croyions encore que le communisme peut et doit être la façon de changer le monde...Et je ne suis pas sûre que ceux/celles qui emploient en permanence le terme de "gauche" le pensent encore (s'ils l'ont jamais pensé pour certain-e-s)...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;7. IL FAUT RELEVER LE "PELOTON DE GARDE"&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;En disant cela, je n'entends pas être inutilement dure et intransigeante avec nos camarades, dont certains sont bien plus anciens et méritants que moi, mais qui ont manifestement baissé les bras - je me contente d'émettre une hypothèse: le combat, le pouvoir, surtout celui-là, use, sans aucun doute, les âmes les mieux trempées et les volontés les plus farouches. Chez tout le monde.Evidemment ce combat implique aussi que nous nous posions des questions sur notre rapport à la violence, à la révolution ( y compris en notre sein), à la liberté....Voilà quel devrait être le sens de notre Congrès, bien plus qu'une question pour savoir si nous devons débaptiser ou pas le PCF, le liquider ou pas, et si oui, comment!Je l'ai dit, je pense qu'il ne faut pas confondre travail sur le cadre ( pour moi accessoire actuellement, en tout cas, tel qu’il est présenté pour l'instant), et travail sur les idées.Il y a cependant et en effet des choses à changer dans la « forme », et la question des supports des idées, de leurs sources, (je parle des êtres humains), est aussi importante car les Idées ne « vivent » pas toutes seules…C'est ce que j'appellerais une éthique politique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;8. PISTES POUR UN CONGRES, LA QUESTION DE L'EXISTENCE DU PCF&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Pour préserver notre énergie pour la réflexion sur de "vrais" sujets, je proposerais bien comme préalable à ce Congrès que la question de la « liquidation » du PCF ne soit même pas à l'ordre du jour et que toute proposition qui commencera par aborder les choses sous cet angle soit rejetée, au moins dans cette partie, sans hésitation.Bien sûr, il ne s'agit nullement de faire de cette question un tabou, de poser des interdits "par nature", non, évidemment, nous pourrons en discuter, mais plus tard.Quand nous aurons d'abord rempli notre tâche de communistes.C'est à dire , quand nous aurons élaboré un nouveau projet de société, puisqu'il faut changer celle-ci.Et je ne crois pas que l'effort considérable que demande cette tâche ( et qui ne se résoudra pas en un ou deux ans) implique qu'on en passe nécessairement par la mort du PCF.J'irais même plus loin: ce serait une faute de notre part si nous mettions la charrue avant les bœufs, si nous perdions notre temps à de telles balivernes gauchistes (montées en épingles par des ego disproportionnés ou faibles) alors que, face au capitalisme, face à Sarkozy, face au MEDEF, face à l'UMP, face à l'Europe libérale et à la mondialisation, nous avons d'autres combats à mener et d’urgence.Nos divisions sur un sujet aussi mineur que celui de la "forme PCF" ne seraient , je crois, qu'une arme de plus dans le camp d'en face.Je maintiens que tout le débat actuellement organisé en France, tel qu'il est organisé , sur "la gauche", sa recomposition, sa reconstruction, est un tropisme capitaliste qui est un piège terrible pour nous communistes, et qu'il ne faut pas ycéder.On n'organise pas les forces communistes comme on organise les forces capitalistes.Nous avons besoin d’un espace pour une véritable rénovation, cette rénovation devant être avant tout celle des idées communistes.Cette rénovation, elle ne saurait se résumer à rédiger un « programme d’accompagnement » des méfaits du capitalisme dans nos vies, le tout à base d'une novlangue soi disant "moderne".Et je rejoins de nombreux camarades qui s'expriment ici (je pense notamment à la dernière contribution de Marine Roussillon), nous, NOUS TOUS ET TOUTES, communistes, membres du PCF ou pas, prolétaires, précaires, exclus, nous avons besoin du communisme et du PCF pour changer le monde!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fraternellement&lt;br /&gt;(merci à La Louve pour toutes ses vivantes contributions)&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3722989619287973122-8051381994639998568?l=argumentaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://argumentaire.blogspot.com/feeds/8051381994639998568/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3722989619287973122&amp;postID=8051381994639998568' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/8051381994639998568'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/8051381994639998568'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://argumentaire.blogspot.com/2007/08/dmocratie-capitalisme-socit-de.html' title='Démocratie, Capitalisme, société de consommation et Communisme'/><author><name>SAd___</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04432896018992176644</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_pdPUqUaJrAc/SqLcsyKKBEI/AAAAAAAAAtU/6CCI3cY8qvY/S220/cestmoa.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3722989619287973122.post-2734880285557305462</id><published>2007-08-07T02:55:00.001-07:00</published><updated>2007-08-07T02:55:57.562-07:00</updated><title type='text'>Salaires, Prix et Profits</title><content type='html'>K. Marx, "Salaires, prix et profits", 1865, extrait:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Après avoir montré que la résistance périodiquement exercée de la part de l'ouvrier contre la réduction des salaires et les efforts qu'il entreprend périodiquement pour obtenir des augmentations de salaires sont inséparablement liés au système du salariat et sont provoqués par le fait même que le travail est assimilé aux marchandises et soumis par conséquent aux lois qui règlent le mouvement général des prix; après avoir montré, en outre, qu'une hausse générale des salaires entraînerait une baisse générale du taux du profit, mais qu'elle serait sans effet sur les prix moyens des marchandises ou sur leurs valeurs, maintenant il s'agit finalement de savoir jusqu'à quel point, au cours de la lutte continuelle entre le capital et le travail, celui-ci a chance de l'emporter.Je pourrais répondre de façon générale et vous dire que le prix du marché du travail, de même que celui de toutes les autres marchandises, s'adaptera, à la longue, à sa valeur; que, par conséquent, en dépit de toute hausse et de toute baisse, et quoi que fasse l'ouvrier, il ne recevra finalement en moyenne que la valeur de son travail, qui se résout dans la valeur de sa force de travail, laquelle est déterminée, à son tour, par la valeur des moyens de subsistance nécessaires à sa conservation et à sa reproduction, et dont la valeur est finalement réglée par la quantité de travail qu'exige leur production.Mais il y a quelques circonstances particulières qui distinguent la valeur de la force de travail, la valeur du travail, des valeurs de toutes les autres marchandises. La valeur de la force de travail est formée de deux éléments dont l'un est purement physique et l'autre historique ou social. Sa limite ultime est déterminée par l'élément physique, c'est-à-dire que, pour subsister et se reproduire, pour prolonger son existence physique, il faut que la classe ouvrière reçoive les moyens de subsistance indispensables pour vivre et se multiplier. La valeur de ces moyens de subsistance de nécessité absolue constitue par conséquent la limite ultime de la valeur du travail. D'autre part, la longueur de la journée de travail a également des limites extrêmes, quoique très extensibles. Ses limites extrêmes sont données par la force physique de l'ouvrier. Si l'épuisement quotidien de sa force vitale dépasse un certain degré, celle-ci ne pourra pas fournir journellement une nouvelle activité. Néanmoins, comme nous l'avons dit, cette limite est très extensible. Une succession rapide de générations débiles et à existence brève approvisionnera le marché du travail tout aussi bien qu'une série de générations fortes et à existence longue.Parallèlement à cet élément purement physiologique, la valeur du travail est déterminée dans chaque pays par un standard de vie traditionnel. Celui-ci ne consiste pas seulement dans l'existence physique, mais dans la satisfaction de certains besoins naissant des conditions sociales dans lesquelles les hommes vivent et ont été élevés. Le standard de vie anglais pourrait être réduit à celui de l'Irlande, le standard de vie d'un paysan allemand à celui d'un paysan de Livonie. L'importance du rôle que jouent à cet égard la tradition historique et les habitudes sociales, vous pourrez la voir dans l'ouvrage de M. Thornton sur la Surpopulation. Il y montre que les salaires moyens dans diverses régions agricoles d'Angleterre, encore de nos jours, diffèrent plus ou moins suivant les circonstances plus ou moins favorables dans lesquelles ces régions sont sorties du servage.Cet élément historique ou social qui entre dans la valeur du travail peut augmenter ou diminuer, disparaître complètement, de telle sorte que la limite physiologique subsiste seule. Du temps de la guerre contre les Jacobins, entreprise, comme disait le vieux George Rose, budgétivore et sinécuriste impénitent, pour mettre les consolations de notre sainte religion à l'abri des incursions de ces mécréants de Français, les honnêtes fermiers anglais que nous traitions si tendrement dans un chapitre précédent abaissèrent les salaires des ouvriers agricoles même au-dessous du minimum purement physique et firent ajouter, moyennant les Lois des pauvres, ce qui était nécessaire à la conservation physique de la race. C'était une manière glorieuse de transformer l'ouvrier salarié en esclave et le paysan libre et fier de Shakespeare en un indigent assisté.Si vous comparez les salaires normaux, c'est-à-dire les valeurs du travail dans différents pays et à des époques historiques différentes dans le même pays, vous trouverez que la valeur du travail elle-même n'est pas une grandeur fixe, qu'elle est variable même si l'on suppose que les valeurs de toutes les autres marchandises restent constantes.D'une comparaison analogue des taux du profit sur le marché il ressortirait que non seulement ceux-ci varient, mais que varient aussi leurs taux moyens.Mais, en ce qui concerne les profits, il n'existe pas de loi qui déterminerait leur minimum. Nous ne pouvons pas dire quelle est la limite dernière de leur baisse. Et pourquoi ne pouvons-nous fixer cette limite ? Parce que nous sommes bien capables de fixer les salaires minimums, mais non les salaires maximums. Nous pouvons seulement dire que les limites de la journée de travail étant données, le maximum des profits correspond à la limite physiologique la plus basse des salaires et que, étant donné les salaires, le maximum des profits correspond à la prolongation de la journée de travail encore compatible avec les forces physiques de l'ouvrier. Le maximum du profit n'est donc limité que par le minimum physiologique de salaire et le maximum physiologique de la journée de travail.Il est clair qu'entre ces deux limites du taux maximum du profit, il y a place pour une échelle immense de variations possibles. Son degré n'est déterminé que par la lutte incessante entre le capital et le travail; le capitaliste essaye continuellement d'abaisser les salaires à leur minimum physiologique et de prolonger la journée de travail à son maximum physiologique, tandis que l'ouvrier exerce constamment une pression dans le sens opposé.La chose se réduit à la question du rapport des forces des combattants.(...)"&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3722989619287973122-2734880285557305462?l=argumentaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://argumentaire.blogspot.com/feeds/2734880285557305462/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3722989619287973122&amp;postID=2734880285557305462' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/2734880285557305462'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/2734880285557305462'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://argumentaire.blogspot.com/2007/08/salaires-prix-et-profits.html' title='Salaires, Prix et Profits'/><author><name>SAd___</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04432896018992176644</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_pdPUqUaJrAc/SqLcsyKKBEI/AAAAAAAAAtU/6CCI3cY8qvY/S220/cestmoa.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3722989619287973122.post-1761557687770263147</id><published>2007-08-07T02:46:00.000-07:00</published><updated>2007-08-07T02:54:10.810-07:00</updated><title type='text'>La guerre des mots</title><content type='html'>&lt;strong&gt;SOURCE: Bellaciao (Jacques Potier)&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Il y a une guerre sur les mots, leur appropriation, leur connotation et leur glissement sémantique. La plupart des médias sont maintenant totalement inféodés au capital. La puissance de traitement de l’information est totalement inédite. La guerre des mots est plus dure qu’elle ne l’a jamais été. D’un seul coup un mot peut devenir un puits sans fond dans lequel toute idée s’engloutit dixit le mot "&lt;strong&gt;réforme&lt;/strong&gt;" pour parler de lois rétrogrades dignes de celles d’avant 1929. Les mots sont aussi blessés par une réalité que certains s’empressent de recouvrir de plusieurs couches de mauvaise foi. Stéphane COURTOIS en est l’un des instigateurs les plus illustre qui mele tranquillement avec un bon sens très peu scientifique &lt;strong&gt;le stalinisme et le communisme&lt;/strong&gt;, ce qui dénature le mot "&lt;strong&gt;communisme&lt;/strong&gt;". Il aurait tout aussi bien pu mêler et avec autant de succès stalinisme et socialisme, l’URSS ne se revendiquait-elle pas son socialiste ? Par association on peut aussi associer le Nazisme au socialisme, il suffit de lui accoler "national". On voit que cela n’a absolument aucun sens.&lt;br /&gt;On voit bien que dans ces entreprises de manipulation, la bourgeoisie et passée maitresse du genre. Les capitaine de la finance disposent d’énormes moyens sur les médias pour détourner ou connoter journellement et formellement le sens des mots avec des journalistes à leur solde. Il n’y a qu’à voir les tentatives sur "&lt;strong&gt;service public&lt;/strong&gt;" ou également sur "&lt;strong&gt;sécurité sociale&lt;/strong&gt;".