mercredi 19 septembre 2007

Comment l'argent fait le bonheur (4/4)

L’argent fait-il le bonheur ?

Par Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, directeurs de recherche au CNRS.
Le savetier plutôt que le financier !

La vulgate du sens commun affirme que l’argent ne fait pas le bonheur, mais… qu’il peut y contribuer. Faisant de nécessité vertu, on préfère croire que la richesse n’apporte pas la félicité mais plutôt des contraintes. Un certain dépouillement serait plus favorable à une existence libre et heureuse. Le financier de la fable de La Fontaine, « tout cousu d’or, chantait peu, dormait moins encore », alors que son voisin le savetier « chantait du matin jusqu’au soir ».
Ce lieu commun est repris dans une certaine presse écrite et audiovisuelle, autour des thèmes de l’enfer des riches, notamment avec les jeunes des beaux quartiers, tous accros à la cocaïne ou aux soirées folles et capricieuses. Les malheurs sentimentaux qui affligent les familles régnantes, les vedettes du show-business ou les étoiles du football alimentent les gazettes, qui illustrent aussi leurs articles des photographies de villas tropéziennes, de yachts interminables et de Ferrari rutilantes. Mais c’est pour mieux souligner combien les divorces, les maladies, les accidents viennent remettre à leur place cette opulence qui, de toute évidence, ne suffit pas au bonheur. La fortune n’est pas tout et elle peut s’accompagner d’une grande détresse. Décidément, pour reprendre une autre fable, « les raisins sont trop verts ». En sollicitant sa pitié et sa compassion, cette littérature détourne l’attention du lecteur populaire des inégalités qui se cumulent dans tous les aspects de vie sociale.
Une idée insupportable : le cumul !