&lt;br /&gt;Il ne faut pas oublier que cette guerre a aussi été en faveur du peuple. ah oui "&lt;strong&gt;peuple&lt;/strong&gt;" aussi, c’est un mot qui devient difficile à utiliser. Oui cette guerre a été gagnée provisoirement en 45 lorsque Ambroise Croizat mit en place la "&lt;strong&gt;sécurité sociale&lt;/strong&gt;" en lieu et place des "&lt;strong&gt;assurances sociales&lt;/strong&gt;". Il faut voir aujourd’hui les efforts intenses que font les groupes d’assurances pour réactiver le mot "assurances sociales". Pour tout dire, cette bataille sémantique qui permet de s’exprimer à l’ensemble du peuple est une bataille de classe. "&lt;strong&gt;Classe&lt;/strong&gt;" encore un mot difficile à utiliser, peu de gens savent ce que cela représente.&lt;br /&gt;Une autre pour finir. Je discutais avec ma fille BAC+5 qui me disait que son amie était "&lt;strong&gt;matérialiste&lt;/strong&gt;".&lt;br /&gt;Je luis faisais savoir que le matérialisme était une école de philosophie qui n’avait rien à voir avec le &lt;strong&gt;consumérisme&lt;/strong&gt; mais avait à voir avec la démonstration que la matière prévalait sur l’idée et donc était une philosophie qui allait à l’encontre de la pensée idéaliste, religieuse de l’origine du monde. Elle en fut atterrée. Mais peut-on vraiment s’étonner que le matérialisme finisse ainsi, provisoirement dans l’esprit de beaucoup, dans un remugle de vieilles lunes des temples de la consommation permettant de mettre une chape de plomb sur les idée que le matérialisme, le vrai, sou tend ? Alors ? alors il ne faut pas céder d’un pouce sur le terrain du vocabulaire et défendre les mots qui nous servent. &lt;strong&gt;Car sans les mots tangibles qui décrivent la réalité (profit, capital, exploiteur, solidarité, communisme, grève, ...), nous n’aurons plus les moyens de faire saisir et de trouver ensemble des solutions à la réalité qui nous écrase."&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3722989619287973122-1761557687770263147?l=argumentaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://argumentaire.blogspot.com/feeds/1761557687770263147/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3722989619287973122&amp;postID=1761557687770263147' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/1761557687770263147'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/1761557687770263147'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://argumentaire.blogspot.com/2007/08/la-guerre-des-mots.html' title='La guerre des mots'/><author><name>SAd___</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04432896018992176644</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_pdPUqUaJrAc/SqLcsyKKBEI/AAAAAAAAAtU/6CCI3cY8qvY/S220/cestmoa.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3722989619287973122.post-7086376321093989526</id><published>2007-07-31T13:38:00.000-07:00</published><updated>2007-07-31T14:35:00.179-07:00</updated><title type='text'>En quoi consiste la TVA Sociale ?</title><content type='html'>Il s’agit, simultanément de :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&gt; Réduire les cotisations sociales patronales ;&lt;br /&gt;&gt; Augmenter la TVA à due concurrence.&lt;br /&gt;Autrement dit :&lt;br /&gt;&gt; Baisser le « coût du travail » pour les patrons ;&lt;br /&gt;&gt; Faire financer le manque à gagner pour la « Sécu » par une augmentation de l’impôt sur la&lt;br /&gt;consommation des familles. F. Fillon a parlé d’une augmentation de 5 points de TVA à ce titre pour 2009, donc :&lt;br /&gt;&gt; Le taux normal auquel est assujetti l’essentiel des ventes de marchandises et de services en&lt;br /&gt;France passerait de 19,6% à 24,6% ;&lt;br /&gt;&gt; Le taux réduit (produits alimentaires, « biens culturels ») passerait de 5,5% à 10,5% ;&lt;br /&gt;&gt; Le taux super-réduit (médicaments remboursables, presse..) passerait de 2,1% à 7,1%.&lt;br /&gt;Un point en plus de TVA signifie un prélèvement supplémentaire de 6 milliards d’euros en année pleine sur la consommation des familles. Les recettes de TVA (170 milliards d’euros) représentent la moitié des recettes fiscales totales de l’Etat.&lt;br /&gt;Un smicard supporte un prélèvement de 8% sur son revenu annuel du seul fait de la TVA.&lt;br /&gt;En 2009, donc, ce serait 13% ! A noter que plus le revenu est élevé et moins cette proportion est forte. La TVA est l’impôt le plus aveugle et le plus inégalitaire qui soit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;I. Quels buts prétend-elle viser?&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Trois buts sont évoqués par ses partisans :&lt;br /&gt;&gt; Le développement de l’emploi ;&lt;br /&gt;&gt; La lutte contre les délocalisations ;&lt;br /&gt;&gt; L’amélioration du solde du commerce extérieur de la France.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La « TVA sociale », disent-ils, n’aurait que des effets vertueux. Les entreprises qui produisent en France, bénéficiant de nouveaux allègements de cotisations sociales, auraient des coûts de production moindres.&lt;br /&gt;Cela leur permettrait de baisser leurs prix de vente en France et de neutraliser l’effet inflationniste de la hausse de la TVA. Et, tandis que les importations de produits étrangers verraient leurs prix immédiatement augmenter sous l’effet de cette hausse, les&lt;br /&gt;exportations à partir de la France, ne la supportant pas, seraient plus compétitives.&lt;br /&gt;Et ce serait tout bon pour la croissance et l’emploi en France…au détriment, bien sûr, des autres pays. Les patrons ne seraient plus tentés alors de délocaliser, la compétitivité des entreprises étant très améliorée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;II. La réalité est tout autre :&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;De 1994 à 2006, ce sont plus de 170 milliards d’euros qui, en cumulé, auront été accordés aux entreprises sous forme de baisses de cotisations sociales patronales. Cela s’est accompagné :&lt;br /&gt;- D’une progression du sous-emploi avec l’explosion des emplois en temps partiel contraint, de l’intérim, des emplois « aidés » et le maintien d’un chômage de masse très élevé ;&lt;br /&gt;- D’une pression à la baisse des salaires, avec la mise en concurrence généralisée des travailleurs et l’incitation des entreprises à utiliser les nouvelles technologies pour réduire l’emploi, entraînant freinage de la consommation et insuffisance des qualifications ;&lt;br /&gt;- D’aucune baisse des prix, mais au contraire, avec le passage à l’euro, d’une tendance à l’accélération des hausses de prix sur les dépenses incompressibles (logement, assurances, énergie, santé…) dont le poids est d’autant plus lourd dans le budget des familles que&lt;br /&gt;leur revenu est faible ;&lt;br /&gt;- D’une tendance à l’augmentation des profits des grandes entreprises. Ainsi, les bénéfices nets des sociétés cotées au CAC-40 ont été de :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; 53 milliards d’euros en 2003&lt;br /&gt; 67 milliards d’euros en 2004&lt;br /&gt; 84 milliards d’euros en 2005&lt;br /&gt;100 milliards d’euros en 2006&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- L’argent des grandes entreprises a servi de plus en plus à la finance :&lt;br /&gt;En 2005, selon les comptes de la Nation, les « entreprises non financières » ont disposé de 587&lt;br /&gt;milliards d’euros de ressources nouvelles ( profits + fonds publics + crédits ). Un tiers seulement de cette somme est allé à l’investissement réel en France, le reste a servi à payer des intérêts aux banques et aux autres créanciers, des dividendes aux actionnaires et à faire des placements financiers.&lt;br /&gt;- Les entreprises ont de plus en plus délocalisé :&lt;br /&gt;80% des bénéfices nets des sociétés du CAC-40 sont réalisés à l’étranger. Fin 2005, selon la Banque de France, le stock des investissements directs français à l’étranger atteignait 747,9 milliards d’euros contre 620,7 milliards d’euros un an plus tôt.&lt;br /&gt;Et ça continue : sur un an à fin mars 2007, il est sorti pour 115,4 milliards d’euros en investissements directs à l’étranger quand il ne rentrait que pour 59,5 milliards d’euros en investissements directs de l’étranger en France.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En réalité, les baisses de cotisations sociales patronales déresponsabilisent les entreprises vis à&lt;br /&gt;vis de l’emploi, de la formation, de la croissance nationale. Les profits qu’elles rendent disponibles servent aux placements financiers et non à baisser les prix pour les consommateurs ou à investir dans l’essor de capacités en France.&lt;br /&gt;Elles encouragent une utilisation des nouvelles technologies par les entreprises, avant tout, contre l’emploi. Cela finit par casser les ressorts de la croissance nationale.&lt;br /&gt;Ne trouvant plus, alors, la croissance nécessaire en France, les grandes entreprises vont la chercher là où il y en a : aux États- Unis et dans les pays émergents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;La hausse de la TVA accentuerait ces effets pervers :&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Elle engendrerait un prélèvement supplémentaire sur les revenus des foyers populaires ;&lt;br /&gt; Elle entraînerait une diminution de leur pouvoir d’achat du fait des hausses de prix qui en résulteraient ;&lt;br /&gt; Elle accroîtrait les inégalités car elle signifierait un prélèvement d’autant plus important sur les revenus du foyer que ceux-ci sont modestes, tandis que proliféreraient comme une lèpre les revenus financiers du capital des foyers les plus riches.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;La « TVA sociale » n’empêcherait pas les délocalisations et accentuerait la guerre économique&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Du fait du freinage de la demande intérieure et de l’insuffisance des qualifications, les délocalisationscontinueraient de plus bel. Elles redoubleraient vers les pays les plus avancés, États-Unis en tête, dans le domaine des nouvelles technologies qui exigent beaucoup de qualifications, de recherche, de salaires. Mais elles ne diminueraient pas pour autant dans le domaine des productions plus banalisées, car la baisse du « coût du travail », même au niveau de 5 points de TVA, voire plus, maintiendrait la France toujours très au-dessus de la Chine, de l’Inde, des pays émergents.&lt;br /&gt;Et les facteurs d’accroissement des importations en France se multiplieraient&lt;br /&gt;Par contre, cela accentuerait la guerre économique, en Europe notamment, sans du tout aider au relâchement des dominations américaines ou allemandes.&lt;br /&gt;La « TVA sociale » jouerait, en effet, le rôle d’une « dévaluation compétitive » pour les profits des exportateurs et d’une protection des rentes financières face à la pénétration des importations, le tout entraînant la riposte des autres pays.&lt;br /&gt;C’est tout le contraire d’une coopération européenne ambitieuse pour la sécurisation et la promotion de l’emploi, de la formation, des salaires des européens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La « TVA sociale » favoriserait l’asphyxie du pays par les charges financières contre la protection et la promotion des salariés et de leurs familles.&lt;br /&gt;Elle réduirait le financement mutualisé de la protection sociale calculé sur la masse salariale, mais prélevées à partir de toute la valeur ajoutée des entreprises.&lt;br /&gt;Elle accroîtrait, au contraire, la fiscalisation de ce financement, déresponsabilisant les entreprises et augmentant le poids des prélèvements sur les travailleurs et leurs familles.&lt;br /&gt;Freinant la croissance réelle de l’emploi, des qualifications, de la recherche, des salaires, de tout ce qui contribue à sécuriser et à promouvoir les moments de la vie de chacun-e, elle encouragerait les placements financiers et accroîtrait le poids des « charges financières» sur les entreprises et le pays.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 2005, selon les comptes de la Nation, les entreprises non financières se sont acquittées de 128 milliards d’euros de cotisations sociales patronales, mais elles ont eu à supporter pour 224 milliards d’euros de charges financières et de dividendes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Répondre autrement aux problèmes posés :&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;L’enjeu est double. Il est nécessaire de créer les conditions d’une meilleure efficacité des entreprises opérant en France, pour sécuriser et promouvoir l’emploi, la formation, les revenus du travail et de la création. Au lieu de poursuivre dans la baisse obsessionnelle du « coût du travail » qui mine la demande et l’offre productive nationale, tout en aiguisant les facteurs de concurrence internationale, il s’agit de baisser les charges financières qui étouffent&lt;br /&gt;les entreprises et de mobiliser le crédit des banques, jusqu’à la BCE, pour financer autrement la création de richesses en coopération.&lt;br /&gt;Simultanément, il s’agit de réformer en profondeur le financement de la protection sociale dans un sens favorable à cette sécurisation de l’emploi et de la formation, base pour un nouvel essor des principes de mutualisation qui sont au coeur des acquis de la protection sociale, au lieu de la fuite en avant dans la fiscalisation marchant de paire avec la privatisation.&lt;br /&gt;Baisser les charges financières plutôt que les « charges sociales » pour accroître l’efficacité des&lt;br /&gt;entreprises :&lt;br /&gt;Ce sont à ces charges financières étouffantes que le PCF propose de s’attaquer, plutôt qu’aux cotisations sociales patronales qui sont des « charges » utiles à la protection et à la promotion des capacités humaines, meilleur atout face à la concurrence internationale.&lt;br /&gt;Pour cela, il propose d’en finir avec la baisse de ces cotisations et de verser l’argent public consacré à les alléger (23,6 milliards d’euros en 2006) à un Fonds national de sécurisation de l’emploi et de la formation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce Fonds prendrait d’autant plus en charge (bonifications) les intérêts payés aux banques par les entreprises sur les crédits pour leurs investissements que ceux-ci programmeraient plus d’emplois et de formations.&lt;br /&gt;En avançant dans la construction de cette nouvelle institution, à l’appui des luttes pour l’emploi et les salaires, on commencerait à peser pour une réorientation de la Banque centrale européenne (BCE) avec une politique monétaire encourageant d’autant plus le crédit bancaire que celui-ci servirait à financer des investissements plus créateurs d’emplois et de formation.&lt;br /&gt;Par contre, elle pénaliserait d’autant plus les crédits qu’ils serviraient à financer des opérations purement financières. Cela marcherait de paire avec un recul des facteurs de mise en concurrence coupe-gorge des salariés en Europe&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout de suite, dans les régions où la gauche est majoritaire, il est possible d’engager les premières fondations de cette construction en exigeant qu’une partie des lignes de crédit d’action et de développement économique de chaque budget régional soit redéployée pour doter un Fonds régional de sécurisation de l’emploi et de la formation.&lt;br /&gt;A l’appui des luttes pour l’emploi et contre les délocalisation, ces Fonds régionaux permettrait de&lt;br /&gt;commencer à engager une transformation des relations banques-entreprises sur le terrain et favoriserait le rassemblement à gauche contre la TVA sociale et pour une tout autre mobilisation du crédit et de la monnaie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Pour une réforme profonde du financement de la protection sociale&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Simultanément, le PCF propose une réforme profonde du financement de la protection sociale. Une mise à contribution des produits financiers des entreprises et des banques marcherait de paire avec un nouveau calcul de la cotisation sociale patronale.&lt;br /&gt;Celle-ci, demeurant assise sur la masse des salaires versés, verrait son taux modulé en fonction d’un ratio rapportant, pour chaque entreprise, les salaires versés à la valeur ajoutée globale ( produits financiers inclus).&lt;br /&gt;Ainsi serait sécurisé le financement de la protection sociale et les modalités retenues pour cela contribueraient à sécuriser l’emploi et la formation.&lt;br /&gt;Ces propositions sont aussi une alternative au projet, avancé par le PS, de poursuivre dans la voie de la fiscalisation du financement de la protection sociale avec l’augmentation de la CSG qui ne frappe que les revenus des ménages et, pour l’essentiel, les revenus du travail et de remplacement.&lt;br /&gt;De même, elle est une alternative à la proposition consistant à faire basculer le calcul d’une partie des cotisations sociales sur la valeur ajoutée des entreprises, ce qui rendrait les recettes&lt;br /&gt;issues de ces cotisations dépendantes de l’évolution des profits (variables et très délocalisables), au lieu de les laisser ancrées à la seule masse salariale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Des mesures radicales contre les délocalisations sauvages. &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Il faut faire cesser le diktat des délocalisations. On peut exiger que, pendant une période de 18 mois au moins, les comités d’entreprise disposent d’un pouvoir de recours&lt;br /&gt;suspensif contre toute décision de délocaliser.&lt;br /&gt;Sur cette période, l’entreprise concernée, avec l’aide de ses principaux donneurs d’ordres s’il s’agit d’un sous-traitant, et dans tous les cas, du service public et social de sécurisation de l’emploi et de la formation, pourrait être tenue de créer les conditions, sinon d’un&lt;br /&gt;maintien des emplois avec modernisation éventuelle, du moins d’un reclassement choisi, en interne ou en externe, des salariés dont l’emploi est vulnérabilisé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout refus de la part de l’employeur concerné entraînerait le paiement en astreinte d’une forte amende journalière. De même, l’entreprise, directement ou par son réseau, qui réimporte en France des productions qu’elle a délocalisées serait soumise à une taxation fortement dissuasive.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Pour en savoir plus sur la « TVA sociale » se reporter à l’article de José Caudron et Catherine Mills dans « Economie et Politique » de mai - juin 2007.&lt;/em&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3722989619287973122-7086376321093989526?l=argumentaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://argumentaire.blogspot.com/feeds/7086376321093989526/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3722989619287973122&amp;postID=7086376321093989526' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/7086376321093989526'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/7086376321093989526'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://argumentaire.blogspot.com/2007/07/il-sagit-simultanment-de-rduire-les.html' title='En quoi consiste la TVA Sociale ?'/><author><name>SAd___</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04432896018992176644</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_pdPUqUaJrAc/SqLcsyKKBEI/AAAAAAAAAtU/6CCI3cY8qvY/S220/cestmoa.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3722989619287973122.post-3367149826950894209</id><published>2007-07-13T09:10:00.000-07:00</published><updated>2007-07-31T14:24:09.024-07:00</updated><title type='text'>Vers une gratuité des transports en commun à Lyon</title><content type='html'>Dossier 2007/7998 : Avis sur le projet de Plan de Protection de l’Atmosphère de l’agglomération lyonnaise Conseil Municipal du 25 juin 2007&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Monsieur le Maire, chers Collègues,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce projet de Plan de Protection de l’Atmosphère de l’agglomération lyonnaise nous semble pertinent pour l’amélioration de la qualité de l’air, dont les effets sur la santé publique et les changements climatiques sont si importants.&lt;br /&gt;Il est porté par une politique volontariste bien nécessaire pour respecter l’obligation de résultats et atteindre les normes européennes 2010 dans seulement deux ans, délai qui nous semble bien court compte tenu de la complexité d’application de nombre d’actions envisagées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’autant que le préfet de région, représentant le gouvernement, impose à notre ville une série de préconisations dans le PPA sans mentionner la moindre disposition concernant leur financement. Notre crainte est grande, qu’une nouvelle fois, il ne se défausse de ses responsabilités sur les collectivités locales. Rappelons que depuis la loi de Finances 2004, le gouvernement a décidé de ne plus apporter de subventions à la création ou à l'extension de transports collectifs en site propre (tram, métro...), que&lt;br /&gt;moins de 5 millions d’Euros ont été versés sur les 50 inscrits dans le contrat/plan. Ce désengagement de l’Etat a compromis de nombreuses réalisations d’infrastructures de transports en commun.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On attend également de l’Etat un minimum de cohérence entre ces préconisations concernant les pénétrantes autoroutières de notre ville et les décisions de Dominique Perben, alors encore ministre des transports, de faire aboutir dans l'agglomération les autoroutes A 45 ou A 89, au risque de rajouter encore de la pollution. Nous partageons les souhaits protées par la délibération sur cet aspect.&lt;br /&gt;On pourrait également évoquer ses atermoiements concernant le contournement est ferroviaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Concernant les déplacements et transports, l’enquête ménage déplacements, sur le territoire du Grand Lyon, montre un renversement de tendance dans la répartition des déplacements entre les différents modes, avec une baisse significative de l’usage de la voiture et une augmentation forte de celui des transports collectifs urbains et du vélo. Des évolutions qui dépassent nettement les objectifs fixés dans le PDU de 1997. La baisse significative de l’usage de la voiture se traduit par une part de 47, 4 % des déplacements en 2006. Les objectifs du PDU étaient de 51 %. L’objectif de part de marché pour les transports en commun, fixé à 15,4 % par le PDU, a été dépassé en atteignant 16, 8 %. L’usage des transports collectifs urbains chez les habitants de Lyon et Villeurbanne augmente de 15 %.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces résultats confortent les politiques que nous avons menées par notre plan de mobilité, en particulier celui du PDE/PDA, déplacements d’entreprise et d’administration, par les principales actions du PDU : augmentation de la qualité de service et de l’offre de transports en commun urbains, notamment de surface, politiques de stationnement, parc relais construits, Réseau Express de l’agglomération, politique de développement des modes doux, partage de la voirie... Il nous faut donc poursuivre et approfondir cette politique. C’est ainsi qu’on pourra réellement réduire la pénétration automobile dans notre ville et améliorer la qualité de l’air..&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si l'instauration de limitations de vitesses plus contraignantes et l'interdiction des véhicules les plus polluants dans le centre-ville sont des mesures pertinentes, nous sommes fermement opposés à l'idée, également avancée, d'un péage urbain, mettant un terme à la gratuité de l'infrastructure routière de la cité, un des derniers bastions du secteur non-marchand.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Veut-on instaurer une ségrégation par l'argent ? Une discrimination entre nos concitoyens alors que nombreuses sont les actions de notre majorité pour promouvoir la mixité sociale ?&lt;br /&gt;Si nous devons garantir le "droit à un environnement urbain préservé", nous devons également garantir le "droit à la mobilité pour tous" qui garantit lui-même de nombreux autres droits : "droit au logement", "droit à l’éducation", "droit au travail", « aux équipements culturels et de loisirs » etc.&lt;br /&gt;Aussi, si étude il doit y avoir, elle devrait porter surtout sur la gratuité des transports collectifs urbains.&lt;br /&gt;L’instauration d’un péage urbain amènerait à une ponction sur le pouvoir d’achat des plus modestes (ceux qui ne peuvent pas financièrement vivre à Lyon, voire le coût du m2) mais qui viennent y travailler ou bénéficier des droits précédemment évoqués. Tout en ayant un effet réduit sur la circulation des ménages aisés et le renforcement du sentiment de sanctuarisation d’une ville réservée aux plus riches et aux touristes.&lt;br /&gt;Un péage au centre ou aux portes de Lyon serait socialement non équitable et instaurerait un « droit à polluer » aux plus riches. Facteur de ségrégation sociale, et loin d’être une solution satisfaisante aux problèmes posés par la voiture dans l’agglomération lyonnaise, le péage urbain, à l’entrée comme au centre de Lyon pour les voitures particulières, doit être clairement exclu des moyens d’action de la Ville. D’ailleurs, le choix de solutions coercitives, et notamment le recours au péage urbain, est loin d’être dominant en Europe. Ainsi, depuis plus de vingt ans, les villes moyennes allemandes et suisses, choisissent de partager l’espace public et de développer massivement les transports en commun.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La question est donc bien de développer les transports collectifs sur l'ensemble de l'aire urbaine pour permettre une réelle alternative à l'usage de la voiture ; ce qui conduit bien entendu alors à poser la question du financement, versement des crédits prévus au contrat de plan 2000-2006, implication de chaque commune à l’effort participation des conseils généraux limitrophes au financement du Sytral, de Réal ; évolution de l’assiette et du taux du versement transport ; recouvrement des redevances et amendes de stationnement. Fournir aux élus locaux, par une réforme de la fiscalité, les moyens de répondre aux besoins sociaux tout en préservant l’environnement et la qualité de la vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il nous faut poursuivre une politique d'organisation urbaine de notre agglomération et d’aménagement des territoires urbains, libérée des logiques libérales qui provoquent et organisent la mise en concurrence des territoires, afin de favoriser le rapprochement des lieux d’habitation et de travail limitant les distances travail/domiciles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, si l’on souhaite un changement de comportement individuel, la puissance publique ne pouvant pas tout, il faut impulser un développement de la démocratie locale afin de garantir l’intervention citoyenne dans les décisions d’aménagement, d’infrastructures, d’urbanisation ; En ce sens, le volet communication du PPA se fait remarquer par sa pauvreté !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Pour conclure, nous voulons rappeler que pour notre groupe, l’enjeu écologique est un enjeu de transformation de la société au même titre que les questions sociales, d’emploi et de pouvoir d’achat, de logement ou de santé. Enjeux sociaux et écologiques subissent les uns comme les autres les mêmes politiques ultralibérales et productivistes.&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Je vous remercie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nicole GAY (pour le groupe des élus communistes à la ville).&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3722989619287973122-3367149826950894209?l=argumentaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://argumentaire.blogspot.com/feeds/3367149826950894209/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3722989619287973122&amp;postID=3367149826950894209' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/3367149826950894209'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/3367149826950894209'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://argumentaire.blogspot.com/2007/07/vers-une-gratuit-des-transports-en.html' title='Vers une gratuité des transports en commun à Lyon'/><author><name>SAd___</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04432896018992176644</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_pdPUqUaJrAc/SqLcsyKKBEI/AAAAAAAAAtU/6CCI3cY8qvY/S220/cestmoa.