Nombre de chercheurs en sociologie nous ont paru être plus intéressés par les échecs et les dysfonctionnements des dominants dans les processus de reproduction des rapports sociaux que par cette reproduction elle-même. La transmission se ferait mal, et un lieu commun est parfois présenté comme une loi : la première génération crée la fortune, la seconde la gère et la troisième la dilapide. Le capitalisme familial aurait disparu et l’économie serait maintenant aux mains des managers de fonds de pension et de fonds spéculatifs aux ramifications internationales.
L’idée du cumul des différentes formes de richesse est insupportable à ceux qui doivent souvent tout à leur capital scolaire. Ainsi les préjugés sur une prétendue infirmité culturelle des classes dominantes sont toujours présents. Les patrons de l’industrie, les femmes « du monde », les élèves de Janson-de-Sailly sont supposés, a priori, être des béotiens, des gens de peu de culture. On leur reconnaît difficilement des compétences artistiques, des goûts littéraires qui ne soient pas naïfs ou convenus. Le rapport aux choses de l’esprit serait purement mondain, donc superficiel. Ces représentations reposent sur un axiome : là où il y a beaucoup d’argent, il ne peut y avoir beaucoup de culture. Plus généralement, ce sens commun des classes moyennes intellectuelles leur permet de construire une représentation semi-savante du bourgeois comme être intellectuellement borné. Il est vrai que l’idée du cumul des diverses formes de capitaux au plus haut niveau peut avoir quelque chose d’irritant pour ceux qui ont été constitués dans des systèmes dichotomiques qui opposent la culture aux autres richesses. La richesse matérielle serait ainsi incompatible avec une pensée forte originale, les qualités littéraires et intellectuelles seraient antinomiques avec la beauté physique pour une jeune fille.
Or nombre de grands bourgeois sont d’authentiques esthètes, artistes, hommes de lettres ou savants. Michel David-Weil, associé gérant du groupe Lazard (grande banque privée internationale), est aussi président du Conseil national de la Réunion des musées nationaux, qui gère les achats d’oeuvres par l’État. Parmi les Rothschild, on trouve une danseuse classique et un auteur dramatique qui fut célèbre au début du XXe siècle. Nombre d’écrivains sont nés dans la « bonne » société, dont Jean d’Ormesson. Le prince Gabriel de Broglie fut prix Nobel de physique. La culture et l’argent ne sont pas incompatibles. Une certaine aisance financière de la famille est un facteur favorable à l’acquisition d’une culture multidimensionnelle, ne serait-ce que par la fréquentation des établissements scolaires offrant de très bonnes conditions d’études et un milieu de condisciples stimulant.
L’irrecevabilité est à son comble lorsque nous soulignons que les capitaux accumulés finissent par avoir des effets sur les personnes et que l’incorporation des manières, des savoirs et des savoir-faire symboliques modèlent les personnalités qui doivent une partie de leurs privilèges aux qualités réellement intériorisées, comme l’aisance en public. Il ne s’agit pas de réhabiliter la notion de don, mais de souligner le résultat de toute une éducation socialement efficace.
On est alors toujours surpris d’entendre parler, y compris par des sociologues, de « fin de race » à propos de nobles ou de grands bourgeois. L’expression de leur rejet de ce monde d’héritiers passe par la dépréciation de leurs corps, ce que recouvre l’usage du mot « race ». Il est même étonnant que ce mot soit utilisé alors qu’il est proscrit du langage sociologiquement ou politiquement correct. La « fin de race », c’est à la fois la reconnaissance d’un passé d’excellence sociale et l’affirmation, consolatrice, d’un présent de décadence. Le sarcasme et la plaisanterie sont des armes dérisoires face aux positions occupées dans la société par ceux dont, en fait, on reconnaît le pouvoir en essayant de les tourner en dérision.
Retour à la classe sociale ?
Les classes sociales sont à un état de construction et d’achèvement très variable. La bourgeoisie montre beaucoup d’opiniâtreté dans son effort constant pour gérer ses frontières et pour transmettre les richesses au sein de la même confrérie des grandes familles. Les classes moyennes sont un véritable carrefour social. Quant à la classe ouvrière, ou aux classes populaires dans leur ensemble, le reflux est manifeste : le recul de l’influence des organisations syndicales et politiques qui travaillaient à la mobilisation de la classe se traduit par un éparpillement des prises de position. Dès le premier tour de l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy recueillait 72,6 % des voix à Neuilly, Ségolène Royal devant se contenter de 7,5 %, et Marie-George Buffet de 65 voix (soit 0,19 %). Dans le même département des Hauts-de-Seine, de l’autre côté du fleuve, la commune populaire et communiste de Nanterre, avec un nombre de voix exprimées très proche (35 500 contre 33 450 pour Neuilly), présente un grand éclatement des voix. Ségolène Royal a certes devancé Nicolas Sarkozy avec 36 % des suffrages contre 23,9 %. François Bayrou a recueilli 18,9 % et Le Pen 7 %, plus que Marie-George Buffet, qui n’a rassemblé que 4,6 %. La lucidité politique est donc bien plus ancrée à Neuilly qu’à Nanterre, malgré le long passé militant de cette ville. La désindustrialisation y est pour beaucoup car le patrimoine industriel était le patrimoine de la classe ouvrière.
La sociologie des classes dominantes met en évidence les inégalités de tous ordres qui s’enracinent dans la richesse. Être riche facilite la vie et la rend plus agréable. Il est difficile de soutenir que l’aisance matérielle ne donne pas certaines satisfactions. D’autant qu’elle s’accompagne de pouvoirs sur l’espace et le temps et qu’elle facilite l’accès à la culture. Par la mondialisation, le pouvoir des puissants se renforce encore. La classe ouvrière perd ses repères et ses bastions. La conscience claire de l’amplitude démesurée des inégalités vaut pourtant mieux que leur sous-estimation.
Le tableau de la richesse, dans sa diversité, est dans un premier temps décourageant. Mais sans la conscience des inégalités profondes et des injustices qui la fondent, on en arrive trop vite à en prendre son parti et à baisser les bras.

lundi 17 septembre 2007

Des questions embétante

Reste des questions embêtantes.
Un des premiers problèmes vient de l’apparent désir de mener de front toute une série de contestations des oppressions comme si , toutes réelles qu’elles soient , elles se valaient du point de vue pratique dans la recherche d’une société "meilleure", et en attendant des améliorations au concret.
Une addition de "fronts" ne fait pas un parti ou un mouvement, si ce n’est un bref instant avant d’éclater.