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3722989619287973122.post-1015785523675067223</id><published>2007-07-13T05:41:00.000-07:00</published><updated>2007-07-13T05:54:59.813-07:00</updated><title type='text'>Au comptoir de Bellaciao</title><content type='html'>/... Je ne nie pas qu’il existe de grandes inégalités (dues notamment au fait que le revenu du capital est largement supérieur au revenu du travail) et de grandes injustices mais il est faux de prétendre que la propriété est inexistante pour les neuf dixième de la société comme au temps de Marx. Même que ça nous permet de mesurer le progrès réalisé depuis Marx. En effet, 53% des Français sont propriétaires d’un appartement ou d’une maison et dans certains pays capitalistes, ce taux s’élève à 80%. En 2006, le parc automobile était de 36 millions de véhicules. D’autre part, l’expérience de la collectivisation des moyens de production a déjà eu lieu et elle s’est soldée par un échec. D’ailleurs, on ne sait pas à quoi rimerait cette collectivisation dans la mesure où nos économies sont surtout des économies de services et non plus des industries comme du temps de Marx et que l’immense majorité de nos entreprises sont des PME, souvent familiales. 150 ans sont passés depuis Marx, et sa théorie de la plus-value était incomplète. Dans le calcul de la plus-value, il faut mettre des tas de facteurs que Marx a négligé et notamment ce qu’on appelle une prime de risque. En effet, l’entrepreneur, surtout le petit entrepreneur, prend un risque que les autres ne prennent pas. Il serait injuste de ne pas récompenser cet effort. Il serait injuste de ne pas récompenser les gens qui ont fait de longues études. Il serait injuste de ne pas récompenser quelqu’un qui a une idée. Quant à votre idéal « chacun selon ses besoins », il ne résout rien du tout dans la mesure où il y aura toujours des gens pour déclarer qu’ils ont de très gros besoins. C’est d’ailleurs de là qu’il faut partir. L’injustice est sans doute quelque chose de réel mais l’intérêt personnel aussi. /&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3722989619287973122-1015785523675067223?l=argumentaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://argumentaire.blogspot.com/feeds/1015785523675067223/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3722989619287973122&amp;postID=1015785523675067223' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/1015785523675067223'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/1015785523675067223'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://argumentaire.blogspot.com/2007/07/au-comptoir-de-bellaciao_13.html' title='Au comptoir de Bellaciao'/><author><name>SAd___</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04432896018992176644</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_pdPUqUaJrAc/SqLcsyKKBEI/AAAAAAAAAtU/6CCI3cY8qvY/S220/cestmoa.jpg'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3722989619287973122.post-5516307059094635551</id><published>2007-07-13T03:13:00.000-07:00</published><updated>2007-07-13T03:17:25.257-07:00</updated><title type='text'>Au comptoir de Bellaciao</title><content type='html'>..../....Il faut dire que certains prétendus représentants du communisme ont largement contribué à nous faire échouer, et servent encore de repoussoir... Voici une des raisons objectives pour lesquelles j’ai une détestation viscérale de Staline, par exemple, ou de Mao ( outre la répulsion que leurs crimes entraînent chez moi). Parce qu’ils ont usurpé le communisme et que leurs horreurs ont finalement servi de prétexte au capitalisme pour nous abattre (comme si nous avions besoin de ça).../...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3722989619287973122-5516307059094635551?l=argumentaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://argumentaire.blogspot.com/feeds/5516307059094635551/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3722989619287973122&amp;postID=5516307059094635551' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/5516307059094635551'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/5516307059094635551'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://argumentaire.blogspot.com/2007/07/au-comptoir-de-bellaciao.html' title='Au comptoir de Bellaciao'/><author><name>SAd___</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04432896018992176644</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_pdPUqUaJrAc/SqLcsyKKBEI/AAAAAAAAAtU/6CCI3cY8qvY/S220/cestmoa.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3722989619287973122.post-3952693113250920457</id><published>2007-06-21T13:31:00.001-07:00</published><updated>2007-06-22T02:05:48.266-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='En global ville'/><title type='text'>Evolution du rapport à Gauche, Lyon</title><content type='html'>&lt;a href="http://bp0.blogger.com/_pdPUqUaJrAc/RnrgUzdZkyI/AAAAAAAAAFE/mc5S4gQYY-8/s1600-h/gene.bmp"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5078618177829180194" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp0.blogger.com/_pdPUqUaJrAc/RnrgUzdZkyI/AAAAAAAAAFE/mc5S4gQYY-8/s400/gene.bmp" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3722989619287973122-3952693113250920457?l=argumentaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://argumentaire.blogspot.com/feeds/3952693113250920457/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3722989619287973122&amp;postID=3952693113250920457' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/3952693113250920457'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/3952693113250920457'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://argumentaire.blogspot.com/2007/06/evolution-du-rapport-gauche-lyon_8842.html' title='Evolution du rapport à Gauche, Lyon'/><author><name>SAd___</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04432896018992176644</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_pdPUqUaJrAc/SqLcsyKKBEI/AAAAAAAAAtU/6CCI3cY8qvY/S220/cestmoa.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp0.blogger.com/_pdPUqUaJrAc/RnrgUzdZkyI/AAAAAAAAAFE/mc5S4gQYY-8/s72-c/gene.bmp' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3722989619287973122.post-5188121407813310676</id><published>2007-06-21T13:29:00.000-07:00</published><updated>2007-06-22T04:53:57.549-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='1ère circonscription'/><title type='text'>Evolution du rapport à Gauche, 1er circonscription</title><content type='html'>&lt;a href="http://bp1.blogger.com/_pdPUqUaJrAc/RnrfyDdZkxI/AAAAAAAAAE8/g_KZHlcaEF4/s1600-h/gene1.bmp"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5078617580828726034" style="DISPLAY: block; 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Plus on embauche, plus on paye de charges. A l’inverse plus on licencie, plus on délocalise, plus on importe, moins on en paye et plus on entraîne de dépenses sociales pour la nation. Il faut maintenant aller vers une assiette de cotisations patronales qui ne prenne pas seulement en compte les salaires mais l’ensemble de la valeur ajoutée ".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Le Président de la République coupe ainsi l’herbe sous le pied des syndicats et des partis de gauche, en leur piquant une de leurs arguments phare et les plongeant de fait dans un grand embarras. L’élection présidentielle approche, la fracture sociale est de retour et tout est bon pour déstabiliser l’adversaire.&lt;br /&gt;Le problème de fond ne réside pas dans la proposition elle-même qui consiste à élargir l’assiette des cotisations à toute la valeur ajoutée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n’est pas interdit, sur un plan purement " technique ", de réfléchir au mode de calcul de cotisations. Le véritable problème se situe dans les motifs énoncés ci-dessus et qui font l’objet d’un inquiétant consensus en faveur d’une " réforme " de la protection sociale. Un journaliste de l’Humanité juge l’analyse du Président " frappée au coin du bon sens ". Jacques Chérèque de la CFDT s’est dit " intéressé ". Jean-Claude Mailly pour Force Ouvrière, a déclaré qu’une " telle réforme signifie qu’on tient compte de l’activité économique et qu’on ne pénalise pas obligatoirement les entreprises qui emploient le plus de main d’œuvre ". Daniel Prada, dirigeant de la CGT a " envie de dire chiche ! ", car " cela fait des années qu’on préconise une réforme du financement de la Sécu qui s’appuie sur une logique favorisant les entreprises qui investissent dans l’emploi ". Pour J.C. Le Duigou, " la question est celle de la répartition de l’effort des employeurs. (…) Aujourd’hui les différences sont très grandes entre les secteurs ".&lt;br /&gt;Nasser Mansouri-Guilani, économiste de la CGT, est même allé jusqu’à écrire que le système actuel est " pervers " ( !), car il " pénalise l’emploi, les qualifications et leur reconnaissance dans les salaires " et qu’il faut donc remédier " à l’un des défauts majeurs de notre système ". Le secteur économique du PCF, depuis longtemps, ne dit pas autre chose : " plus une entreprise embauche et accroît les salaires et plus elle paye des cotisations. Alors qu’une entreprise qui licencie, comprime les salaires par rapport la valeur ajoutée et fait des placements financiers paye de moins en moins de cotisations. Exemple, les entreprises de main d’œuvre (notamment du bâtiment ou du textile) ont une part des charges sociales dans la valeur ajoutée qui est plus du double de celle des institutions financières ".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La sentence prononcée à l’encontre de la cotisation sociale est donc sans appel : elle est inefficace, injuste, perverse, inégalitaire, mauvaise pour l’emploi. La cotisation sociale est l’ennemi de l’emploi, tel est, de fait, le diagnostic largement partagé.&lt;br /&gt;Il n’est pas étonnant que J. Chirac ait pu sans complexe se rallier à cette thèse, qui n’est pas pour lui déplaire. Les tenants d’une réforme du financement – que ce soit par élargissement de l’assiette ou par la modulation des taux – contesteront certainement ce jugement en opposant que la cotisation sociale n’est pas à leurs yeux l’ennemi de l’emploi, mais que c’est le comportement anti-emploi des entreprises qui est l’ennemi de la cotisation sociale.&lt;br /&gt;Admettons sans préjugé cette ligne de défense, car les procès d’intention n’ont pas leur place dans une telle discussion. Mais il n’empêche que la contradiction demeure. Proposer un financement plus favorable à l’emploi, c’est bien admettre que l’actuel système, lui, ne l’est pas. C’est bien transformer la cotisation sociale en instrument de gestion de l’emploi, censé faire évoluer la disposition d’esprit des employeurs à l’égard de l’emploi. En voulant absolument réunifier en seul critère la lutte pour l’emploi et le financement de la Sécurité Sociale, on ravale alors la cotisation sociale au rang de variable de gestion de l’emploi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une telle conception conduit à différencier, parmi les entreprises, les " bonnes " et les " mauvaises ". Les premières seraient les vaillantes PME, les innovantes start-up, les braves entreprises de main d’œuvre qui crouleraient sous les charges. Les deuxièmes seraient les entreprises qui licencient, délocalisent, spéculent, remplacent les travailleurs par des machines. Celles-ci doivent être dissuadées sinon punies, celles-là doivent être encouragées sinon récompensées. Arrimer le financement de la protection sociale à de telles prémisses n’est pas sans faire courir de lourds dangers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Raisonnons un instant " à la limite " en prenant un exemple extrême. Supposons une usine totalement automatisée et qui sous-traite à des prestataires extérieurs les tâches d’entretien, de gardiennage et d’administration. Cette usine n’a donc aucun employé et sa masse salariale est égale à zéro. Pourtant, par ses achats (machines, bâtiments, matières, services), qui ne sont pas gratuits, elle génère du travail chez ses fournisseurs et prestataires. Dira-t-on a priori que cette entreprise est avantagée et que ses fournisseurs sont pénalisés, au motif que ce sont ces derniers qui paient directement les emplois ? Non. En revanche, si cette entreprise dispose d’une position lui permettant de faire pression sur ses fournisseurs pour abaisser leurs prix, alors un rapport de domination apparaît, créant un avantage à son profit et au détriment des fournisseurs qui seront mis en difficulté et chercheront à supprimer des emplois. Si l’on modifie maintenant pour cette raison la cotisation sociale payée par les fournisseurs et les sous-traitants, sous le prétexte que l’emploi y est menacé, cela leur permettra de diminuer leurs coûts, mais cette diminution profitera ensuite au donneur d’ordres, car celui-ci ne manquera pas d’exiger de ses fournisseurs une nouvelle baisse des prix ! Une spirale sans fin s’engagera. Les relations entre entreprises ne sont pas étanches et les prix relatifs ont vite fait de rétablir la situation antérieure en fonction du rapport de domination.&lt;br /&gt;La différence entre les entreprises dites de main d’œuvre et les entreprises dites capitalistiques (c'est-à-dire qui utilisent beaucoup de machines et peu d’emplois), est une ritournelle que l’on nous chante régulièrement depuis des siècles. Cette différence ne fait que traduire la structuration du système productif et la répartition du travail social en branches nombreuses, chacune spécialisée dans un domaine nécessitant des combinaisons travail-machines variées.&lt;br /&gt;Une entreprise de main d’œuvre paie davantage de salaires que de machines, une entreprise capitalistique paie davantage de machines que de salaires. Si l’addition des salaires et du coût des machines est le même dans les deux cas, où est l’inégalité ? A priori, aucune. Il existe en effet un halo de confusion qu’il faut dissiper autour de la notion de valeur ajoutée. On dit souvent que la valeur ajoutée se partage entre salaire et profit. Cela est parfaitement exact et d’une très grande importance. Mais il faut cependant préciser que les " profits " incluent une part d’amortissement. Rappelons que l’amortissement enregistre le coût de la machine, dont la fabrication a exigé du travail quelque part ailleurs, donc des salaires et des cotisations. C’est pourquoi la machine représente du travail passé, dont le coût est mesurable par l’amortissement, par opposition au travail vivant dont le coût est mesurable par le salaire (cotisation patronale comprise). Pour illustrer cela, prenons encore un exemple théorique. Supposons deux entreprises qui génèrent chacune une valeur ajoutée de 100 € par unité de produit. La première entreprise est une entreprise de main d’œuvre. Sa valeur ajoutée se compose de 80 € de salaires, 10 € d’amortissement et 10 € de profit net. La part des salaires, rapportés à la VA, se monte donc à 80 %. La deuxième entreprise est capitalistique. Sa VA se décompose en 30 € de salaires, 60 € d’amortissement et 10 € de profit net. La part des salaires y est donc de 30 %. Si l’on s’en tient à ce seul chiffre, il y a effectivement une inégalité flagrante entre les deux : 30 % contre 80 %. Mais considérons maintenant l’ensemble constitué par les salaires + l’amortissement et rapportons le à la valeur ajoutée. Dans l’entreprise de main d’œuvre, cet ensemble s’élève à 90 € (80 € de salaire + 10 € d’amortissement) soit 90 % de la VA. Dans l’entreprise capitalistique cet ensemble se monte à 90 € (30 € de salaire + 60 € d’amortissement) soit également 90 % de la VA. L’inégalité entre les deux entreprises a disparue, si l’on veut bien considérer l’ensemble du travail, passé et vivant. Dans la réalité, il demeure toutefois des différences entre les entreprises en dépit de cette correction. Mais les statistiques montrent clairement que les différences entre les secteurs ne sont plus du tout aussi importantes qu’on le pense, dès lors que l’on tient compte de la façon dont est faite la fameuse " valeur ajoutée ".&lt;br /&gt;C’est d’ailleurs dans cette faille que le Medef n’a pas oublié de s’engouffrer quand Mme Parisot a réagi aux propos du Président de la République en soulignant que l’élargissement de l’assiette de cotisation à toute la valeur ajoutée, c'est-à-dire à l’amortissement, allait pénaliser les entreprises qui investissent ! Voilà à quoi l’on s’expose quand on commence à admettre que la cotisation pénalise ceci ou cela. Soit elle gêne l’emploi, soit elle gêne l’investissement. Cela devient le bureau des pleurs.… Faux dilemme, faux débat.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On objectera à ce raisonnement qu’il ne tient pas compte du problème des délocalisations et de la concurrence que subissent nos entreprises de main d’œuvre (textile, jouet, matériel électronique …) face à des entreprises similaires mais à bas salaires (Chine, Europe de l’Est …). Il s’agit bien d’un réel problème, qu’il faut toutefois relativiser car de nombreuses entreprises de ce type (bâtiment, services à la personne …) ne sont pas soumises à une telle pression. En outre, la concurrence des pays à bas salaires n’explique à ce jour qu’une partie minime des suppressions d’emplois. Enfin, on ne réglera pas ce problème en diminuant les cotisations sociales sauf à tomber dans le piège des exonérations et dans la spirale de régression sociale qui l’accompagne. Quant aux entreprises capitalistiques, elles connaissent aussi la concurrence d’autres entreprises capitalistiques, sous l’effet de la mondialisation libérale, comme on le voit par exemple pour les industries chimiques. Toutes ces questions n’ont rien à voir avec une prétendue inégalité entre secteurs du point de vue de leur contribution au financement de la protection sociale. Ce n’est pas modifiant les règles de calcul des cotisations que l’on pourra espérer faire face à la mondialisation de la concurrence capitaliste. Il vaut donc mieux éviter de jouer sur (et avec) la cotisation sociale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est évident, mathématiquement parlant, qu’une entreprise qui licencie supprime du salaire ; inversement celle qui en crée édite de nouvelles feuilles de paie. Mais, fondamentalement, l’emploi et les salaires ne dépendent nullement du comportement de gestion des entreprises, au sens subjectif du terme, c'est-à-dire de leur bon vouloir ou de leur mal vouloir à l’égard de l’emploi. L’emploi et les salaires dépendent structurellement de la dynamique inhérente au capitalisme lui-même. Celui-ci combine à la fois croissance et productivité, les deux ayant des effets inverses sur l’emploi. Le capital soumet toute l’économie aux lois de la concurrence et du taux de profit. Ce n’est pas affaire de critères de gestion, mais de logique d’un système dont les entreprises sont les agents. Leurs " critères " ne sont jamais que la forme d’apparition de cette logique fondamentale. Toutes les entreprises sont ici au même régime. Elles cherchent toutes à diminuer l’emploi et les salaires. La baisse de la part des salaires dans la valeur ajoutée est un phénomène général, non l’expression d’une spécificité. La seule différence entre les entreprises, non négligeable il est vrai, réside dans le fait que, à ce jeu, certaines se débrouillent mieux que d’autres. Dans un système capitaliste, il n’y a pas des " vertueux " et des " vicieux ", il y a seulement des forts et des moins forts, des leaders et des traînards. Si l’on veut corriger ces différences et ces dominations, pourquoi pas, en effet. Mais utiliser pour cela l’arme de la cotisation sociale reviendrait finalement à subventionner les dominés afin qu’ils puissent continuer à se faire plumer par les dominants. C’est comme au Monopoly : pour faire durer le jeu, la banque continue à donner de l’argent à ceux qui sont dépouillés à chaque fois qu’ils passent Rue de la Paix ! A la sortie, ce sont toujours les salariés qui trinquent, le terme de " salariés " incluant bien sûr les retraités et les chômeurs.&lt;br /&gt;Une entreprise qui crée des emplois ne le fait pas par bonté d’âme, mais parce qu’elle en a besoin. Aujourd’hui comme hier, le capital a toujours besoin du travail. Ce n’est pas parce qu’il y a du chômage que le travail a disparu, alors que celui-ci est seulement devenu de plus en plus productif. Mais nous sommes tellement persuadés " qu’il n’y a plus de travail " que nous croyons aujourd’hui être dans l’obligation " d’inciter " les employeurs à nous " donner " du travail. On ne va pas, en plus, leur demander de nous le payer, tout de même …&lt;br /&gt;La réponse du Medef était prévisible, car le patronat sait faire ses comptes. Pour le capital, tout ce qui coûte lui en coûte. Les capitalistes haïssent les coûts et tous les coûts, quand ils sont à leur charge : salaires, impôts, cotisations, machines, services etc. Ils cherchent donc, en permanence et coûte que coûte, à diminuer ces coûts. Evidemment, les coûts salariaux et les " charges sociales " sont en première ligne. Car c’est là que se trouve l’origine de la plus-value, différence entre la valeur créée par la force de travail et le coût de celle-ci. C’est pourquoi, dès les origines, le patronat s’est toujours opposé au principe même de la cotisation sociale, car il a bien compris que celle-ci fait partie du salaire. Ce n’est donc pas une nouvelle répartition des cotisations que veut le patronat, mais leur diminution ou, ce qui revient au même, leur report sur d’autres agents (salariés, Etat).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans l’Humanité du 5 janvier, J.C.Le Duigou et C. Mills dénoncent à juste titre la baisse du coût du travail et les politiques d’exonération ou de diminution du taux de cotisation patronale. Mais ils se prononcent tous les deux pour une réforme visant à " différencier " ou " moduler " les taux de cotisation en fonction de la place des salaires dans la valeur ajoutée, dans le but de " développer l’emploi ". Il n’y a aucune suspicion ici quant à la sincérité de l’objectif visé, qui est " d’accroître les rentrées de cotisations sociales ". Mais le moyen utilisé doit absolument être discuté. Car l’opposition entre emploi et cotisation sociale demeure présente. Quoi qu’on dise, cette modulation conduirait bien à baisser les cotisations dans certains cas, sous forme de bonus. C’est donc une simple variante – sans doute un peu plus sophistiquée - de l’exonération classique. L’effet en sera toujours une baisse des " charges " en échange d’hypothétiques emplois supplémentaires. Et il n’est pas suffisant de compléter ce dispositif par des malus sous forme de hausses de cotisations dans d’autres cas. Dans le meilleur des cas, ce sera un jeu à somme nulle, car les bonus annuleront les malus. Dans le cas le plus probable, ce sera pire, car les entreprises frappées d’un malus n’auront de cesse de récupérer à leur profit les bonus accordés aux autres en leur demandant de les répercuter par des baisses de prix, ce qui nous fera revenir à la case départ, mais avec moins de cotisations au total, conduisant à moduler encore davantage …&lt;br /&gt;Dans ces conditions, les critiques adressées à l’encontre de l’élargissement de l’assiette à toute la valeur ajouté ne manquent pas de piquant. C. Mills a bien raison de reprocher à l’assiette valeur ajoutée d’être " beaucoup plus fluctuante, fraudable, manipulable par toutes techniques de gestion comptable ". Mais la modulation, fondée sur la part des salaires dans la valeur ajoutée, ne souffre-t-elle pas du même défaut, puisque la VA est aussi prise en considération ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La réforme de la cotisation patronale risque fort de tourner au faux débat, avons-nous écrit plus haut. On ne pourra en sortir qu’en refusant clairement de transformer la cotisation sociale en instrument de gestion, en la mettant hors champ de toute manipulation.&lt;br /&gt;Enfin, affirmer que " l’emploi est au centre du financement de la protection sociale " n’est pas faux mais oublie l’essentiel : c’est le salaire qui est vraiment au cœur de la protection sociale. Certes, il n’y a pas de salaire sans l’emploi qui va avec et qui permet de faire la feuille de paie. Mais on aurait tort de subordonner étroitement, à priori, la collecte de cotisations supplémentaires à la création d’emplois supplémentaires. Ce n’est pas l’emploi qui crée la richesse, mais c’est le travail. Plus celui-ci est productif, ce qui est le cas, plus il peut créer des richesses nouvelles, à emploi constant. Ce n’est pas non plus l’emploi qui finance la cotisation, mais c’est le salaire. On peut donc, sans attendre la résorption du chômage, trouver les moyens nécessaires à la protection sociale par l’augmentation des salaires et par l’augmentation du taux de cotisation patronale, sans plus barguiner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Raphael Thaller, économiste&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;1/ L’assiette est la base sur laquelle les cotisations sont calculées. Aujourd’hui, cette base de calcul est le salaire brut.&lt;br /&gt;2/ La VA comprend la masse salariale et les profits bruts. ces derniers incluant eux-mêmes les amortissements, qui représentent (schématiquement), les dépenses d’investissements réalisés, répercutées dans le prix de revient sur plusieurs années.&lt;br /&gt;3/ Analyses et Documents Economiques, N°80, mai 2002, pages 45 et 47.&lt;br /&gt;4/ Economie et Politique, mars-avril 2003.&lt;br /&gt;5/ Lesquelles industries se rattrapent en sous-traitant à outrance de nombreux services, à des entreprises …. de main d’œuvre, de telle sorte que tout allègement de charge ne pourrait que profiter aux donneurs d’ordre.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3722989619287973122-8489814288710477435?l=argumentaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://argumentaire.blogspot.com/feeds/8489814288710477435/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3722989619287973122&amp;postID=8489814288710477435' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/8489814288710477435'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/8489814288710477435'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://argumentaire.blogspot.com/2007/06/rforme-des-cotisations-patronales.html' title='Réforme des cotisations patronales'/><author><name>SAd___</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04432896018992176644</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_pdPUqUaJrAc/SqLcsyKKBEI/AAAAAAAAAtU/6CCI3cY8qvY/S220/cestmoa.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3722989619287973122.post-8768427484865414820</id><published>2007-06-04T07:30:00.000-07:00</published><updated>2007-06-04T07:31:46.146-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Fiche8'/><title type='text'>Franchise sur les soins</title><content type='html'>L’ASSURANCE MALADIE SOLIDAIRE EN DANGER&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En matière d’assurance maladie l’UMP et Nicolas Sarkozy ont une idée fixe : l’augmentation des dépenses de santé,  ce serait d’abord et avant tout la faute des patients. Il faudrait donc les « responsabiliser », c’est à dire les pénaliser financièrement pour « qu’ils  consomment moins », ou, au minimum, pour que « la Sécu rembourse de moins en moins ». Déremboursements incohérents, augmentation du « ticket modérateur » sur des soins courants, généralisation des dépassements tarifaires pour les médecins spécialistes, invention du forfait de 1€ par acte de soins ou de biologie,  du forfait de 18 euros sur les actes supérieurs à 91€, l’actuelle majorité a multiplié les atteintes à la prise en charge solidaire des soins. Mais si elle a augmenté le reste à la charge des patients, le déficit de l’assurance maladie n’en a pas été comblé pour autant.&lt;br /&gt;Aujourd’hui Nicolas Sarkozy va plus loin, beaucoup plus loin, en annonçant qu’il mettra en place une « FRANCHISE » c'est-à-dire un seuil annuel de dépenses en dessous duquel l’assurance maladie ne remboursera rien. Rien du tout.  Franchise qui, pour mieux jouer son rôle de dissuasion de la consommation, ne sera pas remboursable par les assurances complémentaires, au moins dans un premier temps.&lt;br /&gt;Nous, professionnels de santé, acteurs du monde associatif ou médico-social, universitaires, représentants  des usagers et/ou usagers du système de santé dénonçons les RISQUES MAJEURS D’UNE TELLE FRANCHISE :&lt;br /&gt;Franchise = Régression sociale : Dans son principe même une franchise d’un montant identique pour tous « pèsera » différemment  selon les revenus. C’est la fin d’un système d’assurance maladie solidaire dans lequel chacun cotise selon son revenu et qui protège, équitablement, les individus en bonne santé et les malades. On quitte la logique de la solidarité pour celle de l’assurance privée.