Le monde, malgré sa complexité, a sa hiérarchie , et c’est la lutte de classes qui en est le centre, qui est le centre structurateur des batailles. Un parti, ou un mouvement, même si il n’y a aucun doute qu’il doive être aux côtés de tou(te)s ceux qui se battent contre des oppressions , doit avoir au centre de sa stratégie de transformation ce qui renouvelle sans cesse et sans cesse la domination d’une classe sur le monde, l’exploitation capitaliste, bref un parti ou un mouvement a les travailleurs au centre de ses actes.
Car c’est là que se gagne ou se perd, se gagnera ou se perdra, la bataille pour une société qui fasse reculer exploitation et oppressions. La bataille dans les entreprises, aux côtés des travailleurs sans emplois, des futures travailleurs, des travailleurs sans toit ou mal logés, etc, est celle qui donne le la et force à la gauche si elle veut perdurer et surtout se renouveler.
La lutte des classes n’est pas un élément ésotérique d’un vaste front contre les oppressions, elle en est le centre et le moteur, du moins pour un mouvement aspirant à aider à l’accouchement d’un monde meilleur. Un mouvement ou un parti de gauche qui se présenterait comme un vaste front contre les oppressions ne serait pas ma tasse de thé, même si un mouvement ou un parti de mon coeur devrait être contre toutes les oppressions et faire face à toutes avec solidarité.
L’autogestion est sur le chemin de cette bataille, le pouvoir au concret des travailleurs sur leurs entreprises. Sans cela la classe capitaliste continuera de commander et gouverner nos destins, que ce soit sur les OGM ou que ce soit sur les discriminations suivant les commodités de directions des affaires du monde par cette classe. Et cette bataille à mener pour disputer le pouvoir aux patrons nécessite bataille dans les entreprises et les entreprises au centre des batailles du futur mouvement ou parti.
Discuter d’un parti , d"un mouvement , sans hiérarchiser, sans débattre concrètement de cette question comme décisive me semble aller vers une forme de radicalisme (au sens radical-socialiste) qui n’est pas souhaitable.
Il me semble qu’on peut faire beaucoup mieux. Copas
Hum, ou pas, la question, comme dirait Charles n’est pas de sauter sur une chaise en disant "nouveau ! nouveau !"...effectivement...
L’ensemble de la gauche est dans une situation explosive. Et c’est normal (il est même curieux que cela ne soit pas arrivé plus tôt) vu tout ce qui c’est passé ces 25 dernières années...
Chaque parti doit se reconstruire (rien de spécifique dans le terme, ni attachement), le PCF par exemple a visiblement des orientations en son sein qui ont beaucoup de difficultés à être convergentes, ou qui sont tout simplement opposées. Et ça Autain n’aide pas à résoudre le problème et à aider sur le débat de ce parti. Elle est dans un flou attrape tout.
La question, pour le PCF en particulier, n’est pas de savoir si il doit se fondre dans une grande bouillie mais de savoir ce qu’on veut comme société, d’analyser la société actuelle, comment on se bat , quel outil politique on utilise, et après lever les yeux du guidon et regarder qui est avec nous là dessus et qui ne l’est pas, les proximités et les éloignements. Et éventuellement , surement même, scissionner d’avec ceux qui sont plus proches du parti de Hollande, DSK et Lamy , que des travailleurs.
Les discours peuvent flotter sur l’écume mais suivre les actes est utile pour savoir de quel côté on est dans cette dernière affaire, et c’est vrai quer les velléités retombent souvent sur des alliances avec des socio-libéraux qui font douter les travailleurs qui finissent par répéter : "tous pareils....". Ou autrement dit pendant les grandes colères contre l’ultra-libéralisme (Mai 2005) on laisse passer l’orage et après on remet en selle le vieux cow boy arthritique qui nous tire dessus dans tous les sens au nom de l’union de la gauche contre l’ennemi commun.
Personne , qui s’intéresse à la politique, n’est sensé ignorer que , plus loin que les discours, le PS est sur une ligne politique ultra-libérale, et en phase également d’écraser la démocratie en son sein car le virage qui va être demandé est gros. S’allier avec eux à nouveau, c’est partager l’opprobre. Pire même c’est être assuré que, puisque on se retrouve sans cesse finalement avec eux , autant être chez eux......
Je dis cela car , pour les municipales, on nous bassine déjà dans une série d’endroits sur une réanimation de la gauche plurielle, sous divers formes..... Rien ne devient plus urgent que cela et il s’agit de faire n’importe quoi à nouveau contre l’ennemi commun....
Bordel de Municipales ! A nouveau des élections qui seront prétexte à du n’importe quoi, à des alliances foireuses, et des soutiens à des divas du parti social-libéral. Déjà des Alternatifs et des Communistes dans certaines villes (comme Nice) appellent à une union de toute la gauche ....
C’est pas cela qui est urgent, l’ennemi en face lui ne "débande" pas de son programme, divas élues ou pas, ce qui compte ce sont abattre les régimes spéciaux, agresser les retraités, attaquer la sécu et le système sanitaire français, s’attaquer aux chômeurs, précariser les travailleurs, faire des cadeaux à la bourgeoisie, etc.
Les municipales doivent être une tribune, des batailles au service des batailles ci-dessus. Sinon ça n’a pas de sens.
Il y a donc , même dans la gauche anti-libérale, des discours et des actes qui sont contradictoires. Dans un parti c’est plus grave.
Reprendre du poids, passe par une cure d’amaigrissement des fois.
Alors oui le PCF devra probablement fonder un nouveau parti, mais certainement pas un polochon informe où la base ne contrôle rien, sans projet autre qu’une unité floue et des objectifs prêtant à confusion. Ce n’est pas une machine à faire des élus qu’il faut, mais une machine à aider aux conquêtes sociales et à avancer vers une société socialiste. Oui il y aura besoin de tous les talents , mais d’abord ceux des travailleurs et des jeunes.
Oui ce projet de régénération (c’est bon là le terme ? personne ne l’a utilisé ?) a sur sa route bien des convergences avec des petits groupes révolutionnaires (LCR, LO, Anars, ....), du moment que ce projet avance par rapport à des batailles au concret, par rapport à la politisation des travailleurs.
Copas