&lt;br /&gt;Franchise =  Menace sur l’accès aux soins des plus modestes :Dans une France où vivent plus de 3 millions de chômeurs et 7 millions de « travailleurs pauvres », 100 € de soins de santé non remboursés ce n’est pas rien…  Et ce sont eux qui seront les premières victimes de la franchise si jamais elle voit le jour. La franchise, c’est la remise en cause de ce progrès social et sanitaire évident qu’avait été la création de la CMU.&lt;br /&gt;Franchise =  Menace sur l’accès aux soins primaires et la santé publique : Pour les « gros consommateurs », c'est-à-dire les patients atteints de maladies lourdes, il n’y aura pas le choix : il faudra payer. Mais au-dessus du montant de la franchise, ce sera sinon gratuit du moins «comme avant ». La cible de cette mesure ce sont surtout  les petits ou moyens consommateurs qu’il faut dissuader de se faire soigner pour des maladies apparemment moins sévères (celles qui, non soignées, peuvent justement s’aggraver) et bien évidemment pour les actes de prévention que l’on croit toujours pouvoir « reporter » à plus tard. L’inverse d’une politique cohérente de santé publique.&lt;br /&gt;Franchise =  Remise en cause du « tiers payant » : Les professionnels de santé ne pouvant savoir si le montant de la franchise a, ou non, déjà été acquitté, les patients devront systématiquement faire intégralement « l’avance de frais ». Ce qui constituerait un obstacle supplémentaire à l’accès aux soins des plus modestes.&lt;br /&gt;Franchise  = Porte ouverte à l’escalade : Nicolas Sarkozy ne s’en est pas caché, cette franchise sera « modulable » c'est-à-dire que « si les dépenses augmentent et si le déficit augmente on pourrait augmenter le montant », et comme les dépenses augmenteront, inéluctablement, la franchise augmentera, non moins inéluctablement, et avec elle augmentera la gravité de ses effets pervers.&lt;br /&gt;5,2 milliards d'euros&lt;br /&gt;C'est la somme que l'Etat doit à la Sécurité sociale&lt;br /&gt;412 millions d'euros à la CAF au titre de l'allocation adulte handicapé&lt;br /&gt;255 millions au titre de l'allocation de parent isolé ;&lt;br /&gt;373 millions à la CNAMTS au titre de l'aide médicale d'Etat&lt;br /&gt;118 millions au titre de l'allocation spéciale d'invalidité.&lt;br /&gt;Les exonérations de cotisations sociales, représentent un total de charges à payer de 3,22 milliards d'euros,&lt;br /&gt;le reste - 875 millions - étant constitué de dettes de fonctionnement.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3722989619287973122-8768427484865414820?l=argumentaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://argumentaire.blogspot.com/feeds/8768427484865414820/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3722989619287973122&amp;postID=8768427484865414820' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/8768427484865414820'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/8768427484865414820'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://argumentaire.blogspot.com/2007/06/franchise-sur-les-soins.html' title='Franchise sur les soins'/><author><name>SAd___</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04432896018992176644</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_pdPUqUaJrAc/SqLcsyKKBEI/AAAAAAAAAtU/6CCI3cY8qvY/S220/cestmoa.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3722989619287973122.post-6645062863367916696</id><published>2007-06-04T07:29:00.001-07:00</published><updated>2007-06-04T07:57:58.431-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Fiche7'/><title type='text'>Travailler plus pour gagner plus</title><content type='html'>Rappel : Qu’en est-il des heures supplémentaires&lt;br /&gt;Dans le code du travail, le recours aux heures supplémentaires à l'initiative de l'employeur et leur règlement sont strictement encadrés par les lois Aubry de 2000 et 2002 sur la réduction du temps de travail et complétés par toute une série d'accords de branche et d'entreprise. En 2003, le gouvernement Raffarin et son ministre de l'emploi, François Fillon, ont tenté de " détricoter " les 35 heures, en proposant de différer l'application de la RTT dans les petites entreprises et, ailleurs, de relever de 180 heures à 220 heures le nombre d'heures supplémentaires autorisées. A l'hôpital, un décret publié in extremis le 14 mai au Journal Officiel a plus récemment déplafonné le nombre d'heures accordées - de 15 à 18 heures par mois - et modifié leur rémunération pour certaines catégories de personnels infirmiers, sages-femmes ou manipulateurs de radiologie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au moment où de l’assemblée générale des actionnaires du constructeur automobile PSA vient de programmer la suppression de 4 800 postes (à ajouter aux 10 000 déjà annoncés l’année dernière), les salariés peuvent mesurer le cynisme de cette assemblée avec les décisions de verser 317 millions d’euros aux actionnaires : « À elle seule, la famille Peugeot touchera 95 millions» et de « distribuer aux dirigeants de l’entreprise jusqu’à 2,5 millions de stock-options. Que pensez de la proposition faite par la direction d’autoriser le rachat en Bourse d’actions PSA en vue de « réduire le capital de la société ». C’est une autorisation de puiser un milliard d’euros dans les caisses de l’entreprise, pour acheter des actions PSA et les détruire dans le seul but de faire monter le cours de la Bourse. Au cours de ces dernières années, ce sont plus de 2,7 milliards d’euros qui sont déjà partis en fumée. Autant de dépenses stériles.&lt;br /&gt;Nous demandons que les richesses produites par les salariés servent au développement de l’entreprise, de l’emploi et des salaires.&lt;br /&gt;Les actionnaires s’enrichissent au détriment des salariés. Le nombre de « travailleurs pauvres » ne cesse de croître et l’inégalité entre les hommes et les femmes est en augmentation. La revalorisation du pouvoir d’achat est une attente forte des Français. Selon Sarkozy, il suffirait de travailler au-delà des 35 H hebdomadaires pour voir son salaire augmenter. En défiscalisant et en exonérant de toutes cotisations sociales, dès juillet, les heures supplémentaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une proposition cynique au possible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle dédouane le patronat de toute augmentation salariale. les profits continueront à absorber l’essentiel des richesses produites Aujourd’hui, 41 % de la valeur ajoutée créée en France, c'est-à-dire de la richesse produite, est accaparée par la rémunération des capitaux, donc des actionnaires. C’est 12 points de plus qu’en 1981 et 6 de plus que la moyenne des pays de l’OCDE. Cela représente d’environ 165 milliards d’euros chaque année (10 % de la valeur ajoutée). Les dividendes ont augmenté de 193 % en dix ans, alors que le SMIG n’a progressé que de 20 %. Les profits du CAC40 explosent : AXA +20% BNP +23%, Danone +103% Schneider +46%, Total +13%.&lt;br /&gt;La durée du temps de travail n’est pas fixée selon les souhaits du salarié. C’est le chef d’entreprise qui décide seul de recourir ou non aux heures supplémentaires.&lt;br /&gt;§ Mesure contre la création d’emplois, "la détaxation des heures supplémentaires favorise les salariés en place au détriment de l'embauche". . La mesure pourrait aussi constituer un effet d'aubaine pour les entreprises qui privilégieraient le recours aux heures supplémentaires plutôt que la création d'emplois. Voir le rapport (1) au Conseil d'analyse économique. Si l'allégement des prélèvements obligatoires sur les heures supplémentaires accroît le pouvoir d'achat de ceux qui travaillent, "en contrepartie, le financement de cet allégement réduit le revenu des salariés qui ne font pas d'heures supplémentaires", soit, d'après des statistiques du ministère du travail, plus de 60 % d'entre eux&lt;br /&gt;§ Mesure favorable à l'évasion fiscale. Les auteurs pointeraient, selon Les Echos, le risque d'une entente entre employeurs et salariés qui auraient intérêt à transformer les primes et une partie du salaire en fausses heures supplémentaires. " déclarer fictivement un grand nombre d'heures supplémentaires afin de bénéficier des avantages fiscaux".&lt;br /&gt;La défiscalisation pourrait se heurter à un obstacle constitutionnel d'égalité face à l'impôt à l'égard des salariés à temps partiel.&lt;br /&gt;Le gouvernement devrait s'en tenir à la proposition de défiscaliser les revenus supplémentaires correspondants aux heures supplémentaires. Cette exonération intéresse principalement les salariés à temps plein déjà assujettis. De facto, elle pourrait se heurter à un obstacle constitutionnel d'égalité face à l'impôt à l'égard des salariés à temps partiel. Selon la réglementation, en effet, ces derniers ne perçoivent aucune majoration sur les trois premières heures de travail " complémentaires " qui sont rémunérées à un taux normal en cas de dépassement du contrat de base. Or, le temps partiel concerne 41,5 % des salariés des entreprises de moins de dix salariés qui sont dans une plus grande proportion de surcroît en contrat à durée déterminée. Pour l'essentiel, ce sont des femmes, faiblement rémunérées, dans les secteurs de la distribution, de la santé, des entreprises de nettoyage ou du secteur associatif qui se trouveraient ainsi privées des bénéfices de la mesure gouvernementale. L'inégalité d'accès face à l'impôt pourrait aussi être invoquée si cette rémunération supplémentaire était exonérée de la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) et de la CSG qui, en théorie, s'applique à l'ensemble des revenus.&lt;br /&gt;L’exonération des charges sociales portera un coup aux régimes (2) des retraites, de l’assurance maladie, du chômage puisque ces heures supplémentaires travaillées ne produiront aucune entrée financière à ces régimes. Elle coûterait environ 5,6 milliards d'euros. Cette mesure va tout de suite frapper les Français au porte-monnaie. « Un risque de coût exorbitant pour les finances publiques » notent les experts. Conséquence : ces sommes seront prélevées sur les budgets publics et donc sur des dépenses utiles socialement.&lt;br /&gt;Nous exigeons : Le SMIC à 1 500 € bruts par mois pour 35h00. Une augmentation générale des salaires et des retraites. Une revalorisation des traitements dans la fonction publique. La hausse des minima sociaux et des allocations. Une véritable allocation d’autonomie de la jeunesse&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1) Trois économistes, Patrick Artus, Pierre Cahuc et André Zylberberg, se montrent critiques sur la défiscalisation et l'exonération de charges sociales des heures supplémentaires, dans un rapport au Conseil d'analyse économique (CAE), mai 2007. "Une fiscalité spécifique sur les heures supplémentaires, présente un risque de coût exorbitant pour les finances publiques". Les rapporteurs jugent donc que "ce type de fiscalité ne constitue pas un moyen efficace de valoriser le travail."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(2) "Le bilan des cotisations sociales déjà exonérées en faveur du Patronat pour l'année 2006 est très préoccupant. En effet, ce qui est appelé « des aides pour l'emploi » en faveur des employeurs, atteint la somme de 23,9 milliards d'euros (156 milliards de F), soit près de 10% des cotisations perçues par les Urssaf. Mais en rapportant les exonérations aux seules cotisations patronales du secteur privé, leur part est alors de 19,5%. 21,6 milliards sont compensés par le budget de l'Etat, c'est-à-dire que les employeurs transfèrent leurs obligations sociales directement sur les contribuables.&lt;br /&gt;Le manque à gagner pour les comptes de la Sécurité sociale est de 2,3 milliards d'euros, une somme considérable compte tenu de la conjoncture. On comprend mieux les projets actuels de fusion des lois de Finances de l'Etat et de financement de la Sécurité sociale à la lumière de ce constat. Les cartes seraient ainsi brouillées et les partenaires sociaux, comme les citoyens, n'auraient plus de visibilité sur les budgets propres de la Sécurité sociale.&lt;br /&gt;Après une évolution de plus 4,7 % enregistrée en 2005, ces exonérations ont augmenté de 13,5 % en 2006 et c'est le dispositif « FILLON » qui explique quasi intégralement cette évolution conséquente des exonérations, selon les études de l'Acoss, la Caisse nationale des Urssaf. Le montant exonéré « FILLON » est maximal pour un Smic. Un tiers des exonérations sont relatives à un salaire inférieur à 1,1 Smic qui concerne 12 % des salariés. Quasiment la moitié du montant exonéré est générée par un salaire compris entre 1,1 et 1,3 Smic qui concerne 20 % des salariés. Au-delà de 1,6 Smic, soit 42 % des salariés et 58 %de la masse salariale, l'employeur ne bénéficie plus d'exonération.&lt;br /&gt;L'Acoss constate également que plus l'établissement est petit, plus le taux d'exonération est élevé compte tenu de la faiblesse des salaires moyens versés par ces établissements. La construction, le commerce, l'agriculture et les services aux particuliers sont particulièrement concernés. Ainsi l'emploi à domicile concentre 1,6 milliard d'euros d'exonérations de cotisations auxquelles il faut ajouter des allègements fiscaux conséquents.&lt;br /&gt;Cette situation est malsaine et préjudiciable pour les comptes sociaux, pour le budget de l'Etat, elle encourage l'emploi précaire et sous payé.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3722989619287973122-6645062863367916696?l=argumentaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://argumentaire.blogspot.com/feeds/6645062863367916696/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3722989619287973122&amp;postID=6645062863367916696' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/6645062863367916696'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/6645062863367916696'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://argumentaire.blogspot.com/2007/06/travailler-plus-pour-gagner-plus.html' title='Travailler plus pour gagner plus'/><author><name>SAd___</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04432896018992176644</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_pdPUqUaJrAc/SqLcsyKKBEI/AAAAAAAAAtU/6CCI3cY8qvY/S220/cestmoa.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3722989619287973122.post-8099319505835412786</id><published>2007-06-04T07:27:00.000-07:00</published><updated>2007-06-04T07:28:19.190-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Fiche6'/><title type='text'>Fiscalité, redistribution vers les riches !</title><content type='html'>Les mesures fiscales annoncées actuellement ont un coût en année pleine de l'ordre de 15 milliards d'euros. Soit 0,8 % du PIB.&lt;br /&gt;Là-dessus, 5 milliards seraient des allègements de cotisations sociales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;DROITS DE SUCCESSION&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Du fait des abattements existants, les patrimoines petits et moyens sont déjà non imposables. Le projet Sarkozy vise donc pour l’essentiel les gros patrimoines détenus par les ménages aisés au sommet de la hiérarchie des revenus (10 % d’entre eux détiennent 46 % du patrimoine).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Réalité des abattements existants :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Abattement global de 50 000 € et des abattements individuels de 76 000 € pour le conjoint survivant et de 50 000 € par enfant. Les patrimoines petits et moyens sont donc déjà non imposables en France.&lt;br /&gt;Les donations bénéficient d’un abattement, renouvelable tous les 6ans,  de 50 000 € par enfant et de 30 000 € par petits-enfants. Un enfant peut percevoir tous les 6 ans et sans impôt 220 000 € de ses parents et de ses 4 grands parents&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’après la direction générale des impôts (chiffres de 2002, les derniers rendus publics) 9 successions sur 10 entre conjoints et 8 successions sur 10 en ligne directe ne sont pas imposables. 100 000 € au minimum peuvent être transmis en franchise d’impôts. Mais beaucoup de personnes se ressentent comme des "bénéficiaires potentiels", parce qu'ils n'ont pas conscience que de toute façon, leur patrimoine est trop faible pour payer des droits de succession.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La moitié des patrimoines transmis ne dépasse pas 50 000 €, mais 10 % excédent 550 000 €.&lt;br /&gt;Les droits de succession ont rapporté 7,338 milliards d’euros à l’Etat en 2005 et les droits de donation 1,428 milliard contre 3,08 pour l’ISF. Ils constituent donc une source de recettes importantes.&lt;br /&gt;La suppression des droits de succession viendra donc affaiblir les recettes de l’Etat, ce qui creusera le déficit et diminuera d’autant les moyens pour répondre à la satisfaction des besoins sociaux. Tout cela au bénéfice des possédants, de ceux qui ont déjà tout.&lt;br /&gt;LE BOUCLIER FISCAL&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le dispositif en place depuis le 1er janvier 07 plafonne le montant des impôts directs d’un contribuable à 60 % de ses revenus. Il prend en compte l’impôt sur la fortune, sur le revenu et les impôts locaux sur la résidence principale, mais n’intègre ni la CSG, ni le CRDS.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La réforme voulue par Sarkozy intégrera les prélèvements sociaux CSG et CRDS et abaisserait à 50 % le niveau maximum d’imposition.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les modifications du bouclier fiscal  ont pour objectif de neutraliser l’ISF qui a rapporté 3,6 milliards d’euros en 2006, soit 1,5 % des recettes fiscales de l’Etat. La mesure permettant, au lieu de payer l'ISF, d'investir 50 000 euros dans une PME, pourrait faire passer le nombre de personnes payant effectivement l'ISF de 450 000 à 20 000.&lt;br /&gt;Entre les cadeaux fiscaux jusqu’à 50 000€ et le bouclier fiscal, l’ISF est supprimé de fait, c’est 3 milliards d’euros qui ne rentreront pas dans les caisses de l’Etat. A l’origine, l’ISF servait à financier le RMI. Ces 3 milliards d’euros sont donc directement pris dans les poches des plus pauvres pour être offerts aux plus riches. Car ce sont évidemment les plus riches que défend le bouclier fiscal de Sarkozy.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LA DEDUCTION D’IMPÔT SUR LES INTERETS DES EMPRUNTS&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nicolas Sarkozy a tranché : les intérêts seront déductibles à partir du jour où la loi sera votée et cette déduction s’appliquera à tous les emprunts en cours contractés pour l’achat de sa résidence principale. Les impôts seront déduits des revenus à hauteur de 20 % du montant des intérêts. C’est une mesure qui vise à soutenir le marché de l’immobilier, et qui risque d’entrainer un emballement des prix, renforçant encore un peu plus le caractère élitiste de cette mesure. Les banques vont également être les grands gagnants de cette mesure alors qu’elles sont les principaux acteurs et bénéficiaires de la spéculation.&lt;br /&gt;Cette mesure sera bien évidemment populaire, notamment chez les jeunes « primo-accédants » confrontés à des niveaux de prix devenus fous pour l’accession à la propriété. Pourtant, elle couvre de fumée des contreparties qui risquent de s’avérer très dures : les maigres gains fiscaux escomptés seront vite annulés par la flambée du marché immobilier, voire par le coût alourdi des prêts qu’ils seront amenés à contacter. Même si l’on ne connait pas encore le périmètre et les modalités d’application, il y a fort à parier que les principaux bénéficiaires seront ceux qui disposent de la plus grande capacité d’endettement, c’est à dire les plus riches. L’OCDE vient pourtant de conseiller aux Etats-Unis d’en finir avec un dispositif analogue parce que « les avantages fiscaux ont surtout bénéficié aux ménages à revenu élevé pouvant facilement accéder à la propriété ». A l’inverse, les catégories les plus populaires qui ne pourront pas accéder à la propriété via ce dispositif risquent de voir disparaître la possibilité de prêt à taux zéro.&lt;br /&gt;Le coût de cette mesure, environ 4 milliards d’euros,  se conjuguera au dogme de la croissance zéro en volume des dépenses publiques.&lt;br /&gt;Résultat : une diminution du financement du logement social, réduisant encore la construction sociale locative alors que la demande ne cesse d’augmenter. « C’est scandaleux que la première mesure du gouvernement ne soit ni pour le logement social, ni pour l’hébergement d’urgence, ni pour l’augmentation des aides personnelles au logement ou tout autre éléments qui puisse répondre concrètement à la crise du logement, ni pour l’amélioration des conditions de vie dans les quartiers populaires. » (déclaration de la CNL). Dans la « France d’après » selon Nicolas Sarkozy, la solidarité n’a pas plus de place pour les catégories sociales les moins favorisées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;4.      EN RESUME&lt;br /&gt;L’annulation des droits de succession couteront  7,338 milliards d’euros à l’Etat en 2005 et les droits de donation 1,428 milliard.&lt;br /&gt;Avec la neutralisation de l’ISF, c’est 3 milliards d’euros qui ne rentreront pas dans les caisses de l’Etat.&lt;br /&gt;La déduction des intérêts d’emprunt fera perdre une recette entre 3 et 4 milliards d’euros (10 sur l’ensemble de la législature).&lt;br /&gt;La facture pour l’Etat de ces cadeaux fiscaux sera de l’ordre de 15 milliards d’euros. Elle va assécher les finances de l’Etat. Ces milliards d’euros seront donc directement pris dans les poches des plus pauvres pour être offerts aux plus riches. Car ce sont évidemment les plus riches que défend cette fiscalité de classe de Sarkozy.&lt;br /&gt;Comment seront financées les dépenses pour la recherche, l'enseignement, la sécurité professionnelle ainsi que toutes les autres promesses de SARKOZY ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;NOS PROPOSITIONS&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des impôts plus justes, plus efficaces, pour de nouvelles dépenses publiques&lt;br /&gt;Le programme des communistes : utiliser autrement l'argent, mobiliser tous les moyens pour un autre type de croissance&lt;br /&gt;Une très grande réforme fiscale devra être engagée dès le début de la législature et menée à bien durant tout le mandat.&lt;br /&gt;Il s’agit, notamment, d’aller vers le doublement de la part des prélèvements progressifs dans les recettes budgétaires, ce qui permettrait de réduire corrélativement le poids des contributions proportionnelles, notamment, la TVA particulièrement injuste et inefficace.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name="'id="&gt;&lt;/a&gt;&lt;a title="Sommaire" href="http://www.pcf.fr/spip.php?article246#outil_sommaire"&gt;&lt;/a&gt;LES IMPOTS DIRECTS DE L’ETAT&lt;br /&gt;L’impôt sur le revenu sera transformé pour en finir avec la sous-taxation des revenus financiers du capital. Un nouveau barème de l’impôt fera passer le nombre de tranches d’imposition de 5 à 9 pour assurer une meilleure progressivité du prélèvement. Le taux marginal sera relevé à 55% et un minimum imposable sera instauré à 18 000 euros.&lt;br /&gt;v      L’Impôt de solidarité sur la fortune : verra son taux doublé pour les tranches de patrimoine situées entre 750 000 euros et 1 200 000 euros et il sera triplé pour les tranches supérieures. Les biens professionnels réintégrés dans la base de l’impôt verrait leur taxation modulée en fonction de l’utilisation qui en est faite, pour ou contre l’emploi et le progrès des qualifications en France.&lt;br /&gt;v     L’Impôt sur les sociétés sera modulé selon l’utilisation faite des bénéfices, favorable ou non à l’emploi. Le barème de l’impôt serait progressif. Son taux serait modulé selon la part des bénéfices réinvestis dans la modernisation de l’outil de travail et la recherche avec un progrès de l’emploi, des salaires, de la qualification, tandis que la part distribuée aux actionnaires et/ou placée sur les marchés financiers serait pénalisée.&lt;br /&gt;v      L’Impôt sur les profits pétroliers, assis sur les profits bruts des compagnies pétrolières et des sociétés parapétrolières, financera une réforme de la fiscalité des carburants et commencera à abonder un Fonds national de lutte anti-pollution permettant d’amplifier la recherche pour les énergies alternatives, les économies d’énergie et les moteurs propres.&lt;br /&gt;Le crédit impôt recherche et développement sera profondément réformé.&lt;br /&gt;&lt;a name="'id="&gt;&lt;/a&gt;&lt;a title="Sommaire" href="http://www.pcf.fr/spip.php?article246#outil_sommaire"&gt;&lt;/a&gt;LES IMPOTS INDIRECTS&lt;br /&gt;Il s’agit de limiter leur portée et de les rendre moins injustes.&lt;br /&gt;v      La Taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP) : sera réformée et son taux maximum de prélèvement plafonné.&lt;br /&gt;v      Le taux de la TVA sur les produits déclarés de première nécessité sera progressivement abaissé jusqu’au niveau zéro.&lt;br /&gt;v      Les Impôts locaux : Il s’agit de limiter la pression de la fiscalité locale tout en redonnant d’authentiques marges de manœuvre aux budgets des collectivités territoriales. Il faut une véritable révision foncière, au lieu d’en rester à la valeur locative 1970 pour référencer les bases des impôts locaux.&lt;br /&gt;v      Taxe professionnelle (TP) : Il s’agira d’en faire un véritable impôt pour l’efficacité du capital, assis sur les actifs matériels et financiers des entreprises assujetties. Seront donc introduits dans la base taxable les capitaux financiers des entreprises, des banques et établissements financiers, des sociétés d’assurances, de la grande distribution, moyennant un taux de 0,3% à 0,5%. Les importantes recettes nouvelles ainsi dégagées nationalement seraient redistribuées entre toutes les communes selon des critères de besoins sociaux&lt;br /&gt;v      Taxe d’habitation (TH) : Le montant de l’impôt sera limité à 20% du revenu mensuel net perçu.&lt;br /&gt;v      Taxe foncière : Le calcul des bases des propriétés non bâties, très souvent à un niveau particulièrement faible, sera revu, ces propriétés pouvant, dans certains cas, constituer un véritable capital foncier.&lt;br /&gt;v     Taxe d’ordures ménagères : Elle sera assise sur une valeur locative révisée tenant compte de la qualité, de la superficie et de la situation de l’habitation afin d’être plus juste et plus représentative du potentiel fiscal des familles.En outre, la réforme de cette taxe accompagnera la mise en place d’une charte nationale contraignant les industries alimentaires et la grande distribution notamment à limiter la production de déchets et d’emballages&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3722989619287973122-8099319505835412786?l=argumentaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://argumentaire.blogspot.com/feeds/8099319505835412786/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3722989619287973122&amp;postID=8099319505835412786' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/8099319505835412786'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/8099319505835412786'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://argumentaire.blogspot.com/2007/06/fiscalit-redistribution-vers-les-riches.html' title='Fiscalité, redistribution vers les riches !'/><author><name>SAd___</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04432896018992176644</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_pdPUqUaJrAc/SqLcsyKKBEI/AAAAAAAAAtU/6CCI3cY8qvY/S220/cestmoa.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3722989619287973122.post-3460917540491313783</id><published>2007-06-04T07:25:00.000-07:00</published><updated>2007-06-04T07:32:36.609-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Fiche5'/><title type='text'>Sécurité</title><content type='html'>Les politiques ultralibérales conduites dans notre pays produisent de l’insécurité sociale par la précarisation de l’emploi, du logement, des conditions d’existence, des discriminations, la peur du devenir (50% des français n’excluent de devenir un jour SDF).&lt;br /&gt;Ce qui porte atteinte aux possibilités du vivre ensemble, par les divisions et méfiances induites.