samedi 8 septembre 2007

Dépasser le capitalisme !

DEPASSER LE CAPITALISME : TELLE EST « LA » QUESTION .(I)
( par Olivier Gebuhrer ;Mathématicien , membre du C.N) .
"Oui , il y a matière à débattre : 1) A quel problème déterminant est confronté la planète ?
A mon sens , il s’agit de trouver les voies et moyens de dépasser le capitalisme ; le dire implique qu’il s’agit d’une question qui ne peut être l’affaire « d’un seul pays » , qui s’inscrit dans la durée , ne comporte pas de « stades » intermédiaires , mais constitue un processus historique permettant un changement de civilisation ; dans ce processus , qui suppose des individus conscients , les ensembles nationaux jouent un rôle qui ne saurait être sous-estimé : les coups portés au système capitaliste ont un pays donné pour épicentre et l’onde de choc est mondiale . Soit dit en passant , si F Hollande, découvre, apparemment récemment, qu’on ne « va pas tromper les gens en annonçant la fin du capitalisme » , et que « le grand soir c’est fini » , il y a beau temps que les communistes , pour leur part , se sont confrontés à cette idée aujourd’hui des plus banales ; si les déclarations de F Hollande ont un sens , c’est uniquement pour indiquer qu’aujourd’hui, la question du dépassement du capitalisme n’est PAS une question pour lui .
Elle ne l’est pas non plus pour O Besancenot qui visiblement tient pour un objectif en soi « l’anticapitalisme » ce qui n’a à peu près rien à voir avec les exigences du temps .
Bien évidemment, il faut d’entrée de jeu savoir si cette idée du dépassement du capitalisme est un objectif nécessaire et atteignable, sans se fixer de calendrier, on l’a dit .
Or non seulement le capitalisme ACTUEL, s’il continue d’entraîner dans son cours une révolution permanente des forces productives, ne le fait pas à la façon d’hier ; les forces productives que le développement capitaliste entraîne sont de plus en plus captives de la logique financière qu’il tente d’imposer à la planète ; de plus , et pour la vie quotidienne des êtres humains , c’est le plus visible et le plus insupportable , le progrès du capitalisme, se traduit aujourd’hui par davantage d’oppression ,de formes nouvelles de domination , d’exploitation des êtres humains par d’autres ; le capitalisme d’aujourd’hui ronge la planète : la Grèce qui brûle en est l’exemple le plus récemment intolérable. Analyser le capitalisme d’aujourd’hui est plus indispensable que jamais , encore faut –il le faire en continu . Ce n’est pas mon objectif ici .
Mais ce qu’il importe au premier chef de mesurer c’est que dans le temps où le capital développe son emprise de façon renouvelée sur l’ensemble des aspects de la civilisation humaine , tous les moyens existent aujourd’hui pour que les besoins essentiels des individus et des peuples soient satisfaits : ni la famine , ni les pandémies , ni la misère , ni le sous –développement (terme employé ici pour aller vite ) ,ne sont inéluctables ; la productivité du travail est telle aujourd’hui que les formes que le capital maintient et développe pour assurer le renouvellement de la production sont pour une large part obsolètes ; le travail contraint n’est plus une nécessité, même si le capitalisme entretient par tous les moyens l’idée inverse , il doit compter aussi avec cette donnée , inimaginable , il y a un siècle .
Le capitalisme a donc fait son temps . Or le dépasser suppose d’en utiliser certaines formes qui demeurent et demeureront encore longtemps à la fois inscrites dans les consciences et les processus divers qui ne peuvent s’inscrire dans le cadre de nouvelles formes nécessaires d’appropriation sociale et collective des grands moyens de production et d’échange ; d’utiliser ces formes CONTRE lui et non pas POUR lui ; c’est pourquoi des mesures structurelles sont à la fois indispensables et insuffisantes ; c’est pourquoi , on ne peut assigner de terme au processus de ce dépassement qui implique évidemment une révolution sociale et politique nouvelle ;on a dit plus haut qu’une telle révolution est mondiale dans son essence , mais qu’elle trouve ses points d’ancrage dans le patrimoine historique de chaque peuple , de chaque nation .
Cela n’a RIEN à voir avec on ne sait quel « compromis historique » qui n’eût jamais d’historique que le nom .
Tout cela est nouveau ; rien de tout ceci n’était seulement envisageable à la naissance des partis communistes , encore bien moins dans le cadre de la Russie soviétique ; on a oublié les avertissements répétés de Lénine , sur le caractère RETARDATAIRE de la Révolution soviétique , oublié ses avertissements sur le fait que pour que celle-ci s’accomplisse , il fallait que des pays capitalistes développés s’y engagent .
On ne peut ici s’attarder –et c’est dommage- sur l’itinéraire intellectuel des Partis communistes qui ne surent pas comprendre ce que tout cela signifiait .
Nous y sommes , de force ; il eût été préférable de le faire de gré . Structurante de part en part , la question du dépassement du capitalisme est l’enjeu central du Congrès du PCF .
2) ALLIANCES, STRATEGIE, ou VISEE communiste.Nous l’avons dit d’entrée : ce que s’efforce de faire le capitalisme d’aujourd’hui vise à entraver par tous moyens la LIBRE COOPERATION d’hommes et de femmes LIBRES ET EGAUX en droits et en devoirs.
Au fond , bien qu’on puisse discuter ce raccourci , cette LIBRE COOPERATION résume ce que nous appelons aujourd’hui la visée communiste ; toute démarche politique des communistes et de leur parti doit donc être sous-tendue par deux questions : la première est celle de savoir si telle décision permet une avancée fût-elle millimétrique , vers un dépassement du capitalisme et la seconde est de savoir si telle décision est de nature à permettre l’appropriation la plus large possible par les citoyennes et les citoyens eux-mêmes, dans leur diversité , des démarches , des problématiques qui concourent à façonner leur existence.
Le communisme ne consiste pas à « prendre le pouvoir » MAIS A LE RENDRE ; savoir si c’est ce que nous avons fait jusqu’ici n’est pas le but de cette tribune . J’ai l’intention de développer certaines idées qui ne peuvent faute de place être exposées ici , dans une autre tribune : il faut savoir pourquoi la question de TOUTE LA GAUCHE est d’actualité , savoir de QUEL Parti nous avons besoin , et de quelle GAUCHE ; comme l’écrivait A Hayot dès le lendemain des législatives : il y a DEUX espaces à cultiver : l’espace communiste et celui de la gauche ; confondre les deux dans une même trajectoire ne rapproche en rien les objectifs de l’époque , conduit à la confusion et maintient en l’état des défauts importés de nos années d’errance ."