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ø Pour lutter efficacement pour un droit de vivre en sécurité, on ne saurait faire l’économie de la lutte contre les causes de cette insécurité, chômage, vie précaire, exclusions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il nous faut intensifier résolument nos actions d’insertion, d’intégration, une politique pour éradiquer la ségrégation sociale et spatiale, pour plus de mixité sociale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle ne peut également se substituer à la présence humaine, aux actions de prévention qu’apportent les animateurs sociaux, les adultes relais, des forces de police de proximité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle ne saurait non plus se substituer à la reconquête de ces espaces fragilisés, reconquête par les institutions mais aussi par les habitants, les adultes et les parents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ø Il est donc indispensable de développer notre effort pour consolider le nombre d’éducateurs, de travailleurs sociaux, d’adultes relais, de policiers de proximité, pour soutenir les initiatives d’associations locales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;, (voir page 31 du programme de MGB).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur la VIDEOSURVEILLANCE&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le recours à la vidéosurveillance est fondamentalement un constat d’échec collectif : le constat d’échec de nos politiques publiques de lutte contre l’insécurité, la délinquance, et la violence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Echec d’autant plus alarmant que l’insécurité frappe en priorité les habitants des quartiers socialement les plus fragilisés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plus généralement, le développement d’une société vidéosurveillée introduit pour tous un débat autour de deux droits fondamentaux indissociables :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ø le droit à la sécurité publique et le droit aux libertés individuelles, tout en rappelant que la sécurité est l’une des conditions nécessaires à l’exercice des libertés individuelles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes à l’origine de l’adoption d’une charte et de la création du Comité d’Ethique, qui structurent le respect des individualités. On a aussi insisté pour que la présence humaine demeure. Reste à obtenir une étude d’évaluation sur l’utilité pour les habitants de cette vidéosurveillance. Sans elle, nous serons amenés à revoir notre position. Il y a un coût énorme.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3722989619287973122-3460917540491313783?l=argumentaire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://argumentaire.blogspot.com/feeds/3460917540491313783/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3722989619287973122&amp;postID=3460917540491313783' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/3460917540491313783'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3722989619287973122/posts/default/3460917540491313783'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://argumentaire.blogspot.com/2007/06/securite.html' title='Sécurité'/><author><name>SAd___</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04432896018992176644</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_pdPUqUaJrAc/SqLcsyKKBEI/AAAAAAAAAtU/6CCI3cY8qvY/S220/cestmoa.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3722989619287973122.post-1388992326250793697</id><published>2007-06-04T07:22:00.001-07:00</published><updated>2007-08-31T03:19:02.109-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='fiche4'/><title type='text'>Le logement</title><content type='html'>1. La réalité des besoins&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui ce sont 3 millions de ménages qui ne sont pas ou mal logés en France.&lt;br /&gt;Il y a 50 000 demandeurs de logements dans notre département dont 44 000 sur le Grand Lyon, 27 000 à Lyon. 80% d’entre eux ont des revenus inférieurs à 60% des plafonds de ressources du logement social classique et que la moitié d’entre eux n’ont pas de statut pérenne de logement (hébergés, logements temporaires, résidences sociales, jeunes en attente de décohabitation etc.).&lt;br /&gt;.Le nombre de loyers privés restant au niveau social est de 5% (il est passé de 50% en 1990 à 5% en 2005).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette question de l’habitat et du logement touche à la fois à l’intime de chaque individu et à la conception de la cité, de la société dans laquelle nous voulons vivre.&lt;br /&gt;Le logement : son accès, sa qualité sont déterminants dans la possibilité ou non pour les personnes de s’épanouir, de se réaliser et simplement de vivre…&lt;br /&gt;Les conditions d’habitat ont non seulement des conséquences mais sont des facteurs déterminants pour la santé, la réussite scolaire des enfants, l’accès à l’emploi, le rapport aux autres (le lien social).&lt;br /&gt;Ainsi, les politiques de l’habitat renvoient à une conception de l’homme, de la société… Le logement au même titre que l’emploi, l’éducation ou la santé est un droit fondamental sans lequel il n’est pas de développement humain possible.&lt;br /&gt;Cette crise affecte toute la chaîne du logement depuis le logement temporaire (foyer, résidence sociale, logement étudiant) jusqu’à l’accession à la propriété pour les primo-accédant et les jeunes actifs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une crise qui résulte tout à la fois de l’évolution des modes de vie : recomposition familiale, famille monoparentale, mobilité professionnelle, précarité accrue, allongement de la durée de vie autonome, et aussi de plusieurs décennies d’insuffisance de productions de logements, en particulier de logements social depuis la loi du 3 janvier 1977 qui marque une rupture complète avec l’aide à la construction (l’aide à la pierre) et avec la prédominance de l’aide à la personne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une crise renforcée depuis 2001 par l’augmentation des coûts de construction, l’envolée des prix du foncier et l’augmentation des prix des loyers du parc privé… avec une déconnexion du marché de l’immobilier et la solvabilité des ménages. Ce que montre l’évolution de la part des revenus des ménages consacré au logement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette crise à un double effet :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- celui de reporter d’une manière croissante la demande sur le parc social&lt;br /&gt;- et celui de scotcher dans le logement social une partie des locataires qui aspirent à un parcours résidentiel en particulier sur l’accession à la propriété mais dont les prix du marché rendent impossible la primo-accession, ou alors la renvoie toujours plus loin au delà de notre agglomération.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette crise quantitative se double d’une crise qualitative de la répartition des logements selon les territoires et le développement au fil des cinquante dernières années d’une ségrégation spatiale, sociale, économique qui devient ethnique, où des quartiers deviennent des lieux de relégation générant stigmatisation de leurs habitants, tendance à la ghettoïsation, discrimination en particulier dans l’accès à l’emploi…&lt;br /&gt;Ces déséquilibres deviennent insupportables, ils sont des obstacles à l’intégration, ils mettent en cause la cohésion sociale et les principes républicains sur lesquels se fondent notre démocratie.&lt;br /&gt;Aussi nous voulons construire une ville équilibrée qui conjugue dans chacun de ces quartiers diversité fonctionnelle et diversité sociale, culturelle de ses habitants. Une ville solidaire, une ville accueillante où l’offre de logements permettent de répondre à la fois à la demande forte des populations les plus modestes et les plus précarisées, des salariés, et aux besoins des ménages aux revenus intermédiaires, des cadres supérieurs des entreprises qui viennent s’installer à Lyon et dans l’agglomération.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2. Nos propositions&lt;br /&gt;L'action menée par les associations de défense du droit au logement ces dernières semaines a contraint le Gouvernement à annoncer des mesures en faveur des sans abri et des mal logés. On pourrait s'en étonner, d'autant qu'il se félicitait, ces derniers temps, d'avoir relancé la construction de logements tandis que l'UMP et l'UDF s'étaient opposées, en avril 2006, par scrutin public, à l'adoption d'une proposition des Sénateurs CRC tendant à rendre le droit au logement opposable. Droit aujourd’hui formel, compte tenu de la crise du logement social.&lt;br /&gt;v Création d’un service public national et décentralisé du logement. Afin de dégager ce secteur de l’emprise des marchés financiers :&lt;br /&gt;· Il assurera que toute finance publique soit conditionnée à une efficacité sociale, en impulsant la construction de logements publics ou aidés afin de répondre à tous les besoins.&lt;br /&gt;· Promoteur d’une véritable sécurité sociale du logement permettant l'accès et le maintien dans un logement, l'aide et l'encadrement social en cas de difficulté.&lt;br /&gt;· Construire réellement des logements sociaux de qualité et en grand nombre, (Enfin, ne pas laisser l’écologie aux seuls représentants des verts ). Le logement social que nous voulons doit être de Haute Qualité Environnementale, pour le respect de l’environnement, mais aussi pour alléger les charges des locataires.&lt;br /&gt;Il doit être également l’expression d’une qualité architecturales exemplaires, de beaux immeubles, mettant fin aux barres et tours d’un autre temps, entourés d’espaces verts et possédant des lieux communs favorisant le vivre ensemble.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;§ contraindre les collectivités locales se refusant à cet effort de solidarité d'y participer (loi SRU),&lt;br /&gt;§ combattre les discriminations frappant les demandeurs de logement modestes,&lt;br /&gt;§ alléger la charge logement des locataires et des accédants modestes à la propriété,&lt;br /&gt;§ remettre en cause les incitations fiscales indécentes dont bénéficient aujourd'hui les opérations immobilières spéculatives (vente à la découpe entre autres),&lt;br /&gt;§ éradiquer l'habitat indigne et insalubre,&lt;br /&gt;§ faire droit à la résolution des difficultés des sans abri, user, quand cela est nécessaire, de la réquisition des logements et locaux laissés vacants aux fins de rentabilité,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout doit participer d'une véritable politique du logement qui demande programmation, réalisation, évaluation et réelle volonté politique de ne pas laisser la question du logement se résoudre par la seule bénédiction de la loi du marché.&lt;br /&gt;Et des moyens budgétaires actuels consacrés au logement en particulier par l’Etat puisque si l’effort de la collectivité publique en faveur du logement a chuté de 2% du PIB en 2001 à 1,82% en 2005 c’est la part de l’Etat qui a le plus reculé de 1,33% du PIB à 1,13 % - celle des partenaires sociaux (1%) et des collectivités locales s’étant accrues :&lt;br /&gt;v Porter le budget du logement à 2 % du PIB.&lt;br /&gt;v Garantir un droit au logement fondé sur la construction de 120 000 logements sociaux par an.&lt;br /&gt;v Limiter le coût du logement (charges comprises) à 20% du revenu du foyer.&lt;br /&gt;v Faire respecter la loi SRU de 20 % de logements sociaux dans chaque commune et quartiers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes favorables au développement de l’accession sociale à la propriété et il n’est pas question de cultiver une quelconque ambiguïté sur ce point.&lt;br /&gt;Il ne s’agit pas d’opposer les besoins entre le logement social de type PLUS et PLAI et les logements intermédiaires PLS, PLI accession sociale à la propriété nécessaire pour les ménages aux revenus intermédiaires, mais de fixer des objectifs répondant aux besoins de logements intermédiaires au-delà des 20% de logements sociaux. Mais l’accession à la propriété sur laquelle tout le dispositif gouvernemental est centré (voir fiche N° 6), est une chimère quand tant de salariés n’ont pas de quoi payer un loyer. Elle cache en réalité la volonté de vendre massivement des HLM et de désengager l’Etat de sa responsabilité – le logement est une compétence de l’Etat- de production de logements locatifs sociaux.&lt;br /&gt;La loi doit avant tout faire droit aujourd’hui aux attentes, aux besoins et aux droits de nos concitoyens, à ceux qui éprouvent tant de difficulté à trouver aujourd’hui à trouver un logement, à ceux qu’exploitent les marchands de sommeil , à ceux condamnés à vivre dans des caravanes et que ce gouvernement propose de soumettre à la taxe d’habitation !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Annexes&lt;br /&gt;GLOSSAIRE pour bien comprendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;v La loi SRU :&lt;br /&gt;La loi SRU votée en 2000 engage dans son article 55 les communes de plus de 3 500 habitants dans une agglomération de plus de 50 000 à atteindre 20% de logements sociaux en 20 ans (soit en 2020). La loi SRU intègre dans les 20% une catégorie de logements intermédiaires, le PLS.&lt;br /&gt;Une pénalité financière de 150 € par logement manquant, en regard des 20%, étant prélevée aux communes concernées. Les communes riches préfèrent payer cette amende. Comment accepter qu’une ville comme Neuilly-sur-Seine, dont Nicolas SARKOZY a longtemps été le maire, n’accepte que 2,5% de logements sociaux alors que près d’un habitant sur cinq paie l’ISF contre 1 pour 1000 à Saint-Denis. Que des communes huppées de notre agglomération, telles Tassin, Charbonnières, Saint Cyr au Mont d’Or soient loin des 10 %.&lt;br /&gt;Pénalités de laquelle est déduite la contribution financière de la commune à la production de logements sociaux, ce qui explique que la Ville de Lyon n’est pas prélevée puisque l’effort de la Ville pour le logement social dépasse largement la pénalité prévue.&lt;br /&gt;Le gouvernement, avec l’amendement Ollier, a pour essayer de vider de son contenu la loi de Solidarité et de Renouvellement Urbain dite loi « Gayssot ». En proposant d’intégrer les acquisitions par le prêt à taux zéro et les programmes d’accession sociale à la propriété dans le calcul des 20 %, il la détourne de son objectif initial tout en dédouanant les communes qui refusent de se conformer à la loi. Votée à l’AN, cet amendement a été in fine, rejeté par le Senat. Souligner l’intervention de l’Abbé Pierre contre lui.&lt;br /&gt;Ainsi, ce gouvernement parachève son désengagement dans le domaine du logement social en proposant la vente de 15 000 logements sociaux par an.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Anru&lt;br /&gt;L’Agence nationale pour la rénovation urbaine est un guichet unique qui simplifie et accélère les démarches des collectivités local
